L'islandais est une race de chevaux de selle de petite taille, qui forme l'unique race de chevaux originaire d'Islande. Ces animaux sont vraisemblablement les descendants directs des montures amenées en bateau par les Vikings lors de la colonisation de l'Islande. Les Islandais sont restés très fiers de leurs chevaux, qu'ils citent régulièrement dans leurs sagas. Les importations de chevaux sont interdites sur l'île depuis le et de ce fait, l'islandais n'a pas subi de croisements depuis les années 900. Il reste très longtemps une race exclusive à l'île d'Islande. La sélection naturelle lui permet d'acquérir une grande résistance aux conditions climatiques, en se contentant d'une nourriture pauvre.
Bien qu'il y ait une relation étroite entre ces chevaux et des poneys, surtout celtiques, les Islandais ont gardé le nom de pour désigner leurs montures. Ces animaux sont caractérisés par leur taille réduite, leur grande robustesse et rusticité, leurs robes très variées et leur particularité de posséder fréquemment cinq allures, soit le tölt et l'amble en plus des trois allures habituelles du cheval. Leur utilisation est multiple, puisqu'ils servent encore au gardiennage des moutons sur leur île d'origine. Des courses et des concours d'allures spéciaux leur sont totalement réservés, ils peuvent également être élevés pour leur viande bien qu'ils soient employés comme montures de loisir.
L'islandais ne fut exporté que tardivement, au . Depuis, son succès en a fait une race représentée par des associations dans 19 pays, particulièrement en Europe de l'Ouest, en Scandinavie et en Amérique du Nord. Près de la moitié des chevaux islandais exportés se trouvent en Allemagne. Histoire thumb|Cheval islandais avec son épais manteau de poils d'hiver.
Ancêtres Les ancêtres du cheval islandais ont probablement été amenés en Islande par bateau grâce aux Vikings, entre 860 et 935, l'île n'ayant jamais eu de poney indigène. Les colons nordiques ont été suivis par des immigrants de colonies du Nord de l'Irlande, de l'île de Man et des îles de l'Ouest de l'Écosse. Ces colons tardifs ont apporté avec eux les ancêtres des poneys Shetland, du Highland et du Connemara, qui furent croisés avec les chevaux nordiques. Elwyn Hartley Edwards envisage un lien de parenté avec le Iakoute.. Des similitudes morphologiques existent avec le Nordlandshest de Norvège., le Féroé. et le Fjord qui a peut-être été amené de Norvège vers l'Islande.. Il y a environ 900 ans, des tentatives d'introduction de sang oriental eurent pour résultat la dégénérescence du cheptel et en 982, l'AlthingL'Althing est le parlement islandais. Fondé en 930, il s'agit du plus ancien parlement d'Europe. vota des lois interdisant l'importation de chevaux en Islande, ce qui stoppa les croisements : l'islandais est donc de race pure depuis plus d'un millénaire., p. 60..
Du Moyen Âge au vignette|gauche|redresse|La sélection naturelle a rendu les chevaux plus résistants aux conditions climatiques. Le premier cheval islandais connu par son nom est la jument Skalm qui apparaît dans le Landnámabók (livre de la colonisation) du : selon le Landnámabók, le chef Seal-Thorin a fondé une colonie à l'endroit où Skalm s'arrêta et se coucha avec son chargement. Les chevaux sont souvent considérés comme le bien le plus précieux durant la période médiévale islandaise.. Indispensables aux guerriers, les chevaux de guerre sont parfois enterrés aux côtés de leur cavalier.
La sélection naturelle a joué un rôle majeur dans le développement de la race, un grand nombre de chevaux mourant du manque de nourriture et de l'exposition aux éléments. Les petits chevaux déjà rustiques se sont habitués aux conditions climatiques de l'île et à son terrain escarpé, et se sont nourris de lichen, d'algues marines, voire de débris de poissons. Entre 874 et 1300, durant l'optimum climatique médiéval, les éleveurs islandais sélectionnèrent leurs chevaux sur des critères de couleurs de robe et de conformation. De 1300 à 1900, le climat se fit plus dur et de nombreux chevaux et hommes moururent. La première course islandaise officielle est organisée à Akureyri en 1874. Entre 1783 et 1784, environ 70 % des chevaux de l'île furent tués par empoisonnement avec des cendres volcaniques et par la famine après l'éruption du Laki en 1783.. La population se reforma lentement durant le siècle suivant et l'élevage sélectif reprit au début du . La première société d'élevage islandaise fut fondée en 1904 et le premier registre d'élevage établi en Islande en 1923.
Exportations du cheval islandais À la fin du , le cheval islandais est exporté pour travailler dans les mines anglaises dans les mines de charbon en raison de sa force et de sa petite taille.. Cependant, ces chevaux n'ont jamais été enregistrés et peu de preuves permettent de retracer leur existence. La première exportation officielle de chevaux islandais est faite par l'Allemagne dans les années 1940. Le Royaume-Uni reçut officiellement ses premiers chevaux en 1956, lorsque Stuart McKintosh, un fermier écossais, commença un programme d'élevage. D'autres éleveurs suivirent les traces de McKintosh et la fut fondée en 1986.. Les exportations de chevaux islandais augmentèrent graduellement, et depuis 1969, de nombreuses sociétés d'élevage ont travaillé à la préservation, l'amélioration et la commercialisation du cheval islandais avec le soutien de l’ (FEIF).. Il est en revanche interdit d'introduire un cheval qui n'est pas né sur l'île ou qui l'aurait quittée pour préserver la race d'éventuelles maladies et de croisements.
En 2021, avec plus de , il s'agit d'une année record pour les exports de chevaux depuis l'Islande..
Description vignette|gauche|Cheval islandais en hiver. Les chevaux islandais pèsent entre et . et mesurent de préférence entre et au garrot. pour une moyenne de , ce qui est considéré comme la hauteur d'un poney, bien que les éleveurs et les registres d'élevage associent l'islandais à un cheval, p. 194... Il existe plusieurs théories pour expliquer pourquoi l'islandais est toujours appelé « cheval » : l'une d'elles met en jeu le tempérament fougueux et la grande personnalité de la race, une autre l'absence de mots islandais équivalent à « poney, p. 46. », une autre encore suggère que le poids, la structure osseuse et les aptitudes à tracter des charges lourdes de l'islandais le placent dans la catégorie des chevaux, p. 81.. La conformation de l'islandais varie énormément selon le but recherché par l'éleveur : trait, de selle, d'allures ou de boucherie. Certains éleveurs se spécialisent dans l'obtention d'une couleur de robe particulière plutôt que sur la conformation de l'islandais. L'islandais est classé parmi les 23 plus belles races chevalines du monde d'après la revue Cheval pratiqueC. Hercy, E. Feuillerac, F. Halm et N. Lazarus, « Zoom sur les 23 plus belles races » dans Cheval pratique n° 178, 2005, p. 42-95.
Maturité et longévité vignette|right|alt=Cheval islandais de profil de couleur marron et blanc|Islandais pie. L'islandais se développe lentement : en règle générale, le débourrage est effectué aux alentours de cinq ans, contre deux ou trois ans pour les autres chevaux. Cette maturité lente est le résultat de son adaptation à un mode de vie rude. La maturité n'est atteinte qu'à partir de sept ans et les années les plus productives se situent entre huit et dix-huit ans, bien que l'islandais conserve sa force et son endurance jusqu'à ses vingt ans. Un mâle détenu au Danemark a atteint l'âge record de 56 ans, p. 232.. La race est très fertile, et les deux sexes peuvent se reproduire jusqu'à plus de 25 ans ; des juments ont pouliné à l'âge de 27 ans. La longévité moyenne se situe autour de 35 à 40 ans, ce qui est exceptionnel parmi les équidés.
Robe
Toutes les robes sont admises par le standard de la race hormis le léopard couramment appelé appaloosa ce qui fait que de nombreuses robes différentes peuvent être trouvées, telles que les classiques bai, bai sombre, noir, alezan ou gris. On trouve aussi des robes réputées plus rares chez le cheval ou particulières aux races primitives telles que l'isabelle, le souris, le palomino, le pie et le rouan. En langue islandaise, il existe plus de cent noms différents pour désigner les robes des chevaux du pays. L'islandais peut présenter les caractéristiques typiques des chevaux primitifs, telles les zébrures sur les membres et la raie de mulet.
Standard morphologique
Tête La tête est assez grosse et forte pour sa taille, caractéristique des chevaux rustiques.. Le profil est droit, aux traits précis et expressifs, avec une peau mince et des poils fins. Les oreilles, petites, ont des parois minces et sont portées pointées et droites. Les yeux sont grands, intelligents., bien ouverts, avec un grand champ visuel, et entourés d’une fine structure osseuse. Les naseaux sont largement ouverts. Les ganaches sont bien marquées, mais légères et proportionnées à la tête.
Avant-main L'encolure est forte et trapue, courte et puissante, bien attachée, portée haute, déliée à son sommet, et nettement séparée du reste du corps. Le garrot est haut et long, les épaules longues et obliques.
Dos Le dos est porteur mais souple, large et bien musclé, sans rupture de ligne jusqu’à la croupe. Sa conformation permet au cheval porter de lourdes charges à allure rapide sur de longues distances. L'impression générale est celle d'un corps trapu.
Arrière-main La croupe est longue et oblique, également musclée de chaque côté. Les muscles de la croupe se rétrécissent légèrement vers la queue. Les cuisses sont longues et bien musclées.
Membres thumb|La crinière de l'islandais est généralement laissée longue. Les membres sont secs, nets, bien charpentés et résistants. Les canons sont d'ordinaire courts et les tendons forts. L'avant-bras est puissant. Les membres doivent être droits vus de profil et les aplombs doivent être droits, y compris en mouvement. Les postérieurs peuvent être légèrement panards de la jambe. Les sabots sont ronds devant et ovales derrière, la corne en est très dure, bien adaptée aux terrains difficiles et à la marche sur les sols rocheux. La sole est épaisse et concave, la fourchette large et les talons forts.
Crins La crinière est hirsute et fournie et son poil est long et épais. On laisse généralement la crinière du cheval longue. En compétition d’allure il est d’ailleurs interdit de couper les crins de son cheval ou bien même de les natter.
Tempérament thumb|L'Islandais est réputé pour son sens de l'orientation. On considère que la race est peu farouche, probablement en raison de l'absence de prédateurs en Islande. Amical, docile, facile à prendre en main, enthousiaste et assuré., l'islandais peut se montrer doux et affectueux envers son cavalier, mais il est également très indépendant. L'une de ses caractéristiques reconnues est son excellent sens de l'orientation, résultat de sa vie en semi-liberté dans son pays natal. En principe, il retrouve toujours le chemin de son écurie.
Allures
L'islandais connaît cinq allures différentes, qui étaient courantes chez les chevaux européens avant les diverses sélections successives., et il est connu pour son pied sûr et son habileté sur les terrains difficiles. En plus des trois allures traditionnelles (pas, trot et canter/galop), l'islandais pratique deux allures supplémentaires, le tölt et l'amble. Notons tout d'abord que, bien que la plupart des experts considèrent le galop et le canter comme deux allures différentes en raison d'une petite variation dans la façon de poser les pieds, p. 204-206., les registres d'élevage de l'islandais ne font pas de différenciation entre ces deux allures..
L'Islandais a fait l'objet d'une étude visant à déterminer la présence de la mutation du gène DMRT3 à l'origine des allures supplémentaire : l'étude de 219 sujets a permis de détecter la présence de cette mutation chez 74,7 % d'entre eux, et l’existence de chevaux d'allures (tölt et amble) parmi la race..
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