La sécurité logicielle des smartphones ou sécurité logicielle des téléphones intelligents est devenue une préoccupation de plus en plus importante de l'informatique liée à la téléphonie mobile. Elle est particulièrement préoccupante car elle concerne la sécurité des informations personnelles disponibles au sein des smartphones.

De plus en plus d'utilisateurs et d'entreprises utilisent au jour le jour des smartphones comme outils de communication mais aussi pour la planification, la gestion et l'organisation de leurs vies professionnelle et privée. Au sein des entreprises, ces techniques sont à l'origine de profonds bouleversements dans l'organisation des systèmes d'information et par conséquent elles deviennent la source de nouveaux risques. En effet, les smartphones collectent et compilent un nombre croissant d'informations sensibles dont l'accès doit être contrôlé afin de protéger la vie privée de l'usager et ce qui est du domaine de la propriété intellectuelle de l'entreprise.

Tout comme les ordinateurs, les smartphones sont des cibles privilégiées d'attaques. Ces attaques exploitent plusieurs faiblesses liées au smartphone: cela peut provenir des moyens de communications comme les SMS/MMS et les réseaux Wi-Fi et GSM. Ensuite des vulnérabilités aux attaques exploitant les failles logicielles qui peuvent provenir aussi bien du navigateur web que du système. Et enfin des logiciels malveillants qui le plus souvent comptent sur les faibles connaissances d'un utilisateur commun.

Différentes contre-mesures sont développées et apposées sur les terminaux au fil de leur développement, sur chacune des couches logicielles, jusqu'à la diffusion d'information à l'utilisateur final de la machine. Il y a des bonnes pratiques à respecter à tous les niveaux, de la conception à l'utilisation, en passant par le développement des systèmes d'exploitation, des couches logicielles, des applications téléchargeables sur les kiosques destinés à cet effet.

Problématique de sécurité logicielle

Menaces

Un utilisateur de smartphone peut subir différentes menaces lorsqu'il utilise son téléphone. Ces menaces peuvent soit nuire au bon fonctionnement du smartphone, soit transmettre ou modifier les données de l'utilisateur. Pour ces raisons, les applications qui y sont déployées doivent avoir des garanties de confidentialité et d'intégrité quant aux informations qu'elles manipulent. De plus, certains logiciels pouvant être eux-mêmes malveillants, leurs fonctionnalités et leurs activités doivent être limitées (consultation de la position GPS, du carnet d'adresse, transmission de données sur le réseau, envoi de SMS facturés, etc.).

Il y a trois cibles privilégiées par les attaquants: les données, les smartphones sont des appareils de stockage de données, par conséquent ils peuvent contenir des données sensibles comme des numéros de cartes de crédit, des informations d'authentification, des informations privées, des journaux d'activité (calendrier, journaux d'appel) ; l'identité, les smartphones sont très personnalisables, l'appareil ou son contenu sont associés à une personne spécifique. Par exemple, tout appareil mobile qui peut transmettre de l'information est lié au propriétaire du contrat de téléphonie mobile, un attaquant peut vouloir voler l'identité du propriétaire d'un smartphone pour commettre d'autres délits ; la disponibilité, en attaquant un smartphone on peut limiter l'accès du propriétaire à celui-ci, voire l'en priver et le mettre hors service.

À l'origine de ces attaques on retrouve les mêmes acteurs que dans l'informatique non mobile : les professionnels que ce soit des commerciaux ou bien des militaires visent les trois cibles précédemment citées. Ils peuvent voler les données sensibles du grand public, pratiquer l'espionnage industriel ou bien utiliser l'identité des personnes attaquées pour réaliser d'autres attaques ; les escrocs qui veulent obtenir des revenus par l'intermédiaire de l'identité ou des données qu'ils ont volées. Les escrocs se contentent d'attaquer un maximum de personnes pour augmenter de manière quantitative leur profit potentiel ; les pirates qui s'attaquent spécifiquement à la disponibilité. Leur but est de développer des virus et autre vers pour causer uniquement des dommages à l'appareil. Dans certains cas, les pirates ont pour objectif de voler des données sur les appareils.

Conséquences

Quand un smartphone est infecté par une personne malveillante, l'attaquant peut opérer plusieurs types d'action sur le smartphone : L'attaquant peut manipuler le smartphone comme une machine zombie, c'est-à-dire une machine avec laquelle l'attaquant peut communiquer et envoyer des commandes qui lui serviront à envoyer des messages indésirables (des spams) au travers de sms ou de mails ; L'attaquant peut facilement forcer le smartphone à passer des coups de téléphone. Par exemple en utilisant l'Interface de programmation PhoneMakerCall de Microsoft, qui récupère des numéros de téléphone de n'importe quelle source comme les pages jaunes, pour ensuite les appeler. Mais il peut aussi utiliser cette méthode pour appeler des services payants, ce qui provoque un coût pour le propriétaire du smartphone. Elle est également très dangereuse car le smartphone pourrait appeler des services d'urgence et ainsi nuire à leur bon fonctionnement ; Un smartphone compromis peut enregistrer les conversations de l'utilisateur avec d'autres personnes et les transmettre. Ceci provoque des problèmes de confidentialité pour les utilisateurs et de sécurité pour les industries ; Un utilisateur malveillant peut également voler l'identité d'un utilisateur, usurper son identité (copie de la carte SIM, du téléphone, etc.) et ainsi se faire passer pour lui. Ceci pose des problèmes de sécurité dans des pays où les smartphones permettent de faire des commandes, de consulter ses comptes ou encore servir de carte d'identité ; Il peut diminuer l'autonomie du smartphone en déchargeant la batterie, par exemple en lançant une application qui va faire fonctionner en permanence le processeur du smartphone, ce qui demande beaucoup d'énergie. Un facteur qui distingue les appareils informatiques mobiles à partir d'ordinateurs de bureau est leurs performances limitées. Ce sont Frank Stajano et Ross Anderson qui ont décrit pour la première fois cette forme d'attaque, la qualifiant d'attaque de « l'épuisement de la batterie » ou de « la torture de la privation de sommeil » ; Il peut empêcher le fonctionnement et/ou le démarrage du smartphone en le rendant inutilisable. Il peut soit supprimer les données de démarrage et ainsi rendre le téléphone vide de tous système, soit modifier ces mêmes fichiers pour le rendre inutilisable (exemple : un script qui se lance au démarrage et force le smartphone à redémarrer) ou encore lancer au démarrage une application qui viderait la batterie; Il peut supprimer les données personnelles (photos, musiques, vidéos, etc.) ou professionnelles (contacts) de l'utilisateur.

Attaques basées sur les moyens de communication

Attaque basée sur les SMS et MMS

Certaines attaques proviennent de failles dans le gestionnaire des SMS et des MMS.

Certains modèles de mobiles ont des problèmes dans la gestion des messages SMS binaires. Il est possible en envoyant un message mal-formé de bloquer ou de forcer le téléphone à redémarrer, menant à des attaques par dénis de service. Lorsqu'un utilisateur du modèle SIEMENS S5 recevait un SMS contenant un caractère chinois, cela menait à un déni de service. La norme impose que la taille maximale d'une adresse mail soit de 32 caractères, certaines implémentations de téléphone Nokia ont montré qu'ils ne vérifiaient pas cette norme, par conséquent si un utilisateur entre une adresse mail supérieure à 32 caractères cela mène au dysfonctionnement complet du gestionnaire de messagerie qui est mis hors-service. Cette attaque est nommée "curse of silence". Une étude sur la sécurité de l'infrastructure SMS a révélé que les messages SMS envoyés depuis Internet peuvent être utilisés pour provoquer un déni de service distribué (DDoS) contre les infrastructures de télécommunications mobiles d'une grande ville. L'attaque exploite les retards dans la livraison des messages pour surcharger le réseau.

Un téléphone malintentionné envoie un MMS à d'autres téléphones avec une pièce jointe. Cette pièce jointe est infectée par un virus. À la réception du MMS, l'utilisateur a le choix ou non d'ouvrir cette pièce jointe. S'il l'ouvre, il est infecté et le virus envoie un MMS avec une pièce jointe infectée à tous les contacts de son répertoire. Le virus CommWarrior utilise le carnet d'adresses et envoie des messages MMS incluant un fichier infecté aux destinataires. Exemple réel : un utilisateur a installé le logiciel qu'il a reçu comme message MMS ; ensuite le virus a commencé à envoyer des messages aux destinataires récupérés à partir du carnet d'adresse.

Attaques basées sur les réseaux de communication

Attaques sur les réseaux GSM

L'attaquant peut chercher à briser le chiffrement du réseau mobile. Le chiffrement des réseaux GSM fait partie de la famille des algorithmes A5. Du fait de la politique de sécurité par l'obscurité il n'a pas été permis de tester publiquement la solidité de ces algorithmes. Il y avait principalement deux variantes de l'algorithme qui étaient déployées : A5/1 et A5/2 (chiffrement par flot), ce dernier étant une version plus faible de chiffrement pour les pays ayant des restrictions légales sur l'utilisation des schémas cryptographiques. Depuis que l'algorithme de chiffrement a été rendu public, il a été prouvé qu'il était possible de casser ces algorithmes de chiffrement en environ 6 heures. En , le 3GPP a décidé de prohiber l'utilisation de A5/2.

D'autres algorithmes publics plus résistants ont été introduits : le A5/3 et le A5/4 (chiffrement par blocs) autrement appelés UEA1 ou KASUMI publiés par l'ETSI. Si le réseau ne supporte pas A5/1 ni d'autres algorithmes A5 supportés par le téléphone mobile, le réseau peut à tout moment forcer l'utilisation de A5/0, qui veut dire que la communication n'est pas chiffrée. Même si le téléphone est capable de communications radio 3G ou 4G qui possèdent des algorithmes bien plus résistants que ceux du 2G GSM, le réseau peut limiter la communication radio au 2G (GSM) et forcer l'utilisation de A5/0 (non chiffré). Ceci permet l'attaque par IMSI catcher. Une fois l'algorithme cassé, l'attaquant peut intercepter en clair toutes les communications effectuées par le smartphone victime.

Attaques sur les réseaux Wi-Fi thumb|right|350px|Point d'accès jumeaux. L'attaquant peut chercher à écouter les communications Wi-Fi pour en tirer des informations (identifiant, mot de passe). Ce type d'attaque n'est pas propre aux smartphones mais ceux-ci sont très vulnérables à ces attaques car très souvent le Wi-Fi est le seul moyen de communication qu'ils possèdent pour accéder à Internet. La sécurité des réseaux sans fil (WLAN) est un sujet sensible. Au départ les réseaux sans fils étaient sécurisés par des clés WEP : ses faiblesses sont une clé de chiffrement courte qui est la même pour tous les clients connectés. De plus, plusieurs réductions dans l'espace de recherche des clés ont été trouvées par des cryptologues.

Maintenant les réseaux sans fil sont protégés par le protocole de sécurité WPA. WPA est basé sur le "Temporal Key Integrity Protocol (TKIP)" qui a été conçu pour permettre la migration de WEP à WPA sur le matériel déjà déployé. La principale amélioration en matière de sécurité concerne les clés de chiffrement dynamique. Pour les petits réseaux, la clé WPA est une "clé pré-partagée" qui est basée sur une clé partagée.