Ezra Isaac Levant est un avocat, militant de droite et chroniqueur canadien né en 1972 à Calgary. Fondateur et propriétaire de Rebel News, un site web d’information de droite, et fondateur et ancien éditeur en chef du Western Standard, il est également l'auteur de livres sur la politique des libertés et d'ouvrages traitant d'économie.
Jeunesse et éducation L'arrière-grand-père d'Ezra Levant émigre de la Russie au Canada en 1903 et devient fermier près de Drumheller dans la province de l'Alberta« Reform's unlikely young Turk Snack Packer Levant has made question period a party feast », Judy Steed, Toronto Star, 14 novembre 1998. Son petit-fils grandit dans une banlieue de Calgary et fréquente une école primaire juive avant d'entrer dans une école secondaire publique. Il obtient un baccalauréat de commerce de l'Université de Calgary et un diplôme en droit de l'Université de l'Alberta.
Adolescent, Ezra Levant découvre le Parti réformiste du Canada qu'il rejoint dès l'université. En 1992, alors à l'université de Calgary, son équipe gagne dans la catégorie « Meilleur Débat » lors d'une compétition inter-universitaire de l'Université Queen's« Top students spar in annual business match », Scott Haggert, Financial Post, 14 janvier 1992.
En 1994, Ezra Levant est cité dans un article du Globe and Mail sur les jeunes conservateurs après avoir accusé l'Université de l'Alberta de racisme pour avoir institué un programme favorisant l'embauche de professeurs féminins et autochtones. Son geste indigne les féministes, les étudiants autochtones en droit, et un bon nombre de professeurs ; il est appelé à rencontrer le vice-doyen qui lui rappelle le « code de conduite non-académique » de l'université et les lois contre la diffamation. Un peu plus tard, en qualité de président du Comité des orateurs de l'université, Ezra Levant organise un débat entre Doug Christie - un avocat connu pour la défense des négationnistes de l'holocauste et des criminels de guerre nazis - et Thomas Kuttner, un avocat juif de la Commission des droits de l'homme du Nouveau-Brunswick.
Ezra Levant se forge une réputation de conservateur de premier ordre au sein de l'université. Il est invité à écrire une chronique pour le Edmonton Journal et est interviewé à la télévision« Neo-cons young bucks of the new right: In the sixties, the rallying cry for young activists was free love. Now it's free markets. », Miro Cerentig, The Globe and Mail, 5 février 1994. Il passe l'été 1994 à Washington, D.C., dans un stage organisé par une organisation libertarienne, la Charles G. Koch Charitable Foundation. En 1995, Ezra Levant travaille pour l'Institut Fraser tout en écrivant Youthquake, qui défend les bienfaits d'un « petit gouvernement », et notamment la privatisation du régime de pensions du Canada. Ezra Levant apparente « Youthquake » (le terme qu'il utilise pour décrire ce qu'il définit comme étant un mouvement de jeunesse conservatrice), au mouvement des droits civiques des années 1960, à ceci près qu’au lieu d'être asservie par le racisme, sa génération est « asservie par la dette », et pour se libérer, la société se doit de démanteler des éléments comme les syndicats, le salaire minimum, les soins de santé universels, les prêts et bourses et le régime de pensions public« It's the 'Youth for Fraser Institute' movement », Naomi Klein, Toronto Star, 25 novembre 1995.
Engagement politique Position sur le Québec Lors du référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec Ezra Levant prend parti pour le Séparatisme québécois et le vote « oui », dans un article du Calgary Sun intitulé « 10 Reasons to Hope for a Yes Victory » (« 10 raisons d'espérer une victoire du oui »)« Party organizer's views don't exemplify tolerance », André Harvie, Financial Post, 11 juin 1997. Il pense notamment que le départ du Québec de la confédération mènerait à l'élimination du bilinguisme officiel et du multiculturalisme, que le gouvernement du Canada pourrait dire non avec fermeté aux autres groupes revendicateurs (Premières Nations, environnementalistes), et que la séparation mettrait fin à la corruption au Parlement, que Levant attribue alors aux politiciens québécois en place. Selon lui cette victoire du « Oui » ouvrirait également la voie pour le poste de Premier ministre à Preston Manning (chef du parti réformiste)« Manning's 'backroom boy' raises eyebrows Albertan once wanted Quebec to leave Canada », William Walker, Toronto Star, 21 septembre 1997.
L'année suivante, en 1996, Levant écrit que si les libéraux fédéraux sont réélus, l'Alberta pourrait se séparer du Canada, rendant la province : « Libérée des demandes de Québec ».
Pour une droite unie En 1996, Ezra Levant travaille avec David Frum pour organiser la conférence « Winds of Change » à Calgary, dans le but d'encourager le Parti réformiste et le Parti progressiste-conservateur à joindre leurs forces au sein d'un parti de droite apte à défaire le parti libéral lors de l'élection fédérale de 1997« Reform, Tories should merge, right-wing group says », La Presse canadienne, The Globe and Mail, 15 mai 1996. Malgré un échec, cette conférence ouvre la voie à de futures tentatives, qui aboutiront finalement à la création du Parti conservateur en 2003. Auparavant, en 1999, Ezra Levant aura soutenu une initiative de Preston Manning, la « United Alternative », en vue d'unir une nouvelle fois encore les forces conservatrices du pays« Spectre of party's demise raises storm of dissent », Brian Laghi et Jill Mahoney, The Globe and Mail, 3 mai 1999 ; un an plus tard en 2000 précisément, il sera l'un des leaders du mouvement qui mettront sur pied l'Alliance canadienne, contribuant ainsi à élargir l'assise du parti conservateur« National Post editorial writer returns to Canadian Alliance fold », La Presse canadienne, 14 février 2001.
Un assistant parlementaire et un organisateur politique Ezra Levant est un organisateur politique actif au sein du Parti réformiste ; il soutient avec succès les tentatives de Rahim Jaffer et de Rob Anders pour gagner les nominations du parti« New rebels on the right fight for Reform », Sheldon Alberts, Hamilton Spectator, 8 février 1997. En 1997, il se rend à Ottawa et devient l'assistant parlementaire de Preston Manning. Il prend en charge la « Périodes de questions ».
En 1999, il quitte Ottawa pour rejoindre le comité de rédaction du National Post à Toronto« National Notebook », The Globe and Mail, 27 mars 1999.
En février 2001, Ezra Levant retourne à Ottawa comme directeur des communications pour Stockwell Day, de l'Alliance canadienne« Day-Staff Change », La Presse canadienne, 14 février 2001. Au mois de mai de la même année, il présente sa démission après avoir envoyé au National Post une lettre adressée au député dissident Chuck Strahl, dans laquelle il menace de le poursuivre pour avoir critiqué son administration« Canada's rightist opposition takes another hit », Reuters, 17 mai 2001« Day aides threaten to sue Strahl: Breakaway MP says he won't apologize for 'dishonest' remark », Sheldon Alberts, National Post, 17 mai 2001« The meaning of Levant's departure », Hugh Winsor, The Globe and Mail, 18 mai 2001.
Candidature à la députation et démission En 2001, Ezra Levant retourne à Calgary pour exercer son métier d'avocat. Au mois de février 2002, il obtient l'investiture de l'Alliance canadienne pour la circonscription de Calgary-Sud-Ouest« CA nominates candidate », Calgary Herald, 27 janvier 2002. Il se retire cependant faute de réel soutien populaire et pour que Stephen Harper puisse se présenter pour l'élection partielle de 2002. Au début de cette élection, Ezra Levant a dit avoir dépensé pour son éventuel succès« Internal battle could ensue for Manning's old riding: Harper may want to run in by-election, displace nominee », Sheldon Alberts, National Post, 27 février 2002, et a, dans un premier temps, annoncé, le , qu'il ne se retirerait pas au bénéfice de Stephen Harper« PM to test Harper with by-election », Robert Fife et Joe Paraskevas, National Post, 23 mars 2002« Defiant Levant refuses to step aside for Harper », Brian Laghi et Dawn Walton, The Globe and Mail, 28 mars 2002. Plus tard, pourtant, il abdique face à la pression de son parti et à des accusations selon lesquelles il placerait ses intérêts personnels avant ceux du parti« Calgary candidate steps aside to allow Alliance leader to contest byelection », Louise Elliot, La Presse canadienne, 29 mars 2002. .
Éditeur et chroniqueur En 2004, Ezra Levant fonde le Western Standard, un magazine qui a pour sujets principaux l'Ouest canadien, le conservatisme et le libertarianisme« Western Standard will be antidote to Maclean's, the CBC », Ezra Levant, National Post, 4 janvier 2004. En octobre 2007, le magazine ne sort plus en format papier« 150 million pages of fighting the good fight », Ezra Levant, 5 octobre 2007], et devient un magazine en ligne. Plus tard, Ezra Levant vend ce qui reste de la publication à Matthew Johnson« Website sorry for anti-Islamic remarks », Calgary Herald, 22 décembre 2007.
De 1997 à 2007, Ezra Levant écrit une chronique épisodique pour le Calgary Sun«Ezra Levant column dumped by Calgary Sun», Jeremy Klaszus, novembre 2007. Il continue à écrire occasionnellement pour le National Post.
En 2010, il rejoint Sun Media comme chroniqueur et il candidate pour un poste au sein de la future chaîne de télévision Sun TV News« When the network is no longer the news », Don Martin, www.nationalpost.com, National Post, le 16 septembre 2010.
La controverse autour des « Caricatures de Mahomet » En février 2006, le Western Standard re-publie les caricatures de Mahomet parues dans le Jyllands-Posten, un quotidien danois« Prophet cartoons come to Calgary: Publishers defend move as free speech », Joe Woodard, Calgary Herald, 11 février 2006. Syed Soharwardy, du Conseil suprême islamique du Canada et le Conseil des communautés musulmanes d'Edmonton portent plainte auprès de la Commission des droits de la personne de l'Alberta et une audience est fixée pour le mois de janvier 2008. Le jour de l'audience, Ezra Levant publie de nouveau les caricatures sur son site« Defiant Levant republishes cartoons », Keith Bonnell, www.nationalpost.com, National Post, le 12 janvier 2008. À sa demande et celle de ses avocats, il est autorisé à enregistrer son interview avec Shirlene McGovern, une enquêtrice des droits de la personne auprès de la Commission. Par la suite, il dépose la vidéo sur YouTube. La vidéo reste plusieurs jours au sein du top 10 des vidéos les plus vues. La plainte de Soharwardy est finalement retirée« Why I'm withdrawing my human rights complaint against Ezra Levant », Syed Soharwardy, www.theglobeandmail.com, The Globe and Mail, 15 février 2008 et une plainte déposée à la police de Calgary reste sans suite. Une plainte identique par le Conseil musulman d'Edmonton est rejetée par la Commission le .
Positions contre la Commission albertaine des droits de l'homme Ezra Levant critique violemment la Commission albertaine des droits de l'homme, particulièrement pour ce qui a trait au révérend Stephen Boissoin, condamné à payer 7 000$ d'amende et interdit d'intervenir publiquement sur la question des gays et lesbiennes, en . L'affaire commence par une lettre publiée dans le Red Deer Advocate en 2002 dans laquelle Stephen Boissoin attaque « l'agenda homosexuel ». En , Levant publie de nouveau la lettre sur son blog« I shall now commit a hate crime », Ezra Levant, ezralevant.com, 12 juin 2008. Lorsque la Commission rejette la plainte, Levant accuse celle-ci de discrimination religieuse, alléguant que « 100 % des cibles de la Commission sont blanches, chrétiennes ou conservatrices » et qu'il trouve ridicule qu'« il soit légal pour un juif comme moi de publier [la lettre de Boissoin] mais illégal pour un chrétien comme le révérend Boissoin de la publier »« The Jewish Exemption: Section 13 CHRC complaint against me dismissed », Ezra Levant, ezralevant.com, 20 novembre 2008.