Les Sénoufo (ou Siéna, nom qu'ils se donnent, ou encore Sénéfo, Séné, Syénambélé ou Bamana en relation avec son animisme) constituent une population d'Afrique de l'Ouest qui comprend une trentaine de sous-groupes, partagés entre le sud du Mali (principalement dans la région de Sikasso), le Burkina Faso et le nord de la Côte d’Ivoire, où se trouve Korhogo, leur centre principal. Le peuple sénoufo est l'un des plus importants peuples de Côte d’Ivoire dont il représente 9,7 % de la population. Les Sénoufo représentent environ réparties en plus d’une trentaine de sous-groupes. Chaque sous-groupe à ses propres caractéristiques mais ils partagent plusieurs traits culturels qui en font l’unité : la langue, les patronymes, l’organisation sociale et religieuse.

La société sénoufo reste dominée par les agriculteurs, qui pratiquent à la fois les cultures vivrières (mil, maïs, riz, igname) et commerciales (arachide, coton)..

Ethnonyme Le mot Sénoufo, qui dérive du mot sénanbèle lui-même composé des mots ségi (champ) et nanbéle (hommes) signifie ..

Lexique des noms : masculin/féminin par ordre alphabétique / fille = Zié / Gnele ; / fille = Zana / Gnôh ; / fille = N’Golo / Gnire ; / fille = Bêh / Bara ; / fille = Dôh / Zele ; / fille = Mbaha / Gnaman ; / fille = Gnanman ; / fille = Sela.

Répartition géographique En Côte d'Ivoire, les Sénoufos se trouvent autour des villes de Boundiali, Madinani et Séguélon, Tengréla, Korhogo, Ferkessédougou, Katiola, Dabakala.

Au Mali, ils occupent les régions de Sikasso, Kadiolo, Koutiala, Bougouni et Loulouni.

Sous-groupes Les Sénoufo sont subdivisés en une trentaine de groupes parmi lesquels : les Pongala dans la sous-préfecture de Kasséré ; les Niarafolo (ou Niarafoplo) essentiellement dans le département de Ferkessédougou ; les Tchébara (ou Tchébala) dans le département de Korhogo ; Les Toussians principalement à Toussiana et Nianaba, dans le sud du Burkina Faso, ainsi qu’une minorité à Sinématiali, en région du Poro et Tchologo et d’autre dans la région du Hambol en Côte d’Ivoire . Métissé avec l’ensemble des autres sous-groupes ( Tchébara , Nafanra , …) Les Tininwéré à Boundiali ( Boundiali ville, le village de Niagnon, le village de Nondara ) les Tininwéré sont les autochtones de la ville de Boundiali. les Tagouana (ou Tagbana) de Tafiré à Katiola ; les Nafanra (ou Nafaga/Nanfaran) dans les sous-préfectures de Karakoro, Napie, Komborodougou, Sinématiali ; les Fodonon (qui dansent le boloye appelée communément danse panthère) à Lataha, Waraniené, Moroviné, Plagbo, Breh ; les Gbato à Séguélon et Madinani, Ganaoni et Dianra ; les Kafibélé à Sirasso, Dagba, Nafoun et Kanoroba ; les Nafana, Kadile, Gbandjé, Fononbelé, Kagnin, Tiembara, Pogabelé dans les départements de Boundiali, Kouto et Tingréla ; les Tagbas/Tagbans à Niellé, Pogo (en Côte d'Ivoire) et au sud-ouest du Burkina Faso et au sud-est du Mali ; les Palaka ; les Kafibélé ; les Nanerghé, les Sénar et les Kar (Karaboro) dans la région des Cascades au sud du Burkina Faso ; les Minianka ou Mamaala ; ils sont installés dans les cercles de Koutiala et de San, au Mali, au Burkina Faso et, en Côte d'Ivoire dans la région de Tingréla. les Djimini dans le département de Dabakala. Les Djimini sont subdivisés en plusieurs sous groupes et parlent pour chacun d'eux, un dialecte parfois très distinct de leurs "cousins". Ainsi ils sont essentiellement regroupés en fonction de leur proximité en sous-préfecture dans le département de Dabakala : Dabakala, Bassawa, Boniérédougou, Foumbolo. Ces derniers ont été les premiers occupants des régions du centre-est de la Côte d'Ivoire. Et ont subi beaucoup d'influence à la suite de l'arrivée des vagues migratoires des Diouala dans un premier temps, et des Akan dans un second lieu. les Gouin à Ouangolodougou et Ferkessédougou et dans la région des Cascades au sud du Burkina Faso. les Nonwoloka dans la sous-préfecture de Madinani-Séguélon.

Histoire La première étape de la pénétration du peuple sénoufo en Côte d’Ivoire se déroule du , et la deuxième au . Les Sénoufos sont les premiers habitants de l'actuelle Côte d'Ivoire. Les Sénoufos sont avec le groupe des Mandés et les Krous, habitants les plus anciens de leur région respective, de l’actuelle Côte d’Ivoire.

Ces peuples fonctionnent en chefferies et cela s'explique par : la croissance démographique, qui a poussé certains peuples, spécialement les Sénoufo, à se déplacer à la recherche de nouvelles terres ; le développement du commerce transsaharien qui portait essentiellement sur la cola et l’or ; en particulier, les peuples Mandé, Akan et Krou ; l’expansion des grands empires du Soudan a fait fuir certains peuples, soucieux d’échapper aux conquêtes militaires et de garder leur autonomie, leur ordre social et leur ordre religieux. Les Sénoufo étant un peuple éminemment pacifique et travailleur de la terre ont cherché à éviter tous les types des conflits.

On désigne par Siénéfo les premiers occupants du Siéné, région située entre San, à l’est du Mali, et Nouna à la frontière du Burkina avec le Mali. Les Siénéfos seraient installés depuis une époque très ancienne au nord-est de la Côte d’Ivoire, dans le Pays du Sel. Ils arrivèrent probablement au début du deuxième millénaire, en même temps que les Koulango et les Lobi au nord-est de la Côte d’Ivoire.

En fait, les langues de ces trois peuples appartiennent au groupe « Gur »Une appellation d’ordre linguistique., aussi appelées VoltaïqueÀ cause du fleuve Volta dont les trois branches (noire, blanche et rouge) arrosent une grande partie de leur domaine.. Ils partagent aussi les mêmes fonds d’institution et de culture, notamment le système matrilinéaireMais les Sénoufos de Boundiali, comme ceux du Mali, sont patrilinéaires, ce que l'on peut attribuer à l'influence Malinké.. En effet, le rôle principal est joué par la famille de la mère. Donc, on pourrait penser qu’au début ils avaient quelques types de relations entre eux.

Les ancêtres connus des Sénoufo sont les Pallaka (ou Falafala) et les Myoro qui vivaient de la chasse et la cueillette. Ils étaient installés dans les régions septentrionales du pays Sénoufo actuel. Il y eut aussi des éléments voltaïques descendus à une date reculée de la région comprise entre Banfora, Bougouni et Sikasso.

Les Pallakas avaient pour habitat originel le village de Ténigréra, dans les environs de la ville historique de Kong. Ils étaient considérés comme les maîtres de la terre. Mais sous la pression des immigrants ultérieurs, notamment les Mandé du nord, ils se disperseront dans la région de Ferkessédougou.

Les Myoros étaient initialement installés sur la rive droite du Comoé. Ils étaient des excellents chasseurs et de grands guérisseurs.

Ce sont sans doute, ces deux groupes qui sont supposés avoir eu les premiers contacts avec les fameux « mandébélé »Fort probablement, il s’agissait des Pygmées. ou petits hommes aux pieds retournés, dont ils héritent les cérémonies initiatiques tels que le « poro ». Ainsi comme des techniques de chasse dont les « dozo » gardent encore jalousement le secret.

Ces ancêtres des actuels Sénoufos menaient une vie quasi-nomade de ramasseurs et de chasseurs. Ils cherchaient un gibier plus abondant et partirent de Koutiala au Mali vers le En fait, les Sénoufos auraient des habitudes familiales et une variante linguistique semblables à celles des Miniankas du Mali.. Ils émigrèrent peu à peu vers le Pays de la Kola, vers le sudSous la conduite de Nièkèrè Silué, Kolo Yéo, Tradia Soro, Sourou Soro, Kagouna Soro, Offien Tuo, Tien Soro et de Ndana Soro. Ils auraient séjourné dans la région de Korhogo et dans la région de la montagne Niangbo et ils auraient peuplé, par vagues successives, les régions de Darancolodougou, de Katiola et celles s’étendant jusqu’à Tiébissou et Toumodi, parce qu’ils les auraient trouvées inhabitées. jusqu’à ce qu’ils se trouvent bloqués par les forêts de la zone tropicale.

Cependant, les versions d’origine « maliennes » dont se réclament les grandes familles sénoufo restent à prouver. En fait, ces versions sont pour la plupart dues à des influences culturelles du monde des Mandé, les Malinké. Les familles maraboutiques mandé, installées autour des grands chefs sénoufos, ne pouvaient admettre que leurs maîtres disent venir d’un autre pays que le leur.

Les Sénoufo, pour leur part, grands admirateurs de la culture du monde mandé prétendaient, jusqu’à une date récente, rehausser la grandeur de leurs chefferies en les rattachant aux origines historiques des Mandé du Sahel et des savanes soudano-guinéennes.

Le processus de formation des Sénoufo, processus historique de fusion de groupes divers comprenant des autochtones et des émigrés remonte à la protohistoire et s’achève au cours du premier millénaire de notre ère. C’est du mélange de ces populations que sont issus les Sénoufos actuels.

Cette formation a connu deux grandes phases : La création de villages ; L’organisation d’un système de bois sacrés hiérarchisés.

Des Sénoufo fondèrent Katiola, puis occupèrent petit à petit tout l’espace compris entre les localités actuelles de Bouna, Prikro, Mankono, Séguéla, Touba et Odienné en Côte d’Ivoire, espace probablement inhabité à l’époque.

Les Sénoufos ont fondé aussi KongBorogo, était originaire de Garango, en Pays Bisa. Il était un guerrier fameux précédé d’une réputation de bravoure. Venant de l’est en compagnie de son fils, Gomélé, il effectue un premier séjour en Pays Tiembara à Franikan, près de Korhogo. Puis il fait son apparition dans la zone de Kong entre les . En ce temps-là, Kong était un village-marché comme Tengréla et Bondoukou. Lasiri Gomélé, son fils, s’autoproclamera postérieurement « roi de Kong » mais leur dynastie sera finalement renversée par Sékou Ouattara, appelé par les Kamaghatés, dans les premières années du . Ainsi, les Sénoufos furent repoussés dans le Nöölu où la frontière allait se stabiliser jusqu’au ., Dabakala, Kanangoro et Boundiali.

Du naît à son tour Korhogo, qui signifie « héritage » en langue locale. Cette ville est la « capitale » actuelle du pays sénoufo.

Par vagues successives, le peuple occupe un espace géographique immense dont les limites sont grossièrement marquées par les localités actuelles d’Odienné, Touba, Séguéla, Mankono, la zone nord du pays Baoulé, Bondoukou et Bouna.

Le peuplement sénoufo, couvrant un espace géographique relativement étendu, sera peu perturbé par l’implantation mandé, qui sera au contraire coupée en deux par le territoire sénoufo.

Les Mandé se sont implantés autour du dans les régions de Kong, Korhogo, Boundiali, Odienné, Dabakala, Bondoukou et Bouna.

À l'origine, les immigrants mandés n’ayant d’autres préoccupations que le commerce sont favorablement accueillis. Ils introduisent dans le pays le tissage et les métiers du cuir.

Par ailleurs, ils s’intègrent à leur nouveau milieu, parlent le sénanri et deviennent même à l’origine de quelques-uns des rituels les plus célèbres du pays sénoufo : le « korobla »Association d’hommes masqués et habillés d’un costume noir d’une seule pièce. Cette association a été introduite par les « diéli » et adopté par les Tiembara..

Les emprunts sont réciproques. Outre l’initiation au « korobla », les Sénoufos s’enrichissent également des techniques de quelques autres métiers venus du Mali et acquièrent des nouvelles habitudes alimentaires.

Ainsi, se crée un équilibre culturel favorisant des rapports de bon voisinage qui seront rompus avec l’avènement des derniers arrivants mandingues (Ligbi, Soninké et Dioula) de la première moitié du pour leurs raisons suivantes : économiques : importance de certains centres commerciaux tels que Bobo-Dioulasso, découverte d’un gisement d’or près de Begho, commerce avec le Soudan par les Bas-Bandama. Aussi autour de Kong et en pays Djimini et Lobi ;