Les Nerfs à vif () est un film américain réalisé par Martin Scorsese et sorti en 1991. Il s’agit du remake du film de Jack Lee Thompson sorti en 1962, lui-même adapté du roman (The Executioners) de John D. MacDonald.
Le film est un succès et critique et commercial. Il reçoit par ailleurs plusieurs distinctions notamment des nominations aux Oscars du meilleur acteur pour Robert De Niro et meilleure actrice dans un second rôle pour Juliette Lewis.
Synopsis Après avoir purgé une peine de prison de quatorze ans, Max Cady (Robert De Niro) est libėrė et s’en prend à Sam Bowden (Nick Nolte), l’avocat qui l’a défendu lors de son procès, convaincu que celui-ci a volontairement dissimulé des éléments favorables à sa défense. Incapable de l’attaquer légalement, Cady harcèle progressivement Bowden et sa famille en exploitant les limites du droit.
Exaspéré par l’escalade des menaces, Bowden tente de faire arrêter Cady, puis engage Claude Kersek (Joe Don Baker), un détective privé, sans succès. La situation dégénère lorsque plusieurs proches de Bowden sont agressés ou tués. Craignant pour leur sécurité, la famille fuit par bateau sur le fleuve Cape Fear, mais Cady les rejoint.
Une confrontation violente a lieu sur l’eau lors d’une tempête. Cady contraint Bowden à reconnaître sa faute passée avant d’être entraîné par le courant et de se noyer. La famille Bowden survit, profondément marquée par les événements.
Fiche technique Titre : Les Nerfs à vif Titre original : Réalisation : Martin Scorsese Scénario : Wesley Strick, d'après le scénario original de James R. Webb et d'après le livre (The Executioners) de John D. MacDonald paru en 1958 Musique : Bernard Herrmann, ré-orchestrée par Elmer Bernstein Photographie : Freddie Francis Distribution des rôles : Décorateur du plateau : Alan Hicks Costumes: Décors : Henry Bumstead Montage : Thelma Schoonmaker Production : Barbara De Fina Producteurs délégués : Steven Spielberg, Kathleen Kennedy et Frank Marshall Sociétés de production : Amblin Entertainment, Cappa Films et Tribeca Productions Distribution : Universal Pictures (États-Unis), United International Pictures (France) Budget : Pays de production : Langue originale : anglais Format : Technicolor - 2,35: 1 - Genre : drame, Thriller psychologique Durée : 127 minutes Dates de sortie : États-Unis : France : Classification : France : interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salle (et lors de sa diffusion à la télévision)
Distribution Robert De Niro (VF : Jacques Frantz) : Max Cady Nick Nolte (VF : Alain Dorval) : Sam Bowden, avocat Jessica Lange (VF : Françoise Dorner) : Leigh Bowden, épouse de Sam Juliette Lewis (VF : Aurélia Bruno) : Danielle Bowden, fille de Sam et de Leigh Joe Don Baker (VF : Richard Leblond) : Claude Kersek, détective privé Robert Mitchum (VF : Jean-Claude Michel) : le lieutenant Elgart Gregory Peck (VF : Jean Lagache) :Lee Heller l'avocat de Max Cady Martin Balsam (VF : Albert Médina) : le juge Illeana Douglas (VF : Marie Marczack) : Lori Davis Fred Thompson (VF : Jacques Ferrière) : Tom Broadbent Zully Montero : Graciela : la cliente du stand de fruits : le client du stand de fruits Jackie Davis : Jimmy, le maître de quai Esther Rolle : la femme qui regarde Cady sortir de sous la voiture (non créditée)
Production Genèse du projet Le scénario est écrit par Wesley Strick d'après le scénario original de James R. Webb, qui est lui-même une adaptation du roman (The Executioners ou Cape Fear) de John D. MacDonald publié en 1957 et france en 1963.
Steven Spielberg devait d'abord réaliser le film mais il s'est désisté pour se concentrer sur La Liste de Schindler. C'est lui qui a proposé Martin Scorsese comme réalisateur et c'est également lui qui l'a convaincu, après plus d'un an d'arguments, de le faire. Il lui a dit que c'était un film commercial qui avait le potentiel de devenir un énorme succès, à la condition que Scorsese y amène sa force dans la réalisation.. Scorsese a lu trois fois le scénario original lorsqu'il réalisait Les Affranchis en 1990. Il l'a détesté à chaque fois parce qu'il trouvait la famille Bowden trop heureuse, or il la voulait malheureuse. Il lui fallait également un film moins manichéen que celui de 1962 où un brave avocat en sa qualité de bon citoyen se faisait harceler par l'accusé contre lequel il avait, judicieusement, témoigné ; sans nuire à ses droits à la défense qu'il n'était pas chargé d'assurer. Ici le héros-avocat avait trahi son client et avait donc sa part de responsabilité dans le harcèlement. Cady tire profit des faiblesses d'un homme riche, mais ennuyé et infidèle. Le chiffre de quatorze années d'emprisonnement (au lieu de huit dans la version de 1962), est peut-être un clin d'œil aux quatorze années passées par Edmond Dantès au château d'If, avant qu'il ne se venge d'un emprisonnement injuste. Ici, le malfaiteur en liberté ne conteste pas le bien-fondé de la peine, mais sa lourdeur et sa sévérité. Il aurait dû avoir sept ans et la conditionnelle. Ce détail indique que Bowden, en camouflant le rapport sur l'immoralité de la victime, l'a privé du droit moral à une seconde chance dont sa femme aurait tenu compte, et de conditions de détention plus humaines, éloigné qu'il aurait été des primates, des petits blancs ou noirs sans éducation tous aussi pervers les uns que le autres, dont on lui a imposé la fréquentation.
En arrière-plan, le détective privé Claude Kersek est l'archétype du petit blanc sudiste. C'est sans doute un ancien policier révoqué pour ses méthodes expéditives et illégales, qu'il conseillera à Sam Bowden d'utiliser. Kersek enjoint grossièrement à Max Cady de quitter la région. Kersek explique à Bowden le fin fond de la mentalité sudiste : la peur. Le Sud, lui dit Kersek, s'est construit sur "la peur des Indiens, la peur des esclaves, la peur des gens du Nord". Cette peur explique peut-être la faute professionnelle passée de Bowden : la crainte de rendre la liberté à un homme violent.
Attribution des rôles La présence de Robert Mitchum, Gregory Peck et Martin Balsam est un clin-d'œil à la version originale de 1962 dans laquelle ils tenaient respectivement les rôles de Max Cady, de Sam Bowden et de l'inspecteur Mark Dutton. Lorsque Steven Spielberg était chargé du projet, il songeait à Bill Murray pour le rôle de Max Cady. Scorsese avait songé initialement à Harrison Ford, mais Robert De Niro le rappela pour le convaincre de lui confier le rôle de Max Cady. Brad Dourif a également auditionné pour le rôle de Max Cady. Quant au personnage de Sam Bowden, c'est Robert Redford qui était son premier choix, et Diane Keaton pour celui de Leigh Bowden. Drew Barrymore, Jennifer Connelly, Sarah Jessica Parker, Nicole Eggert, Shannen Doherty, Bridget Fonda, Jodie Foster, Diane Lane, Demi Moore, Molly Ringwald, Meg Ryan, Brooke Shields, Tiffani Thiessen, Winona Ryder et Reese Witherspoon ont été auditionnées pour le rôle de Danielle Bowden qui échoit à Juliette Lewis. Alyssa Milano s'est vu aussi offrir le rôle mais elle la déclina sous la pression de son partenaire dans Madame est servie (1984), Tony Danza. C'est le dernier film cinématographique de Gregory Peck. De même, Christina Applegate auditionna pour le rôle de Danielle mais elle le refusa à la suite des pressions de son producteur, Ron Leavitt. Le choix final de Robert de Niro dans le rôle de Max Cady est peut-être un clin d'oeil à une réalité qui dépasse la fiction : l'acteur qu'on surnomme "l'homme aux cent visages" parce que souvent méconnaissable à l'écran, interprète ici un personnage qui se déguise avec succès en cuisinier, en femme de chambre, en professeur d'art dramatique, ou en accidenté de la route.
Tournage Le tournage dura dix-sept semaines. Robert De Niro a payé un dentiste pour transformer sa dentition comme s'il avait passé dix ans en prison et lui donner un air plus féroce. Après le tournage, il lui en coûta de plus pour lui redonner sa forme d'origine. De Niro s'est tatoué avec des teintures végétales. Nick Nolte, plus grand que De Niro, a dû perdre du poids. Robert De Niro a dû travailler ses muscles plusieurs mois avant le tournage afin de donner plus de crédibilité à la force musculaire de Max Cady et est tombé à 3 % de masse graisseuse. Les tatouages de Max Cady ont disparu au bout de quelques mois. C'est Robert De Niro qui a proposé la scène où son personnage mord la maîtresse de Sam Bowden pour personnifier le fait que Cady soit un prédateur sexuel. Et aussi que ce dernier entendait punir une femme dévergondée selon les mots mêmes de celle-ci comme sa victime d'autrefois. Cette maitresse était prête à se donner à lui après être sortie avec un mari infidèle et oublieux. Pour la scène où Max Cady se glisse sous la voiture, De Niro a exigé qu'un cascadeur lui démontre que c'était possible. L'accent de Cady créé par De Niro vient d'un de ses premiers rôles où il jouait un Sudiste. Pour préparer le rôle, De Niro était parti dans des villes du sud des États-Unis avec un magnétophone portable pour faire lire des répliques du scénario à des personnes issues de la population locale et pouvoir travailler ensuite son accent. Les parents du personnage étaient fermiers et sa mère avant de mourir a vendu la propriété pour laisser sur son compte dollars qui sont revenus à son fils à sa libération.
La scène de l'auditorium du lycée entre Robert De Niro et Juliette Lewis a été totalement improvisée par les deux acteurs lors de la première prise. On peut y voir Juliette Lewis un peu énamourée et surprise devant un Robert de Niro qui lui met son pouce dans la bouche et l'embrasse. Martin Scorsese a finalement décidé de la garder. Dans le scénario d'origine, la scène devait symboliser la traque de la jeune fille par Cady (comme dans la version de 1962) mais Scorsese a décidé d'en faire une scène de séduction. Symboliquement ce psychopathe, tout en la manipulant, épargnait physiquement Danielle Bowden respectueuse et chaste de 16 ans — comme d'ailleurs autrefois sa femme fidèle (avec qui il avait eu une fille). Ce à la différence de ses deux précédentes victimes féminines l'une et l'autre dévergondées. Cady essayait peut-être de trouver un substitut à sa propre fille, perdue à jamais à cause de la félonie de Bowden. Aussi, Danielle croira longtemps Cady innocent de la mort du chien, comme il le lui avait assuré, jusqu'à ce que l'assassinat de Graciela le trahisse et suscite en Dany un désir de vengeance, qui a failli sur le bateau de Cape Fear faire périr Cady par le feu.
La dernière scène a été tournée près de Hollywood (Floride) au John U. Lloyd State Park, au milieu d'un marécage de mangroves. Ce film a été réalisé en partie à Fort Lauderdale, en Floride.
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Sur l'agrégateur américain Rotten Tomatoes, le film récolte 73 % d'opinions favorables pour 49 critiques.. Sur Metacritic, il obtient une note moyenne de pour ..
En France, le film obtient une note moyenne de sur le site Allociné, qui recense de presse..
Box-office Le film a été un succès commercial. Il a rapporté sur le territoire américain et à l'international pour un total de . En France, il totalise soit le résultat au Box-office France 1992.
Distinctions Récompenses Jupiter Award du meilleur acteur international pour Robert De Niro Chicago Film Critics Association Awards de l'actrice la plus prometteuse pour Juliette Lewis Kansas City Film Critics Circles Awards de la meilleure actrice dans un second rôle pour Juliette Lewis BMI Film Music Awards pour Elmer Bernstein National Society of Film Critics Award de la meilleure actrice dans un second rôle pour Juliette Lewis ( place) New York Film Critics Circles Awards : Meilleure actrice dans un second rôle pour Juliette Lewis ( place) Meilleure photographie pour Freddie Francis ( place)
Nominations Oscars 1992 : Meilleur acteur pour Robert De Niro Meilleure actrice dans un second rôle pour Juliette Lewis Golden Globes 1992 :