Le parc national de Yala ou parc national Ruhuna est le deuxième plus grand parc national du Sri Lanka et le plus visité. Le parc est situé dans la région sud-est du pays dans la province du Sud et la province d'Uva. Le parc couvre et est situé à environ de Colombo. Il a été initialement désigné comme un sanctuaire de vie sauvage en 1900, et avec le parc national de Wilpattu, il fut l'un des deux premiers parcs nationaux créés au Sri Lanka en étant élevé à ce rang en 1938. Le parc est surtout connu pour sa richesse en animaux sauvages et joue un rôle important pour la conservation de l'Éléphant du Sri Lanka et des oiseaux d'eau.
Il y a six parcs nationaux et trois sanctuaires de vie sauvage à proximité du parc de Yala. Le parc est situé dans la région de climat semi-aride et les précipitations tombent principalement durant la période de la mousson. Le parc national abrite une variété d'écosystèmes allant des forêts humides de mousson aux zones humides marines et d'eau douce. Le tsunami de l'océan Indien de 2004 a causé de sévères dommages au parc national de Yala, où 250 personnes ont trouvé la mort.
Yala est l'une des 70 zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) du Sri Lanka. Yala abrite 215 espèces d'oiseaux dont 6 espèces endémiques au Sri Lanka. 44 espèces de mammifères ont été recensées sur le territoire du parc, qui abrite l'une des plus grandes densités de léopards du monde.
Le secteur a été le centre de civilisations anciennes. Deux importants sites de pèlerinage, Sithulpahuwa et Magul vihara, se trouvent dans le parc.
Le nombre de visiteurs dans le parc s'est de nouveau accru en 2009 du fait de l'amélioration des conditions de sécurité dans le pays.
Histoire En 1560, le cartographe espagnol Cipriano Sanchez indiquait sur sa carte que Yala « est abandonné depuis 300 ans en raison des conditions d'insalubrité ». Le juge principal Sir Alexander Johnston a écrit en 1806 un compte rendu détaillé sur Yala après un voyage de Trincomalee à Hambantota. Le , le gouvernement a proclamé Yala et Wilpattu réserves en vertu de l'ordonnance des forêts. Initialement, l'étendue de la réserve était de entre les rivières Menik et Kumbukkan. À cette époque, la réserve ne portait pas le nom de Yala. La « Game Protection Society » (désormais « Wildlife and Nature Protection Society ») a joué un rôle important dans son établissement. La zone de forêt entre Palatupana et Yala a été déclarée site de chasse réservé seulement aux sportifs résidents.
Henry Engelbrecht fut le premier gardien du parc. C'était un officier Boer qui avait servi sous les ordres du général de Wet dans la seconde guerre des Boers. Capturé par les Britanniques en 1900, il fut déporté à Ceylan avec 5000 autres prisonniers de guerre. Il refusa de prêter serment d'allégeance à Édouard VII à la fin de la guerre, et ne fut donc pas autorisé à être rapatrié en Afrique du Sud. Bien qu'on lui ait accordé la liberté de circuler dans le pays, il ne pouvait obtenir sa pension que de la Kachcheri de Hambantota. Le gouverneur de Ceylan Sir Henry Arthur Blake l'a rencontré lors d'un voyage de Badulla à Hambantota, à la suite de quoi Engelbrecht obtint le poste de préfet en 1908. Il a géré le secteur de bonne façon, pris soin de la faune et pourchassé les braconniers. Néanmoins, durant la première guerre mondiale, il a été emprisonné pour avoir fourni de la viande à un croiseur allemand, le . Engelbrecht fut relâché après trois mois, et retourna à Hambantota. Il mourut dans la pauvreté quelques années plus tard, le 25 mars 1922. En 1931, le capitaine S. Withoift, commandant en second du navire, vint à Colombo et s'adressa au Colombo Rotary Club. Lucien Poulier, l'avocat d'Engelbrecht, lui écrivit une lettre et en reçut une en réponse, où Withoift affirmait que le navire n'avait jamais reçu de viande ni eu de lien avec Ceylan durant son trajet dans l'océan Indien.
thumb|Carte du parc national de Yala.
Le , Yala devint un parc national lorsque l'ordonnance pour la protection de la flore et de la faune fut adoptée par D. S. Senanayake, ministre de l'Agriculture. Le parc est désormais constitué de cinq blocs, progressivement ajoutés à son territoire . Il y a six parcs nationaux et trois sanctuaires de vie sauvage à proximité du parc de Yala. Le parc national de Kumana, la réserve naturelle stricte de Yala et les sanctuaires de Kataragama, Katagamuwa et Nimalawa lui sont directement contigus.
Bloc Superficie Date d'ajout au parc Block I 1938 Block II 1954 Block III 1967 Block IV 1969 Block V 1973 Source : Sri Lanka Wetlands Information and Database
Caractéristiques physiques thumb|alt=Un arbre mort à proxmité d'une pièce d'eau|Les eaux de surface deviennent des ressources rares en période sèche La zone de Yala est surtout composée de roches métamorphiques appartenant à l'ère Précambrienne, et classées en deux séries : les séries de Vijayan et celles des Highland. Les sol brun rougeâtre le sol gris humique sont au premier plan parmi les six types de sols présents. Le parc de Yala est situé dans le bas pénéplaine du Sri Lanka, qui s'étend de Trincomalee à Hambantota. Sur le plan topographique la zone est une plaine légèrement vallonnée qui s'étend jusqu'à la côte, avec une altitude variant de 100 à 125 mètres jusqu'à sur les rivages. Le parc national est situé dans la région semi-aride du climat sec sri-lankais et les précipitations sont principalement concentrées au cours de la mousson du nord-est. Les précipitations annuelles moyennes varient entre 500 et , tandis que les températures moyennes oscillent entre en janvier et en avril. Le vent est le plus fort à Yala durant la mousson du sud ouest, avec des vents allant de à .
L'eau est abondante après la mousson du nord est, mais durant la saison sèche, l'eau de surface devient un facteur limitant, sous forme de cours d'eau, réservoirs, mares et lagunes. Les zones capables de retenir de l'eau toute l'année sont des points d'abreuvage importants pour les éléphants. Pour de nombreux oiseaux d'eau et les buffles les points d'eau naturels constituent des habitats de prédilection. De tels réservoirs sont en grande partie concentrés dans les blocs I et II, comme les réservoirs de Maha Seelawa, Buthawa, Uraniya, et Pilinnawa. Plusieurs rivières et cours d'eau s'écoulent en direction du sud est et prennent leur source dans les hautes terres voisines de Uva et la région des collines centrales du pays. Kumbukkan Oya à l'est et la rivière Menik et ses affluents à l'ouest coulent à travers le parc, et constituent une importante source d'eau en saison sèche pour les animaux sauvages du parc, période durant laquelle la plupart des cours d'eau sont normalement à sec. Il existe une très forte variation entre les périodes sèches et pluvieuses pour le débit des cours d'eau. Durant la saison des pluies, le Kumbukkan Oya a un débit sept fois plus important que durant la saison sèche. Un certain nombre de lagunes sont situées le long des côtes du parc.
Il existe plusieurs itinéraires pour se rendre de Colombo à Yala, dont le plus court est la route passant par Ratnapura et Tissamaharama avec .
Impact du tsunami de 2004 Le parc de Yala était situé dans l'axe direct du tsunami de l'océan indien de 2004, qui a touché le Sri Lanka 90 minutes après son apparition. Le tsunami a causé des dégâts nombreux mais localisés dans le parc , avec environ 250 victimes . La vague du tsunami qui a atteint les côtes de Yala a été estimée à de hauteur, avant de s'engouffrer dans les terres par les cours d'eau côtiers . La distance d'inondation a atteint 392 à à l'intérieur des terres selon les secteurs. Les habitats naturels principalement affectés ont été les fourrés de broussailles et les prairies. Environ de prairies, forêts et zones humides ont été directement touchés par le tsunami. Les images satellites ont permis d'estimer qu'environ 60 % des habitats côtiers ont été modifiés, les dégâts s'estompant en s'enfonçant dans les terres. Les paternes de déplacement de deux éléphants équipés de colliers radio-émetteurs ont été analysés à cette période. Leur étude a révélé que leurs mouvements répondaient à une réaction comportementale aux indices immédiats visibles provoqués par le tsunami plutôt que par une sorte de sixième sens animal.
Flore thumb|left|alt=A water stream and dead trees in a wetland|Un exemple de zone humide dans le parc national de Yala Le parc national de Yala National Park a une variété d'écosystèmes dont les forêts tropicales humides, les forêts sempervirentes sèches sri-lankaises, les déserts et broussailles xérophytes du plateau de Deccan, les prairies, des zones humides marines et d'eau douce et des plages de sable. Le secteur boisé se compose essentiellement du bloc I et de milieux ouverts de pâturages et des prairies de Pelessa dont des prairies extensives. La zone forestière est limitée aux alentours de la rivière Menik, tandis que les zones ouvertes s'étendent en direction de la mer. Les autres types d'habitats du bloc I sont les réservoirs et trous d'eau, lagons et mangroves et des zones de culture itinérante. La végétation des mangroves dans le lagon de Buthuwa est essentiellement composée du palétuvier Rhizophora mucronata tandis que Avicennia spp. et spp. sont moins abondants.
La végétation du bloc II est similaire à celle du bloc I, et Yalawela, autrefois une rizière fertile, présentes désormais des prairies de Pitiya. Les mangroves du bloc II se répartissent autour de l'estuaire de la rivière Menik, d'une superficie de . Les plantes typiques de la mangrove sont Rhizophora mucronata, Sonneratia caseolaris, Avicennia spp., Aegiceras corniculatum, Acanthus ilicifolius, Excoecaria agallocha et Lumnitzera racemosa. Les lagons de Pilinnawa, Mahapothana et Pahalapothana sont aussi situés dans ce bloc. Sur le sable nu pousse Crinum zeylanicum.
Dans les blocs III, IV et V, les forêts sont plus répandues. La canopée de la forêt contient essentiellement Drypetes sepiaria and Manilkara hexandra. Les prairies de Pitiya sont importantes pour le pâturage des animaux sauvages. Cynodon barberi est une herbe commune dans ces prairies, tandis que Zoysia matrella devient prédominant près de la plage. Parmi les 300 espèces végétales connues on trouve Manilkara hexandra, Drypetes sepiaria, Chloroxylon, Terminalia arjuna, Limonia acidissima, Berrya cordifolia, Randia dumetorum, Pleurostylia opposita, Gymnema sylvestre, Dichrostachys cinerea, le Margousier, le Figuier des banians, Salvadora persica, Schleichera oleosa, Vitex pinnata, le Jamelonier, Gmelina asiatica, Carissa ovata, Euphorbia antiquorum, et Acacia eburnea. Dans les zones saisonnièrement inondées du bloc II, on trouve une espèce sauvage de riz (Oryza sp.). Glenniea unijuga est une plante endémique qu'on rencontre autour des zones humides du parc. Munronia pumila, Salacia reticulata et Asparagus racemosus sont trois plantes médicinales.
Faune Oiseaux thumb|alt= An large black and white white bird in a grassy field|L'Œdicnème des récifs est un des oiseaux qu'on rencontre dans le parc Yala est l'une des 70 zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) du Sri Lanka.