Le gouvernement Pierlot IV est le gouvernement belge tripartite d'union nationale en exil à Londres, qui gouverne le pays du au .

À la suite de la capitulation de la France le 18 juin 1940, le gouvernement Pierlot III se disperse. Hubert Pierlot, Paul-Henri Spaak, Camille Gutt et Albert de Vleeschauwer se retrouvent à Londres en et reconstituent le gouvernement.

Dans un premier temps, le gouvernement reste distant vis-à-vis des Alliés. L'enjeu premier du gouvernement est avant tout de restaurer l'indépendance de la Belgique et de libérer Léopold III, alors captif au palais de Laeken. Les ministres se montrent particulièrement compréhensifs à l'égard de la politique menée par les secrétaires généraux, les industriels et les banquiers aux côtés de l'Occupant, considérant que ceux-ci mènent une politique « du moindre mal ». Le gouvernement essaie également de reprendre contact avec Léopold III, en l'invitant à rester passif ou à rejoindre Londres (ce que ce dernier refuse, contrairement aux monarques des Pays-Bas et de Norvège, qui rejoignent leurs gouvernements exilés à Londres).

1942 est un tournant pour le gouvernement. Outre le fait que l'équipe s'élargisse, il commence à défendre une ligne pro-Alliés beaucoup plus affirmée. Paul-Henri Spaak signe ainsi la Charte de l'Atlantique en et engage la Belgique à ne déposer les armes qu'après la capitulation sans conditions de l'Allemagne et du Japon ; la Belgique fournira aux États-Unis l'uranium congolais nécessaire à la fabrication des bombes atomiques larguées sur Hiroshima et Nagasaki. Le gouvernement commence à condamner beaucoup plus durement la politique « du moindre mal » menée par les secrétaires généraux en Belgique ainsi que la collaboration économique. Il met en place le Comité Gilles qui permet d'obtenir des informations sur la Belgique occupée et de soutenir la Résistance ; les tensions entre le gouvernement, plutôt conservateur, et le Front de l'Indépendance, une des principales organisations de Résistance, fondée par le Parti communiste, empêchent cependant une véritable coordination de la Résistance entre Londres et la Belgique occupée..

Le gouvernement retourne à Bruxelles en , en pleine Libération. Il reçoit le testament politique de Léopold III, alors prisonnier en Allemagne : le Roi demande la démission des ministres qui l'ont ouvertement critiqué et récuse tout engagement international pris pendant le conflit. Le texte n'est pas rendu public, mais provoque la colère du gouvernement. La captivité de Léopold III conduit à la mise en place d'une régence : le prince Charles, frère du roi, prête serment le et devient régent de Belgique. Pierlot donne ensuite la démission de son gouvernement..

Composition MinistèreNomPartiPremier ministreHubert PierlotParti catholiqueMinistre des Affaires étrangères, de l'Information et de la PropagandePaul-Henri SpaakParti ouvrier belgeMinistre des Finances et des Affaires économiquesCamille GutttechnicienMinistre des Colonies et de la JusticeAlbert de VleeschauwerParti catholiqueMinistre sans portefeuilleAugust De SchryverParti catholiqueMinistre sans portefeuilleHenri DenistechnicienMinistre sans portefeuillePaul-Émile JansonParti libéralMinistre sans portefeuilleLéon MatagneParti ouvrier belgeMinistre sans portefeuilleEugène SoudanParti ouvrier belgeMinistre sans portefeuilleArthur VanderpoortenParti libéralMinistre sans portefeuilleCharles d'Aspremont LyndenParti catholique

Remaniements

Julius Hoste jr. (libéral) est nommé sous-secrétaire d'État de l'instruction publique Henri Rolin (POB) est nommé sous-secrétaire d'État de la défense nationale Gustave Joassart (technicien) est nommé sous-secrétaire d'État de l'aide aux réfugiés, du travail et de la prévoyance sociale

Antoine Delfosse (Parti catholique) est nommé ministre de la justice, de l'information national et de la propagande Henri Rolin (POB) démissionne comme sous-secrétaire de la défense nationale

Arthur Vanderpoorten (libéral) est arrêté par l'occupant

August Balthazar (POB) est nommé ministre des travaux publics et des communications

August De Schryver est nommé ministre de l'intérieur

Gustave Joassart (technicien) démissionne comme sous-secrétaire d'État de l'aide aux réfugiés, du travail et de la prévoyance sociale

Joseph Bondas (POB) est nommé sous-secrétaire d'État de l'aide aux réfugiés, du travail et de la prévoyance sociale Raoul Richard (technicien) est nommé sous-secrétaire d'état du ravitaillement

Paul Tschoffen (Parti catholique) est nommé conseiller d'état

Paul Tschoffen (Parti catholique) est nommé chef de la mission des affaires civiles

Notes et références

Bibliographie

Patrice-Emmanuel Schmitz, Les cent jours de l'ambassadeur, ou pourquoi la Belgique a gagné la Seconde Guerre mondiale, Editions Mols, 2025, 213 p.

Pierlot 4 Belgique (pierlot 4) Catégorie:Relations entre la Belgique et le Royaume-Uni