Cet article présente les faits marquants de l'année 2011 en Algérie ou relatifs à l'Algérie; datation selon le calendrier grégorien.
Chronologie
Janvier 2011 Lundi : Début des protestations populaires en Algérie.
thumb|230px|Bal el-Oued, Alger (octobre 2010) Mercredi , Alger : Des émeutes ont eu lieu dans la soirée dans le vieux quartier de Bab el Oued. Des dizaines de jeunes ont manifesté contre la flambée des prix et affronté les forces de l'ordre à coups de pierres. Des voitures ont été incendiées ainsi que le garage d'un concessionnaire automobile. Samedi : Des affrontements ont eu lieu depuis 4 jours entre des manifestants protestants contre la vie chère et les forces de sécurité dans plusieurs villes. Des groupes de jeunes casseurs ont fait beaucoup de dégâts aux commerces et aux bâtiments publics. Un jeune commerçant protégeant le bar de son père a été tué dans la région de Tiaret. Au total 5 manifestants ont trouvé la mort, quelque 800 personnes ont été blessées, essentiellement des membres des forces de l'ordre, et un millier de manifestants ont été arrêtés. Dimanche : Le gouvernement baisse temporairement les prix de l'huile alimentaire et du sucre pour calmer les tensions dans l'espoir d'enrayer la hausse des prix et les manifestations dans plusieurs villes d'Algérie. Le gouvernement précise qu'il « attend des producteurs et des distributeurs d'en répercuter en urgence les effets sur les prix ». Depuis mercredi, le pays est en proie à de violentes émeutes déclenchées par un taux de chômage élevé et une hausse récente des prix des produits alimentaires de base. Au moins cinq personnes ont été tuées. Samedi : Wilaya de Tebessa : Un Algérien de 37 ans s'est immolé par le feu, devant la mairie de la ville minière de Boukhadra, après s'être aspergé d'essence. Il voulait un logement social et meurt de lendemain au service des grands brûlés de l'hôpital Ibn Rochd d'Annaba. Trois autres avaient tenté ces derniers jours d'en faire autant. Le président de l'Assemblée populaire communale (Conseil municipal) a été relevé de ses fonctions par le wali (préfet) de Tebessa qui s'est rendu immédiatement sur les lieux. Wilaya de Jijel : Un Algérien de 27 ans s'est immolé par le feu devant le commissariat de police de la ville de Jijel. Des policiers sont intervenus rapidement pour éteindre le feu à l'aide d'un extincteur. Dimanche : Wilaya de Mostaganem : Un Algérien de 34 ans s'est immolé par le feu devant le siège de la Sûreté de Mostaganem après s'être aspergé d'essence. Des policiers ont réussi à éteindre les flammes. Wilaya de Boumerdès : Un Algérien de 40 ans s'est immolé par le feu dans l'enceinte de la daïra (sous-préfecture) de Bordj Menaïel. Père de 6 enfants, il voulait un logement social. Un employé de la daïra a réussi à éteindre le feu. Mardi , Wilaya d'El Oued : Un chômeur de 36 ans s'est immolé par le feu dans la région d'El Oued près de la frontière avec la Tunisie. Quatre autres Algériens ont tenté ces derniers jours de mettre fin à leurs jours en s'immolant par le feu. Mercredi : L'ancien du Front islamique du salut dissous, Ali Benhadj, est inculpé d'« atteinte à la sécurité de l’État » et d'« incitation à la rébellion armée ». Sept personnes, souvent dans une situation sociale très précaire, ont tenté ces derniers jours de s'immoler par le feu. Vendredi : Un groupe d'une trentaine d'universitaires, de journalistes et de personnalités algériennes publie un appel au changement démocratique dans leur pays, après celui survenu en Tunisie voisine. Les signataires appellent « à la convergence de toutes les [...] initiatives de citoyens, d’associations, de syndicats et de partis politiques allant dans le sens de la levée du carcan sur la vie publique et pour l’avènement de l’alternance démocratique en Algérie ». Les signataires estiment que cette « juste action du peuple tunisien ouvre une nouvelle situation politique dans un Maghreb lié par un destin commun »Le Figaro.fr, Un appel au changement . Samedi , Alger Plusieurs personnes ont été blessées, dont le député Othmane Amazouz et un dirigeant régional de l'opposition, et d'autres arrêtées, dont le député Arezki Aïter, dans des heurts avec la police à Alger lors d'une tentative de manifestation pour la démocratie, organisée par le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), mais interdite par les autoritésLe Figaro.fr, Alger: Manifestation pour la démocratie. 7 policiers et 42 manifestants ont été blessés. Dimanche , wilaya de Tébessa : Un attentat à la bombe au passage d'un camion de l'armée a fait 2 blessés graves à Mezeraa. Cette zone est réputée être le fief de groupes armés auteurs d'attentats meurtriers au cours des dernières années à l'est du pays.
Février 2011
thumb|170px|Abdelaziz Bouteflika (février 2006) Mercredi : 21 députés de plusieurs formations politiques ont déposé un projet de loi devant l'Assemblée populaire nationale pour lever l'état d'urgence, en vigueur depuis 19 ans, estimant que l'amélioration de la situation sécuritaire « enlève tout argument pratique au maintien de cet état de fait ». Depuis début janvier, les émeutes ont fait 5 morts et plus de 800 blessés. Pour être recevable une proposition de loi doit émaner d'un minimum de 20 députés, avant d'être soumise au conseil des ministres après avis du Conseil d’État puis déposée par le chef du gouvernement devant le parlement. Jeudi : Le président Abdelaziz Bouteflika annonce la levée « dans un très proche avenir » de l'état d'urgence en vigueur depuis 1992. Il estime que « l'accès des partis politiques à la télévision et aux radios, aucune loi ou instruction ne l'ont jamais interdit à quelque formation ou association légale que ce soit [...] la télévision et la radio doivent donc assurer la couverture des activités de l'ensemble des partis et organisations nationales agréés et leur ouvrir équitablement leurs canaux ». Cependant, il a souligné que les formations politiques et organisations nationales devront « tenir compte des dispositions de la Constitution et des lois relatives aux activités politiques » car « la liberté ne devra pas aboutir dans quelque circonstance que ce soit, aux dérapages ou à l'anarchie auxquels l'Algérie a déjà versé un lourd tribut ». Les partis d'opposition et la société civile se plaignent régulièrement que ni la télévision, ni la radio, ne leur accorde de temps de parole ni ne couvrent leurs activitésLe Figaro.fr, Télévisions/radios: les concessions de Bouteflika.
thumb|Djanet, vue générale de la ville Vendredi : Wilaya d'Illizi : Une touriste italienne a été enlevée dans la nuit dans le secteur de Tadrart. Elle venait de se ravitailler à Djanet, avant d'être prise en filature par deux groupes de terroristes munis d'armes automatiques, à bord de deux véhicules tout terrain. Son guide et son cuisinier ont été relâchés. Wilaya de Bouira : Un islamiste présenté comme un haut responsable d'AQMI a été tué dans la région de Bouira ( au sud-est d'Alger). Kamel Bourihane, alias Abou Hafs est tombé dans une embuscade de l'armée algérienne alors qu'il circulait à bord d'un véhicule sur une route entre les zones montagneuses et boisées de Haïzer et de Tikjda. Il faisait partie du groupe armé ayant planifié les attentats suicide perpétrés par AQMI dans Alger en avril et en . Dimanche , Wilaya de Tébessa : Deux islamistes armés ont été tués par l'armée algérienne à Bir Al Ater ( à l'est d'Alger), lors d'un accrochage avec des soldats dans le massif forestier de Djebel Labiod où l'armée mène depuis une dizaine de jours une opération de ratissage après que 2 militaires aient été grièvement blessés par l'explosion d'une bombe artisanale le . Vendredi , Alger : Six personnes ont été interpellées alors qu'elles participent à un rassemblement de militants du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) pour saluer la chute du président égyptien Hosni Moubarak alors qu'une grande manifestation, organisée par la Coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNDC), pour « changer le système » en Algérie est prévue pour le lendemain. Selon le président du RCD, Saïd Sadi, les autorités sont « en train d'encercler la capitale » pour empêcher d'éventuels manifestants d'arriver; « les trains sont interdits d'accès à Alger et les transports en commun sont en train d'être bloqués », policiers sont dépêchés et « d'importantes quantités de grenades lacrymogènes ont été déchargées »Le Monde.fr, Alger: interpellations avant une marche de l'opposition. Samedi : Alger : Grande manifestation organisée par la CNCD réprimée par les forces de l'ordreRFI, 12 février 2011, la marche interdite en Algérie. Des échauffourées ont éclaté peu avant le début de la marche organisée par l'opposition réclamant davantage de liberté et la levée de l'état d'urgence. Quelques manifestants y ont été interpellés après avoir crié « Bouteflika dehors » dont un député du RCD. Environ personnes ont forcé un cordon policier situé sur la place du et tentant de défiler en direction de la grande place des Martyrs. Ali Belhadj, un des chefs du Front islamique du salut (FIS), organisation dissoute par les autorités algériennes, participe à la marche pour un « changement de système ». Des rassemblements de très courte durée se sont également tenus à Oran, ainsi qu'à Constantine, Annaba, Tizi Ouzou et Bejaia. Wilaya de Sidi Bel Abbès : Trois islamistes armés, membres du groupe "Houmat Ed-Daawa ES-Salafia" (les défenseurs de la prédication salafiste HDS), ont été tués en moins de 24 heures dans la zone montagneuse de Tafrent ( à l'ouest d'Alger). Le HDS est un groupe dissident du Groupe islamique armé (GIA) qui avait été créé en 1996 dans l'ouest algérien et démantelé par les autorités en . Dimanche : La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNDC) appelle à de nouvelles mobilisations à Alger tous les samedis « jusqu'à ce que le régime tombe » : « Nous devons avancer, doucement mais sûrement, comme un pays qui a connu une guerre civile. Nous ne pouvons pas adopter le modèle égyptien car il nous faut briser le mur de la peur et du silence ». Des affrontements ont eu lieu à Annaba, entre policiers et jeunes chômeurs qui dénonçaient les lenteurs de l'administration dans l'opération des offres d'emploi à durée déterminée pour jeunes, avec ou sans diplômes, initiés par l'action sociale. Quatre policiers ont été blessésLe Monde.fr, L'opposition manifestera "jusqu'à ce que le régime tombe". Samedi : Deuxième manifestation organisée par la CNCD réprimée par les forces de l'ordre. Mardi : Le Conseil des ministres algérien annonce une série de mesures en faveur de l'économie, de l'emploi et du logement, près de deux mois après les émeutes contre la vie chère qui ont fait début janvier cinq morts et plus de 800 blessés. Parmi les décisions prises : une ligne de crédit de 100 milliards de dinars (1 milliard d'euros) octroyée aux banques publiques afin de leur permettre de financer des projets à « maturité longue » ; la création de sociétés publiques de leasing destinées à alléger le coût de la location-vente des équipements pour les nouvelles petites et moyennes entreprises ; l'augmentation de l'abattement des cotisations patronales de cotisation à la sécurité sociale afin d'alléger les cotisations patronales pour le recrutement des jeunes demandeurs d'emploi. Plusieurs mesures ont aussi été prises visant à améliorer l'offre et l'accès au logement, en particulier la création d'un fonds de garantie du crédit bancaire aux Algériens désireux d'acquérir ou de construire leur propre habitationLe Figaro.fr, Des mesures pour l'emploi . Jeudi : L'état d'urgence en vigueur depuis 19 ans est levé, selon un décret publié au Journal Officiel. L'état d'urgence avait été instauré en 1992 alors que des violences frappaient le pays après l'annulation d'élections législatives remportées par le Front islamique du salut qui promettait d'instaurer une « République islamique » sur le modèle iranien.