thumb|right|Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893). La musique classique russe est apparue relativement tardivement en Russie. Depuis le , cependant, elle a connu un développement dans tous les genres traditionnels de la musique classique. La Révolution russe de 1917 et le réalisme socialiste soviétique ont amplifié sa singularité et l'ont confrontée à une problématique spécifique.
Historique
Origines Les origines de la musique russe remontent à une période antérieure à la christianisation de la Rus' de Kiev à la fin du premier millénaireEfim Etkind, op. cit., .. Cependant, la musique savante ne s'est émancipée que lentement de la tutelle religieuse. Contrairement au christianisme romain, le christianisme orthodoxe a montré beaucoup de réticence face à la musique, voire une franche opposition, en particulier à l'endroit de la musique instrumentale. Dans un premier temps, seule la musique vocale est encouragée. De ce fait, la musique russe a connu un développement différent de la musique européenne occidentale.
De la monophonie à la polyphonie Depuis le , la musique instrumentale est victime d'un profond désamour de l'Église orthodoxe. En 1648, dans une atmosphère de troubles publics (« révolte du Sel », « révolte des estaminetsMichel Heller, Histoire de la Russie et de son empire, . », pogroms antipolonais et antijuifs) et sous la pression religieuse, un oukaze du tsar Alexis Mikhaïlovitch interdit la musique, les jeux, les chansons et les spectacles. On chassa les musiciens hors des villes et l'on brisa leurs instruments. . Selon l'oukase, la musique (populaire) est en concurrence avec la religion et conduit à l'ivrognerie et à l'obscénitéIbid..
En 1652 cependant, un petit groupe de moines fut transféré de Kiev à Moscou pour s'y installer. Cet événement marque le premier contact de la Moscovie avec la notation et le style musical occidental et provoque une vague de compositions (polyphonies chorales) nouvellesEfim etkind, Histoire de la littérature russe, tome 1, ..
En , la Comédie d’Artaxerses est le premier opéraLivret et musique perdus à avoir été joué sur la scène moscovite, au grand plaisir du tsar. Celui-ci avait pourtant autorisé les parties instrumentales avec la plus grande réticence. Un second opéra, Judith, suit en 1673, puis le rythme s’accélère. En 1673 encore, on donne un opéra-ballet Orphée et Eurydice (dont l’auteur était peut-être Heinrich Schütz).
Apparaît alors Nikolaï Diletski (Kiev, 1630 - Moscou, après 1681), le premier « compositeur russe » dont on ait quelques traces. Sa production musicale est assez réduite ; il est surtout connu pour son Idée de la grammaire musicale, dont il fut tiré quatre éditions (la première en polonais)Une édition fut établie en 1979, pour le tricentenaire de la parution de l'ouvrage, .. Selon le musicologue Vladimir Protopopov, cet ouvrage est le plus important de l'époque sur le plan théorique. Tenant école, Diletski a formé une génération de compositeurs. Le plus célèbre d'entre eux est Vassili Titov (1650 - 1710/1715), à qui l'on doit, entre autres, le Concerto en l'honneur de la bataille de Poltava, une œuvre profaneEfim Etkind, Histoire la littérature russe, tome I, ..
Le kant Le kant (en russe , du latin ) est une forme paraliturgique du chant a cappella et représente l’autre voie de l’occidentalisation de la musique russe. Influencés par le choral allemand, ils permettent le passage de la musique sacrée à la musique profane. Les kanty se présentent d’abord sous forme polyphonique avant de se transformer en mélodie accompagnée. De même, leur thématique, d’abord religieuse, devient patriotique et sous Pierre le Grand en panégyriques des victoires militaires, puis se laïcise complètement avant de devenir une partie du folklore citadin. Selon Felix Roziner, .
Les nombreux groupes ethniques vivant en Russie possèdent des traditions folkloriques très variées. La musique russe du est caractérisée par l’existence de deux courants musicaux : celui représenté par le compositeur Mikhaïl Glinka et ses successeurs, dont le Groupe des Cinq, qui ont inclus des éléments folkloriques et religieux dans leurs compositions et la Société de musique russe dirigée par Anton et Nikolaï Rubinstein aux accents plus traditionnels. La tradition du romantisme tardif incarnée par Tchaïkovski ou encore Rimski-Korsakov (bien qu’également successeur de Glinka), fut prolongée au par Serge Rachmaninov, l’un des derniers grands compositeurs de musique romantique.
thumb|right|Alexandre Scriabine Les compositeurs du de renommée mondiale comprennent Alexandre Scriabine, Igor Stravinsky, Serge Rachmaninov, Aram Khatchatourian, Serge Prokofiev et Dmitri Chostakovitch. À l’époque soviétique, la musique décrétée officielle, sous surveillance constante du régime, devait respecter les normes idéologiques du réalisme socialiste pour éduquer les masses populaires, et ne devait pas être influencée, selon la propagande officielle, « par la décadence bourgeoise » en produisant une musique formaliste. Les conservatoires de Russie ont engendré des générations de solistes de renommée mondiale. Parmi les plus connus figurent les violonistes David Oïstrakh et Gidon Kremer, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch, les pianistes Vladimir Horowitz, Sviatoslav Richter et Emil Guilels et la cantatrice Galina Vichnevskaïa.
Notes et références
Bibliographie
Voir aussi Articles connexes Musique russe
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