La première , ou bataille d'Al Mata, est un épisode de la guerre du Désert durant la Seconde Guerre mondiale. Elle se déroule du au entre les forces de l'Axe (l'Afrikakorps commandé par Erwin Rommel et l'armée italienne) et les forces alliées, principalement britanniques, commandées par Claude Auchinleck, près de la ville égyptienne d'El-Alamein, à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Alexandrie.

Cette bataille a pour résultat de stopper la seconde avancée des forces de l'Axe en Égypte. Cet avantage se verra confirmé par la bataille d'Alam el Halfa un mois plus tard, puis, en octobre, par la victoire décisive du général Bernard Montgomery lors de la seconde bataille d'El Alamein.

Ces deux batailles d'El Alamein, avec celles de Midway et de Guadalcanal sur le front asiatique, et de Stalingrad sur le front est-européen, marquent un tournant de la Seconde Guerre mondiale au profit des Alliés.

Contexte historique En , l'armée britannique est en mauvaise posture, même si elle réussit à obtenir un répit lui permettant de se replier grâce aux Français libres à l'issue de la bataille de Bir Hakeim.

Le , l'Afrika Korps atteint Tobrouk (bataille de Gazala), qui capitule le lendemain.

Rommel fait à cette occasion appartenant aux unités des d'infanterie sud-africaine, d'infanterie indienne, de la garde et blindée.

, , d'essence (prise d'une valeur inestimable pour l'Afrika Korps constamment en manque de carburant), de vivres (prise elle aussi essentielle dans le désert) et une grande quantité de munitions sont pris.

L'attaque de Tobrouk a été menée par le général italien Enea Navarrini à la tête des divisions germano-italiennes : Littorio (fraîchement débarquée en Afrique), Ariete, Trieste et soit un total de dont .

L'attaque est lancée à l'aube et dès , le général , commandant la place, se rend avec sa garnison.

Rommel raconte :

L'ordre du jour de victoire de Rommel est rédigé quant à lui de la manière suivante :

Le soir même de la victoire, Hitler téléphone à Rommel pour l'informer de sa promotion en tant que de la Wehrmacht.

Après ce combat, le général italien Cavallero et le maréchal allemand Kesselring, soutenus par Mussolini, demandent à Hitler le feu vert pour lancer l'opération C3 visant à la prise de Malte. Le corps de débarquement italien, basé en Sicile, attend l'ordre de départ, mais Rommel demande à Hitler d'avoir la priorité et de pouvoir marcher dès ce moment avec des renforts sur Alexandrie. Il semblerait que Rommel n'ait pas perçu l'importance que pouvait avoir Malte vis-à-vis des ravitaillements tant alliés qu'allemands. Pour convaincre Hitler, Rommel lui promet une marche rapide sur le Canal de Suez ainsi que sa prise. Hitler tranche en faveur de son tout nouveau maréchal et demande à Mussolini de repousser l'opération C3. Mussolini fera mieux en mettant le corps de débarquement à disposition de Rommel, qui a, il est vrai, bien besoin de renfort. Ce renfort, c'est la division d'élite Folgore (unité de parachutistes). Le quartier général italien est pour sa part consterné par cette décision.

Voici la lettre qu'Hitler adressa au Duce pour le convaincre :

Le , le général Ritchie est remercié par l'armée britannique. Au Caire, les autorités britanniques commencent déjà à brûler les archives.

Le , le de bersaglieri capture et prend la ville de Marsa-Matruh, qui est située à de Tobrouk. Mussolini, en apprenant cela, s'envole pour l'Afrique. Le commandement italien, et en particulier Bastico, avertit Rommel de ne pas avancer trop vite, le ravitaillement ne pouvant être assuré sur de si longues distances sans être réorganisé, mais Rommel n'en tient pas compte et continue l'offensive. Cela est relativement téméraire étant donné l'état des divisions de l'Afrikakorps.

Les unités italiennes sont alors dans l'état suivant : division Ariete : elle ne compte plus qu'une quinzaine de chars, une quinzaine de pièces d'artillerie et 600 bersaglieri ; division Trieste : elle ne compte plus que hommes et 4 chars ; division Littorio : bersaglieri et une trentaine de chars ; division Brescia : elle ne compte plus que deux bataillons ; division Pavia : elle ne compte plus qu'un seul bataillon ; le reste des troupes, réuni au sein du groupe de soutien Navarrini, n'est guère en meilleur état.

Les unités allemandes ( et et ) ne comptent plus qu'une soixantaine de chars.

Déroulement La limite sud de l’offensive est marquée par la dépression de Qattara qui était impraticable par les chars et la plupart des autres véhicules militaires en raison de ses caractéristiques spécifiques telles que la présence de lacs salés, de hautes falaises, d'escarpements et de fech-fech. Les falaises, en particulier, ont agi comme une muraille infranchissable, ce qui signifiait que la position britannique ne pouvait pas être débordée.

Entre le et le , les germano-italiens ont capturé britanniques ainsi que détruit ou pris plus de blindés.

Arrivées à proximité des positions alliées hâtivement montées autour d'El Alamein le au soir, les unités italo-allemandes sont épuisées. Rommel veut attaquer au plus tôt, mais l'usure et la fatigue retardent l'offensive au matin du . Tandis que la motorisée contourne par le sud la position d'El Alamein défendue par les Sud-Africains, les deux divisions de Panzer attaquent la 18e brigade d'infanterie indienne qui est péniblement détruite dans l'après-midi.

Au même moment, plus au nord, les soldats allemands sont soumis à des bombardements d'artillerie très violents qui déclenchent un vent de panique, rapidement contenu par l'intervention des officiers, dont Rommel.

Au soir du , l'offensive de Rommel est stoppée. Les jours suivants, les attaques allemandes sont bloquées parfois après de durs combats, tandis que le général Auchinleck contre-attaque systématiquement, en visant essentiellement les troupes italiennes, trop faibles pour tenir face aux tanks soutenus par une artillerie pléthorique.

À partir du , Rommel passe à la défensive. Ses troupes s'accrochent au terrain, sous les coups de boutoir maladroits mais terriblement coûteux des Alliés. Auchinleck passe à plusieurs reprises près de la victoire, mais ses unités, subissant notamment la domination tactique des forces de l'Axe, sont, elles aussi, fragiles. Ces dernières, arrêtées en plein désert à proximité de leur objectif (le delta du Nil), sont renforcées par les éléments laissés en arrière lors de la poursuite échevelée de fin juin, ce qui leur permet de tenir malgré les pertes infligées par les assauts répétés des troupes alliées, essentiellement australiennes et néo-zélandaises.

Au nord du dispositif, les alliés, sûrs de leur supériorité numérique et matérielle à la suite de l'arrivée de renforts dotés de matériel moderne, se lancent à l'attaque, le , de la position tenue par la division Sabratha, celle-ci perd hommes dans cette seule journée mais l'intervention de la Panzerdivision et de la division Littorio rétablit l'équilibre des forces et permet de repousser l'attaque. C'est lors de cette attaque australienne que Rommel perd son unité d'interception des messages radio britanniques, le privant d'une source vitale de renseignement.

Rommel, qui lui aussi a reçu des renforts en matériel entre-temps, tente aussi une offensive, le , mais se heurte à une défense solide et doit renoncer. Malgré tout, la résistance de l'Axe qui se bat à un contre trois contre les hommes du général Auchinleck est un cuisant échec pour celui-ci.

Le général Auchinleck se rend finalement compte que le point faible du dispositif de l'axe est le secteur italien au nord. Il va concentrer ses efforts sur ce secteur et mettre les Italiens en déroute le . Rommel réussit à colmater le front avec ses réserves.

Après le dernier échec le , Auchinleck lui aussi renonce et ordonne de se fortifier.

C'est la fin de la première bataille d'El Alamein, qui voit Rommel échouer aux portes de la vallée du Nil, alors que ses troupes sont éloignées de ses bases logistiques (ports de Tripoli, Benghazi et de Tobrouk), avec ses lignes de ravitaillement toujours menacées par les attaques aéronavales britanniques lancées depuis Malte.

Churchill, en connaissant l'état des troupes allemandes est littéralement consterné des échecs britanniques : « Nos forces étaient supérieures à celles de l'Axe. Nous avions plus de hommes, eux moins de . Notre artillerie était plus forte dans une proportion de trois contre un, de même que pour les chars, et nous avions en ligne de nouveaux obusiers. Malgré cela, Tobrouk est tombé au bout d'une petite journée de combat. C'est un désastre. Nous nous sommes ensuite repliés jusqu'à Marsa-Matruh, mettant de désert entre notre armée et les forces ennemies. À peine cinq jours plus tard, les germano-italiens arrivaient devant notre nouvelle position, et il nous faut décrocher, pénétrer toujours plus en Égypte, reculer encore. El Alamein devra être tenu jusqu'à la mort. »

thumb|Un canon 25-pdr australien à El Alamein en juillet 1942 (AWM 024515). thumb|Théâtre des opérations, juillet 1942. La britannique reçoit pour tenir El Alamein de sérieux renforts, notamment la australienne, la néo-zélandaise (retirée du Proche-Orient où elle était en garnison), ainsi que la métropolitaine et la blindée qui ont quitté le Royaume-Uni vers la fin mai. En outre, la indienne vient d'être envoyée de Chypre.

Quant aux germano-italiens, leur seul renfort est la division Folgore qui n'arrive qu'à la mi-juillet.

Le général Frattini qui commandait la Folgore raconte dans ses mémoires : « En , la Folgore était prête. En Afrique du Nord, il fallait de toute urgence des renforts ; c'est alors que me parvint l'ordre inattendu de nous transporter immédiatement par voie aérienne sur le front égyptien. La nouvelle fut accueillie dans mes bataillons avec un enthousiasme délirant. Ces parachutistes étaient tous volontaires, tous soldats dans cette armée depuis plus de deux ans. Ils avaient déjà combattu sur plusieurs fronts ; ils étaient fascinés par leurs nouvelles responsabilités, par le fait merveilleux de se distinguer, par le rôle exceptionnel qu'ils étaient appelés à jouer. Il faut ajouter que les épreuves auxquelles ils avaient été soumis avaient été dures, effrayantes. Ainsi sur volontaires arrivés à l'école parachutiste de Tarquina, 500 en général renonçaient au bout de quinze jours et abandonnaient le cours d'entraînement au saut. Ceux qui restaient étaient des hommes exceptionnels, vraiment choisis, des hommes qui ne craignaient aucun risque et qui plus tard au combat, ne furent obsédés que par une seule pensée : se comporter de façon telle que le compagnon d'armes qui est à vos côtés ne puisse jamais penser que vous avez peur. Tous, dans la division qui volait vers l'Afrique, s'imaginaient qu'en Égypte, ils allaient sauter sur les arrières des Anglais. Ils furent très déçus ! À peine débarqués, ils reçurent l'ordre de déposer les parachutes, et furent enrôlés dans les unités normales d'infanterie, retranchées dans le sable, derrière des champs de mines. La déception fut grande, mais elle fut vite surmontée. » Le général Frattini dans un autre écrit :