Joëlle Milquet, née le à Montignies-sur-Sambre (Charleroi), est une femme politique belge.

Elle est membre du Centre démocrate humaniste (ex-Parti social chrétien), dont elle est la présidente de 1999 à 2011 et dont elle initie le changement de dénomination en 2002. Sénatrice de 1995 à 1999, Députée fédérale de 2003 à 2008, elle est vice-Première ministre, ministre de l’Emploi et de l’Égalité des chances, chargée de la Politique de Migration et d'Asile dans le gouvernement Leterme II jusqu'au . Depuis le , elle est vice-Première ministre, ministre de l’Intérieur et de l’Égalité des chances dans le gouvernement Di Rupo. Elle quitte ce poste le pour devenir vice-ministre-présidente du gouvernement de la Communauté française de Belgique, chargée de l’Éducationenseignements primaire et secondaire, bâtiments scolaires, de la Culture et de l'Enfancecomprenant les crèches. À la suite d'une procédure judiciaire dont elle fait l'objet concernant le dossier connu sous le nom des « Emplois fictifs », Joëlle Milquet démissionne de son poste de ministre le . mais reprend alors aussitôt son mandat de députée à la Région bruxelloise.

Biographie

D'ascendance espagnoleLe patronyme paternel était anciennement Milguez - Joëlle Milquet, sanguine Orange - Le Soir, , Joëlle Milquet grandit à Loverval dans une famille d'enseignants. Son père décède lorsqu'elle est âgée de 6 ansLa blessure que Joëlle Milquet a toujours cachée - La Dernière Heure - . Elle effectue des humanités gréco-latines à l'Institut des Dames de Saint André à Charleroi. Joëlle Milquet a 4 enfants ; Sacha Pierre, Raphaël Pierre, Laura Pierre et Clara Pierre..

Personnalité Joëlle Milquet dispose d'une personnalité qu'elle qualifie d’ et L’invité de Pascal Vrebos, diffusé le 25 janvier 2015, en télévision sur RTL TVI. La presse et d'autres politiciens abordent à de nombreuses reprises ses débordements tandis que son refus intransigeant sur le volet institutionnel et communautaire lui vaut le surnom de « Madame Non ».. Au sein de son parti, elle est décrite comme étant « exceptionnellement intelligente » par Maxime Prévot. Deux ans plus tard, alors qu'elle est devenue ministre de l’Enseignement obligatoire, La Libre Belgique note de nombreux départs au sein de son cabinet, évoquant une « instabilité permanente au sein du cabinet ».. La presse fait écho de la lassitude des cadres de son parti depuis sa passation de pouvoir., après 10 ans où elle l'a incarné fortement, tout en continuant pourtant à y jouir d'une certaine popularité.. Elle énerverait jusque dans ses propres rangs en raison d'attitudes parfois cassantes et de retards perpétuels..

, comme Melchior Wathelet pour le dossier du survol de Bruxelles., ou à remettre en cause l’« avis parmi d’autres » du Conseil d’État., le manque de « sagacité » de la Cour constitutionnelle., ou encore les « extrapolations » de la Cour des comptes..

Carrière

Elle est licenciée en droit de l'université catholique de Louvain (UCL) en , suivi d'un diplôme de spécialisation en droit des affaires à l’Europa Instituut de l'université d'Amsterdam (Pays-Bas). De 1985 à 1992, Joëlle Milquet est inscrite au barreau de Bruxelles. Elle travaille dans des cabinets d'avocats, est assistante de 1986 à 1990 du professeur Marcel Fontaine au Centre de droit privé de l'UCL et quelque temps référendaire auxiliaire auprès du juge belge à la Cour de justice des Communautés européennes. Elle rejoint dès 1987 le groupe parlementaire du Parti social chrétien au Sénat comme attachée parlementaire pour devenir ensuite conseillère, chef de cabinet adjoint du ministre de l'Enseignement supérieur Michel Lebrun, puis secrétaire politique du parti. En 1995, elle devient sénatrice.

Parcours politique

Le , Gérard Deprez quitte la présidence du PSC francophone, en annonçant qu'il doit être remplacé par un nouveau président, et pourquoi pas une présidente, faisant clairement allusion à Joëlle Milquet. Soutenue par le président sortant et des personnalités du parti, sa candidature ne convainc pas la base dans un premier temps. Elle doit attendre la fin des brèves présidences de Charles-Ferdinand Nothomb (1996-1998) et de Philippe Maystadt (1998-1999) pour prendre la direction du parti.

Elle devient présidente du PSC en 1999 dans des conditions difficiles : le parti se retrouve dans l'opposition alors qu'il est au pouvoir depuis une quarantaine d'années et traverse un profond malaise, symbolisé par l'exclusion, en , de l'ancien président du parti, Gérard Deprez, qui fonde un parti dissident, le MCC (Mouvement des citoyens pour le changement), qui se lie au PRL pour fonder le MR.

Joëlle Milquet lance alors un travail de réforme du PSC marqué par l'abandon du "C" de chrétien et la transformation du vieux PSC en cdH, centre démocrate Humaniste en 2002 afin de pouvoir élargir son électorat aux autres confessions, plus particulièrement la communauté musulmane. Elle est réélue par les militants présidente du cdH malgré de nombreuses tensions internes, la principale inquiétude de certains militants étant le virage au centre-gauche du parti.

À la suite des élections régionales de 2004, le cdH entre dans la majorité politique des Gouvernements de la Région de Bruxelles-Capitale, de la Région wallonne et de la Communauté française de Belgique. Voulant donner une image rénovée de son parti et montrer clairement la rupture avec l'ancien PSC, Joëlle Milquet choisit cinq ministres jeunes n'ayant jamais occupé de poste ministériel : Benoît Lutgen, Catherine Doyen-Fonck, Marie-Dominique Simonet, Benoît Cerexhe et André Antoine.

En octobre 2006, après les élections communales, le bourgmestre socialiste Freddy Thielemans, et la présidente du cdH, Joëlle Milquet, tous deux têtes de liste de leur parti à la ville de Bruxelles, annoncent officiellement l'accord de leurs formations respectives pour construire une majorité et diriger la ville. Joëlle Milquet devient première échevine de Bruxelles.

Lors des élections fédérales du , Joëlle Milquet occupe la première place de la liste du cdH pour la Chambre dans la circonscription de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Elle obtient voix et est donc réélue députée fédérale.

À partir de , elle participe aux négociations menées par le formateur Yves Leterme entre les chrétiens démocrates et les libéraux pour former le gouvernement fédéral. Dans la presse flamande, elle est appelée Madame Non, du fait de sa réputation de rejeter les propositions émises par ses collègues flamands.

Joëlle Milquet fait partie en 2008 du groupe de 18 responsables politiques chargés de négocier la réforme de l'État sous la houlette d'Yves Leterme. Elle négocie également la participation de son parti (le cdH) au gouvernement intérimaire (Gouvernement Verhofstadt III) et au Gouvernement Leterme I.

Le , elle est nommée vice-première ministre, ministre de l’Emploi et de l’Égalité des chances dans le Gouvernement Leterme I et annonce sa volonté de quitter la présidence du cdH pour ne pas cumuler les postes. Elle est temporairement remplacée à la Ville de Bruxelles par Hamza Fassi-Fihri, la loi interdisant le cumul d'une fonction de Ministre avec une fonction exécutive au niveau communal.

Le , Joëlle Milquet cède la présidence du cdH à Benoît Lutgen. À partir du , elle est vice-Première ministre, ministre de l’Intérieur et de l’Égalité des chances dans le gouvernement Di Rupo.

Lors de la sa campagne électorale d', Joëlle Milquet déclare dans une interview sur Maghreb TV qu'elle ne voit aucun problème à l'instauration d'horaires adaptés pour les femmes dans les piscines en faisant référence aux Assises de l'Interculturalité. Une polémique en découle avec le sénateur Alain Destexhe qui y voit un encouragement des ..

Depuis le , elle est également conseillère communale à la Ville de Bruxelles et chef de groupe cdH.

Le , elle est élue députée régionale bruxelloise. Elle est nommée le vice-Présidente du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ministre de l'Éducation, de la Culture et de l'Enfance..

Elle est nommée à la tête du Conseil d'administration de la RTBF en . Elle succède à Baptiste Erkès, membre d'Ecolo.

Ministre de l'Intérieur et de l'Égalité des chances Presque un an après la diffusion du documentaire Femme de la rue, Joëlle Milquet et Annemie Turtelboom font approuver par le conseil des ministres du un avant-projet de loi modifiant la loi régissant la lutte contre la discrimination entre hommes et femmes de manière à défendre les victimes d’agressions verbales à caractère sexiste dénoncés dans celui-ciJoëlle Milquet sur le sexisme: «Les mentalités doivent changer», Le Soir en ligne, 12 juillet 2013Le sexisme sanctionné pénalement et des indemnités prévues au civil, Le Vif, 12 juillet 2013. La loi est finalement votée en fin de législature..

Face à la problématique d’islamistes belges partis combattre avec les rebelles en Syrie, Joëlle Milquet propose la fermeture des frontières à leur égard avant leur départ« Les combattants belges en Syrie déchirent les alliés MR et cdH », in lalibre.be, 12 avril 2013.. Des membres du comité ministériel restreintLe comité ministériel restreint s'appelle « Kern » remettent en cause l'efficacité des mesures prisesVéronique Lamquin, « Joëlle Milquet contre-attaque », Le Soir, 29 avril 2013, page 4., (notamment au vu de la participation de djihadistes belges à la décapitation d'un prisonnier de guerre sur place« Des Belges ont-ils décapité un homme en Syrie ? », in lesoir.be, 7 juin 2013.) et émettent des doutes sur l'engagement politique véritable de Joëlle Milquet en prétendant qu'elle soigne plus son image par son agitation médiatique que tout autre chose« Joëlle Milquet contre-attaque » Véronique Lamquin, Le Soir, 29 avril 2013, page 4. Répondant à une mesure d'exclusion des registres de la population prise par Bart de Wever à Anvers, Joëlle Milquet qu'elle est possible, mais non efficace. En étant rayés des registres, les 22 islamistes radicaux partis en Syrie perdraient leurs droits sociauxMilquet: Schrappen Syriëstrijders mogelijk maar niet doeltreffend, ADB, De Morgen, page 3, 15 juin 2013.

Joëlle Milquet a été menacée de mort à cause d'une photo d'elle en compagnie de terroristes takfiristes liés à Al-Qaïda. Elle argue pour sa défense qu'elle ignorait à l'époque les liens terroristes des prédicateurs takfiristesavoir-menace-joelle-milquet-sur-facebook?id=8186461.

En , le parquet de Bruxelles indique que, depuis 2011, il existe 29 dossiers portés à la connaissance des différentes zones de police de Bruxelles dans lesquels de faux chauffeurs de taxi sont vraisemblablement impliqués. À la suite de ces faits graves, Joëlle Milquet lance une campagne visant à briser le silence sur les viols, en collaboration avec les ministres de la Santé et de la Justice, Laurette Onkelinx et Annemie TurtelboomTélétexte Rtbf. Dépêche Agence Belga.

Mandats électifs exercés

1995-1999 : sénatrice fédérale élue directement par le collège électoral français 1995-2006 : conseillère communale à Woluwe-Saint-Pierre 1999-2008 : députée fédérale de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde Depuis 2006 : conseillère communale à la Ville de Bruxelles 2006-2012 : première échevine (« empêchée » à partir de ) chargée de l'État Civil, de la Culture et de l'Emploi-Formation de la Ville de Bruxelles 2008-2011 : vice-première ministre, ministre de l'Emploi et de l'Égalité des chances (de à fin 2011, également chargée de la Politique de Migration et d'Asile) 2011-2014 : vice-première ministre, ministre de l’Intérieur et de l’Égalité des chances 2014-2016 : ministre de l'Enseignement obligatoire, des bâtiments scolaire, de la Petite enfance et de la Culture (Communauté française) 2016-2019 : députée à la Région de Bruxelles-Capitale.

Distinction

Affaire des emplois fictifs