Les posidonies (du genre Posidonia) sont des herbes marines, plantes aquatiques de la famille des Posidoniaceae. Bien qu'elles vivent sous l'eau, ce ne sont pas des algues, mais des plantes à fleurs (angiospermes monocotylédones) sous-marines. Comme toutes les plantes à fleurs (et à la différence des algues), elles présentent des racines, et se reproduisent grâce aux fruits qu'elles produisent. On en trouve une espèce endémique de Méditerranée (Posidonia oceanica), d'importance majeure dans cette mer semi-fermée, et entre quatre et huit autres partagées entre Australie tempérée et Nouvelle-Zélande.

Dans les eaux moins chaudes de l'Atlantique nord européen, elles sont remplacées par les zostères qui constituent des herbiers jouant les mêmes fonctions écologiques.

Les feuilles de posidonies, très coriaces et se dégradant très lentement, constituent après leur mort des accumulations propices à la vie marine ainsi qu'au transfert de carbone. Les fibres qu'elles contiennent, difficilement dégradables, sont ultimement rassemblées par les mouvements de la mer en boule feutrées, appelées aegagropiles, souvent rejetées sur les plages de Méditerranée. La posidonie joue plusieurs rôles fondamentaux pour le milieu marin littoral, et fait partie des espèces protégées en Méditerranée.

Étymologie Le nom générique Posidonia dérive de « Poséidon » (dieu des Mers et des Océans dans la mythologie grecque).

Caractéristiques générales Les Posidonies sont des plantes à fleurs (Phanérogames) appartiennent au sous-règne des Trachéophytes (division des Angiospermes ou Magnoliophytes) dont les caractéristiques principales sont les suivantesPosidonia sur Algae Base : Feuilles ligulées avec présence de cellules à tanin, Rhizome monopodial, épais, avec bases des feuilles persistantes, Fleurs bisexuées.

Liste des espèces On a identifié que nous listons dans l'ordre chronologique de leur identification : Posidonia oceanica (Linnaeus) Delile (1813) -- Méditerranée Posidonia australis Hook.f. (1858) -- sud de l'Australie et Nouvelle-Zélande Posidonia ostenfeldii Hartog (1969) -- sud de l'Australie et Nouvelle-Zélande Posidonia angustifolia Cambridge & J.Kuo (1979) -- sud de l'Australie et Nouvelle-Zélande Posidonia sinuosa Cambridge & J.Kuo (1979) -- sud de l'Australie et Nouvelle-Zélande

Quatre de ces espèces ont été décrites à partir de ce que Kuo et Cambridge (1984) Kuo, J., and M.L. Cambridge. 1984. A Taxonomic Study of the Posidonia ostenfeldii Complex (Posidoniaceae) with Description of Four New Australian Seagrasses. Aquatic Botany, 0:267-295. ont appelé le « Posidonia ostenfeldii Complex » : Posidonia denhartogii J.Kuo & Cambridge (1984) -- sud de l'Australie Posidonia kirkmanii J.Kuo & Cambridge (1984) -- sud de l'Australie Posidonia coriacea Cambridge & J.Kuo (1984) -- sud de l'Australie Posidonia robertsoniae J.Kuo & Cambridge (1984) -- sud de l'Australie

Cependant, il semble y avoir controverse quant à la pertinence des quatre espèces décrites en 1984 Ronald C. Phillips and Ernani G. Mehez. Seagrasses. Washington, D.C., Smithsonian Institution Press, 1988, 116p :

Notons que Posidonia coriacea et Posidonia robertsoniae ne figurent pas dans AlgaeBase Posidonia sur AlgaeBase.

Mais ITIS reconnait les précitées.

Synonymie

Posidonia australis Alga australis (Hook.f.) Kuntze, 1891 Caulinia australiana F.Muell., 1868 Caulinia oceanica R.Br., 1810 Posidonia oceanica Aegle fragilis Dulac, 1867 Alga oceanica (L.) Kuntze, 1891 Caulinia oceanica (L.) DC., 1806 Kernera oceanica (L.) Willd., 1806 Posidonia caulini K.D.Koenig, 1805 Taenidium acuminatum Targ.Tozz., 1826 Taenidium oceanicum (L.) Targ.Tozz., 1826 Zostera oceanica L., 1770

Origine du genre Posidonia

Espèces fossiles Toutes les espèces citées descendent probablement des espèces fossiles qui prospéraient il y a quelque d'années dans la Téthys à savoir : Posidonia cretacea Hosius and von der Mark Posidonia perforata de Saporta & Marion Posidonia parisiensis (Brongniart) Fritel

Une adaptation des graines Une étude de 2015 sur trois espèces de Posidonies (P. australis, P. sinuosa et P. oceanica) a montré que l'intensité de la photosynthèse du tégument des graines de ces plantes, favoriserait leur croissanceDavid Celdran, Javier Lloret, Jennifer Verduin, Mike van Keulen, Arnaldo Marín. 2015. Linking Seed Photosynthesis and Evolution of the Australian and Mediterranean Seagrass Genus Posidonia. PLoS ONE 10(6): e0130015. doi:10.1371/journal.pone.0130015. Lire en ligne : Journals PLOS ref. ponee.0130015. Sur le plan évolutif, cette photosynthèse tégumentaire est interprétée comme pouvant être une préalable à l'isolement géologique de la Méditerranée à partir de la mer Téthys pendant la période Éocène.

Distribution Seule Posidonia oceanica se retrouve dans l'hémisphère nord, endémique de la Méditerranée : les autres espèces ne se trouvent que sur les côtes australiennes et néo-zélandaises.

center|500px|Répartition du genre Posidonia

On explique la présence de deux populations de Posidonia dans deux régions antipodes comme suit : pendant des millions d'années, les côtes des actuels continents européen, africain et australien se sont séparées et donc les espèces d'origine, qui vivaient dans la mer Téthys et composaient les populations de Posidonia du Crétacé, se sont retrouvées séparées les unes des autres par des milliers de kilomètres. Chaque population a évolué indépendamment constituant les espèces actuelles. Les populations intermédiaires se sont éteintes..

Écologie

Tirant son nom du dieu de la mer grec Poséidon, elles jouent plusieurs rôles fondamentaux pour le milieu marin littoral.

Les herbiers qu'elles forment constituent des frayères et des nurseries pour de nombreuses espèces animales. Elles constituent également une source de nourriture, parfois importante, pour certaines espèces herbivores (oursins, saupes, etc.). Une partie de la production de feuilles d'un herbier va se retrouver exportée, sous forme de litière, vers d'autres écosystèmes éloignés (plage, canyon sous-marin, etc.) où elle constituera une source de carbone importante pour le fonctionnement de ces écosystèmes. Elle permet de fixer les fonds marins grâce à l'entrelacement de ses rhizomes. Ceux-ci s'empilent d'une année sur l'autre, contribuant à augmenter progressivement le niveau du fond (environ un mètre par siècle). Elle « piège » des particules en suspension et des sédiments, contribuant ainsi au maintien de la clarté des eaux. Les herbiers à Posidonia oceanica sont considérés comme des formations essentielles dans le stockage du carbone atmosphérique et l'oxygénation du milieu.

Récif barrière

Lorsque les herbiers de posidonie se développent au fond de criques de très faible profondeur, les plantes affleurent la surface et peuvent créer un récif barrière, par analogie aux récifs coralliens, contribuant à la formation d'un biotope particulier.

Laisses de mer thumb|Banquette de posidonies sur une plage corse. gauche|vignette|Aegagropile de posidonie Les mouvements de la mer ont parfois tendance à lacérer les feuilles mortes et à les regrouper en boules de la taille d'une balle de ping-pong ou de tennis, nommées aegagropiles que l'on retrouve fréquemment sur les plages de la mer Méditerranée.

Les rhizomes morts et les feuilles arrachées de posidonies se décomposent très lentement. Cette nécromasse peut donc s'accumuler sur le littoral, au point parfois de recouvrir toute une plage, en y formant des , qui constituent des écosystèmes saprophytes à part entière, qui nourrit un grand nombre d'espèces, et qui réduit l'impact des vagues, tout en participant à une exportation vers l'écosystème dunaire terrestre.

Protection du littoral

Les feuilles mortes de posidonies sont souvent ramenées sur les bords de plages, où elles s'entassent, formant parfois des tas compacts et imputrescibles (« laisses de mer »). Ces tas empêchent alors l'érosion du sable par les vagues. Néanmoins, comme ces plages, naturellement protégées, ne sont pas propices au développement du tourisme, les municipalités les font souvent retirer, exposant ainsi le littoral aux caprices de la mer.

La posidonie fait partie des cinq espèces protégées sur les côtes méditerranéennes françaises, tout comme l'oursin diadème, la grande nacre, le mérou brun et la cigale de mer.

Projets de réintroduction Selon F. DubaulF. Dubaul FR3 languedoc-roussillon 16/11/2013, repris par Tela botanica : Brève de Tela Botanica ; Implantation d’un herbier de posidonie au large de l’Hérault 2013-12-12 , le , dans le cadre d'un projet de banque de graines et de de plantes à fleur marines, dit "Graines de mer", projet soutenu depuis 2011 par le Pôle Mer et la ville de La Grande-Motte et l’Agence de l'eau (qui doit contribuer au bon état écologique des masses d'eau), (dossier de presse), une réintroduction de posidonies a commencé avec la restauration expérimentale d'un petit herbier sur les fonds marins réimplanté face à la ville de La Grande-Motte, commune ayant été retenue dans le cadre d'un appel à projets de restauration écologique en milieu marin. Le test a commencé avec la réimplantation de plantules de (sur deux mètres carrés, puis 10) de posidonies (prélevées en Provence et en Corse) à une profondeur d'environ 6 - sur une zone située à 2 à ( à ) du trait de côte, sur des fonds sableux où l'espèce a disparu ou fortement régressé à cause de la pollution marine, de la concurrence d'espèces invasives et d'arrachages fréquents par les ancres ou engins de pêche (chaluts notamment).

En Ligurie (Italie), l’herbier a perdu de 10 à 30 % de sa surface par rapport au début du ; à Alicante (Espagne), plus de la moitié de l'herbier a disparu ; à Marseille, il n'en resterait qu'environ 10 % par rapport à sa surface en 1883.

Longévité Un herbier situé entre les îles de Formentera et d'Ibiza (Baléares) aurait l'âge de ce qui en ferait l'organisme vivant le plus ancien jamais découvert.

Taille Un herbier de Posidonia australis découvert dans la baie Shark, au large de la côte ouest de l'Australie, s’étend sur plus de 180 kilomètres carrés (), soit une surface plus de 400 fois supérieure à celle occupée par le pando. Ce super-organisme ne comporte que des clones et aurait environ [(https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rspb.2022.0538) Royal Society].

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Herbier Herbiers marins Laisse de mer Zostère pollution marine Caulerpa taxifolia, espèce invasive

Liens externes

Bibliographie . le Groupement d'intérêt Scientifique de la Posidonie Engler, A. & Prantl, K. 1889. Die Natürlichen Pflanzenfamilien nebst ihren Gattungen und wichtigeren Arten insbesondere. Verlag, Leipzig, 1889. Vol. II : 224 p. Fig.150, : Engler-Prantl-1889

Radiographie .

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