Pierre Leblanc, né le , est un sculpteur québécois. Il expose dans de nombreux musées et galeries depuis 1972Jules ARBEC, « Pierre Leblanc. Vestige du passé, vertige du futur », Vie des Arts, vol. 38, nº150, 1993, p.62. Reconnu pour ses sculptures monumentales, cet artiste travailla sur plusieurs projets issus de la Politique d'intégration des arts à l'architecture et à l’environnement des bâtiments publics et ce dans différentes régions du Québec.

Biographie

Né de parents originaires des Îles de la Madeleine, Pierre Leblanc passe son enfance dans le quartier montréalais Côte Saint-PaulMichel-Pierre SARRAZIN, « Pierre Leblanc, sculpteur : vie mortelle d’un artiste », Espace sculpture, nº22, hiver 1993, p.38, dans une maison rue Roberval, depuis détruite pour faire place à l'échangeur Turcot. Enfant, Leblanc s’invente des métiers et des travaux manuels inspirés de son père et des chemins de fer qui se déploient dans son paysage quotidien. Bien que la notion d’art n’est pas présente dans sa famille, Pierre Leblanc sait qu’il veut être artiste dès son enfance. Associant plutôt l’art à la peinture, il veut être peintre. « J’ai dû voir un programme ou un film ou je le sais pas, sur la vie de quelqu’un. Personne chez-nous connaissait ça ou parlait de ça. »Pierre LEBLANC cité par Michel-Pierre SARRAZIN, « Pierre Leblanc, sculpteur ; Vie mortelle d’un artiste », Espace sculpture, nº22, hiver 1993, p.39 C’est à l’adolescence qu’il explore davantage la peinture en tant qu’autodidacte et découvre la sculpture.

C’est en travaillant à la Fonderie expérimentale de Pierrefonds avec André Fournelle et Armand Vaillancourt de 1968 à 1972Clément FONTAINE, « Pierre Leblanc ou l’art de la provocation », Espace sculpture, vol. 7, nº3, 1991, p.35 que Leblanc acquiert une formation en sculpture. En 1974, il quitte Montréal pour s’établir à Val-David, où est toujours son atelier. C’est là, en participant à la création de l’Atelier de l’Île et en y travaillant pendant 7 années consécutives qu’il approfondit ses connaissances en gravure et en lithographie avec Michel Thomas Tremblay et Gilles BoisvertMarie France TREMBLAY, Collection Prêt d’œuvres d’art, Musée du Québec, 1990. Parallèlement, Pierre Leblanc se voue à sa carrière de sculpteur et réalise de nombreuses expositions, des performances et des projets d’intégration à l’architecture de grande envergure.

Œuvre

Tout au long de sa carrière, Pierre Leblanc présente des œuvres où se mêlent citations, problématiques de société et constat environnemental. Au tournant des années 80, Leblanc présente ses premières séries d’envergure. Avec Action hors sol, Pipe-Line, Attaches et contre-poids et Arches et tensions, l’artiste expérimente les problèmes d’ingénierie et de structureAllan PRINGLE, Pierre Leblanc : Les années 80, Centre d’exposition du Vieux Palais, 1992, p.10. Des madriers et des poutres d’acier, parfois peintes ou oxydées, liées et attachées, se déploient largement dans l’espace. En salle d’exposition, ces œuvres sont accompagnées de dessins et de maquettes qui agissent en tant que traces laissées par la sculpture. L’œuvre tridimensionnelle se retrouve aplanit et vient parler d’elle-même, de sa conception et de sa présentationJohanne CHAGNON, « Haute tension : Pierre Leblanc », Vie des Arts, vol. 29, nº116, 1984, p.55.

En 1983, Pierre Leblanc poursuit la réalisation d’œuvres de plus petits formats en présentant non seulement des dessins, mais aussi des photographies et des objets glanés au cours de ses voyages qu’il assemble pour en faire des boîtes-objets. Ainsi, les séries Souvenirs de voyage et Impressions de Provence se retrouvent accrochées au mur dans des composantes de bois peintes en blanc. Dès lors, l’idée de traces laissées sur un territoire prend de l’ampleur et aborde une autre facette, soit les traces laissées par l’homme. Le thème du voyage, de la visite d’un lieu habité et construit par l’homme devient l’élément déclencheur de plusieurs séries, soit Lieux sans temple, Lieux en mémoire et Le calme trompeur des grandes villes. Les boîtes-objets présentent des images « d’accumulations industrielles… érigées tels des temples de la surabondance »Pierre LEBLANC, cité par Allan PRINGLE, Pierre Leblanc : Les années 80, Centre d’exposition du Vieux Palais, 1992, p. 44 et « d’artefacts contemporains pour l’archéologie de demain »Idem, p. 44. Dans Lieux sans temples, Leblanc juxtapose des images de ferrailles, de cimetières de voitures ou de montagnes de pneus à des objets de consommation. Les structures blanches construites par l'artiste autour des photographies font référence aux temples antiques en ruine. Cette série de boîtes-objets introduit un constat environnemental dans l'œuvre de l'artiste. Pour la série Lieux en mémoire, c'est la démolition de sa maison d’enfance, exécutée pour construire l’échangeur Turcot, qui inspire Leblanc. Ces œuvres ne sont pas tant une critique de l’action de destruction engendrée par l’homme, mais plutôt une réflexion sur l’importance de la mémoire. Les sculptures de Pierre Leblanc « fouillent notre héritage culturel à travers des métaphores visuelles de lieux, d’événements ou de gens. »John K. GRANDE, opuscule de l’exposition Livres ouverts / Face cachée – Œuvres de Pierre Leblanc, Musée de Lachine, 2002, p.1 Dans Le calme trompeur des grandes villes, Pierre Leblanc réalise des œuvres inspirées par ses voyages dans de grandes métropoles. En continuité avec les séries précédentes, Paris, Washington et New York sont mises en scène, de façon dramaturgique, par une reconstitution de l’architecture sous forme de maquette et par sa juxtaposition à des photographies prises par l’artiste lors de ses voyages. Le titre, ainsi que les éléments ajoutés à l’ensemble, tel que le pistolet, incitent le spectateur à regarder au-delà de la beauté architecturale et à suspecter la possible présence d’une violence socialeAllan PRINGLE, Pierre Leblanc : Les années 80, Centre d’exposition du Vieux Palais, 1992, p.46.

En 1994, dans la continuité de ses réflexions sur l’architecture, la société et le temps, le sculpteur réalise la série Le temps stationnaireClaude Paul GAUTHIER, « Pierre Leblanc : Tempus non fugit », Espace Sculpture, n° 39, 1997, p. 43. Leblanc utilise comme sujet un espace où les heures, les jours, les mois et même les années s’écoulent à un rythme qui peut paraître lourd, soit la prison. Le temps carcéral est alors suggéré dans ces installations par la présence de photographies de la prison de Bordeaux à Montréal. Ces éléments photographiques sont alors juxtaposés à des maquettes et, fait nouveau dans l’œuvre de Leblanc, des néons colorés. Ces derniers, tels des graffitis, prennent la forme des mots « temps », « immobile » et « stationnaire » appuyant ainsi le propos de l’expositionLuce LEFEBVRE, « Paradoxe et Temporalité », Esse arts + opinions, nº 31, printemps 1997, p.79. Les maquettes, quant à elles, reproduisent les éléments architecturaux avancés par les photographies et en soulignent le caractère historique. L’Histoire et le Temps se retrouvent ainsi réunis dans un environnement où tout semble figé, dans l’attente de quelque chose.

Alors que les villes se présentent comme étant l’inspiration majeure de l’œuvre de Leblanc des années 80 et 90, le pour sa part inspire le sculpteur dans une autre direction, soit la natureÉdith-Anne PAGEOT, Pensez le paysage : de la nature vécue, Centre d’exposition La Maison du village, Val-David, 2008, p.15. Feuilles, arbres et disamares sont alors disséqués par l’artiste, mais toujours dans une perspective de citation des lieux. Ainsi, l’érable, de par l’omniprésence de cet arbre au Québec, devient le sujet de nombreuses œuvres. Non seulement l’artiste cite des éléments représentatifs du territoire québécois, mais cite aussi des poètes, paroliers ou théoriciens dont les textes viennent appuyer le propos de l'œuvre Site PLEPUC, Présence du littéraire dans l'espace public canadien. Gaston Miron est l’un des personnages le plus cité par Pierre Leblanc. Ayant réalisé l’événement « Les territoires rapaillés » avec Miron et l’artiste René Derouin en 1995, Leblanc continue de perpétuer les paroles de ce poèteÉdith-Anne PAGEOT, Pensez le paysage : de la nature vécue, Centre d’exposition La Maison du village, Val-David, 2008, p.13. Il introduit alors les textes de Gaston Miron directement dans son œuvre, soient découpés dans le métal même de la sculpture. Citation de la nature, des gens qui ont marqué le territoire, mais aussi de l’architecture qui devient elle aussi une source d’inspiration. Il sélectionne des éléments architecturaux représentatifs des lieux qui accueilleront l’œuvre et les reproduit dans sa sculpture. Depuis 2003, le travail de Pierre Leblanc connu une période effervescente. Ce sculpteur réalisa une quinzaine d’œuvres publiques dans différentes régions du Québec.

Art public

Réalisations dans le cadre de la Politique d'intégration des arts à l'architectureListe complète des œuvres du 1 %, pages16, 35, 37, 52, 54, 55 et 58 à 63.

2014 - Sculpture monumentale extérieure, Pavillon d'Unité de médecine familiale (CSSS de Laval), Laval (en cours d'installation) 2010 - Porte du théâtre, Théâtre Hector-Charland, L’Assomption 2009 - Sculpture monumentale extérieure et murales intérieures, Université Laval, Pavillon Ferdinand-Vandry, Québec 2009 - Murale intérieure, École Saint-Eugène, Mont-Laurier 2008 - Portes du ministère, Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Québec 2008 - Sculpture extérieure et murale intérieure, CLSC / CHSLD Saint-Charles de Limoilou, Québec 2008 - Sculpture monumentale extérieure, CLSC / CHSLD de la Nouvelle-Beauce, Sainte-Marie 2008 - Murale intérieure, Édifice du Centenaire, MRC d’Argenteuil, Lachute 2007 - Sculpture extérieure, Centre de formation professionnelle des Moulins, Terrebonne 2007 - Murale intérieure, Centre de formation professionnelle Performance Plus, Lachute 2006 - Murale extérieure, CLSC / CHSLD de Gatineau, Centre de services à la communauté, Gatineau 2004 - Sculpture extérieure, Ministère des Transports, Centre de services, Repentigny 2002 - Sculpture monumentale extérieure, Centre Hospitalier Laurentien, Sainte-Agathe-des-Monts 1998 - Sculpture extérieure, École primaire Saint-Jean-Baptiste, Val-David 1997 - Murale extérieure et relief mural intérieur, Centre de formation du transport routier, Mirabel 1994 - Sculpture extérieure, École de la Vallée, Saint-Sauveur 1993 - Sculpture extérieure, École de l'Horizon-Soleil, Saint-Jérôme 1992 - Sculpture extérieure, École Secondaire Armand-Corbeil, Terrebonne 1991 - Sculpture extérieure, École Sacré-Cœur, Saint-Jérôme 1990 - Sculpture monumentale extérieure, Édifice Louis-Cyr, ancien palais de justice, Joliette 1990 - Murale intérieure, École Sainte-Scholastique, Mirabel 1989 - Installation intérieure, École primaire Esther-Blondin, Terrebonne 1989 - Murale intérieure, École primaire du Vieux-Chêne, Terrebonne 1988 - Installation intérieure, Cégep de l'Outaouais, Campus Félix-Leclerc, Gatineau 1988 - Murale intérieure, Bibliothèque municipale Guy-Bélisle, Saint-Eustache 1986 - Sculpture monumentale extérieure, Hôpital régional de Saint-Jérôme, Saint-Jérôme 1986 - Grille murale intérieure, École primaire des Hautbois, Saint-Colomban 1984 - Sculpture extérieure, Bibliothèque Île-des-Moulins, Terrebonne 1981 - Sculpture monumentale extérieure, Société de la faune et des parcs, Labelle

Notes et références

Liens externes

Son site personnel

Catégorie:Sculpteur québécois Catégorie:Naissance en janvier 1949