Kotor (en monténégrin et en italien Cattaro) est une ville et une municipalité du Monténégro. En 2011 la municipalité comptait 22 601 habitants.
La vieille ville de Kotor, entourée d’une impressionnante muraille de défense, est particulièrement bien préservée et classée. La région historico-culturelle et naturelle de Kotor figure sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Entre 1420 et 1797, Kotor et ses environs dépendaient de Venise. Cette influence vénitienne se remarque particulièrement dans la structure et l’architecture de la ville.
C’est à la suite du tremblement de terre intervenu le que l’UNESCO se décida à faire entrer la ville et le site au sein de la liste des monuments et sites classés. Depuis quelques années, Kotor a vu croître sensiblement le nombre de touristes (Dubrovnik ne se trouve qu’à une centaine de kilomètres), attirés à la fois par les bouches de Kotor et par la vieille ville elle-même.
Géographie thumb|upright=2.5|center|Kotor et les bouches de Kotor. Situation La ville se trouve adossée à un pic rocheux au fond des bouches de Kotor (Boka Kotorska) et en bord de mer Adriatique. Bien que la ville soit d’une superficie réduite, les murs d’enceinte, restaurés, ont une longueur totale de 4,5 kilomètres, pour une hauteur de et jusqu’à de largeur. En effet, ces murailles s’élèvent jusqu’au bastion Saint-Jean, situé à une altitude de au-dessus de la ville et du niveau de la mer.
Contrairement à ce qui est parfois dit, les bouches de Kotor ne sont pas le fjord le plus méridional d'Europe car les glaciers ne sont pas venus aussi bas. Elles ont pour origine un canyon rempli d'eau de mer. Aux deux extrémités des bouches, les montagnes de Lovcen et Orjen () constituent un ensemble naturel délimitant la ville et sa baie.
Histoire thumb|left |Vieille ville de Kotor.
Les premiers habitants de la région furent les Illyriens. Kotor fut fondée à l’époque de la République romaine, connue sous le nom d’Acruvium, et intégrée à la province romaine de Dalmatie. Ascrivium ou Ascruvium fut mentionnée pour la première fois en -168.
Kotor fut fortifiée dès le haut Moyen Âge, quand l’Empereur Justinien construisit une forteresse surplombant Ascrivium en l’an 535, après avoir expulsé les Goths de la région, et une seconde ville fut sans doute développée dans les hauteurs proches, car Constantin Porphyrogénète, au , évoque le bas-Cattaro. La ville fut pillée par les Sarrasins en 840.
En 1002, les Bulgares pillèrent la ville, qui fut cédée à la Serbie par le Tsar bulgare Samuel. La ville se révolta avec l’aide de Raguse, et ne fut soumise qu’en 1184, en tant que ville libre, réussissant à conserver ses institutions républicaines, ainsi que le droit de conclure des traités et de déclarer la guerre. Elle était siège épiscopal, et au cours du , des monastères dominicains et franciscains furent fondés pour contrer le Bogomilisme.
A la fin de l'année 1241, la ville est détruite des suites des avancées mongoles en Europe.
Au , le commerce à Cattaro, comme la ville était à l’époque nommée, était en concurrence avec celui de Raguse et provoqua la jalousie de Venise. La chute de la Serbie en 1389 laissa la ville sans protecteur, et après avoir été disputée tour à tour par Venise et la Hongrie, elle passa durablement sous domination vénitienne en 1420.
Kotor fut assiégée par les Turcs en 1538 et 1657, touchée par la peste en 1572 et quasiment détruite par des tremblements de terre en 1563 et 1667. Selon les termes du traité de Campo Formio en 1797, la ville passa sous domination autrichienne. Mais en 1805, de par le traité de Presbourg, elle fut attribuée à l’Italie et annexée en 1810 par le Premier Empire français.
En 1814, la ville fut rendue à l’Autriche par le congrès de Vienne. La conscription, imposée puis abandonnée en 1869 pour être finalement imposée en 1881, amena deux révoltes de la part des habitants des montagnes Krivošije au-dessous de l'Orjen, au cours desquelles Kotor fut le centre des opérations autrichiennes.
Pendant la Première Guerre mondiale, Cattaro fut le théâtre de plusieurs batailles importantes entre le Monténégro et l’Autriche-Hongrie. Après 1918, la ville, devenue Kotor, fut intégrée à la Yougoslavie et, après 1945, à la République socialiste du Monténégro.
Jusqu’au début du , les Croates catholiques constituaient la majorité de la population de Kotor et des autres localités des bouches de Kotor, alors que la population monténégrine orthodoxe était plus réduite. Ces derniers constituent cependant désormais la majorité de la population. Voir aussi : .
De façon plus anecdotique, l'écrivain français Pierre Loti fait référence à Kotor (alors nommée Cattaro) et à sa baie dans deux courtes nouvelles sur le Monténégro publiées en 1882 : Pasquala Ivanovitch (sorte d'Aziyadé transposé dans le monde slave avec le thème récurrent de l'amour qui doit prendre fin avec le retour du narrateur dans sa mère patrie) ainsi que dans le Voyage de quatre officiers au Monténégro, où Loti aborde déjà le thème de l'exotisme en dépeignant avec un talent extrême un paysage à la fois menaçant et fascinant.
Localités de la municipalité de Kotor thumb|La municipalité de Kotor. right|thumb|Kotor et sa baie. La municipalité de Kotor compte 56 localités :
Bigova Bratešići Bunovići Veliki Zalazi Višnjeva Vranovići Glavati Glavatičići Gornji Morinj Gornji Orahovac Gornji Stoliv Gorovići Dobrota Donji Morinj Donji Orahovac Donji Stoliv Dragalj Dražin Vrt Dub Zagora Zvečava Kavač Knežlaz Kovači Kolužunj Kostanjica Kotor Krimovica Kubasi Lastva Grbaljska Ledenice Lipci Lješevići Mali Zalazi Malov Do Mirac Muo Nalježići Pelinovo Perast Pištet Pobrđe Prijeradi Prčanj Radanovići Risan Strp Sutvara Trešnjica Ukropci Unijerina Han Čavori Šišići Škaljari Špiljari
Démographie Ville Évolution historique de la population dans la ville
En 2009, la population de Kotor était estimée à habitants.
Pyramide des âges (2003) Pyramide des âges de la ville de Kotor
Répartition de la population par nationalités dans la ville + Répartition de la population par nationalités (2003) Књига 1, Становништво, национална или етничка припадност, подаци по насељима, Републички завод за статистику, Подгорица, септембар 2004, Nationalités Nombre % Monténégrins 630 47,33 Serbes 309 23,21 Croates 116 8,71 Yougoslaves 15 1,12 Albanais 12 0,90 Musulmans 11 0,82 Italiens 4 0,30 Hongrois 3 0,22 Bosniaques 3 0,22 Slovènes 1 0,07 Macédoniens 1 0,07 Inconnus/Autres 0 0,00
Politique
Économie
Culture Le patrimoine remarquable de la ville comprend notamment : la cathédrale Saint-Tryphon (1166) ; l’église orthodoxe Saint-Luc (1195) ; l’église collégiale Sainte-Marie (1221) ; l'église orthodoxe Saint-Nicolas (1909) ; les fortifications de Kotor ; le bastion Gurdić ; la place d’Armes ; la tour-horloge (1602) ; le palais Bucha, du ; les palais des Dragons, Pima et Bizanti, du ; la place Pjaca od Kina, qui accueille un arbre centenaire et le Musée des Chats ; le palais Grégorien (Grgurina), du , qui accueille le Musée maritime du Monténégro.
Kotor a servi de lieu de tournage du film L'Homme qui voulait vivre sa vie dont Romain Duris est l'acteur principal..
Sports La ville accueille deux clubs de water-polo qui s'illustrent au niveau européen à la fin des années 2000 : le Vaterpolo klub Primorac, vainqueur de l'Euroligue en 2009« Euroleague 2008-2009 Final Four », Ligue européenne de natation, 23 mai 2009., et le Vaterpolo Akademija Cattaro, vainqueur du trophée LEN en 2010« LEN Trophy Men 2009-2010 Final », Ligue européenne de natation.
Jumelages La ville de Kotor est jumelée avecPrijateljski gradovi :
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Villes du Monténégro Subdivisions du Monténégro
Liens externes
Liens externes Informations touristiques et historiques sur Kotor Compte-rendu historique et naturel UNESCO à propos de la région de Kotor
Données géographiques Kotor
Catégorie:Localité de Kotor * Catégorie:Patrimoine mondial au Monténégro Catégorie:Patrimoine mondial inscrit en 1979 Catégorie:Patrimoine mondial anciennement considéré comme en péril