Claude-Sylvain Pâris ou Pâris de Mondonville, souvent appelé Sylvain Pâris, né en 1745 à Rochecorbon (en Touraine, actuelle Indre-et-Loire), mort le à NantesActe décès Archives Nantes (), est un négociant et homme politique français, maire de Nantes.

Créateur d'une entreprise de négoce international qui lui procure un solide capital, Sylvain Pâris est partisan de la Révolution à ses débuts, mais s'exile pendant la Terreur. De retour à Nantes sous le Directoire, il est élu président du tribunal de commerce.

Nommé maire de la ville sous le Consulat, il œuvre pour la réconciliation, pour le rétablissement de l'économie avec notamment la création de la Chambre de commerce, pour l'organisation des secours aux pauvres et pour le progrès des sciences. Mais ses pouvoirs sont limités ; il démissionne deux ans après pour se consacrer de nouveau à son négoce.

Biographie Origine, débuts professionnels Claude-Sylvain Pâris, né en 1745, est le fils du négociant Claude Pâris et de Marie Allaire. Il est issu de la famille des Pâris de Mondonville, originaire d'OrléansVoir « Un Nantais injustement oublié, le colonel Charles-Jean-Baptiste-Eugène Paris », dans Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, Volume 116, 1979, 85-86..

Né dans une famille de négociants, Sylvain Pâris le devient à son tour. Il crée une entreprise de commission qu'il développe en commerçant avec l'Allemagne, le Portugal et la Nouvelle-Angleterre. Sa société est un débouché commercial pour les produits métallurgiques régionaux comme ceux des forges de la Hunaudière, près de ChâteaubriantJean-François Belhoste, Les Forges du pays de Châteaubriant, volume 3 des Cahiers de l'Inventaire, Inventaire général... - Pays de la Loire, 1984, 87 et note 285 ..

La Révolution française Il est d'abord partisan de la Révolution, qu'il juge plus tard « si majestueuse et si imposante » dans ses débuts84-85..

La réussite de son entreprise lui permet de disposer d'un capital important. Il l'utilise pour se porter acquéreur de biens nationaux, dont l'abbaye Notre-Dame de Melleray qu'il achète en 1791, pour payés en numéraire, avec cinq métairies« Paris (Claude-Sylvain) », dans Grands notables du Premier Empire : notices de biographie sociale, volume 8, partie Loire-inférieure, C.N.R.S, 1982, 209.Site infobretagne.com, page sur La Meilleraye.. Claude-Sylvain Pâris est cité parmi les notables qui se sont particulièrement enrichis en profitant de l'achat de biens nationaux et de la passation de marchés avec le gouvernementGwynne Lewis, Colin Lucas, Beyond the Terror: Essays in French Regional and Social History 1794-1815, Cambridge University Press, 2003 , 256 ..

Il est brigadier dans la garde nationale à cheval, mais s'étant cassé la jambe, il se fait remplacer par un de ses filsCamille Mellinet, La commune et la milice de Nantes, Nantes, 1839-1843, volume 7, 222 .. « Moins timide que ses concitoyens », Pâris réclame contre une réquisition. Pendant la Terreur, il se réfugie à l'étranger et invoque les nécessités de ses affaires pour ne pas être inscrit sur la liste des émigrés.

Revenu à Nantes sous le Directoire, Pâris y reprend ses affaires et y accroit sa notoriété. Il est élu juge au tribunal de commerce en 1796, réélu en 1797, puis élu en 1798 président du tribunal de commerce de Nantes, et réélu en 1799Jean Charles Rengul, Tribunal consulaire a Nantes, Mellinet, 1870, 265-266 ..

Par ailleurs musicien amateur, Sylvain Pâris fait partie d'un quatuor qui se produit lors de réunions secrètes. Avec M. Poirrier, il y participe avec Camille Mellinet, « De la musique à Nantes », dans la Revue du Breton, , Nantes, Mellinet 1837, 227 ..

Maire de Nantes thumb|upright=1.3|alt=L'ancien hôtel de ville de Nantes présente une large façade blanche à grandes fenêtres, avec deux ailes en équerre|Sylvain Pâris choisit d'habiter l'hôtel de ville de Nantes pendant son mandat de maire. Pâris est un bonapartiste déclaré. Lors des funérailles du maire François FellonneauMort le 31 mars 1800., il est parmi les principales autorités du cortège77.. Il est nommé maire de Nantes par le Premier ConsulLivre doré II, page 58.. Les adjoints et le conseil municipal de son prédécesseur sont maintenus.

Son installation a lieu le . À cette occasion, le préfet lui rend hommage pour le sacrifice qu'il fait de son intérêt particulier, au profit de ses concitoyens83.. Après un discours du premier adjoint, Pâris répond en assurant de son zèle et de son dévouement, dit que son principal devoir est « celui d'un père qui doit chercher à adoucir les haines » nées de la Révolution d'abord « si majestueuse et si imposante », puis devenue « malheureusement si désastreuse » ; il compte sur le nouveau gouvernement « sage, juste et ferme » pour ramener la « paix générale » et procurer une Europe pacifiée. Il établit son logement dans l'hôtel de ville, comme le fera son successeur168..

Sous son administration, en , un conseil d'agriculture, arts, manufacture et commerce est établi à Nantes109., puis la Société de charité maternelle en 113., et la Société des sciences et arts du département a sa première séance publiqueAnge Guépin, Essais historiques sur les progrès de la ville de Nantes, P. Sebire, 1832, 222 .. Il pose aussi la première pierre d'un établissement de bainsBulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure, 1888, tome 28, 44-45 .. Fin 1801, il fait lever l'obligation de porter la cocarde tricolore pour entrer dans l'hôtel de ville112.. En , la guerre reprenant avec l'Angleterre, Pâris écrit aux journaux pour leur imposer la discrétion sur le mouvement des navires160..

En , il fait publier le sénatus-consulte sur le consulat à vie, et un Te Deum est chanté dans la cathédrale120-121.. L'arrivée d'un nouveau receveur contribue à remettre de l'ordre dans les finances, l'administration et l'économie125-130.. Pâris obtient du Premier consul un sabre d'honneur pour un ancien commandant147.. La chambre de commerce est établie à Nantes en 151..

Démission Mais, au total, ses pouvoirs de maire sont limités ; ainsi, ce n'est plus la municipalité qui nomme le commissaire général de police mais le gouvernement148.. En mai ou juin 1803, Sylvain Pâris donne sa démission, qu'il motive sur la volonté de se consacrer à son négoce.

Son successeur, Augustin de Loynes, est installé par le préfet le 164.. Le premier adjoint sortant, Brunet, se félicite : « Les citoyens Pâris, Chauvet et moi, nous nous flattons d'avoir rempli notre tâche à la satisfaction de nos administrés »166..

Camille Mellinet estime que Sylvain Pâris a été un maire « froid et juste », avec un grand sens du devoir et de la probité, dans la fidélité à ses engagements, ce qui lui a valu « l'estime générale sur la place de Nantes »85..

Le préfet le nomme ensuite membre du collège électoral, jugeant sa notoriété bien établie. Pâris est aussi membre de la chambre de commerce.

Sylvain Pâris est mort le dans son domicile au 2, rue Racine à NantesNantes, AM, Etat civil : 1815, et canton, vue 45, acte de décès.. Au partage de sa succession en 1824, ses biens sont estimés à .

Hommages et postérité Hommages Rue Sylvain-Pâris, à Nantes, dénommée en 1856« Rue Sylvain-Paris », dans Édouard Pied, Notices sur les rues de Nantes, Nantes, éd. A. Dugas, 1906, 222 (sous Wikisource)..

Postérité familiale

Bibliographie

« Paris (Claude-Sylvain) », dans Louis Bergeron (dir.), Grands notables du Premier Empire : notices de biographie sociale, volume 8, partie Loire-inférieure, par Béatrix Guillet, éditions du C.N.R.S, 1978 ; rééd. 1982, 209 . Alexandre Perthuis et Stéphane de La Nicollière-Teijeiro, Le Livre doré de l’hôtel-de-ville de Nantes, tome II, Imprimerie Grinsard, 1873, page 58. Camille Mellinet, La commune et la milice de Nantes, Nantes, 1839-1843, volume 7, 222 ; volume 11, 77, 83-85, 109 et suivantes . « Claude Sylvain Paris », dans Baptiste Levoir, Marie-Anne Pirez, Isabelle Roy, les Paris, éd. Archives & Culture, 1994 , 49 ; à noter : cette notice semble une simple réplique de celle des Grands notables du Premier Empire, volume 8. « Rue Sylvain-Paris », dans Édouard Pied, Notices sur les rues de Nantes, Nantes, éd. A. Dugas, 1906, 222 (sous Wikisource).

Voir aussi Articles connexes Liste des maires de Nantes Histoire de Nantes

Liens externes

Notes et références Camille Mellinet, La commune et la milice de Nantes, Nantes, 1839-1843, vol. 11 :

Autres sources :

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