La Conférence des parties à la convention sur les changements climatiques de Cancún (ou COP 16) s'est tenue à Cancún, dans l'État mexicain du Quintana Roo, du au Dates and venues of future sessions (PDF, consulté 2010-10-13). thumb|550px|Vue générale de la grande salle, avec les participants à la Conférence, représentants 190 pays thumb|Christina Figueres, Secrétaire exécutive de la convention sur le climat et Présidente de cette Conférence sur le climat de Cancun (COP16) thumb|right|L'assemblée des délégués de 190 pays, écoutant Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies thumb|Panel de délégués orateurs thumb|Participants à la Conférence thumb|Petit sous-groupe de travail thumb|Travail durant une pause thumb|Une partie de l'auditoire thumb|Participants (assistants...) thumb|Action associative rappelant que « l'eau et le pétrole ne se mélangent pas »... devant l'une des entrées de la Conférence sur le climat de Cancun

Cette s'est tenue peu après la Conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya (2010) où les relations et enjeux liant climat et biodiversité ont été rappelés.

Elle devait prolonger et compléter l'accord de Copenhague de 2009 (non contraignant), construit pour préparer les suites du Protocole de Kyoto.

Cette conférence était présidée par Patricia Espinosa (ministre mexicaine des Affaires étrangères), qui a réussi à faire en sorte que les conférenciers adoptent un texte de consensus, fixant aux nations et au monde de nouvelles obligations (y compris pour les pays en développement) et intronisant la création du d'Comité adaptation [au changement climatique] et de deux mécanismes internationaux, l'un de financement (Green Climate Fund) et l'autre de soutien aux développements technologiques et à leur transfert vers les pays du Sud (Technology Mechanism).

Conférence Parallèlement à la réunion de la COP 16 qui a réuni les délégués de 190 pays représentés, deux organes subsidiaires permanents de la CCNUCC se sont réunis ; l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTASubsidiary Body for Scientific and Technological Advice) l'Organe subsidiaire de mise en œuvre (SBISubsidiary Body for Implementation) - ont aussi tenu à cette occasion leur de travail. En outre, la Conférence de Copenhague de 2009 sur le climat avait aussi prorogé les mandats des deux organes subsidiaires temporaires, un Groupe de travail ad hoc sur les nouveaux engagements des Parties visées au titre du Protocole de Kyoto (AWG-KPAd Hoc Working Group on Further Commitments for Annex I Parties under the Kyoto Protocol (AWG-KP)) et un Groupe de travail ad hoc sur le l'action coopérative à long terme, en vertu de la Convention (AWG-LCAAd Hoc Working Group on Long-term Cooperative Action under the Convention (AWG-LCA)). Ils se sont ainsi rencontré à Cancún.

Contexte Malgré une forte demande sociale pour des actions visant à protéger le climat et la biodiversité, à la suite des conditions très difficiles d'obtention de l'accord de Copenhague (souvent considéré comme un demi-échec ou demi-succès), et à la suite de discussions très difficiles pour préparer Cancún, et dans le contexte financier difficile de la crise économique de 2008-2010 les espoirs de produire un consensus lors de la conférence étaient assez réduitsAs world warms, negotiators give talks another try, News de l'Associated Press, 2010/11/20.

Quatre rounds de négociations préparatoires (sessions de l'AWG-KP et l'AWG-LCA) s'étaient tenues en 2010. Les trois premiers ont eu lieu à Bonn (Allemagne), les 9-, 1- (en conjonction avec la du SBSTA et du SBI), et 2-. Les pourparlers de Bonn ont été considérés comme s'étant terminé par un échecVidal, John ; Climate talks in danger of unravelling as China and US clash ; The Guardian 2010-08-06 ; consulté 2010-10-14Vidal, John UN climate talks are stuck in the mud 2010-08-09 The Guardian, London, consulté 2010-10-14 Vogel Toby Climate talks going 'backwards', EU says ; 2010-09-08 ; EuropeanVoice.com ; Economist Group, consulté 2010-10-14. Le quatrième round de négociation préparatoire s'est tenu à Tianjin, en Chine, avec quelques petits progrès, mais marqué par de fortes tension et une rupture entre les négociateurs représentants la Chine et les États-UnisArticle intitulé U.S.-China Deadlock Dims Climate Talk Prospects, New York Times et Associated Press ; 2010-10-09 ; consulté 2010-10-14Watts, Jonathan , Climate tensions resurface as US clashes with China, Journal Sydney Morning Herald du 2010-10-08, consulté 2010-10-14Roger Harrabin, UN climate talks in China end without breakthrough , BBC News du 2010-10-09, consultée 2010-10-14.

Attentes Quelques mois avant la conférence, en , alors que les négociations piétinaient, Ban Ki-moon déclarait qu'il doutait que les États membres puissent parvenir à un nouvel accord mondial pour la lutte contre le réchauffement climatiqueNeil MacFarquhar, U.N. Chief Recommends Small Steps on Climate, Article du New York Times du 2010-08-09, consulté 2010-09-24 mais après les discussions de Tianjin (), Christiana Figueres, Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), déclarait : Citation originale : .. D'autres commentateurs signalaient le retour d'un esprit positif dans la négociation, qui pourrait ouvrir la voie à un accord à CancúnJonathan Watts, Climate deal is closer, says UN envoy, despite China and US locking horns, dans le journal The Guardian, consulté 2010/10/10

Conférence sur le changement climatique de Tarawa Dans l'attente de la COP16, les dirigeants de la plupart des nations de la planète les plus vulnérables au changement climatique se sont réunis à Kiribati pour assister à une conférence spéciale dite «  » (TCCC), les 9 et , qui s'est conclue par la « déclaration d'Ambo » (Ambo declaration) adoptée par l'Australie, le Brésil, la Chine, Cuba, les Fidji, le Japon, Kiribati, les Maldives, les Îles Marshall, la Nouvelle-Zélande, les îles Salomon et les Îles Tonga. Cette déclaration appelle à une action plus immédiate contre les causes et les effets néfastes du changement climatique. La déclaration d'Ambo (du nom du village où le Parlement siège aux Kiribati) a été formulée comme accord juridiquement non contraignant entre les nations à présenter à la COP16 lors du Sommet mondial du Cancún sur les changements climatiques trois semaines plus tard.

Résultats La diplomate zimbabwéenne Margaret Mukahanana-Sangarwe, a négocié le texte de consensus adopté par la conférence (sans la voix de la Bolivie)Valéry Laramée de Tannenberg , Journal de l’environnement 2010/12/13. Ce texte n'est pas un traité contraignant, mais un accord international (agreement pour les anglophones), visant - dans le prolongement du protocole de Kyoto - à limiter le réchauffement planétaire à moins de 2 degrés Celsius au-dessus des niveaux pré-industriels, demandant pour ce faire aux pays riches de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre conformément aux engagements souscrits dans l'Accord de Copenhague, et pour les pays en développement une intention de réduire leurs émissions.

L'accord contient : Un rappel aux pays les plus industrialisés qu'ils se sont engagés à Copenhague à verser, collectivement, 30 milliards de dollars (22,4 milliards d’euros) aux pays les moins avancés (PMA) d’ici 2012. Ces financements dits « fast start » doivent aider les PMA à diminuer leurs émissions au profit d'alternatives moins polluantes et développer l'adaptation à un réchauffement moyen de . Dès 2020, les pays les plus riches se sont engagés à annuellement verser 100 milliards $ (74,67 milliards €) pour aider les pays en développement face aux problèmes climatiques ; un engagement à créer un fonds mondial vert pour le climat ("Green Climate" fund), devant être abondé à au moins cent milliards de dollars par an d'ici à 2020, pour aider les pays pauvres, financer la réduction des émissions et l'adaptation, salué par la presse internationaleCassandra Sweet, Nations Approve Cancún Climate Package, Wall Street Journal du 2010-12-11, consulté 2010-12-11. un engagement pour la mise en place du système Redd + : mécanisme qui doit permettre aux pays forestiers, luttant efficacement contre la déforestation, de générer des crédits d’émission, cessibles sur le marché du carbone et des compensations, au motif que la déforestation est encore très active, et probablement à l’origine d'environ 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en détruisant d'importants puits de carbone autrefois constitués par certains sols forestiers (tourbeux notamment) ; un engagement des pays en développement à comptabiliser et publier leurs émissions, ainsi qu'à mettre en œuvre des actions nationales « et appropriées » pour diminuer, d’ici 2020, leurs émissions par rapport à un scénario « business as usual ». Ces actions seront inscrites dans un registre public, tenu par le secrétariat exécutif de la convention, la création d'un Comité de l’adaptation au changement climatique ; chargé de coordonner les politiques nationales d’adaptation aux conséquences des changements climatiques et d'aider les pays les plus pauvres à accéder à l'eau douce et potable, à un meilleur système de santé et une sécurité alimentaire ainsi qu'à des écosystèmes (lacustres et marins notamment) protégés ; un comité exécutif de la technologie, doit accélérer les transferts technologiques du Nord vers le Sud.

Analyses et critiques On craignait obtenir moins, y compris Christina Figueres, secrétaire exécutive de la convention et présidente de la COP16 qui conclut : . La présidente a d'ailleurs été ovationnée à la fin de la conférence, ce qui ne fut pas le cas pour la conférence précédente, à Copenhague.

Néanmoins, divers commentateurs font remarquer que il n'y a pas eu d'accord sur la manière d'élargir le protocole de Kyoto ni sur les moyens à mettre en œuvre pour trouver les promis par an, ni sur les priorités pour les affecter ou sur les manières d'aider les pays en développement à réduire leurs émissions. Une question en suspens est de savoir si les pays riches devraient d'abord réduire leurs émissionsRussell Blinch et Chris Buckley, Climate talks end with modest steps, no Kyoto deal, News de Reuters du 2010-12-12, consulté 2010-12-17. Le journal New York Times a décrit l'accord comme étant à la fois une étant donné l'échec des négociations internationales ces dernières années, et dans ses ambitions, car n'ayant par exemple pas exigé le niveau de changement correspondant à ce que les scientifiques ont évalué comme étant nécessaire pour éviter un changement climatique dangereux pour la biodiversité et les hommesJohn M Broder, Climate Talks End With Modest Deal on Emissions, Journal New York Times du 2010-12-11, consulté 2010-12-12. John Vidal, dans le journal The Guardian, a critiqué les accords de Cancún pour n'avoir pas fait preuve de leadership, pour ne pas spécifier la façon dont le nouveau Fonds pour le climat sera financé, et pour n'avoir pas indiqué que les pays devaient ne pas dépasser un « pic » d'émissions avant 10 ans et ensuite rapidement les réduire pour qu'il y ait une chance d'éviter un réchauffement catastrophique. Le report des décisions concernant la forme juridique et le niveau des obligations de réductions requises a également été vivement critiquéJohn Vidal ; Does the Cancún agreement show climate leadership ?,Journal The Guardian du 2010-12-13, consulté 2010-12-15. >Alister Doyle, correspondant environnement de l'Agence Reuters, estime que pour certains délégués, notamment ceux des pays africains vulnérables et les îles de faible altitude, les négociations de Cancún semblent comme une réorganisation des chaises longues sur le pont du Titanic, et les accords de Cancún ne portent hélas que sur un faible nombre d'actions nécessairesAlister Doyle, Analysis: Climate talks: 18 years, too little action ?, Reuters, 2010-12-17, consulté 2010-12-17.