, né le à Nagano dans la préfecture du même nom, est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon. Élu à la Chambre des conseillers, la Chambre haute de la Diète du Japon, pour sa préfecture natale de 1992 à 2016, il est ministre de la Défense du au , successivement dans les et Cabinets du Japon dirigés par Yukio Hatoyama puis Naoto Kan. C'est un proche de l'ancien Premier ministre Tsutomu Hata.
Origines, formation et carrière professionnelle
Toshimi Kitazawa est le fils aîné de . Celui-ci s'est engagé en politique au centre gauche social-démocrate et a été élu à l'Assemblée préfectorale de Nagano (il en est le vice-président de à 長野県議会(長野県会)の歴代の正副議長を紹介します, Liste des vice-présidents successifs de l'Assemblée préfectorale de Nagano sur son site officiel) de 1959 à 1963, sous les couleurs du Parti socialiste japonais (PSJ, de 1959 à 1960), puis du Parti démocrate socialiste (PDS, de 1960 à 1963) et enfin comme indépendant (en 1963) 選挙マニア 選挙資料室, blog.goo.ne.jp « 参議院外交防衛委員長 民主党・北澤俊美の歴史認識 », officematsunaga.livedoor.biz, 11/11/2008.
Il passe son enfance et toute sa scolarité dans les environs de sa ville natale. Il est diplômé du lycée préfectoral Yashiro de Chikuma en . Il intègre ensuite la faculté de droit de l'université Waseda à Tōkyō, et en sort titulaire d'un en Portrait de Toshimi Kitazawa, site du Kantei. Il passe les treize années suivantes à Tōkyō, d'abord en tant que cadre d'entreprise puis comme assistant parlementaire pour un député à la Chambre des représentants (la Chambre basse de la Diète), se rapprochant ainsi du monde politique « エリート街道さん », soit littéralement « Parcours de l'élite », logsoku.com, 17/11/2009.
Carrière politique
Élu préfectoral
Il obtient son premier mandat le , en étant élu à l'Assemblée préfectorale de Nagano pour la circonscription correspondant à la ville de Nagano, comme autrefois son père, sous les couleurs du Parti libéral-démocrate (PLD, grand parti de la droite conservatrice libérale à l'époque au pouvoir depuis sa création en 1955). Il est réélu à quatre reprises, en 1979, 1983, 1987 et 1991.
Durant les 18 années passées au sein de cette institution locale, il est président de la Commission des Affaires générales et de la Police puis de celle des Travaux publics et du Logement, ainsi que président du Comité d'évaluation du Logement. Il occupe également des fonctions au sein de la fédération préfectorale du PLD en étant le président de son Conseil des affaires générales, de sa Commission de l'organisation ou de son groupe à l'Assemblée préfectorale Portrait de Toshimi Kitazawa, site de la Chambre des conseillers du Japon.
Entrée à la Diète
Il tente une première fois de se faire élire à la Chambre des conseillers pour l'un des deux sièges à pourvoir au vote unique non transférable dans la préfecture de Nagano lors des élections du . Il souhaite ainsi prendre le relais du libéral-démocrate sortant Tadao Natsume (, élu depuis 1974) qui ne se représentait pas. Or, la fédération locale du PLD ne s'étant pas accordé sur une candidature unique, Kitazawa a face à lui un adversaire issu du même parti, l'ancien député Kazuto Mukaiyama (, battu lors des législatives de 1979, il veut profiter lui aussi du retrait de Natsume pour retourner à la Diète).
Toshimi Kitazawa est plus particulièrement soutenu par le , plus généralement appelé ou , car créée et dirigée alors par Noboru Takeshita (qui va présider le PLD et être Premier ministre de 1987 à 1989). Alors principal groupe de pression interne au parti majoritaire en termes de parlementaires, cette faction est l'héritière de l'ancien de Kakuei Tanaka (qui est à la tête du gouvernement japonais de 1972 à 1974 et la personnalité la plus influente de la vie politique japonaise jusqu'en 1983). Elle défend traditionnellement la position du , prônant la reconquête d'une respectabilité sur la scène internationale pour le Japon par ses résultats économiques et son niveau de vie encouragés par l'État via un certain dirigisme, la protection des agriculteurs et un « État constructeur » (à savoir le maintien d'un certain niveau de développement dans les zones rurales en promouvant de forts investissements en travaux publics).
Au sein de cette faction, Toshimi Kitazawa est proche de l'une de ses valeurs montantes et figure politique majeure dans la préfecture de Nagano, le député et ministre de l'Agriculture (de à ) Tsutomu Hata, qui défend avec Ichirō Ozawa une rénovation et un rajeunissement tant de l’Heiseikai que du parti en l'orientant vers le modèle de la Révolution conservatrice représentée dans les années 1980 par Margaret Thatcher ou Ronald Reagan, par opposition à la ligne plus traditionnelle de Noboru Takeshita. L'adversaire de Kitazawa, Kazuto Mukaiyama, est pour sa part soutenu par le , dirigé par le président du PLD et Premier ministre de l'époque (de 1982 à 1987) Yasuhiro Nakasone et dominé localement à Nagano par le député et Secrétaire général adjoint du Cabinet chargé des affaires politiques (de à ) Shunjirō Karasawa « 無党派さん », littéralement « Indépendants », mimizun.com, 26/07/2003 Daily summary of Japanese press, Ambassade des États-Unis au Japon, 1986, p. 80..
C'est finalement Mukaiyama qui remporte ce duel fratricide avec près de et deux points d'avance, et Kitazawa, qui remporte ( des suffrages exprimés) et le troisième score, est battu. Le deuxième siège à pourvoir dans la préfecture de Nagano revient au sortant socialiste Ippei Koyama qui, pour sa part unique candidat de son parti qui reste la principale force d'opposition au Japon, est arrivé en tête Résultats des élections à la Chambre des conseillers du Japon de 1986 dans la préfecture de Nagano, sur le site www.senkyo.janjan.jp.
Kitazawa tente à nouveau sa chance six ans plus tard, au même mode de scrutin et dans la même circonscription, à l'occasion du renouvellement de la moitié de la Chambre des conseillers du . Cette fois-ci, il est le seul candidat, Kazuto Mukaiyama, désormais âgé de , ayant décidé de se retirer de la politique. Il arrive alors en tête, devançant le nouveau candidat socialiste Kiyoshi Imai (qui remplace Koyama qui, à , a lui aussi mis fin à sa carrière), avec et des suffrages. Il devient ainsi pour la première fois parlementaire, à Résultats des élections à la Chambre des conseillers du Japon de 1992 dans la préfecture de Nagano, sur le site www.senkyo.janjan.jp.
Fidèle de Hata
Dissidence du PLD
Durant les années 1990, Toshimi Kitazawa va changer cinq fois de parti en suivant Tsutomu Hata dont il devient rapidement l'un des principaux lieutenants. Dès le , il quitte l’Heiseikai pour rejoindre le nouveau . Celui-ci est créé par Hata (qui en est le président) et son traditionnel allié au sein de l'ancienne faction Takeshita à la tête des réformateurs, Ichirō Ozawa, celui-ci ayant échoué dans sa tentative de prendre la présidence de l’Heiseikai face au candidat de la ligne traditionnelle Keizō Obuchi. Cette nouvelle faction, fondée sur des principes libéraux, favorable à de profondes réformes structurelles et de plus en plus critique à l'égard de la direction du PLD (qu'elle juge bureaucratique et corrompue), comprend 43 parlementaires, soit 35 représentants et huit conseillers (dont Kitazawa).
Lorsque le PSJ dépose une motion de censure le pour protester contre le projet de réforme électorale proposée par le gouvernement de Kiichi Miyazawa (comprenant notamment le passage à un scrutin uninominal majoritaire à un tour intégral, l'opposition et de nombreux membres de la majorité, dont ceux du Forum Réforme 21, préférant au contraire introduire une dose plus ou moins élevée de proportionnelle), Tsutomu Hata, Ichirō Ozawa et leur faction décident alors, contre toute attente, de la voter, entraînant son adoption par contre 220 à la Chambre des représentants. Il s'agit de la première censure réussie depuis 1980, et seulement la quatrième depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. 37 députés libéraux-démocrates l'ont voté, dont 34 des 35 représentants du groupe Hata-Ozawa (le , Morio Kimura, absent, a soutenu l'action de ses compagnons de faction). Kiichi Miyazawa est alors forcé d'en appeler aux électeurs en provoquant des élections législatives anticipées pour le . En prévision de celles-ci, Ichirō Ozawa et Tsutomu Hata quittent définitivement le PLD avec leurs partisans pour former cinq jours plus tard le plus important des partis dissidents issus de ce dernier au début des années 1990, le , fort des 43 parlementaires du « Forum Réforme 21 », dont Toshimi Kitazawa, et d'un député qui n'appartenait à aucune faction (Tatsuo Ozawa, ancien ministre de la Construction et de la Santé dans les années 1970 n'ayant aucun lien de parenté avec Ichirō Ozawa). Hata en prend la présidence et Ichirō Ozawa le secrétariat général.
Dans la majorité anti-PLD
Ce nouveau parti réalise un excellent score aux élections législatives du en obtenant la troisième place derrière le PLD et le PSJ avec des suffrages et 55 sièges sur 511. Il participe à une vaste coalition « anti-PLD, anti-communiste » formée de sept partis (à savoir, outre le Shinseitō, le PSJ, les deux petites formations sociales-démocrates du Parti démocrate socialiste PDS et de la Fédération social-démocrate FSD, le mouvement centriste confessionnel du Kōmeitō ainsi que deux autres partis dissidents du PLD formés en 1992-1993 : le Nouveau parti du Japon NPJ et le Nouveau parti Sakigake NPS) qui aboutit à la formation le suivant du gouvernement de Morihiro Hosokawa (président du NPJ). Le Shinseitō y obtient cinq portefeuilles ministériels sur vingt (autant que les socialistes) dont ceux clés des Affaires étrangères (Tsutomu Hata, qui est aussi vice-Premier ministre), des Finances (Hirohisa Fujii) et du Commerce international et de l'Industrie (Hiroshi Kumagai). Toshimi Kitazawa a ainsi participé au premier changement de majorité ayant eu lieu au Japon depuis 1955.
Le , Tsutomu Hata succède à Morihiro Hosokawa comme Premier ministre et forme un gouvernement minoritaire (le PSJ et le NPS s'étant retiré de la coalition pour protester contre l'influence jugée trop forte d'Ichirō Ozawa, mais ont promis de soutenir le nouveau Cabinet jusqu'au vote du budget pour l'année fiscale 1994). Il y nomme le suivant Toshimi Kitazawa comme vice-ministre parlementaire auprès du ministre de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche Mutsuki Katō (lui aussi membre du Shinseitō), partageant ce poste avec le député du NPJ Kōdō Kohata. Il s'agit ainsi de son premier poste gouvernemental, sans qu'il soit membre du Cabinet. Hata et son administration démissionnent toutefois dès le afin d'éviter le vote d'une motion de censure déposée par le PLD et soutenue par le PSJ et le NPS. Le Shinseitō passe alors dans l'opposition tandis qu'une Grande Coalition entre les libéraux-démocrates, les socialistes et les pionniers se met en place.
Au Shinshintō