vignette|Tessiture courante d'une voix de ténor.|alt=Tessiture d'une voix de ténor

Dans la musique occidentale, le mot ténor (du latin tenere ) désigne la tessiture d'une voix ou le registre d'un instrument situés entre l'alto et la basse. Dans la musique vocale (baroque excepté), elle correspond à la voix masculine la plus aiguë.

Au sens figuré et en référence aux ténors solistes qui, au , ont acquis la célébrité dans le domaine lyrique, le mot « ténor » désigne habituellement un homme reconnu pour son talent dans l'activité qu'il exerce. Exemples : un « ténor du barreau » pour désigner un avocat réputé ; un « ténor de la politique » pour un homme politique célèbre Dans les domaines cités, l'art oratoire, et donc la voix, occupe une place importante.

Musique instrumentale Au sein d'une famille d'instruments de musique, le ténor désigne l'instrument dont le registre se situe entre celui de l'alto et celui du baryton ou de la basse .

Par exemple, le saxophone ténor se trouve entre le saxophone alto et le saxophone baryton ; tandis que la flûte à bec ténor, elle, se trouve entre la flûte alto et la flûte basse.

Il n'existe pas de relation stricte entre la hauteur de son d'un instrument ténor et celle de la voix de ténor : par exemple, la flûte à bec ténor sonne une octave plus haut que la voix de ténor .

Musique vocale Au Moyen Âge, le terme a eu diverses significations. Les premières polyphonies médiévales sont presque exclusivement vocales. Cette origine explique que dans un chœur, le terme ténor désigne avant tout un pupitre, dont l'ambitus se situe entre celui des altos et celui des basses. Par extension, le terme désigne également les membres de ce pupitre, et ce, quelle que soit leur véritable type vocal.

Lorsque l'écriture musicale deviendra harmonique à partir du , le terme finit par désigner une voix masculine généralement aiguë, chargée de la mélodie principale par opposition aux autres voix, supérieures ou inférieures , dont la fonction était d'assurer le contrepoint à la partie de ténor.

Dans les conservatoires et les écoles de musique, les devoirs d'harmonie sont encore de nos jours rédigés pour un quatuor comprenant soprano, alto, ténor et basse.

Typologie vocale

Dans la musique classique, le ténor est le type de voix masculine dont la tessiture est la plus aiguë.

Il va de soi que les voix de jeunes garçons, de castrats et de contreténors sont plus aiguës que la voix de ténor, mais celles-ci sont classées à part, non pas à cause d'une différence de technique vocale, mais du fait de leur utilisation exclusive de la voix de tête, naturellement plus aiguë que la voix de poitrine.

Le terme « ténor » apparaît en France à la fin du , succédant aux appellations de « taille » et de « haute-contre ».

Il existe plusieurs catégories de ténors qui diffèrent par le caractère des personnages qu'ils interprètent, la vaillance de la voix et la richesse du timbre, la constante étant la tessiture, qui s'étend le plus souvent du do au si.

Si jusqu'au milieu du , les aigus étaient émis en « voix de fausset » (falsetto en italien) ou « voix de tête » dans le style baroque, la « voix de poitrine » s'est peu à peu imposée à partir des années 1840 sous l'impulsion du ténor français Gilbert Duprez. Cette évolution explique par exemple que, dans l'opéra italien, les œuvres belcantistes (Bellini, Rossini) ont généralement des tessitures élevées mais des instrumentations légères alors que les rôles véristes (Puccini) sont moins aigus mais dotés d'orchestrations plus fournies.

Ténor léger Le ténor léger possède la tessiture la plus élevée, la plus agile, mais la moins puissante. Ambitus : do-réLe Quid. Bellini a composé jusqu'au fa dans l'air « Credeasi misera » des Puritains - souvent transposé - ou pour le rôle de Fernando de Bianca e Fernando, mais l'opéra est rarement joué. On emploie parfois le mot de « tenorino » ().

Rôles-types : le comte Almaviva dans Le Barbier de Séville de Rossini Tonio dans La Fille du régiment de Donizetti.

Exemples : James Blunt Luigi Alva ; Juan Diego Flórez ; Maxim Mironov ; Lawrence Brownlee ; Rockwell Blake ;

Chris Merritt.

Ténor lyrique léger Le ténor lyrique léger se situe entre le ténor léger et le ténor lyrique. Sa tessiture vocale est la même que celle du ténor léger, cependant sa voix est légèrement moins large que celle du ténor lyrique et plus épaisse que le ténor léger, avec des emplois vocaux bien spécifiques.

Exemples : Luciano Pavarotti ; Francisco Araiza ou Roberto Alagna en début de carrière ; Nicolai Gedda ; Tito Schipa ; Cesare Valletti ; Néstor Mesta CháyresBiographies Egly Hill Marin First - Nestor Mesta Chayres - Mejíco Nestor Mesta Chayres - la biographie - voix d'un ténor lyrique - semblable à Tito Schipa dans eglycoliamarinprimera.blogspot.comNight Club Reviews - Havana-Madrid New York -"Nestor Chaires Mexican dramatic tenor" -examen critique de Nestor Chaires (Chayres) dans "The Billboard" 1 janvier 1944 p. 20 en books.google.com. Éric Tappy Peter Schreier

Ténor lyrique Le ténor lyrique . Tessiture : do-do

Rôles-types : le Duc dans Rigoletto de Verdi et Max dans Der Freischütz de Weber.

Exemples : Jussi Björling ; José Carreras ; Rolando Villazón ; Roberto Alagna ; Luciano Pavarotti ; Francisco Araiza ; Alfredo Kraus ; Juan Arvizu<ref> [https://www.thefreelibrary.com/Mexican+musicians+in+California+and+the+United+States%2C+1910-50.-a0155283831 Mexican Tenors in California and the United States 1910-50 - "TWO MEXICAN TENORS" - Juan Arvizu (1900-1985) identifié comme l'un des principaux ténors mexicains de son époque sur thefreelibrary.com]</ref> Agustín Lara - A Cultural Cultural Biography Andrew Grant Wood Oxford University Press - Juan Arvizu et Maria Grever sur google.books.com Golpe al Corazón: Tangos y Boleros Carlos Joaquín Ossa Planeta, 1997, p. 32 Juan Arvizu décrit comme chanteur noté et vibrant qui a d'abord défendu le travail d'Agustin Lara sur google.books.com The Billboard - A Mexican TV Series Will Honor 150 Radio Artists 30 Mars 1968 p. 39 Juan Arvizu dans "The Golden Epoch of Radio" sur XEW_TV sur google.books.com.

Ténor lirico spinto Le ténor lirico spinto (de l'italien spinto (litt. « poussé ») qui caractérise une voix de soprano ou de ténor pouvant soutenir des effets dramatiques pendant un instant plus ou moins long, d'où le terme de « poussé ») possède la même tessiture vocale que le ténor lyrique avec une voix plus ample et légèrement plus sombre. Il peut avoir parfois une tessiture plus courte que celle du ténor lyrique, mais sa voix reste très brillante.

Rôles-types : Manrico dans Le Trouvère de Verdi ; Don José dans Carmen de Bizet ; Calaf dans Turandot de Puccini.

Exemples : Franco Corelli ; Richard Tucker ; Plácido Domingo ; Vasile Moldoveanu ; Jonas Kaufmann.

Ténor dramatique Le ténor dramatique possède la voix de ténor la moins agile mais la plus puissante. Sa tessiture s'étend du do au do.

Rôles-types : Enée dans Les Troyens de Berlioz.

On parle parfois de Heldentenor (), de fort ténor ou encore de ténor noble avec une puissance de à (Guy Chauvet 140 décibels à 1 mètre). Il s'agit d'un ténor dramatique avec un grave barytonnant et un aigu éclatant dont la tessiture s'étend du si au la.

Rôles-types : Siegfried de Wagner.

Exemples : Wolfgang Windgassen ; Jon Vickers ; Mario del Monaco ; Guy Chauvet ; Lauritz Melchior ;

Vladimir Galouzine ; .

Catégories historiques Haute-contre

Au sein de la musique baroque française, le terme de « haute-contre »Bien que concernant des chanteurs de sexe masculin, le mot est du genre féminin. désigne la voix masculine la plus aiguë, dont l’ambitus s'étend approximativement du do2 au do4François Poirier dans La Princesse de Navarre et La Tour dans Platée de Rameau atteignaient le ré4, Joseph Legros dans Orphée et Eurydice de Gluck le mi4, mais au diapason baroque soit entre un demi et un ton entier plus bas que le diapason moderne. Cf. Lionel Sawkins, « Haute-contre » dans Stanley Sadie (dir.), The New Grove Dictionary of Opera, New York, Grove Oxford University Press, 1997, tome II, ; Rodolfo Celletti, « La Scuola vocale francese e Rameau » dans Guglielmo Barblan, Alberto Basso (dir.), Storia dell'Opera, Turin, UTET, 1977, III/1, ; Julian Rushton, « Legros [Le Gros], Joseph » dans The New Grove Dictionary of Opera, , tome II, .. En dépit de son étymologie commune avec les termes « contralto » et « contre-ténor », la haute-contre désigne un vrai ténor capable de soutenir des tessitures élevées en ayant recours à la voix de tête. Le terme, utilisé uniquement en France jusqu'à la fin du , a été par la suite progressivement abandonné au profit du terme plus générique de « ténor ».

Une catégorie similaire exista en Italie, dans les premières décennies du : le ténor contraltino. Celui-ci fut développé par Rossini afin de remplacer les castrats, qui étaient en train de disparaître de la scène lyrique, avant de se fondre lui aussi dans la nouvelle catégorie de ténor romantiqueRodolfo Celletti, Storia del Belcanto, Fiesole, Discanto, 1983, p. 166 et suiv. ; éd. française : Histoire du bel canto, Paris, Fayard, 1987..

Rôles-types (enregistrés): Atys dans Atys (1676) de Lully Renaud dans Armide (1686) de Lully Jason dans Médée (1693) de Charpentier Céyx dans Alcyone (1706) de Marais Idamante dans Idoménée (1712) de Campra Ninus dans Pyrame & Thisbé (1726) de Francœur et Rebel Castor dans Castor & Pollux (1737) de Rameau Zoroastre dans Zoroastre (1749) de Rameau

Exemples d'interprètes : Howard Crook Gilles Ragon Jean-Paul Fouchécourt Mark Padmore Paul Agnew Cyril Auvity Mathias Vidal

Taille ou baryténor Dans la musique baroque française, la taille (ou « haute-taille », terme utilisé malgré tout comme synonyme de « haute-contre » vers la fin du ) désignait le registre situé entre la haute-contre et la basse-taille.

Le terme baryténor, parfois employé par certaines encyclopédies ou revues musicales, est quant à lui une francisation de l'italien baritenore. Il est à peu près l'équivalent de « taille » et désigne, jusqu'au commencement du , une The American History and Encyclopedia of Music. caractérisée par un grave chaud et un aigu claironnant. Les meilleurs baryténors étaient par ailleurs à l'aise dans le chant « coloratura »Marc Vignal, Dictionnaire de la musique, Larousse (accessible en ligne en Gallica, Bibliothèque nationale de France.. À l'époque de Rossini, on faisait souvent usage de cette voix pour des personnages nobles et d'âge mûr, en contraste avec les voix plus pures et aériennes du ténor contraltino auquel on confiait les rôles d'amants fougueux. Ainsi dans Otello de Rossini (1816), le rôle-titre est dévolu à un baryténor tandis que celui de Rodrigo, son jeune rival, est confié à un ténor contraltinoRespectivement à la création, Andrea Nozzari et Giovanni David.. En l’absence de ténors contraltini (ou, mieux encore, de contralti musici, c'est-à-dire de contralti chantant en travesti) dans la troupe, Rossini pouvait conférer aux baryténors des rôles de jeune premier (par exemple Rinaldo dans Armida ou encore Osiride dans Mosè in Egitto)Rodolfo Celletti, Storia del belcanto, , ..