Le prix Volney est décerné depuis 1822 par l'Institut de France après une proposition de l'Académie des inscriptions et belles-lettres au sujet d'un travail de philologie comparée ou de linguistique, pour « récompenser les plus importants travaux du monde savant international » dans ces disciplinesHordé Tristan, Désirat Claude, Auroux Sylvain. La question de l'histoire de la langue et du comparatisme. In: Histoire Épistémologie Langage, tome 4, fascicule 1, 1982. Les idéologues et les sciences du langage. .. Il est depuis 2020 décerné sous la seule forme d'une médaille, dite médaille Volney.
Historique Dès 1805, alors qu'il était membre de l'Académie celtique, Constantin Volney a proposé de mettre l'étude d'un alphabet universel au concours. C'est dans son testament du qu'il fait un legs à l'Académie française et à l'Académie des inscriptions pour instituer un prix « afin de provoquer et encourager tout travail tendant à donner suite et exécution à (sa) méthode de transcrire les langues asiatiques en langues européennes régulièrement organisées » en imposant que « le fonds ne pourra recevoir d'autre emploi que celui d'encourager l'étude philosophique des langues » et que les prix « ne pourront s'appliquer à la langue française et à son dictionnaire ». Le prix est fondé par l'Académie française en 1822 et était doté à l'origine de Joan Leopold (Ed.) 1999. The Prix Volney: Its History and Significance for the Development of Linguistic Research. Vol.1a . Kluwer Academic Publishers. En 1821, l'Académie a invité les concurrents à examiner « quels sont les moyens de réaliser le plan du testateur, dans quelles bornes il conviendrait d'en circonscrire l'application, quelle est la direction à donner au travail, enfin quels résultats probables on a droit d'en attendreLe Journal des savants, 1822, . ».
De périodicité annuelle à sa fondation, il n'a pas été attribué certaines années car les mémoires proposés ne correspondaient pas au programme. En 1842, l'Académie a abandonné le programme initial d'un alphabet universel pour en faire un prix de philologie comparée. Au cours du , son domaine d'application se déplace en priorité autour de la linguistique, et en particulier la linguistique descriptive.
Décerné à des linguistes de premier ordre tels que Meillet, Guillaume, Wartburg, Tesnière, Benveniste, Liu, Cohen, Martinet ou plus récemment Gilbert Lazard ou Claude Hagège, il est considéré comme une des plus hautes distinctions accordées à un ouvrage de linguistique"la plus haute distinction que l'Institut de France puisse décerner à un philologue"D'après l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique : https://www.arllfb.be/composition/membres/boisacq.html.
Mais après la Seconde guerre mondiale, le prix Volney passe à une périodicité variable. À la suite de la réforme du régime des prix décidée par l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 2016, le prix Volney est attribué épisodiquement, sa dotation budgétaire étant épuisée. Depuis 2020, il est décerné sous la forme d'une médaille, dite médaille Volney.https://www.aibl.fr/IMG/pdf/Tableaux_des_Prix_Medailles_et_Subventions_en_2020.pdf.
Gouvernance En 1857 la Commission qui décerne le prix Volney est décrite comme « permanente et mixte; elle se compose de trois membres de l'Académie française; de trois membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et d'un membre de l'Académie des sciences ».Enrique Onffroy de Thoron (1887) auteur du Dictionnaire français-kichua rapporte que le Commission qui décidait du choix des candidats en 1887 était toujours composée de nommés à vie alors que les membres des autres commissions étaient renouvelés. Il la qualifie de coterie à vie, et rapporte que Camille Doucet, secrétaire perpétuel de l'Académie française à l'époque lui aurait dit: « Depuis que je suis secrétaire perpétuel de l'Académie, je n'ai jamais su comment se donne le prix Volney ».
Académiciens membres de la commission Volney de l'origine à 1860 : Académie française : Pierre Daru, Antoine Destutt de Tracy, François Andrieux, Antoine Jay, André Dupin, Charles-Marie de Feletz, François Raynouard, Prosper Mérimée, Henri Patin. Académie des inscriptions : Silvestre de Sacy Abel Rémusat, Armand-Pierre Caussin de Perceval, Étienne Quatremère, Antoine-Jean Saint-Martin, Pierre Amédée Jaubert, Eugène Burnouf, Charles Benoît Hase, Alexandre Langlois, Jules Mohl. Académie des sciences : Georges Cuvier, Pierre Flourens.
Par la suite parmi les personnalités éminentes de la commission: En 1864 Adolphe Régnier est élu, en 1855 Gaston Paris lui succède. En 1868 Emile Littré est élu membre de la Commission du prix Volney en hommage à son Dictionnaire de la langue française. E. Renan mort en 1892 est remplacé à la commission en 1893 par Gaston Maspéro, Jules Oppert lui succède en 1900 puis décède en 1905, il est remplacé par Emile Sénart. Georges Maspero est élu en 1916, Louis de Broglie en 1942.
Lauréats Liste reconstitué par ordre chronologique sur la base de l'inventaire d'Amable Charles comte de Franqueville de l'origine à 1895 puis sur la base de la presse jusqu'à 1950. La fréquence des citations du prix Volnay dans la presse est importante de 1880 à 1943, elle est devenue marginale depuis 1945.
La date mentionnée est celle d'obtention du prix ou de la médaille et non celle de la publication. Le prix était souvent accordé à plusieurs lauréats et accompagné de mentions. Par exemple en 1867 le prix est partagé par deux colauréats: le Dictionnaire persan de Johann August Vullers (qui comprend un Appendice manuscrit) et le Compendium de la grammaire comparative des langues indo-germaniques par August Schleicher, la commission y ajoute une mention très-honorable, non mentionnée ici, à Hugo Schuchardt pour Le vocalisme du latin vulgaire.
De 1822 à 1850 Sur la période 1842-1860, Michel Bréal rédige une Notice sur le prix Volney à l'occasion de l'inauguration de la statue de Volney à Craon le . Josef Scherer, bibliothécaire du roi de Bavière, à Munich, et Andreas Schleiermacher (1822), Josef Scherer (1823), déjà vainqueur l'année précédente, Le prix n'est pas attribué entre 1824 et 1826. Andreas Schleiermacher (1827), déjà vainqueur en 1822 Nicolas Massias et Andreas Schleiermacher De l'influence de l'écriture sur le langage. (1828) Jean-Pierre Darrigol, Analyse raisonnée du système grammatical de la langue basque (1829) Guido Gœrres, Structura grammaticae linguse Hispanorum veterum indigenas id est Vasconicse philosophice explicata nec non comparalavariis tam Orientis quam Occidentis linguis (1830 et non Radigel mention honorable comme mentionné par Charles de Franqueville) Eugène Burnouf. Littératures sanskrite et avestique, pour le déchiffrement des manuscrits zend rapportés en France par A. H. Anquetil-Duperron (1831) William Frédéric Edwards, Fragments d'un mémoire sur Les Gaëls (1832) Richard Lepsius, Die Palaeographie als Mittel der Sprachforschung (1834) Après 1835, la portée du prix a été élargie aux travaux de transcription, aux ouvrages consacrés à la linguistique comparative et à l'histoire de la linguistique y compris dans les langues non indo-européennes Pierre-Étienne Du Ponceau (Peter Stephen Duponceau), Mémoire sur le système grammatical des langues de quelques nations Indiennes de l'Amérique du Nord (1835, publié en 1838). Adolphe Pictet, De l'affinité des langues celtiques avec le sanscrit (1836 publié en 1837) de Brière, Histoire du prix fondé par le comte de Volney et Darel (prix partagé 1837) Richard Lepsius, Palæographie als Mittel der Sprachforschung (1838) pas de prix en 1839 et 1840 Jean-Bernard Mary-Lafon, Tableau historique et comparatif de la langue parlée dans le midi de la France et connue sous le nom de langue romano-provençale, prix partagé avec Jacques-Pierre Thommerel, Recherches sur la fusion du franco-normand et de l'anglo-saxon (1841) Theodor Benfey, Lexique des Racines Grecques (1842) Pierre-Benjamin Lafaye, Synonymes français (1843) Moritz Gotthilf Schwartze, Das alte Aegypten oder Sprache, Geschichte, Religion und Verfassung des alten Aegyptens (1844) August Friedrich Pott, Die Zigeuner in Europa und Asien(lire en ligne) (1845) Anders Johan Sjögren, Ossetische Sprachlehre nebst kurzem Ossetisch-Deutschen und Deutsch-Ossetischen Wörterbuche(lire en ligne) (Grammaire de la langue ossète) (1846) Ernest Renan, Essai historique et théorique sur les langues sémitiques en général et la langue hébraïque en particulier (1847).. Renan a obtenu son prix l'année où il est reçu premier à l’agrégation de philosophie. Othon Roehrig, Researches in philosophical and comparative philology, chiefly with reference to the languages of central Asia (1848) Friedrich Max Müller, Comparative Philology of the Indo-European Languages, in its Bearing on the Early Civilisation of Mankind (1849)manuscrit resté inédit, consultable aux Archives de l'Institut de France (cf. Maurice Olender, Les langues du Paradis, Hautes Études / Gallimard-Seuil, 1989, Albin de Chevallet, Études philologiques et historiques sur l'origine et la formation de la langue française (1850) vignette|Histoire du prix fondé par le comte de Volney pour la transcription universelle des langues en lettres européennes et pour l'étude philosophique des langues. De Brière 1833 (source BnF)
De 1851 à 1900 Salomon Munk, Notice sur Abul Walid Merwan ibn Djanah et d'autres grammairiens hébreux du et du s, 1850-1851. Louis Gaussin, Du Dialecte de Tahiti, de celui des îles Marquises, et, en général, de la langue polynésienne(lire en ligne) (1852) Pierre Barrault et Ernest Grégoire, Traité des synonymes de la langue latine(lire en ligne) (1853) Heymann Steinthal, Zur vergleichenden Erforschung der chinesischen sprache, et Léon Dessalles, Étude sur l'origine et la formation du roman et de l'ancien français (1854) Sigismund Wilhelm Koelle, Polyglotta africana, or a comparative vocabulary of nearly three hundred words and phrases, in more than one hundred distinct African languages, Grammar of the Bornu or Kanuri language, African native literature, or proverbs, tales, fables, and historical fragments in the Kanuri or Bornu language, Outline of the grammar of the vei language, together with a vei-english vocabulary (1855) Abbé David Boilat, Grammaire et vocabulaire de la langue woloff et comte Hippolyte François Jaubert, Glossaire du centre de la France (1856) Comte Franz Xaver von Miklosisch, Vergleichende Formenlehre der slavischen Sprachen (1857) - 3 mentions particulières sont accordées à Laurent Diefenbach, Glossarium latino-germanicum mediœ et infimœ œtatis, e codicibus manuscriptis et libris impressis; Léon de Rosny, Mémoire sur la nature et sur les origines de la langue chinoise; Jean-Bernard Lafon dit Mary-Lafon, Glossaire historique et comparatif du dialecte néo-latin parlé dans le bas Quercy. La commission annonce en 1857 qu'elle accordera une médaille d'or à un ouvrage de philologie comparée (en 1857 Alfred Maury avait publié La Philologie comparée, ses principes et ses applications nouvelles) Pierre-Benjamin Lafaye, Dictionnaire des synonymes de la langue française, et Emmanuel Inchauspé, Le verbe basque (1858) Johann Karl Eduard Buschmann, Die Spuren des Aztekischen Sprache im noerdlichen Mexico und hoeheren amerikanischen, (Langue des Aztèques) (1859) Adolphe Hanoteau, Grammaire de la langue tamachek (1860) Léon de Rosny, Essai historique sur la langue chinoise (1861). Max Müller, Lectures on the science of language, delivered at the Royal Institution of Great Britain (1862) Adolphe Pictet, Les Origines indo-européennes, ou les Aryas primitifs: Essai de paléontologie linguistique (1863) Albrecht Weber, Beiträge für die Kunde des indischen Alterhums im Vereine mit mehreren Gelehrten (1864) Ferdinand (Wilhelm Jakob) Justi, Handbuch der Zendsprache (grammaire et lexique de la langue avestane) (1865)