Joseph-Jean Lagarde, baron d'Empire, né le à Narbonne et décédé le à ParisParis, État civil reconstitué, vue 36/51., est un avocat, un magistrat et un administrateur français.
Biographie
Avocat au parlement de Flandres depuis 1776, il est nommé substitut du conseiller-procureur du roi au siège royal des eaux-et-forêts de la maîtrise de Lille le , conseiller-garde-manteau au même siège par intérim le et conseiller au siège royal du bailliage de Lille le A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, 530.. Un arrêt du Parle de Flandres l'admet à l'exercice de cet office le suivant, avec exemption d'exercerA. Jay, E. Jouy, Antoine-Vincent Arnault, 295-302..
Il est également secrétaire perpétuel du collège de Philalèthes, académie de Lille.
Lors des assemblées du bailliage pour l'élection des États généraux de 1789, il est l'un des deux députés élus par l'ordre des avocats. L'année suivante, il est nommé à l'unanimité secrétaire de l'assemblée électorale chargée de l'élection de l'administration départementale avec sur , puis secrétaire général du département du Nord. En 1791, il est chargé de la chaire de droit français à l'université de Douai, lors de sa réorganisation.
Le , il rédige et fait voter par le directoire du département du Nord prend un arrêté visant à empêcher que les personnes députées à la fête de la fédération soient armées. Le lendemain, il fait voter deux adresses, l'une au roi, l'autre à l'Assemblée, protestant contre la journée du 20 juin 1792.
En , l'administration départementale ayant été entièrement renouvelée, il est réélu dans ses fonctions par sur . Un membre ayant considéré qu'il ne pouvait cumuler cette fonction avec celle de professeur de droit, Lagarde renonce à cette dernière.
Dénoncé aux représentants en mission pour ces faits le , il est arrêté comme suspect et emprisonné à Arras. Libéré moins d'un mois après sur l'intervention de Merlin de Douai, il reprend son métier d'avocat, et l'administration du Nord le nomme le 9 frimaire défenseur des causes dans lesquelles l'État est partie devant les tribunaux.
Au début de , il est envoyé par des représentants en mission à Bruxelles, afin d'organiser les bureaux de la commission centrale de Belgique. Le , il est nommé agent national près le tribunal de Douai. Le suivant, grâce à la protection de Carnot et de Merlin de DouaiJacques Logie, Les Magistrats des cours et des tribunaux en Belgique, 1794-1814, Librairie Droz, 1998, , p. 161, note 302., le Directoire exécutif l'appelle par arrêté à Paris afin d'y occuper la charge de secrétaire général, où il demeure jusqu'en 1799. Le , Frison, député belge, l'accuse au Conseil des Cinq-Cents de dilapidations, dénonciation envoyée à l'examen d'une commission d'enquête. Le lendemain, Lagarde présente un mémoire justificatif au Directoire, qui l'envoie avec un message au Conseil, pour qu'il soit transmis à la commission d'enquête. Le 25, le message est présenté au Conseil, qui l'approuve majoritairement et envoie le mémoire à la commission d'enquête. Lors du coup d'État du 18 Brumaire, Lagarde récupère au Directoire le décret du Conseil des Anciens et le diffuse par courriers. Puis, le 19, il accompagne Bonaparte au château de Saint-Cloud.
Inscrit sur la liste des membres du Sénat conservateur, il y renonce à la demande du Premier consul et devient le adjoint à Maret, secrétaire général des consuls, avant de lui succéder à ce poste quand celui-ci devient secrétaire d'État. Lors de la suppression de ce poste, réuni à la fonction de ministre-secrétaire d'État, il est nommé préfet de Seine-et-Marne le . Le , il est fait chevalier de la Légion d'honneur. En l', la Seine-et-Marne le nomme candidat au Sénat conservateur. Fait baron d'Empire le , il est révoqué de ses fonctions de préfet le , pour malversation selon plusieurs biographes.
En , il siège au collège électoral du Nord, présidé à Lille par le duc de Berry. De retour à Paris, ce dernier, auquel il a été présenté, lui obtient une pension de retraite, reconnue par ordonnance du .
Sources
A. Jay, E. Jouy, Antoine-Vincent Arnault, Biographie nouvelle des contemporains, ou dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France, soit dans les pays étrangers, Librairie historique et des arts et métiers d'Émile Babeuf, 1825, , p. 295-302.
Notes et références
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