Mostaganem (en Mustaġānam ou Mustaġānim ; prononcé localement, Mestghalim, en tamazight : Mestɣalim - ⵎⴻⵙⵜⵖⴰⵍⵉⵎ ) est une commune algérienne de la wilaya de Mostaganem dont elle est le chef-lieu. Ville portuaire de la Méditerranée, elle est située au nord-ouest de l'Algérie, en bordure du golfe de Mostaganem, à à l'est d'Oran et à à l'ouest d'Alger. Commune de près de 150 000 habitants, elle est l'une des plus importantes villes de l'Ouest algérien et du littoral algérien.
Considérée en Algérie comme la « capitale du Dahra »Mostaganem : Jumelage avec Perpignan. Le Quotidien d'Oran du 20/04/2010. Consulté le 14/08/2011., l'agglomération de Mostaganem s'étend de la commune du même nom sur les communes de Mazagran et de Sayada et comprend une population de en 2008. Elle est également une ville culturelle et artistique importante, foyer de la tariqa El-Alaouiya, implantée dans plusieurs pays et dotée d'un riche patrimoine et d'une création artistique active notamment dans la musique chaâbi.
Toponymie
vignette|Le nom de la ville actuelle.|redresse|gauche
L’étymologie du mot Mustaghanim a eu son explication précise et académique . La toponymie berbère du lieu n'est pas une exception dans le vocabulaire algérien. Dans le temps, plusieurs essais d’explication ont été avancés : « Mostaganem » serait composée de deux termes distincts, dont il existe plusieurs significations :
Marsa et Ranem, qui signifient ; Misk el Ghanem, qui signifie . Mecta aghanim, qui signifient , mecta en arabe et aghanim en berbère.
Le nom que la ville portait dans l'Antiquité, à l'époque où elle était un port phénicien, serait déjà Murustaga et est à rapprocher étymologiquement de son nom actuel . Le toponyme de la ville figure dans les textes médiévaux arabes sous la forme : Mostaganem.
La plupart des historiens du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), à l'instar de l'historien Bourahla Abdelkader, s'accordent à dire que le nom de Mostaganem provient du berbère : mmas qui veut dire « centre » ou « au milieu » et de tghanim(in) qui veut dire « les roseaux ».
Le nom de Tigdit est cité comme le premier toponyme de Mostaganem ; il est aujourd'hui l'un de ses quartiers. Il vient du berbère et signifie non pas la nouvelle (ville), Tigdit étant au contraire le noyau primitif de la ville, mais (de igdi, ijdi, nom du sable en berbère).
Mostaganem est parfois surnommée la « ville des Mimosas ». .
Géographie Situation Le territoire de la commune de Mostaganem est situé à l'ouest de sa wilaya, à à l'ouest d'Alger, à à l'est d'Oran, à d'Arzew et à au nord de Mascara.
Relief alt=Mostaganem vue du Djebel Diss|vignette|redresse=1.5|Mostaganem vue du Djebel Diss.|centré Mostaganem est située à d'altitude sur le rebord d’un plateau côtier. La ville contemple à l’ouest la large baie d’Arzew que termine le djebel Orousse.
La ville est assise sur les rives de l’Aïn Sefra dont, à plusieurs reprises et notamment en 1927, elle a eu à subir les crues. Elle se compose d’une ville neuve, très étendue, et d’une vieille ville, plus compacte, accrochées de part et d’autre d’un profond ravin creusé par l’Aïn Sefra, qui arrose des jardinsLakhdar Yamani et Kouider Brahimi, « Évolution sociale et reconfiguration spatiale : la ville de Mostaganem », Insaniyat / إنسانيات En ligne, 44-45 | 2009, mis en ligne le 17 avril 2012, consulté le 04 juin 2013.. La localité est située au débouché des plaines du Chélif et de la Macta.
Climat Le climat de Mostaganem se caractérise par une température douce, la faiblesse des écarts thermiques et l’alternance quasi quotidienne des brises de mer et de terreMostaganem, Algérie balnéaire sur le site de l'ONT algérien.. La classification de Köppen est de type BSk. La température moyenne est de 17,9 °C
Transports
Transport maritime vignette|Un ferry au port de Mostaganem. Mostaganem est une ville portuaire. Le port est situé dans le golfe d'Arzew, d’une superficie de , et compte deux bassins. Les travaux ont commencé en 1890 et achevés en 1904. Le port de Mostaganem est l'un des ports les plus importants d'Algérie et du Maghreb, car il relie de nombreuses lignes et est considéré comme un point de connexion entre l’est et l’ouest . En 2009, quatre lignes maritimes régulières relient le port de Mostaganem vers des villes internationales : Houston, Anvers, Brême, Marseille et enfin une nouvelle ligne reliant la province espagnole de Castellón à Mostaganem« Mostaganem : une nouvelle ligne maritime vers l'Espagne », Le Quotidien d'Oran, 7 mai 2009..
Transport aérien vignette|L'aéroport de Mostaganem en 2020. L'aéroport de Mostaganem est un aéroport de fret mixte militaire et civil utilisé sporadiquement en Algérie (son code IATA : MQV ), situé à environ 6,8 km du centre-ville de Mostaganem.
La réhabilitation a commencé en 2017 pour accueillir des vols régionaux, en premier lieu une destination vers Alger. .
L'aéroport le plus proche de Mostaganem est l'aéroport de Oran (code IATA : ORN) à 71,7 kilomètres.
Transport ferroviaire vignette|La gare de Mostaganem.
Un décret impérial à l'époque coloniale française du 10 avril 1857 créé les lignes de chemin de fer d'Alger à Oran et de Mostaganem à Rélizane. Le transport ferroviaire connaît un nouveau développement depuis le début des années 1970, notamment par la mise en circulation d'un train interurbain reliant Mostaganem à Mohammadia.
Entreprises de transport
Entreprise de transport urbain et suburbain de Mostaganem (ETUSM) En 2011, l'entreprise publique de transport urbain de Mostaganem est entrée en service. Elle dessert le centre-ville de Mostaganem, les quartiers périphériques, à l'instar de la Salamandre et de Kharroba ainsi que les agglomérations de Mazagran et SayadaMostaganem a son entreprise publique : Transport urbain, Liberté du 23/08/2011..
Nouvelle gare routière En 2012, une nouvelle gare routière « inter-wilaya » a été inaugurée, elle se situe sur la route nationale RN23 qui mène à Mesra et à la wilaya de RelizaneLa gare nouvelle routière sera inaugurée aujourd'hui, Réflexion du 17/03/2012..
Tramway de Mostaganem vignette|redresse|Le tramway de Mostaganem.
Le tramway de Mostaganem a été inauguré en 2023 et comprend deux lignes (). La première s'étend sur une distance de et relie le pôle universitaire de Kharouba avec le lycée Oukraf-Mohamed à quelques mètres de la corniche de la Salamandre en passant par le centre-ville. La seconde ligne s'étend sur , de l'ancienne gare SNTF au centre-ville, et dessert les quartiers de Beymouth, Saint-Jules et la Cité-5-juillet-1962 en passant par l'avenue Benyahia-Belkacem, afin de rejoindre la nouvelle gare routière à proximité de la première rocade.
Routes La ville de Mostaganem est desservie par plusieurs routes nationales: Route nationale 11 : RN11 (Route d'Oran).
Route nationale 17 : RN17 (Route de Mascara.
Route de Relizane par la ville de Mesra.
Une rocade de la métropole de Mostaganem reliant Kharouba à Mazagran.
Autoroute ainsi que plusieurs voies rapides.
Histoire
Mostaganem fait partie des villes patrimoniales de l’Algérie, qui sont organisées partiellement ou dans leur totalité, autour de sites historiques et de vieux quartiers. La conception de ces sites historiques est souvent considérée comme une leçon d’architecture, témoins de l’histoire, des traditions et de la culture du pays.
Préhistoire La région de Mostaganem était peuplée depuis la période préhistorique, lorsque les premiers humains s'y sont installés. Le site de Majdoub, date de la période du premier âge de pierre. Les premiers vestiges de présence humaine dans la région remontent à environ (paléolithique moyen).
Antiquité
vignette|Localisation des cités romaines de l'afrique romaine.
La ville de Mostaganem a été fondée à l'époque phénicienne sous le nom de Murustaga et elle comportait un port. La région produisait du blé et de l'orge, ainsi que de l'huile d'olive et du liège.
La présence phénicienne dans la région de Mostaganem était plus marquée dans le port de Kiza, situé dans la commune de Sidi Belattar à 26 km à l'est de Mostaganem et qui faisait partie du royaume de Numidie. Ce site archéologique dispose des vestiges dont des céramiques remontant aux périodes phénicienne et romaine.
La ville fut reconstruite par les Romains qui lui donnèrent, au temps de Gallien (260-268), le nom de Cartenna. Le site semble avoir été occupé durant le haut Moyen ÂgeMon beau pays Mostaganem (I), Info Soir du 26/09/2006. Selon une hypothèse largement répandue, il est supposé qu'au cours du IIIe siècle après J.-C., l'Afrique septentrionale fut ravagée par des tremblements de terre dévastateurs. De nombreuses villes, notamment celles situées sur le littoral, furent submergées. Murustaga ne fut pas épargnée par cette catastrophe naturelle. L'apparence abrupte de la côte de Mostaganem peut être attribuée en partie à ces événements.
Période médiévale islamique vignette|redresse|Vieille mosquée de Mostaganem construite en 650 de l'hégire. La région de Mostaganem était le foyer des tribus berbères Zénètes des Maghraoua pendant le Moyen Âge, elle faisait partie des villes de cette confédération dont le territoire est le Dahra. Selon Aboulféda, la ville servit de port à la confédération.
Mostaganem est mentionnée pour la première fois par Al-Bakri au . Il la décrit comme une ville située vivant des cultures de son riche terroir, notamment de ses plantations de coton. Elle est dès cette époque entourée d’un rempartMarçais, G., “Mustag̲h̲ānim”, in: Encyclopédie de l’Islam. Première publication en ligne: 2010 .
En 1082, le prince Almoravide : Youssef Ibn Tachfin, y construisit un fort appelé « Bordj El-Mehal », l'ancienne citadelle de Mostaganem. Le nom de Mostaganem ne figure pas dans l’histoire pendant toute la période almohade qui contrôlaient théoriquement le Maghreb central. La décadence des Almohades permit aux Maghraouas de devenir complètement maîtres de la région.
La ville appartint par la suite aux Zianides de Tlemcen et Mérinides de FèsMon beau pays Mostaganem (II), Info Soir du 27 septembre 2006. , deux dynasties berbères. Le sultan zianide, Yaghmoracen, avait incorporé le territoire des Maghraouas au royaume qu’il avait fondé. Il confia, le gouvernement de Mostaganem à l’un de ses cousins. En 1334 ou en 1335, Mostaganem passe au pouvoir des Mérinides, puis redevient dépendante des sultans de Tlemcen. En effet, la ville a présenté sa soumission à Abou Hammou Moussa II. Elle était parmi les ports du sultanat, fréquentés dans le cadre du commerce méditerranéen.
vignette|Maison d'un caïd de Mostaganem.
La cité n'a cessé de s'agrandir et de s'orner de monuments, elle acquit la réputation de ville du savoir avec une vie mystique intense, ainsi qu'en témoignent les nombreux sanctuaires. La ville est citée par Al Idrissi : . Au début du , Léon l’Africain évoque des tisserands de toile et du mouillage de la côte. Il mentionne que le fleuve passe « à travers la cité », ce qui prouve qu’outre la ville forte de la rive gauche, on trouvait des quartiers sur la rive droite. Toutefois, il mentionne un déclin progressif : à l'époque de la visite de l'auteur, la ville comprenait 1500 feux, alors qu'auparavant elle en avait environ 4500, nombre assez considérable pour l'époque.
Durant toute la période du Moyen Âge, les navires européens entretenaient des échanges réguliers avec la ville de Mostaganem. À titre illustratif, au XIVe siècle, un consulat catalan fut établi à Mostaganem. D'un point de vue économique, l'agriculture occupait une place prépondérante, se caractérisant par une stabilité remarquable. Par ailleurs, l'activité de tissage jouait un rôle essentiel, étroitement liée à la production de coton.
Période ottomane thumb|gauche|Carte ottomane du illustrant la côté algérienne des régions de Mostaganem et d'Oran.