Marcelo Ríos, né le à Santiago, est un joueur de tennis chilien, professionnel de 1994 à 2004. Surnommé « » (« le Chinois »), Ríos a remporté dix-huit titres en simple messieurs, dont la Coupe du Grand Chelem 1998 et cinq Super 9 (ancienne appellation des Masters 1000).

Finaliste de l'Open d'Australie 1998 et auteur d'un doublé Indian Wells-Miami la même année, il devient, quatre ans après ses débuts sur le circuit professionnel, le premier mondial sud-américain officiel de l'histoire, en dépit de la controverse qui a existé autour du classement de l'argentin Guillermo Vilas en 1977. Il occupe la tête du classement ATP durant six semaines cumulées.

Seul mondial à n'avoir jamais remporté de tournoi du Grand Chelem, il a néanmoins été le premier joueur à remporter les trois Super 9 (Masters 1000) sur terre battue depuis la création de cette catégorie en 1990 : Monte-Carlo en 1997, Rome en 1998 et Hambourg en 1999.

Ríos est également le seul joueur de l'histoire à avoir atteint le classement de mondial sur les trois circuits : junior, professionnel, et senior Marcelo Rios, atpchampionstour.com.

Considéré comme l'un des joueurs les plus talentueux de ce sport, mais également réputé pour ses nombreux écarts de conduite et de langage, il met fin à sa carrière en 2004, en raison de blessures persistantes, âgé de seulement vingt-huit ans.

Carrière

Débuts Fils d'un ingénieur et d'une enseignante, il commence le tennis à l'âge de 11 ans au Sport Francés Club de Vitacura situé près du domicile familial à Santiago.

Remarquablement doué, il se distingue en Junior en remportant l'US Open 1993, atteint la même année la demi-finale de Roland Garros Junior, et devient Champion du Monde et 1 mondial. Il accède au circuit professionnel un an après.

1994-1997 : montée en puissance Âgé de seulement 18 ans, il accède à une célébrité immédiate lors de sa première participation à Roland Garros où il affronte au second tour l'Américain Pete Sampras, alors 1 mondial. Il perd le match (6-7, 6-7, 4-6) au terme d'une rencontre accrochée, mais se fait remarquer par son talent naturel sur terre battue, son jeu de gaucher contreur/puncheur, son toucher exceptionnel et son inspiration, ainsi que pour sa personnalité charismatique. Cette même année il remporte son premier tournoi Challenger à Dresde, en Allemagne.

En 1995, il conquiert son premier titre ATP à Bologne face à l'Uruguayen Marcelo Filippini (6-2, 6-4), et fait son entrée dans le top 50 mondial. Au mois de juin, il remporte le tournoi d'Amsterdam en simple contre Jan Siemerink (6-4, 7-5, 6-4) mais aussi en double avec Sjeng Schalken. Il remporte également le tournoi de Kuala Lumpur en dominant Mark Philippoussis (7-6, 6-2). Il atteint, pour finir, la finale du tournoi de Santiago et termine la saison mondial.

1996 est une année ponctuée de belles prestations en Masters 1000, alors appelés Super 9. Il atteint les quarts de finale à Stuttgart et à Rome, mais surtout les demi-finales d'Indian Wells, Monte-Carlo et Toronto. Il remporte un titre à Sankt Polten, en dominant Félix Mantilla (6-1, 6-4), et atteint les finales de Barcelone, Santiago et Scottsdale. Marcelo devient le premier joueur chilien de l'histoire à entrer dans le top 10 mondial. Il achève cependant sa saison à la mondiale.

L'année 1997 est marquée par sa première qualification pour des quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem, à l'Open d'Australie et à l'US Open, mais surtout par sa première victoire en Super 9 (ancien nom des Masters 1000), à Monte-Carlo. Durant sa semaine il a défait successivement Andrea Gaudenzi, Albert Costa, Carlos Moyà, Magnus Larsson, pour dominer ensuite l'Espagnol Àlex Corretja en finale (6-4, 6-3, 6-3). Deux semaines plus tard les deux hommes d'affrontent à nouveau en finale du Masters de Rome, mais cette fois Àlex Corretja prend le dessus.

Il atteint également les quarts de finale du tournoi de tennis de Stuttgart et la finale des tournois de Marseille, Boston, et une nouvelle fois Santiago.

Même s'il a atteint la mondiale durant la saison, il termine l'année 1997 à la , sa première saison terminée dans les dix meilleurs mondiaux.

1998 : finale à l'Open d'Australie, doublé Indian Wells et Miami, victoire à Rome et à la Coupe du Grand Chelem, mondial Cette rapide montée en puissance trouve son apogée durant la saison 1998. En début d'année, Marcelo Ríos se hisse en finale du tournoi d'Aukland et remporte le titre contre Richard Fromberg (4-6, 6-4, 7-6). Il prend ensuite part à l'Open d'Australie, où il s'impose contre Grant Stafford (6-1, 6-3, 6-3), Thomas Enqvist (6-4, 7-6, 4-6, 6-4), Andrew Ilie (6-2, 6-3, 6-2), Lionel Roux (6-2, 4-6, 6-2, 6-4), Alberto Berasategui (6-7, 6-4, 6-4, 6-0) et Nicolas Escudé (6-2, 6-3, 6-1), mais il s'incline en finale contre Petr Korda (6-2, 6-2, 6-2).

Quelques mois plus tard, sous l'égide de son entraîneur Larry Stefanki, il remporte le Masters d'Indian Wells face à Greg Rusedski, et réalise dans la foulée le doublé au Masters de Miami en dominant en finale Andre Agassi (7-5, 6-3, 6-4).

Au terme de ce tournoi, Ríos prend la place de 1 mondial. C'est la première fois qu'un joueur sud-américain atteint le sommet du tennis mondial, le Chili fera d'ailleurs de ce succès un évènement national. Il ne gardera ce classement que 4 semaines seulement, car il ne pourra défendre son titre au Masters de Monte-Carlo, en raison d'une blessure contractée lors du premier tour de la Coupe Davis face à l'Argentine. Le , il retrouve néanmoins son classement de 1 pour une période de deux semaines.

Entre-temps, Ríos remporte le Masters de Rome, en dominant en finale l'Espagnol Albert Costa. Il s'impose également à Sankt Pölten contre Vincent Spadea, à Singapour contre Mark Woodforde, et atteint les quarts de finale de Stuttgart et Paris Bercy.

Il ponctue cette année exceptionnelle en s'imposant face à Andre Agassi lors de la finale de la Coupe du Grand Chelem, qui sera son unique titre majeur.

Il finit l'année mondial derrière Pete Sampras au terme de la plus belle saison de sa carrière où il a atteint une finale de Grand Chelem, remporté un tournoi majeur, trois Super 9 et six titres sur l'ensemble de la saison, à égalité avec Patrick Rafter, .

1999-2002 : confirmation contrariée

En 1999, sur le tableau de l'Open d'Australie, il est pour l'unique fois de sa carrière tête de série ( ATP) dans un tournoi du Grand Chelem à la suite de la non-participation de Pete Sampras pour blessure, mais il doit finalement déclarer forfait pour la même raison.

Ríos confirme son talent sur terre battue en atteignant une fois de plus la finale du Masters de Monte-Carlo face à Gustavo Kuerten, finale au cours de laquelle il sera forcé à un abandon sur blessure. Mais il se rattrape sur le Masters de Hambourg, qu'il remporte en dominant en finale Mariano Zabaleta. Il s'impose dans la foulée à Sankt Pölten pour la troisième fois consécutive, mais aussi à Singapour.

Il atteint la finale du tournoi de Shanghai, les quarts de finale de Roland Garros et de Madrid. Handicapé par ces blessures à répétition, Marcelo réalise malgré tout une saison solide et termine pour la troisième année consécutive dans le top 10 mondial, à la .

L'an 2000 sera une année émaillée de blessures, là encore, mais Marcelo Ríos parvient tout de même à remporter le tournoi de Umag face à Mariano Puerta, et atteint les demi-finales du Masters de Hambourg. Sa chute dans le classement est vertigineuse puisque le Chilien termine mondial.

Ríos remporte l'Open de Doha en début d'année 2001, mais en raison de ses blessures récurrentes, se voit contraint à une opération chirurgicale de la cheville, ce qui a pour conséquence de le voir disparaître du top 50 mondial.

Il gagne de nouveau un titre en septembre, en s'imposant au Tournoi de Hong Kong face à l'Allemand Rainer Schüttler. Il atteint la finale du double messieurs à Scottsdale. Comme l'année précédente, le Chilien finit à la .

Handicapé cette fois par une blessure au dos, Marcelo Ríos se hisse tout de même en quarts de finale de l'Open d'Australie 2002. Il atteint également la demi-finale du Masters de Miami contre Andre Agassi, match spectaculaire au cours duquel il sera contraint à l'abandon. Il fait aussi une finale à l'Open de Stockholm et termine sa saison mondial.

2003-2004 : blessures et retraite prématurée En 2003, miné par des blessures de plus en plus problématiques, il atteint une finale à Viña del Mar et représente le Chili lors de la World Team Cup, qu'il remportera avec ses camarades Fernando González et Nicolás Massú. Il joue toutefois très peu de tournois, et achève sa saison à la mondiale.

Ríos participe, en 2004, à quelques tournois Challengers, puis annonce le , en conférence de presse au Chili, la fin de sa carrière professionnelle, à l'âge de .

En 2007, le Chilien semble paré à tenter un retour sur le circuit via le tournoi de Viña del Mar, le seul tournoi ATP Chilien qu'il n'a paradoxalement jamais remporté, mais il renoncera finalement en raison de sa blessure récurrente au dos.

À la suite d'un match exhibition remporté en face à Nicolás Lapentti, « El Chino » annonce son retour sur le circuit, à 43 ans, avec pour ambition de devenir le joueur le plus âgé de l'histoire à remporter un tournoi professionnel. En 2019, il sollicite une wild-card auprès des organisateurs du tournoi Challenger de Colombus, laquelle lui sera refusée, mettant ainsi fin à son ambition.

Faits de carrière Ríos est le seul joueur de l'histoire à avoir occupé la première place mondiale (4 puis 2 semaines au cours de l'année 1998) sans avoir jamais remporté de tournoi du Grand Chelem en simple Sports Discourse, (2017). Marcelo Ríos -The only men's world number one that never won a Grand Slam. https://www.sportsdiscourse.com/marcelo-rios-though-world-number-one-but-never-won-a-grand-slam/ en 26 participations (meilleurs résultats : 1 finale et 5 quarts)Ivan Lendl était lui aussi devenu en 1983 mondial sans avoir remporté de tournoi du Grand Chelem, mais s'était rattrapé par la suite..

Sa seule finale de Grand Chelem fut à l'occasion de l'Open d'Australie 1998, face au Tchèque Petr Korda. Korda sera convaincu de dopage durant l'été qui suivra, mais ne sera pas destitué, ayant satisfait au contrôle antidopage effectué après sa victoire contre le Chilien. Le , l'ITF rejette sa demande d'attribution rétroactive de l'Open d'Australie 1998Marcelo Rios ne remportera pas l'Open d'Australie 1998 : https://www.lequipe.fr/Tennis/Actualites/Rios-demande-rejetee/544631.

Au total, Ríos a remporté 18 tournois durant sa carrière, dont 5 Super 9 différents, ce qui le classe en à égalité avec Gustavo Kuerten, Jim Courier, et Boris Becker.

Entre 1996 et 2002, il a atteint 13 demi-finales de Super 9.

Peu à son aise sur gazon, il n'a participé que trois fois au tournoi de Wimbledon.

Malgré une préférence pour la terre battue, Ríos a remporté autant de tournois sur dur que sur ocre (9 titres pour chacune de ces surfaces).

En 2006, deux ans après sa retraite, il est devenu 1 mondial au classement du Senior Tour. Il est donc le seul joueur à avoir été 1 mondial sur les circuits junior, professionnel, et senior.

Style de jeu