L’infanterie de marine (en , Morskaïa pekhota) est la force armée amphibie de la marine russe. En service depuis 1705, date de sa création, elle a notamment combattu pendant les guerres napoléoniennes, la guerre de Crimée, la guerre russo-japonaise ainsi que la Première et la Seconde Guerre mondiale. Sous l’ère soviétique, c’est sur décision de l'amiral de la flotte Gorchkov que la marine s’est vu doter d’une infanterie de marine qui est intervenue à travers le monde à de nombreuses reprises. Après la chute de l'Union soviétique, les troupes de marine connaissent des temps difficiles comme l'ensemble des forces armées russes, se caractérisant par une nette diminution en matériel et effectif.

Historique

Aux C’est en , à la suite d'un décret de Pierre , qu’un régiment « d'équipage naval » (en russe : морской экипаж) équipé et approvisionné par la Marine impériale de Russie a été pour la première fois formé pour l'embarquement et le débarquement à partir des navires de la flotte de la Baltique dans le cadre d’une opération amphibie.

Le est également celui du baptême du feu pour l'infanterie de marine russe qui participe à plusieurs batailles célèbres qui se soldent par d’éclatantes victoires. La bataille de Gangut (1714), la déroute de la marine turque à Cesme Harbor en 1770 et enfin la prise de la forteresse d'Ismaïl sur le Danube en 1790 en sont des exemples significatifs.

En 1799, durant les guerres napoléoniennes, la Russie prend la forteresse française de Corfou. Cette même année, le débarquement russe de Naples parvient jusque dans les États pontificaux. Pendant la guerre de la Sixième Coalition, l'infanterie de marine russe s’est distinguée contre la Grande Armée à la bataille de Borodino (1812), la bataille de Kulm (1813) et le siège de Dantzig.

De 1854 à 1855, l’infanterie de marine défendait Sébastopol contre la France, le Royaume-Uni et la Turquie.

Pendant l’année 1904, durant la guerre russo-japonaise, l'infanterie de marine défendait le Port Arthur contre les forces japonaises.

Ère soviétique Seconde Guerre mondiale Au cours de la Seconde Guerre mondiale, environ de l’infanterie de marine soviétique se sont battus sur le front de l'Est. Au début du conflit, la marine ne disposait que d'une seule brigade de fusiliers-marins de la flotte de la Baltique, ce qui impliqua la nécessité de former d'autres bataillons durant la guerre. Ainsi furent formés : six régiments d'infanterie de marine comprenant deux bataillons disposant chacun d’un personnel de 650 hommes ; 40 brigades et plusieurs bataillons formés à partir des surplus d'équipages de navire dont cinq de ces brigades ont été élevées au statut de « Garde de l’Union soviétique » ; de nombreuses petites unités.

La situation militaire exigeait le déploiement d'un grand nombre de marins sur le front, ce qui leur a permis de contribuer à la défense de Moscou, Leningrad, Odessa, Sébastopol, Stalingrad, Novorossiisk et Kertch. L'infanterie de marine russe a effectué plus de 114 débarquements dont la plupart ont été réalisés par des pelotons et des compagnies. Il est cependant à noter que de nombreux soldats de l’infanterie de marine qui ont servi dans l'infanterie régulière n'avaient reçu aucune formation amphibie. Elles ont mené quatre opérations amphibies majeures : deux au cours de la bataille de la péninsule de Kertch, une au cours de la campagne du Caucase et enfin, une dans le cadre du débarquement de l'archipel de Moonsund, dans la mer Baltique.

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Après la guerre, l'expérience des batailles amphibies accumulée pendant la Seconde Guerre mondiale a été un atout majeur pour l’Union soviétique lors d’opérations interarmées avec ses alliés. Par ailleurs, de nombreux éléments de l'infanterie de marine russe ont été formés au parachutisme et ont ainsi mené à bien plus d’opérations que les propres troupes aéroportées russes. Malgré leurs brillants états de service, les troupes d'infanterie de marine soviétiques furent dissoutes en 1947 avec quelques unités en cours de transfert vers les Forces de défense côtière.

Guerre froide right|thumb|Troupes de marine soviétiques en 1985. right|thumb|Démonstration de l’infanterie de marine soviétique en 1990.

En 1961, l'infanterie de marine a été reformée et est redevenue l'un des bras armés des forces navales soviétiques. Pour chacune des flottes de l’URSS, une unité d'infanterie de marine a été affectée à laquelle il fut ajouté plus tard une brigade. Au cours de cette période, l'infanterie de marine a reçu plusieurs versions amphibies de véhicules de combat blindés, y compris des chars en service dans l’armée rouge.

En 1989, l'infanterie de marine comprenait organisés dans la d'infanterie de marine de Vladivostok et trois brigades autonomes : la de la Garde « Kirkenneskaya » de Pechenga (Flotte du Nord), la de la garde de Baltiisk (flotte de la Baltique) et la brigade de Sébastopol (Flotte de la mer Noire).

La marine soviétique disposait de navires de débarquement spécifiques pour les chars de combat de la Classe Alligator, propulsés par des moteurs Diesel, de faible tonnage avec un déplacement d'environ

En 1978, les Soviétiques ont lancé un nouveau navire amphibie de la classe Ivan Rogov. Son arrivée a été interprétée à l'Ouest comme l’indication d'une intention de renforcer les capacités militaires de projection. Avec une taille double de celle des navires qui l’ont précédé, le classe « Ivan Rogov » peut transporter un bataillon entier d'infanterie avec 40 véhicules blindés et leurs péniches de débarquement. Il peut lancer plusieurs véhicules amphibies depuis ses portes d'étrave ouvertes et emporte également des hélicoptères. Parmi les divers petits véhicules de débarquement qu’il peut envoyer, on compte des aéroglisseurs tel que la Classe Aist, qui peut transporter l'infanterie de marine à terre à une vitesse de cinquante nœuds. Retirée du service en 2002, elle a été supplantée par la Classe Ropucha, la Classe Polnochny et la Classe Ivan Gren.

Avec 75 unités, l’Union soviétique avait le plus grand arsenal d’aéroglisseur de combat au monde. En outre, il est intéressant de noter qu’un bon nombre des de la flotte marchande de l'Union soviétique (Morflot) pouvait accessoirement décharger armes et approvisionnement lors d’opérations amphibies.

Le , une proclamation du gouvernement soviétique, qui a ensuite été adoptée par les États successeurs, a posé les conditions d'une « restriction en armement et équipement conventionnel » (chars, artillerie et véhicules blindés) affectés à l'infanterie de marine ou aux forces de défense côtière.

Fédération de Russie thumb|right|Un soldat d’infanterie de marine en exercice à Ustka, Pologne. Le marin est armé du fusil d’assaut AKS-74.

L'infanterie de la marine russe (vidéo) comprend la Division d'infanterie de marine de la Flotte du Pacifique (en russe : 55-я Дивизия Морской пехоты Тихоокеанского Флота ), les brigades indépendantes de la mer du Nord et de la Baltique, le parc de véhicules militaires de la flottille de la mer Caspienne et les régiments indépendants de la Flotte de la mer Noire. La principale base Arctique de la Flotte du Nord de l'infanterie de marine est appelée Sputnik.

En 1994, l'exercice militaire dénommé "Coopération depuis la mer" a été mené dans le périmètre de Vladivostok avec la « III Marine Expeditionary Force » des États-Unis pour favoriser une relation plus étroite entre l’Infanterie de marine russe et les Marines américains. Ensemble, les deux forces ont effectué leur premier exercice sur le sol américain l'année suivante, à Hawaii. La « coopération depuis la mer » de 1995 a créé un espace d’exercice maritime en cas de « situation d’urgence » qui comprenait une formation transversale avec échange de personnel. Cette opération a abouti à l’exercice d’un assaut amphibie combiné des forces russes et américaines. Le but était d'améliorer l'interopérabilité, la coopération et la compréhension entre la Russie et le personnel des États-Unis. vignette|Entrainement au saut en parachute depuis un hélicoptère À partir de 2000, la flottille de la mer Caspienne comprenait une nouvelle brigade d'infanterie de marine, la , basée à Kaspiïsk. Le siège et les deux bataillons de la brigade devaient être mis en place le AVN Military News Agency, 'Chief of Staff Supervising Marine Brigade formation', 5 June 2000. Il a été rapporté par Agenstvo Voyenniykh Novostyei (AVN) en que la nouvelle brigade (qui peut avoir hérité de la Division motorisée de fusiliers) ..Feskov et al. 2004 a été logée à Kaspiïsk et à Astrakhan avec 195 véhicules de combat et deux aéroglisseurs envoyés à partir de Tchoukotka par la Flotte du Nord. La brigade a également signalé disposer d’hélicoptères qui lui sont assignés.

Missions Pour chacune des principales flottes russes, il y a au moins un régiment d'infanterie de marine attaché à celles-ci. Au total, l’effectif de l'infanterie de marine russe est d’environ . Cette force dispose d’une puissance de frappe et de moyens de soutien limités, exigeant théoriquement en opération un renforcement en moins d'une semaine. Ceci s’explique par la doctrine militaire russe qui considère l'infanterie de marine comme étant une troupe de choc, le fer de lance d'une agression rapide qui doit être impérativement suivie par les renforts des forces armées terrestres déployant l‘équipement lourd.

Les principales missions de l’infanterie de marine russe seraient de saisir et de défendre les détroits ou les îles stratégiques, d’aménager des zones tactiques de débarquement maritime derrière les lignes ennemies et la défense des zones navales critiques. Durant les années 1980, les exercices de l’infanterie de marine soviétique dans les îles Kouriles au nord du Japon ont semblé indiquer que les objectifs stratégiques dans cette région étaient étendues sur différentes rives et goulots d'étranglement.

À titre d’exemple, lors d’un conflit, l’objectif de ces troupes serait très probablement la capture d'un détroit tel que celui des Dardanelles ou de Kattegat par un débarquement sur terre depuis la mer Noire dans le premier cas, ou depuis la mer du Nord dans le second cas. Cette attaque serait immédiatement suivie d’un renforcement rapide par l’armée russe, à la fois en homme et en équipement lourd.

Déploiement actuel

Flotte du Pacifique

, dissoute le , a été remplacée par la d'infanterie de marine de la Garde (numéro d'unité 30926) également appelée de marine de la GardeLes Bérets noirs de la flotte du Pacifique formée sur sa base. régiment d'infanterie de marine « cosaque » - déployés dans la brigade. régiment d'infanterie de marine – dissous. régiment d'infanterie de marine – dissous le . régiment d'artillerie d’Infanterie de Marine – dissous. d'infanterie de marine anti-aérien (missiles) – dissous. bataillon d'infanterie marine de chars de combat. bataillon de reconnaissance. 1484 bataillon de transmission. La d'infanterie de marine Krasnodarsko-Kharbinskaïa (« de Krasnodar et Kharbin »), deux fois décorée de l'ordre du Drapeau rouge (). Le du génie d'infanterie de marine.

Flotte de la Baltique

vignette|Fusiliers marins de la flotte de la Baltique à Brest en 2012 présentant leur armement collectif : Un mortier 2B14 Podnos de , une mitrailleuse Kord et un lance-grenade automatique AGS-17. du centre d’entraînement des zones côtières de la flotte de la Baltique. d'infanterie de marine de la Garde Belostokaïa (« de Belostok ») des ordres de Souvorov et d'Alexander Nevski, , à Baltiïsk. bataillon de reconnaissance – Mechnikovo. bataillon d'infanterie de marine. bataillon d'infanterie de marine séparés. bataillon aérotransporté (Desant). 1592 bataillon d'artillerie automotrice. 1612 bataillon d'artillerie. 1618 bataillon d'artillerie antiaérien (anti-missiles et aéronefs) naval – peloton d'infanterie de marine d'escorte militaire de navire de fret (cargo) – sapeurs.

Flotte du Nord