La république populaire de Chine, communément appelée Chine, est un État d'Asie orientale. Proclamée en 1949, la république est dirigée depuis par le Parti communiste chinois (PCC). C'est un État autoritaire dont l'économie est partiellement libéralisée et qui n'est pas une dictature militaire (comme les anciennes dictatures d'Amérique du Sud) malgré le poids de l'armée. Depuis 1949, les dirigeants suprêmes de la Chine sont : Mao Zedong (1949-1976), Hua Guofeng (1976-1978), Deng Xiaoping(1978-1989), Jiang Zemin (1989-2002), Hu Jintao (2002-2012) et Xi Jinping (2012-) ; Hua Guofeng lui, a brièvement agi à la tête du pays pendant une période de transition (1976-1978).
La Chine est héritière de plus de d'Histoire. C'est, avec l'Inde, l'un des deux pays les plus peuplés du monde, avec plus de 1,4 milliard habitants en 2019Population juillet 2018 (estimation) : source CIA world-factbook. Avec , c'est également le plus grand pays d'Asie orientale et le grand pays au monde, après la Russie et le Canada. En 2007, la Chine était la économique mondialeLa Chine devient la troisième puissance économique mondiale, Le Monde, 19 juillet 2007. et en 2010 elle devient la , dépassant le Japon. Officiellement pays communiste, la république populaire de Chine a adopté une « économie socialiste de marché » où libéralisme économique et contrôle politique se côtoient en .
Avant la république populaire
L'avènement de la république populaire de Chine suit une période chaotique d'une centaine d'années, marquée par la domination de la Chine par des puissances étrangères, puis par le chaos interne et la guerre civile. Les guerres de l'opium ont soumis la dynastie Qing à l'exploitation du pays par les Huit armées étrangères unies (八国联军), ayant à leur solde des seigneurs de la guerre. La chute de l'Empire voit l'avènement de la république de Chine, qui ne réussit pas à stabiliser le pays, déchiré par les conflits entre factions rivales. En 1927 éclate la guerre civile chinoise, opposant le Parti communiste chinois et le Kuomintang, parti nationaliste qui accède au pouvoir l'année suivante.
Le conflit déchire le pays jusqu'au déclenchement de la guerre contre le Japon, durant laquelle un accord est convenu entre le Parti communiste chinois et le Kuomintang pour combattre ensemble l'envahisseur étranger. Après la Seconde Guerre mondiale, lors de la reprise de la guerre civile, le PCC rallie les paysans à sa cause. L'historien Frank Dikötter indique que le blocus total de la ville de Changchun en Mandchourie par l'Armée populaire de libérationZhang Zhenglu, un ancien lieutenant-colonel de l'Armée populaire de libération, indiqua cette information dans le livre 雪白血红 (), publié en 1989 par la maison d'édition de l'APL et retiré de la circulation au printemps 1990 après que le président Yang Shangkun a déclaré qu'il . a provoqué la mort de Entretien de Frank Dikötter avec Ursula Gauthier, La révolution chinoise, ce cauchemar absolu L'Obs, 8 mars 2014.
L'accession de Mao Zedong au pouvoir à un nouveau « mandat céleste », acquis après des années de guérilla et d'activisme politique auprès des masses paysannes ; l'État qu'il a contribué à instaurer est de même . Après la proclamation de la République soviétique chinoise en 1931, c'est au cours de la Longue Marche, entre et , que Mao a acquis le titre incontesté de chef du PCC, sans être à l'époque membre du Politburo. estiment que l'État instauré autour du Parti communiste chinois en 1949 s'est peu à peu figé sur le squelette de la guérilla paysanne, en contradiction avec la gestion d'un État moderne : la gestion chaotique du pays et la révolution culturelle seraient, de ce point de vue, des reliquats d'une structure du pouvoir dépassée, accaparée par Mao. Officiellement critiqué et dans une certaine mesure condamné par le PCC après sa mort, Mao garde toutefois le bénéfice de la libération du pays et de la fondation de la république populaire de Chine.
Ère de Mao Zedong (1949-1976)
Fondation de la République populaire de Chine Le , Mao Zedong proclame la fondation de la république populaire de Chine (RPC) sur la place Tian'anmen, à Pékin, en déclarant : . Le parti nationaliste (Kuomintang) se réfugie quant à lui sur l'île de Taïwan, en y perpétuant la république de Chine.
Réformes sociales Fondation d'un « État socialiste » Le mouvement « Réforme agraire chinoise » commence dès la proclamation de la république populaire et vise à répartir les terres agricoles possédées jusqu'alors par de riches propriétaires. Vers 1953, elle est presque terminée et, selon le gouvernement chinois, environ 300 millions de paysans qui n'avaient que peu ou pas de terres se sont vu attribuer quelque 47 millions d'hectares de terres ainsi que des outils agricoles, du bétail et des bâtiments... Cependant, le mouvement ne s'est pas déroulé pacifiquement comme encouragé par Mao, et environ 1 à 4,7 millions de personnes sont mortes pendant le mouvement, dont la plupart étaient des propriétaires et leurs familles...
Les nouvelles transformations socialistes de 1953-1956 ont repris les terres aux agriculteurs en imposant un collectivisme socialiste tel que la « coopérative socialiste ».. Depuis 1958, des « communes populaires » ont été créées à l'échelle nationale..
En 1954 est mis en place le premier plan quinquennal. L'économie est basée sur l'industrie lourde sur le modèle de l'Union soviétique, qui fournit des capitaux. Durant cette période, et de l’Est sont employés en Chine dans le cadre de projets liés aux transports, aux communications, à l’éducation ou à la santé. Dans le même temps, des milliers de scientifiques, ingénieurs et étudiants Chinois furent envoyés étudier en Union soviétique.
Parmi les réformes sociales majeures instituées par Mao, on peut notamment citer l'abolition de pratiques impériales que n'avaient pas abolies le Kuomintang, telles que le servage ou le Tongyangxi (童养媳), pratique consistant à acheter, dans une famille riche, une jeune enfant qui était adoptée pour plus tard la marier avec un jeune fils de la famille, sans payer de dot. La pratique est tombée en désuétude à Taïwan dans les années 1970.
Premières campagnes de terreur
Trois campagnes sont lancées successivement et instaurent la terreur dans la population : Dans la suite de la guerre civile, « campagne pour réprimer les contre-révolutionnaires », lancée en octobre 1950, visant les affiliés du Kuomintang (KMT), qui dure trois ans et lors de laquelle sont exécutées selon les chiffres officiels ; les chercheurs estiment un plus grand nombre de décès, certains estimant le nombre réel de morts entre 1 million et 2 millions.. De son côté, Tchang Kaï-chek, continue la terreur blanche sur Taïwan et le Fujian insulaire pour réprimer les communistes chinois, jusqu'au . la « campagnes des trois anti et des cinq anti » lancée fin 1951. Les campagnes ont un impact négatif sur l'économie de grandes villes comme Shanghai, Tianjin et Chongqing. De nombreux hommes d'affaires et leurs familles se sont suicidés. Le « mouvement Sufan » est lancé en 1955, ciblant les contre-révolutionnaires tels que les intellectuels non communistes..
Campagne anti-droitiste
La campagne des Cent Fleurs est l'histoire d'une (Jean-Luc Domenach, 1995). Mao appelle à une campagne de rectification, afin de rétablir son autorité affaiblie et d'améliorer les relations entre le Parti et la population. Le principe est d'autoriser la critique pour améliorer le Parti. Peu de temps après le lancement de la campagne en , la contestation explose. Le Parti réagit et exerce une répression féroce qui fait plusieurs centaines de milliers de victimes, emprisonnées, déportées et parfois exécutées.
La « campagne anti-droitiste » est lancée en 1957 et, selon les statistiques officielles de la période « Boluan Fanzheng », au moins sont persécutées, dont la plupart étaient des intellectuels et des membres de partis non communistes.. La campagne a considérablement nui à la démocratie en Chine et, par la suite, la Chine est devenue de facto un État à parti unique.
Grand bond en avant et séquelles
vignette|280x280px|Production d'acier pendant le grand bond en avant. Mao Zedong décide de mettre en œuvre un mouvement de réformes industrielles censées permettre de en seulement quinze ans. Des communes de production (connue sous le nom de « commune populaire ») sont organisées au niveau local, et toute la population, et au premier chef le monde paysan, est sommée d'y apporter sa contribution. Les paysans sont surexploités, on leur demande de tout faire en même temps, des récoltes à la production sidérurgique. Le « Grand Bond en avant » se solde par un échec cuisant et une famine d'une ampleur désastreuse, très probablement la plus meurtrière de l'Histoire avec environ 15 à 45 millions de victimes.
En 1958, « l'incident de Xunhua » éclate, et en 1959, le soulèvement tibétain fait des dizaines de milliers de morts. D'autre part, le programme « Deux bombes, un satellite » est lancé par Mao en 1958, avec l'aide de l'Union soviétique et de nombreux scientifiques de renom qui sont rentrés en Chine continentale de l'étranger, notamment Qian Xuesen, Deng Jiaxian et Qian Sanqiang.
À la suite des conséquences dramatiques de la politique économique de Mao durant les années 1960, ce dernier quitte son poste de président de la république populaire de Chine. Le Congrès national populaire élit alors Liu Shaoqi à sa succession. Restant aux rênes du PCC, Mao est peu à peu éloigné de la gestion des affaires économiques du pays, qui est confiée à une élite modérée, sous l'influence dominante de Liu.
En 1960, Liu Shaoqi décide d'adopter un programme plus modéré et réaliste dans le cadre duquel il conduit le redressement économique du pays avec Deng Xiaoping et d'autres. L'universitaire chinois Yang Jisheng précise que Liu Shaoqi, prenant conscience des conséquences de la Grande famine, dit à Mao : Yang Jisheng, Stèles. La Grande Famine en Chine, 1958-1961, p. 26. Source : Wang Guangmei et Liu Yuan (femme et fils de Liu Shaoqi), Le Liu Shaoqi que vous ne connaissez pas, Édition du Peuple du Henan, 2000, p. 90..
Au début de 1962, la « Conférence des 7 000 cadres » est convoquée et la politique de Mao est critiquée (il a également fait de l'autocritique) et il prend un rôle de semi-retraité.. Liu Shaoqi et Deng Xiaoping ont pris en charge les politiques au sein du Parti et le gouvernement, a lancé plusieurs réformes économiques, dont le libre marché.. Cependant, Mao n'était pas d'accord avec les réformes, les qualifiant de tentatives de « détruire le socialisme ».
Liu Shaoqi et la majorité des cadres du Parti refusent de soutenir Mao Zedong dans sa tentative de relancer le processus révolutionnaire avec le « Mouvement d'éducation socialiste » entre 1962 et 1965. Ces oppositions au sein du Parti communiste décident Mao Zedong à déclencher la révolution culturelleJean-Luc Domenach Revue L'Histoire : La Chine, 1912-2012, Numéro 57, octobre - décembre 2012. Dans le même temps, dans le cadre du programme « Deux bombes, un satellite », la première bombe atomique, un missile nucléaire, une bombe à hydrogène et un satellite artificiel de la Chine ont tous été développés avec succès en 1970. Mais le programme a été sérieusement affecté par le Grand Bond en avant et la révolution culturelle.
Révolution culturelle
En 1966, Mao lance la révolution culturelle, qui lui permet de revenir au pouvoir en s'appuyant sur la jeunesse du pays et en attaquant les élites moyennes alors en poste. Les intellectuels et la hiérarchie du Parti sont harcelés par la jeunesse des villes que Mao a lancée contre eux (les gardes rouges). Liu Shaoqi est éliminé. Une période de chaos s'ensuit, avant que la situation soit peu à peu reprise en main par l'Armée Populaire de Libération, soutien de Mao.