L'Église grecque-catholique melchite (également appelée melkite), ou Église des rum melchites catholiques (traduction de l'arabe ), est une des Églises catholiques orientales. Le chef de l'Église porte le titre de Patriarche d'Antioche et de tout l'Orient, d'Alexandrie et de Jérusalem des Melchites, avec résidence à Damas en Syrie. Le titulaire actuel du siège est Joseph Absi (en ), élu par le synode des évêques de l’Église le . et qui reçoit la communion ecclésiastique du pape le lendemainLettre du pape François..

Le titre de patriarche d'Antioche est également porté par quatre autres chefs d'Église.

Histoire Les melchites catholiques sont des chrétiens de rite byzantin ayant rejoint l'Église catholique en 1724. L'histoire des melchites en général remonte au concile de Chalcédoine de 451 et est tout à fait singulière. Contrairement aux autres Églises de la région qui vont soutenir le monophysisme (Coptes, ), les melchites vont soutenir les décisions du concile et rejeter le monophysisme, ce qui leur vaudra l'appellation à l'époque de « melchites » (du syriaque malkâyâ qui signifie "royalistes", pour l'Empereur, ce qui était une façon de démontrer leur soutien à l'Empereur byzantin Marcien, ayant lui-même convoqué le concile de Chalcédoine). Ils resteront donc dans l'Église de la pentarchie puis dans la communion orthodoxe après le schisme d'Orient.

Les melchites étaient historiquement rattachés à trois patriarcats : ceux d'Antioche, de Jérusalem et d'Alexandrie. Des contacts réguliers ont lieu entre les melchites et les missionnaires catholiques (Dominicains, Franciscains), établis en Terre Sainte bien avant l'union de Florence. On rapporte que des ecclésiastiques melchites prennent très tôt le parti de Rome et certains d'entre eux font déjà mention du nom du Pape lors des offices en 1440. Néanmoins la majorité des melchites refuse l'union de Florence, qui est abandonnée.

La question romaine revient au . Les ecclésiastiques catholiques tentent d'attirer les melchites dans le giron de Rome, en s'impliquant cette fois dans les affaires de l'Église. Des missionnaires catholiques font un prosélytisme actif, aussi bien auprès des clercs que des fidèles. Les melchites se scindent alors progressivement en deux groupes. D'une part ceux qui sont favorables à la pleine communion avec Rome et qui sont prêts à adopter sa théologie propre, d'autre part ceux qui rejettent la communion avec Rome.

À la suite de la mort du patriarche d'Antioche en 1724, la rupture est consommée par le nouveau Patriarche d’Antioche Cyrille VI Tanas : les melchites favorables à Rome suivent Cyrille VI dans sa décision d’entrer en communion officiellement avec le Pape, tandis que ceux qui rejettent Rome se tournent vers Constantinople. En 1724, soucieux de préserver la foi orthodoxe et l’unité orthodoxe au Levant, le Saint Synode de Constantinople, prenant une décision hors de sa juridiction, dépose Cyrille VI et élit un nouveau Patriarche orthodoxe d'Antioche, Sylvestre le Chypriote, en communion avec le Patriarcat de Constantinople. Le Patriarcat de Constantinople reçoit le soutien du pouvoir ottoman, craignant une influence occidentale sur le Levant. La communauté melchite catholique est alors sévèrement persécutée, chassée et dépossédée de leurs églises au profit des orthodoxes. Une partie significative des melchites catholiques de Syrie sont forcés de quitter Alep et se réfugier au Liban. Tanas est finalement reconnu patriarche de l'Église grecque-catholique melchite par le pape en 1744.

Par la constitution « Demandatam coelitus humilitati nostrae » du , le pape interdit la latinisation des rites. Les patriarches d’Antioche des melkites se voient d’abord attribuer « l’administration perpétuelle » des patriarcats d’Alexandrie et de Jérusalem (25 juillet 1772), puis le titre de patriarches d’Alexandrie et de Jérusalem (13 janvier 1838)Le titre est conféré explicitement ad personam au patriarche d’Antioche (13/1/1838 et 17/11/1856) : cf. Mansi, Sacrorum Conciliorum nova et amplissima collectio, X, Paris 1911, col. 1078, note 2 ; de Martinis, R., éd., Iuris pontificii de propaganda fide. Pars prima, VI, Roma 1894, p. 268-269..

L'Église grecque-catholique melchite resta soucieuse de son indépendance, et de la conservation de ses rites, ce que le pape reconnut et garantit par l'encyclique Orientalium Dignitas du .

Organisation En 2009, les melchites catholiques représentent la deuxième communauté catholique d'Orient ; elle compte 1,3 million de fidèles dans le monde dont au Proche-Orient. Essentiellement originaires de Syrie, du Liban et de Palestine, les melchites catholiques sont présents dans tous les pays du Levant : au Liban : fidèles ; en Syrie : ; en Palestine : ; en Jordanie : et également en Égypte : (issus de l'immigration des melchites catholiques de Syrie et du Liban au , leur nombre a considérablement chuté dans les années 1950-1960 sous le régime nassérien ; la communauté melchite catholique d’Égypte était estimée à personnes au début du ). Une importante diaspora vit au Brésil, en France ainsi qu'au Canada.

Siège patriarcal thumb|La cathédrale Notre-Dame-de-la-Dormition de Damas en Syrie. Le siège patriarcal de l'Église grecque-catholique melchite se situe à Damas dans le quartier Bab Charki où réside le patriarche qui dispose également d'une résidence secondaire à Raboueh, au Liban. Il séjourne aussi dans les deux autres patriarcats de Jérusalem et d'Alexandrie.

Patriarche Le titre complet du patriarche est : « Patriarche des grandes villes d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem, de la Cilicie, de la Syrie, de l'Ibérie, de l'Arabie, de la Mésopotamie, de la Pentapole, de l'Éthiopie, de toute l'Égypte et de tout l'Orient, Père des pères, Pasteur des pasteurs, Pontife des pontifes, treizième des saints apôtres ».

Il existe également une formule plus courte : « Patriarche d'Alexandrie et de la terre d'Égypte, d'Antioche et de tout l'Orient, de Jérusalem et de toute la Palestine ».

Organisation territoriale Syrie thumb|right|Le monastère Saint-Serge de Maaloula en Syrie. Métropole de Damas (Siège patriarcal avec un suffragant) Siège: cathédrale Notre-Dame-de-la-Dormition Métropole d'Alep (Métropole sans suffragants) Métropole de Bosra et du Hauran (khabab) (Métropole sans suffragants) Métropole de Homs (Métropole sans suffragants) Archiéparchie de Lattaquié (directement sujette au Patriarche Melkite) Liban thumb|upright 0.8|L’église Saint-Paul de Harissa au Liban. Métropole de Beyrouth (Métropole sans suffragants) Métropole de Tyr (Métropolitain avec trois suffragants) Archiéparchie de Baalbek (directement sujette au Patriarche Melkite) Archiéparchie de Baniyas et de Marjeyoun (suffragant de Tyr) Archiéparchie de Sidon et de Deir El-Kamar (suffragant de Tyr) Archiéparchie de Tripoli (suffragant de Tyr) Archiéparchie de Zahlé (suffragant de Damas)

Reste du Moyen-Orient thumb|right|L’église de l’Annonciation de Jérusalem. Archéparchie de Pétra et Philadelphie (Jordanie) (directement sujette au Patriarche Melkite) Archiéparchie d'Acre (Israël) (directement sujette au Patriarche Melkite)

Exarchat patriarcal d'Istanbul

Territoire patriarcal de Jérusalem

Amérique thumb|L’église Saints-Pierre-et-Paul d’Ottawa au Canada. Éparchie Saint-Sauveur de Montréal des Melkites (Canada) Éparchie Notre-Dame du Paradis de São Paulo des Melkites (Brésil) Éparchie de Newton des Melkites (États-Unis) Éparchie Notre-Dame du Paradis de Mexico des Melkites (Mexique) Exarchat apostolique du Venezuela Exarchat apostolique d'Argentine

Europe Vicariat apostolique d'Europe occidentale (Rome)

Océanie

Instituts religieux thumb|right|L’église Saint-Julien-le-Pauvre de Paris en France. thumb|right|upright 0.8|L’église Saint-Nicolas-de-Myre de Marseille en France.

Congrégations masculines Ordre basilien salvatorien, Ordre basilien choueirite, Ordre basilien alépin, Société des missionnaires de Saint Paul.

Congrégations religieuses féminines Congrégation des Sœurs Basiliennes Salvatoriennes, Congrégation des Sœurs Basiliennes Chouérites, Congrégation des Sœurs Basiliennes Alépines, Congrégation Missionnaire de N.D du Perpétuel Secours, Congrégation des religieuses de N.D du Bon Service, Carmel de la Théotokos et de l'Unité.

Communautés nouvelles L'Église grecque-catholique melkite comporte une communauté nouvelle issue du renouveau charismatique à l'occasion du œcuménique du Vatican. Il s'agit de la Fraternité des Douze Apôtres établie à Bruxelles en Belgique issue d'une scission de la communauté de la Théophanie..

Relations avec les autres Églises L'Église est membre du Conseil des Églises du Moyen-Orient.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liste des primats de l'Église grecque-catholique melkite Cathédrale Notre-Dame-de-la-Dormition de Damas Éparchie Saint-Sauveur de Montréal des Melkites Église Saint-Julien-le-Pauvre de Paris Église Saint-Nicolas-de-Myre de Marseille Isidore Fattal

Bibliographie . . . . . .

Liens externes

Église grecque-catholique melkite sur le site Chrétiens orientaux. Foi, espérance et traditions. Antioche (patriarcat grec-melkite) dans le dictionnaire de théologie catholique. Liste des églises particulières de l'Église grecque-catholique melkite sur le site GCatholic.org Liturgicon : Missel byzantin à l'usage des fidèles par le P. Néophyte Edelby

Melkite Catégorie:Christianisme en Syrie Catégorie:Catholicisme au Liban Catégorie:Fondation au XVIIIe siècle