L'expédition de Taïwan de 1874 (, Taiwan Shuppei), habituellement désignée à Taïwan et en Chine continentale sous le nom d'incident de Mudan (), est une expédition punitive lancée par les Japonais, à la suite du meurtres de du royaume de Ryūkyū, par des aborigènes Paiwan au Sud-Ouest de Taïwan en . Le succès de cette expédition, qui est le second déploiement outre-mer, après celui du royaume de Ryūkyū, de l'Armée impériale japonaise et de la Marine impériale japonaise, montre la fragilité de l'emprise de la dynastie Qing sur Taïwan et encourage l'aventurisme japonais. Diplomatiquement, l'implication entre le Japon et la Chine en 1874 est résolue par un arbitrage britannique qui confirme la souveraineté japonaise sur les Îles Ryūkyū, contestées en 1879.

Contexte

En , un navire du royaume de Ryūkyū coule près de la pointe méridionale de Taïwan. Cinquante-quatre membres de son équipage de sont décapités par les aborigènes Paiwan. Les 12 autres sont secourus par des chinois Han et amenés à Tainan dans le sud de Taïwan. Les fonctionnaires chinois locaux les transfèrent dans la province du Fujian en Chine continentale. Là, le gouvernement des Qing se charge de les renvoyer chez eux..

Diplomatie Quand le Japon demande une indemnisation aux Qing de Chine, la Cour rejette la demande, arguant que les aborigènes de Taïwan sont « insoumis » () et donc en dehors de sa juridiction. Cette renonciation ouverte de la souveraineté provoque l'expédition de Taïwan de 1874 par les Japonais.

Le gouvernement de Meiji du Japon exige que le gouvernement chinois punisse les meneurs des aborigènes de Taïwan responsables des meurtres des membres d'équipage. Le ministre des Affaires étrangères japonais Taneomi Soejima se rend à Pékin et est reçu en audience auprès de l'empereur Qing Tongzhi (en soi un triomphe diplomatique) ; cependant, sa demande d'indemnisation est rejetée une première fois, la Chine considérant qu'il s'agit d'une affaire interne puisque Taïwan fait partie de la province chinoise du Fujian et que le royaume de Ryūkyū a un rapport de vassal avec la Chine. Quand Taneomi Soejima déclare que quatre des victimes venaient de la préfecture d'Oda, actuelle préfecture d'Okayama sur Honshū, île principale du Japon et exige de nouveau des dédommagements, les fonctionnaires chinois refusent, car la plupart des aborigènes taïwanais sont hors de contrôle des autorités chinoises, et sont ainsi exempts de poursuites judiciaires. Charles Le Gendre, le conseiller militaire des États-Unis au gouvernement japonais, ainsi que Gustave Émile Boissonade, conseiller juridique, demandent instamment que le Japon prenne les choses en mains.

Expédition thumb|gauche|200px|Le fut le navire amiral de l'expédition de Taïwan. thumb|droite|La bataille de la Porte de Pierre, contre les aborigènes « Botan », est l'affrontement le plus important de l'expéditionA Yankee in Meiji Japan: The Crusading Journalist Edward H. House By James L. Huffman, .

Le gouvernement japonais envoie alors une expédition de menés par Yorimitchi Saigo en . Les Japonais remportent une victoire décisive à la bataille de la Porte de Pierre le . Trente membres de la tribu des Paiwan sont tués ou mortellement blessés pendant cette bataille, et un nombre considérable est blessé plus légèrement. Les Japonais comptent et ..

En , les forces japonaises se retirent de Taïwan après que le gouvernement des Qing leur a accordé une indemnité de Kuping. Harry Parkes, le représentant britannique au Japon, caractérise cette transaction comme une .

Conséquences En 1875, les autorités Qing essaient sans succès de soumettre la région côtière du sud-est de Taïwan, expédiant une troupe de contre les Paiwan. Les troupes chinoises tombent dans un guet-apens conduit par les aborigènes. chinois furent tués, et les se replient à Takow (Kaohsiung)..

Bien que lancée en apparence pour punir les membres des tribus locales pour le meurtre des , l'expédition punitive de 1874 à Taïwan atteint un certain nombre d'objectifs du récent gouvernement de Meiji. La souveraineté des Îles Ryūkyū est disputée entre la Chine et le Japon, l'expédition démontre que la Chine n'a pas un contrôle effectif de Taïwan, et encore moins des Îles Ryūkyū, et le Japon affirme parler au nom des insulaires de ces îles. En 1879, ce conflit pour la souveraineté est résolu par un arbitrage britannique, et la souveraineté japonaise est confirmée. Les aborigènes qui se sont rendus reçoivent des drapeaux japonais qu'ils élèvent au-dessus de leurs villages comme symbole de paix avec le Japon et de protection contre les tribus rivales ; cependant, les Japonais les voient comme un symbole de domination sur les aborigènes.. L'expédition sert également de répétition à une future invasion japonaise de Taïwan. L'île est déjà vue comme une potentielle colonie japonaise par quelques cercles au Japon.

L'action apaise également ceux dans le gouvernement de Meiji qui demandent une politique extérieure plus agressive, et qui sont exaspérés par le refus du gouvernement d'attaquer la Corée en 1873. Il est significatif que l'expédition ait eu lieu peu de temps après la rébellion de Saga, menée par Yorimitchi Saigo (jeune frère de Takamori Saigō) et ait été composée en grande partie d'anciens samouraïs de Satsuma et de Saga.

Plus généralement, l'incursion japonaise à Taïwan en 1874 et la faible réaction chinoise sont une révélation flagrante de la faiblesse de la Chine, à cette époque, envahie par ce qui deviendra l'alliance des huit nations, ayant signé des traités inégaux avec ceux-ci et une invitation à d'autres étrangers de débarquer à Taïwan. Le succès de l'incursion japonaise fait partie des facteurs influençant la décision française d'envahir Taïwan en , pendant la guerre franco-chinoise.

La Cour des Qing essaie tardivement de renforcer son emprise sur Taïwan, et le commissaire impérial chinois Shen Baozhen apporte quelques améliorations aux défenses côtières de l'île pendant la deuxième moitié des années 1870. D'autres améliorations sont réalisées par le gouverneur chinois Liu Mingchuan pendant les années 1880, à la suite de la capture française de Keelung pendant la guerre franco-chinoise. Cependant, peu d'efforts sont faits pour améliorer la qualité moindre de la garnison Qing de Taïwan et les Français en 1884 et les Japonais en 1895 peuvent débarquer avec succès sur l'île.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . . . . .

Articles connexes

Incident du Général Sherman Bombardement de Shimonoseki Invasion japonaise de Taïwan (1895) Jeremiah Richard Wasson Incident du Rover (1867) Incident de Mudan

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