La Dernière Cène (titre original : ) est un film cubain réalisé par Tomás Gutiérrez Alea, sorti en 1976.

Film important s'il en est qui illustre le mot célèbre de l'historien cubain Manuel Moreno Fraginals, Con sangre se hace azúcar (« Avec du sang, on fait du sucre »)Manuel Moreno Fraginals, El ingenio, Tomo I, Editorial Ciencias Sociales, La Habana, 1977, 95..

La última cena met, en outre, en lumière la collusion entre christianisme et esclavage.

Synopsis Un saccharocrate cubain (riche propriétaire sucrier) décide pour « sanctifier » son Jeudi saint d'inviter douze de ses esclaves à sa table. Il leur lave les pieds. Le lendemain Vendredi saint, les 12 esclaves refusent de travailler, plus ou moins confiants après leur surprenant Jeudi saint. Le maître les fera capturer et décapiter. Un seul échappera à la mort.

Fiche technique Titre du film : La Dernière Cène Titre original : La última cena Réalisation : Tomás Gutiérrez Alea Scénario : T. Gutiérrez Alea, María Eugenia Haya, Constante Diego (dialogues) d'après Manuel Moreno Fraginals Photographie : Mario García Joya - Couleurs Musique : Leo Brouwer Montage : Nelson Rodriguez Direction artistique : Carlos Arditi Costumes : Lidia Lavallet, Jesús Ruiz Production : Santiago Llapor, Camilo Vives (ICAIC) Pays d'origine : Langue : Espagnol Durée : 109 minutes Dates de sortie : au Festival du film ibéro-américain de Huelva (Espagne) ; en France

Distribution Nelson Villagra : le comte Silvano Rey Luis Alberto García José Antonio Rodríguez Samuel Claxton Mario Balmaseda Tito Junco

Récompenses et distinctions Colon d'Or au Festival du film ibéro-américain de Huelva (Espagne) 1976 Prix de l'Audience au Festival international du cinéma de São Paulo (Brésil) 1976

Introduction

La última cena est un film rare. Il a pour cadre le cubain esclavagiste. Toutefois, la période considérée n'a pas été délaissée par le cinéma cubain.

Le contexte historique

Dans le contexte cubain des années 1960-1970, la politique culturelle du gouvernement marxiste au pouvoir se fonde sur la nécessité de créer R. Fernández Retamar, 1967. Or, si depuis les années 1990, l'historiographie cubaine n'hésite plus à dénoncer le sectarisme de cette époque in : Époque coloniale et esclavage dans le cinéma cubain : La última cena (1976), par Sandra Hernandez., paradoxalement un courant d'études historiques, prolongeant les recherches de l'ethnologue Fernando Ortiz, apparaît au cours de cette même période. .

Cette optique politique et culturelle axée sur le renforcement de l'identité nationale bénéficiera du soutien de l'ICAIC (Institut cubain de l'art et de l'industrie cinématographiques) et inspirera la réalisation d' El Otro Francisco de Sergio Giral (1974) et La última cena de Tomás Gutiérrez Alea (1976). Giral tournera encore Rancheador (Le Chasseur d'esclaves) en 1976 et Maluala, palenque de cimarrónes en 1979. Gutiérrez Alea déclare, à ce sujet : Interview T.G. Alea par G. Chijona, in : Cine Cubano, n° 93, 1977, p. 81 à 89.

La Dernière Cène : argument et mise en scène

L'argument du film a été élaboré à partir d'un paragraphe du livre El Ingenio (La Plantation) de Moreno Fraginals, écrit vers la fin du . Ce passage très bref est une anecdote du comte de Casa Bayona qui, dans un acte de profonde ferveur chrétienne, décide de s'humilier devant ses esclaves. Et, imitant le Christ, un Jeudi saint, il lave les pieds de douze esclaves noirs, les assoit à sa table et les sert. Le réalisateur nous dit : Interview in : document Le France, salle d'art et d'essai, Saint-Étienne.

Certes, écrit Sandra Hernandez, La Dernière Cène ne perd pas, pour autant, son caractère de témoignage historique. Le film de Gutiérrez Alea offre

Toutefois, Gutiérrez Alea signale qu'à son avis l'importance du cinéma historique ne saurait se réduire au seul désir de "reconstruire" des moments particuliers du passé. Extrait interview T. G. Alea avec G. Chijona cité.

Au-delà d'une rigoureuse démonstration politique, Gutiérrez Alea n'oublie pas la puissance et la beauté picturale, la personnalisation spécifique des protagonistes et le pouvoir de l'imagination à travers la parabole. Ricardo Caraudo in : Jeune Afrique, n° 1192, novembre 1983. Exemple : le récit allégorique de Sebastian, unique survivant du massacre, sur . Il sait aussi insuffler une atmosphère tendue grâce à la symbiose de l'image (les cadrages de García Joya), des dialogues, de la musique (Leo Brouwer) et d'un humour percutant.

Avant toute conclusion, il faut louer ici la fameuse scène centrale (La Cène), , écrit Antxon Salvador Castiellain : Le cinéma espagnol, Gremese, Rome, 2011.. , note Sandra Hernandez. Si La Dernière Cène , estime Antxon SalvadorA. Salvador in : op. cité..

, conclut Christian Bossénoin : Revue du cinéma, n° 382, avril 1983..

Bibliographie La última cena in Le Cinéma cubain, sous la direction de Paulo Antonio Paranagua, Editions du Centre Georges Pompidou, Paris, 1990.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Esclavage au cinéma

Liens externes

Catégorie:Film réalisé par Tomás Gutiérrez Alea Catégorie:Film cubain sorti en 1976 Catégorie:Film dramatique cubain Catégorie:Film historique cubain Catégorie:Film se déroulant dans les années 1790 Catégorie:Film sur l'esclavage Catégorie:Esclavage aux Caraïbes Catégorie:Film tourné à La Havane Catégorie:Film se déroulant à La Havane