La classe Aoba a été la seconde classe de croiseurs construits pour la Marine impériale japonaise sous l'égide du traité de Washington de 1922. Très proches de ceux de la classe précédente, la classe Furutaka, ces deux croiseurs servirent durant la guerre du Pacifique, principalement dans le secteur des îles Salomon: ils ont participé notamment à la bataille de la Mer de Corail, à la bataille de l'île de Savo, à la bataille du Cap Espérance. L'un d'eux (le ) a été coulé au large de Guadalcanal, le . L' qui a supporté plusieurs bombardements aériens et torpillages, jusqu'après la bataille du golfe de Leyte, a fini coulé en rade de Kure par l'aviation américaine, dans les derniers jours de .

Conception et caractéristiques Les croiseurs Aoba et Kinugasa avaient été planifiés comme troisième et quatrième unités de la classe Furutaka. Ils ont donc eu des caractéristiques inspirées du croiseur expérimental Yubari, conçu sous la direction du capitaine de vaisseau (plus tard vice-amiral) Hiraga. Mais certaines solutions retenues pour la première classe de croiseurs lourds japonais ne donnèrent pas pleinement satisfaction, notamment la disposition de l'artillerie principale en six pseudo-tourelles simples, les installations d'aviation avec une plate-forme orientable, et le calibre de pour l'artillerie secondaire. Sur ces points, la classe Furutaka fut d'ailleurs modifiée, lors des refontes qui ont eu lieu en 1930-1931 et 1936-1939. vignette|gauche|Le Kinugasa lors de son armement en 1927 Aussi dès la construction de la nouvelle classe, l'artillerie principale y fut installée en trois tourelles doubles, deux à l'avant dont une superposée, une à l'arrière, pour des canons de 200 mm 1 GÔ (Mark I). Ces tourelles venaient d'être mises au point, à temps pour en doter les nouveaux croiseurs en construction, mais trop tard pour en doter la classe Furutaka, sans en retarder la mise en service. Ces tourelles, dites de , pesaient . L'élévation maximale des canons était de 40° et non plus 25°, ce qui donnait une portée maximale de , au lieu de , avec une vitesse de rotation de 4°/s, une vitesse d'élévation de 6°/s, er une cadence de tir de par minute, au lieu de par minute en pratique. L'entraxe des canons était d'.

L'artillerie secondaire était constituée de 4 affûts simples de à double usage, qui tiraient des obus de , à , à l'élévation de 45°, ou avec un plafond de , à l'élévation de 75°, à une cadence de par minute en pratique.

Pour les installations d'aviation, le système de la plate-forme pivotante montée sur le toit d'une tourelle a été abandonné, au profit d'une catapulte orientable, installée juste en avant de la tourelle double arrière. Ce furent les premières catapultes montées sur des croiseurs japonais dès l'origine.

Pour le reste, qu'il s'agisse des installations lance-torpilles, de la protection ou de la propulsion, la classe Aoba était identique à la classe Furutaka d'origine.

thumb|left|Schéma de la classe Aoba (après refonte) Une première refonte est intervenue au début des années 1930, qui a consisté essentiellement à équiper l'artillerie secondaire de , jusqu'alors opérée manuellement de mécanismes de chargements électro-hydrauliques. Une reconstruction plus importante a été prévue à la fin des années 1930, que le début de la guerre sino-japonaise a perturbée, au moins en ce qui concerne l'. Il s'est agi essentiellement de remplacer les canons de 1 GÔ (Mark I) par des canons de 203 mm 2 GÔ (Mark II) ce qui impliquait une modification des mécanismes d'alimentation des obus et des charges de poudre. La Défense Contre Avions à courte portée a été renforcée par l'installation de deux mitrailleuses bitubes de et quatre affûts doubles de canons antiaériens de Type 96 automatiques, qui étaient dérivés de matériels Hotchkiss français et qui ont été le principal matériel anti-aérien à courte portée de la Marine impériale japonaise. Les tubes lance-torpilles fixes installés dans la coque ont été remplacés par deux plates-formes quadruples orientables sur le pont principal, toujours pour des torpilles Long Lance de de diamètre.

L'appareil propulsif a été modernisé. Sur l', cette modernisation s'est limitée à transformer les deux chaudières mixtes mazout-charbon en chaudières uniquement à mazout, mais, sur le , on procéda à l'installation de nouvelles chaudières .

Les unités de la classe NomQuilleLancementArmementChantier navalFin de carrièrePhotoChantiers navals MitsubishiNagasakicoulé en rade de Kure,par l'aviation de l'U.S. Navy,le 200pxChantiers navals KawasakiKōbecoulé au large de Guadalcanalle 200px

Service

Les croiseurs de la classe Aoba et de la formaient, au début de la guerre du Pacifique, la de Croiseurs, aux ordres du contre-amiral Gotō, qui en avait reçu le commandement le et avait sa marque sur l'.

Ils ont participé en , à l'occupation de Guam, et à l'attaque de l'île de Wake. Fin , ils ont participé à la couverture de l'occupation de Rabaul en Nouvelle-Bretagne et Kavieng en Nouvelle-Irlande. En mars, ils couvrent les débarquements japonais, à Lae et Salamaua, sur la côte nord-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, à Buka, et Kieta sur l'île de Bougainville et aux îlots Shortland, et en avril sur les îles de l'Amirauté.

En mer de Corail (mai 1942) Début mai, ils ont participé à l'opération Mo. Il s'agissait, sous l'autorité du vice-amiral Inoue, commandant-en-chef de la flotte, dont le quartier général était à Truk dans les îles Carolines, d'aller attaquer Port-Moresby, sur la cote sud-est de la Nouvelle-Guinée, après avoir débarqué dans les îles Salomons. La couverture rapprochée devait être confiée à une force aéronavale, aux ordres du contre-amiral Kajioka, centrée sur le porte-avions Shōhō, et à la de Croiseurs du contre-amiral Gotō, et la couverture éloignée à la de Croiseurs, les et , aux ordres du vice amiral Takagi, et à la de Porte-avions (Shokaku et Zuikaku du contre-amiral Hara).

le porte-avions Shōhō a été coulé, le , par l'aviation embarquée américaine, dans une des premières actions de la bataille de la mer de Corail, ce qui a entrainé l'abandon de l'attaque sur Port-Moresby. Après des combats qui ont vu, le , la destruction du porte-avions américain , les grands porte-avions japonais Shokaku et Zuikaku ont été endommagés, le et le Furutaka les ont escortés lors de leur retour vers Truk.

À la suite de la bataille de Midway, à laquelle la de Croiseurs n'a pas participé, une réorganisation est intervenue dans la Flotte japonaise à la mi-juillet, une a été créée, basée à Rabaul, avec à sa tête le vice-amiral Mikawa, dont le , était le navire-amiral. La de Croiseurs a été affectée fin juillet à la .

Devant Guadalcanal (août-novembre 1942) Pendant les premiers combats autour de Guadalcanal en août, la de Croiseurs a constitué une part très importante des forces que le vice-amiral Mikawa a menées à la bataille de l'île de Savo, coulant quatre croiseurs australien et américains, et en endommageant gravement un cinquième, avec des pertes légères du côté japonais. Le lendemain, , en rentrant à Kavieng, le , de la a été torpillé et coulé.

Dans la nuit du 11 au , les trois croiseurs lourds restants de la de Croiseurs, aux ordres du contre-amiral Gotō, accompagnant un convoi japonais, venant de Rabaul, avaient mission d'aller bombarder le terrain d'aviation Henderson. Ils se sont heurtés à deux croiseurs lourds américains, les et , et deux grands croiseurs légers et aux ordres du contre-amiral Scott, qui venaient d'escorter un convoi arrivant de Nouméa. Au large du Cap Espérance, à l'extrémité nord-ouest de Guadalcanal, l'escadre américaine, prévenue par des avions de reconnaissance, a repéré au radar l'escadre japonaise, et lui a « barré le T ». Le contre-amiral Gotō, après avoir donné l'ordre de faire demi-tour, a été mortellement blessé, dès le début de l'engagement, sur la passerelle de l' sous le feu du croiseur . L' a été très sérieusement endommagé, recevant une quarantaine d'obus de et , mais a gardé sa capacité de manœuvre. Le Furutaka, aux prises avec des destroyers américains, a encaissé une torpille de l', qui lui a noyé la salle de machines avant, tandis que le Kinugasa engageait l' et endommageait l'. Le Furutaka, écrasé par le feu américain, a coulé dans la nuit, mais le reste de l'escadre japonaise s'est retiré sans bombarder Henderson Field.

LAoba parti se faire réparer au Japon, le Kinugasa est resté la seule unité opérationnelle de la de Croiseurs. Avec le , il a participé à un bombardement d'Henderson Field, le , et assuré la couverture de plusieurs convois de renfort des forces japonaises de Guadalcanal. Après la première bataille navale de Guadalcanal et la destruction du cuirassé rapide , le vice-amiral Mikawa est revenu avec quatre croiseurs lourds, parmi lesquels le , bombarder Henderson Field, dans la nuit du au . Au retour de cette mission, regagnant les îlots Shortland, le Kinugasa a succombé, en fin de matinée du 14, aux attaques de l'aviation embarquée du porte-avions et de l'aviation basée sur Henderson Field, et a coulé.

Du Pacifique sud-ouest en 1943, jusqu'à Kure, en 1945 vignette|gauche|L'épave de lAoba coulée après avoir été bombardée à Kure, fin juillet 1945 L', remis en état, a retrouvé fin le secteur des Salomon. Endommagé à Kavieng en avril, par un bombardement de B-17, au point de devoir être échoué pour éviter sa perte, il a été de nouveau en réparations à Kure, d'août à fin novembre, et a été doté à cette occasion d'un radar de veille et de deux affûts doubles de canons antiaériens de Type 96 automatiques, mais sa vitesse maximale a dû être réduite à . Il a été alors affecté à la Expéditionnaire du Sud, et a opéré de Singapour à Penang, Mergui, Port Blair dans les Îles Andaman. Fin , devenu le navire-amiral de la de Croiseurs, avec le croiseur léger Kinu, il a effectué un raid contre le commerce allié dans l'Océan Indien, puis a opéré de Balikpapan (Borneo) à Penang. Il a participé en mai au renforcement de la défense japonaise, lors de l'attaque américaine de Biak, en juin il a opéré entre Sumatra et les Celèbes. En juillet, où l' a passé quinze jours en cale sèche à Singapour, sa Défense Contre Avions rapprochée s'est trouvée très nettement renforcée, atteignant triples, doubles et de simples de . Fin , il a rejoint la Flotte au mouillage des îles Lingga..

La de Croiseurs a appareillé le , avec la Force d'Attaque de Diversion , que le vice-amiral Kurita devait mener à l'attaque des forces américaines qui allaient débarquer dans le golfe de Leyte, mais elle s'en est séparée le 21, à Brunei, pour aller débarquer des troupes en renfort aux Philippines. Le 24, vers , l', a repéré, à dans le nord-ouest de Palawan, les navires japonais et il a mis une torpille à l', qui a réussi à gagner, en remorque d'un destroyer, la base navale de Cavite. Réparé sommairement, sous les bombes de l'aviation embarquée de la Flotte américaine, il partit escorter un convoi, échappant à un violent bombardement sur Manille, le . Il a échappé le lendemain aux torpilles d'une meute de sous-marins américains, qui ont sérieusement endommagé le avec qui il naviguait de conserve. Il a réussi à rejoindre le Japon, où il a été jugé irréparable. Il a finalement été coulé en rade de Kure, par l'aviation embarquée américaine, dans les derniers jours de .

Bibliographie

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Croiseur Croiseur lourd Liste des croiseurs japonais

Liens externes HIJMS Aoba - site navalstory.flixco.info (caractéristiques techniques) Aoba class - site navypedia.org croiseur lourd Aoba (1924) - site le.fantasque.free.fr croiseur lourd Aoba (1938) - site le.fantasque.free.fr - Japanese Heavy Cruisers (site battleships.cruisers.co.uk) Aoba class - site nishidah - Croiseurs (site Flotte combinée)