Le fort de Chaudfontaine est l'un des douze forts établis pour la défense de Liège, en Belgique, à la fin du à l'initiative du général belge Henri Alexis Brialmont. Contrairement aux ouvrages français de l'époque (voir Séré de Rivières), le fort a été construit presque exclusivement en béton (non armé), matériau largement méconnu. En , le fort est lourdement bombardé par l'artillerie allemande lors de la bataille de Liège .

Architecture et situation gauche|vignette|Position fortifiée de Liège. Érigé de 1888 à 1892, comme une infrastructure moderne en béton, équipée des armes les plus modernes pour l'époque, le fort de Chaudfontaine est l'un des six petits forts de la ceinture de Liège. Les petits forts de moins grande taille sont moins bien pourvus en personnel d'artillerie qui fait partie des troupes de forteresse appartenant à l'armée d'active. Un massif central en béton protège le bureau de tir (centre nerveux du fort) ainsi que les magasins et les coupoles de tir. Au sommet du massif central, le massif dispose d'un phare à éclipse. Le fort est armé par deux coupoles à éclipse à un canon de , d'une coupole à deux canons de et d'un affût cuirassé pour un obusier de . Les canons utilisent de la poudre noire ce qui produisent des gaz asphyxiants se propageant dans les espaces confinés du fortDonnell, p. 17.

La défense des glacis est confiée aux fantassins à l'usage desquels des banquettes de tir coiffent le massif central à trois petites coupoles à éclipse pour un canon de chacune à un saillant. Un personnel d'observation est disposé sur les clochers des environs, sur les carrefours et points dominants (en l'occurrence pour Chaudfontaine à l'abbaye de Chèvremont) et communique les informations par téléphone. vignette|Fort Brialmont en 1914. Le fort est situé sur la rive droite de la Meuse à environ au sud-est du centre-ville de Liège. Il est intercalé entre le fort d'Embourg au sud-ouest et le fort de Fléron au nord-est. Il domine la hauteur nord de la vallée de la Vesdre à une altitude de .

Histoire Première Guerre mondiale Lors de la Première Guerre mondiale, le fort est sous les ordres du capitaine-commandant Namèche. La garnison se compose de 350 hommes, artilleurs et fantassins.

Dès le , jour de l'entrée en guerre de la Belgique avec l'Allemagne, les premiers coups de canon sont tirés par le fort sur un groupe de cavaliers allemands en reconnaissance dans les environs.

Le , les observateurs signalent l'entrée de la brigade allemande dans le village de Forêt ce qui permet à la coupole de de droite de régler un tir qui sème la panique dans la brigade, suivi par une pluie de projectiles expédiés par le fort de Fléron détruisant notamment une batterie d'artillerie allemande. gauche|vignette|Obusier allemand de . Le , la brigade allemande qui s'empare du village de Romsée re

tombe sous le feu du fort qui endommage les canons allemands, tuant des chevaux et un soldat et blessant quatorze autres. Ce même jour, un obus allemand blesse trois servants de la pièce de du fort de Chaudfontaine tandis que quelques obus s'abattent sur les fossés. Les journées suivantes, Chaudfontaine ainsi que le fort d'Embourg assurent parfaitement leur rôle de protection des troupes belges dans les intervalles.

Le , le général Leman, impressionné par une incursion allemande à Liège, décide toutefois de retirer la division d'armée belge de la position fortifiée de Liège. Cela signifie que le fort de Chaudfontaine se retrouve isolé sous le feu de l'artillerie lourde allemande et la menace d'une attaque d'infanterie.

Le , le fort commence à être arrosé de projectiles lourds. Le , le bombardement par des obusiers installés à Fraipont et à Trooz s'intensifie. Une petite coupole est mise hors d'usage, un obus provoque une panne de courant temporaire et la cheminée de la salle des machines est obstruée par des éboulis. La coupole est alors remplacée par deux mitrailleuses.vignette|232x232px|Éclat d'obus allemand gravé à la suite du siège (recto)centré|vignette|Éclat d'obus allemand gravé à la suite du siège (verso)Le , la garnison est réveillée à du matin par de nouveaux projectiles suivi par une pluie d'autres obus pendant . Le gaz libéré par les explosions s'infiltre ainsi dans le fort menaçant la garnison d'asphyxie. Par ailleurs, le béton du fort se morcelle et les cuirasses de protection se disjoignent. Après de nouveau de bombardement, un obus de défonce la poterne à

mettant le feu aux réserves de poudre et de munitions tandis que la cuirasse de la coupole de se soulève. L'explosion transforme l'intérieur du fort en un terrible brasier. Les obus alignés dans les galeries explosent à leur tour tuant, blessant et brûlant les hommes. Pendant près d'une demi-heure les explosions se succèdent. Pendant ce temps, les Allemand continuent à arroser le fort avec des obus de et .

Le fort ne répondant plus à leur tir, les Allemands envoient une patrouille aux abords de la poterne. Se rendant compte de la désolation dans les rangs belges, les régiments entourant le fort organisent le sauvetage des blessés. Sur 300 hommes, 71 sont morts, et plus de 100 gravement brûlés.

Entre-deux-guerres En 1933, le fort est rénové, réarmé et consolidé. Une épaisse couche de béton armé, destiné à résister aux engins les plus lourds, renforce les voûtes.

Les travaux visent à :

la construction d'une prise d'air au sommet d'une tour située en arrière du fort. Cette tour devait permettre de prélever de l'air sain au-dessus des éventuelles nappes de gaz de combat et était associée à de puissants ventilateurs capables d'assurer une mise en surpression du fort (afin d'éviter l'infiltration de gaz nocifs). Elle constituait aussi un poste d'observation et un point d'accès secondaire pour les troupes (le conduit de ventilation était à taille humaine et comportait plusieurs niches défensives permettant de combattre une intrusion ennemie). Très visible, cette tour était construite en béton armé et défendue par plusieurs mitrailleuses et lance grenades situées en hauteur ainsi qu'à la porte d'accès ; l'amélioration de la résistance du bâti par un armement en tôles galvanisées ondulées (des entreprises Jowa) et des renforcements en béton armé ; l'enfouissement des magasins à poudre et du local de rassemblement (dit quadrilatère) par creusement sous l'édifice original et comblement des locaux rendu inutiles ; le déplacement dans le massif central (escarpe) de commodités indispensables à la tenue d'un siège (boulangerie, sanitaires...) qui s'étaient trouvées difficiles d'accès durant le siège de 1914.

vignette|Intérieur du fort de Chaudfontaine. Plus spécifiquement, le fort est doté de batteries anti-aériennes.

Seconde Guerre mondiale Lors de la Seconde Guerre mondiale, le fort résiste quelques jours à l'invasion allemande au cours de la campagne des 18 jours.

Pilonné par la Luftwaffe au matin du , il est abandonné par sa garnison en fin de journée après l'explosion d'une grenade allemande à l'intérieur, puis d'un obus à l'entrée.

Après la Seconde Guerre mondiale Les galeries du fort ont été utilisées pour la culture de champignons. vignette|Monument aux victimes du fort de Chaudfontaine. Une société de Tir dénommée « La Trairie » y est installée depuis 1983 dans les casemates défendant les fossés.

Depuis les années 1990, le fort de Chaudfontaine, rebaptisé « Fort Aventure », est occupé et aménagé par une société qui y organise des parcours d'aventure, à l'intention des adultes, comme des enfantsFort Adventure.

Hommages La rue conduisant au fort a été rebaptisée « Rue du XIII Août ».

Un cimetière militaire y est implanté, ainsi qu'un monument en hommage aux 50 des 71 victimes enterrées dans la nécropole et qui ont péri dans l'incendie provoqué par l'explosion du fort.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Jean-Louis Lhoest et Michel Georis, Liège août 1914, éd. Presses de la Cité, Paris, 1964. Brasseur (Th.), Du parc de Hauster au fort de Chaudfontaine, Mémoire de guide-nature, Education-Environnement, 1995. Articles connexes

Position fortifiée de Liège Bataille de Liège Fort de Fléron, grand fort Fort d'Embourg, petit fort Fort d'Aubin-Neufchâteau Fort de Battice Fort d'Ében-Émael Général Leman

Liens externes

Le fort de Chaudfontaine (sur le site de la commune) Le fort de Chaudfontaine : 1914 et 1940 Index des forts belges (nombreuses photos) Le site officiel du fort

Chaudfontaine Catégorie:Bâtiment à Chaudfontaine