Le Grand Prix automobile d'Australie 2011 (), disputé le sur le Circuit de l'Albert Park à Melbourne, est la du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950. Il s'agit de la vingt-septième édition du Grand Prix d'Australie comptant pour le championnat du monde de Formule 1, la seizième se tenant à Melbourne, les premières éditions comptant pour le championnat, de 1985 à 1995, s'étant disputées sur le circuit d'Adélaïde. Cette épreuve est la manche d'ouverture du championnat 2011, à la suite de l'annulation, le , du Grand Prix de Bahreïn en raison de l'instabilité politique du pays.
L'épreuve est remportée par l'Allemand Sebastian Vettel, pilote Red Bull et champion du monde en titre. Parti en pole position, il mène la course pendant 55 des 58 tours de course et devance l'Anglais Lewis Hamilton (McLaren) de plus de vingt-deux secondes et le Russe Vitaly Petrov (Renault) de trente secondes. Petrov signe à cette occasion son premier podium en Formule 1, le premier d'un Russe dans la discipline. Chez les constructeurs, Red Bull Racing prend la tête du championnat des constructeurs avec devant McLaren, Ferrari, Renault, Toro Rosso et Force India, six des douze écuries en lice ayant inscrit des points.
Le Grand Prix est également marqué par la non-qualification des deux pilotes Hispania Racing F1 Team qui n'ont pas réussi à réaliser un temps inférieur aux 107 % du meilleur temps de la première séance de qualification requis par le règlement 2011, et par la disqualification, peu après l'épreuve, des deux monoplaces Sauber en raison d'une infraction au règlement technique.
Contexte avant le Grand Prix Les conditions difficiles d'organisation du Grand Prix d'Australie En , l'avenir du Grand Prix d'Australie de Formule 1 n'était pas encore établi en raison d'un différend entre Ron Walker, ancien maire de Melbourne et président du comité d'organisation du Grand Prix (AGP Corporation) et la . Walker dénonce le fait que la CAMS demande pour organiser le Grand Prix . Il envisage alors de faire organiser l'événement par une autre organisation et est appuyé par le gouvernement de l'état de Victoria qui considère que la CAMS agit en situation de monopole. Ron Walker refuse de signer un nouveau contrat avec la CAMS à moins qu'elle ne modernise sa gestion et réduise ses tarifs. Une solution de compromis a été trouvée avant le pour éviter de voir la course retirée du calendrier 2011 du championnat du monde.
Bien avant la tenue de la course, il apparaît que, comme depuis plusieurs années, le Grand Prix d'Australie à Melbourne sera déficitaire et devrait coûter environ de dollars, comparable aux 48,7 à de pertes constatés en 2010, le double du coût de la course de 2006. Le cas du Grand Prix d'Australie est particulier car, contrairement aux autres courses, le tarif élevé de l'organisation se justifie du fait que 50 % des recettes publicitaires du circuit (affichages le long du tracé) et du sponsoring principal de la course est directement négocié par les organisateurs. Bernie Ecclestone avait accordé cette dérogation en 1996 pour faciliter le transfert du Grand Prix d'Adélaïde vers Melbourne. Le modèle économique du Grand Prix d'Australie s'articule autour des entrées financières liées à la vente des billets et au sponsoring direct or, l'affluence baisse fortement depuis trois ans tandis que le sponsoring a été réduit de moitié. Robert Doyle, le maire de Melbourne, a demandé à ne pas renouveler le contrat avec la FOM qui prend fin en 2015 et est appuyé par le député de la circonscription où se trouve le circuit d'Albert Park qui déclare : .
Ted Baillieu, récemment élu premier ministre du Victoria, annonce en que si le Grand Prix est une formidable opportunité pour Melbourne et le Victoria, il attend avec impatience une meilleure gestion financière et envisage à terme de ne plus accueillir la course à Melbourne si le déficit financier est récurrent .
Louise Asher, ministre du tourisme du Victoria, appuie Ted Baillieu en déclarant que le contrat d'organisation du Grand Prix d'Australie à Melbourne, qui expire en 2015, ne sera pas renouvelé si Bernie Ecclestone ne revoit pas à la baisse le prix du plateau. Toutefois, la ministre reconnaît que la course en ville dans l'Albert Park a un impact publicitaire fort et rejette la possibilité d'organiser la course dans un autre lieu, sur un circuit permanent comme à Avalon. Elle déclare notamment : La ministre s'oppose ainsi à Ron Walker, le président du comité d'organisation du Grand Prix, qui a déclaré : Les organisateurs du Grand Prix envisagent donc, à partir de 2015, une délocalisation dans les environs de Melbourne, à Avalon sur un circuit qu'il faudrait alors totalement construire.
Calendrier modifié à la suite des manifestations à Bahreïn thumb|upright|alt=Photographie de manifestants bahreïniens campant autour de la place de la Perle|Les manifestations à Bahreïn conduisent à l'annulation du Grand Prix.
Initialement, le calendrier 2011 de la Formule 1 comportait 20 épreuves . Toutefois, le Grand Prix de Bahreïn, manche inaugurale de la saison qui devait se dérouler le , est annulé le en raison de la vague de contestation sociale et politique commencée en février 2011 . Des manifestations de la majorité chiite ont été violemment combattues au point que la minorité sunnite au pouvoir a fait appel à l'Arabie saoudite pour mater la révolte populaire .
Le prince héritier de Bahreïn, Salman bin Hamad, promoteur du Grand Prix, obtient de la FIA un délai de trois mois pour tenter de reporter la course en fin de saison, avec l'aide des organisateurs du Grand Prix automobile d'Abou Dabi. En effet, ceux-ci se sont déclarés prêts à organiser leur épreuve à une autre date que celle initialement prévue afin d'éviter une annulation définitive du Grand Prix de Bahreïn.
À l'approche du début de saison, aucune décision quant à un report à une date non encore définie, un remplacement de la course ou une annulation définitive n'a encore été prise, ce qui a pour conséquence de voir le Grand Prix d'Australie devenir la manche inaugurale de la saison 2011 de Formule 1.
Organisation modifiée des essais d'avant-saison
La semaine précédant le Grand Prix de Bahreïn, une ultime session d'essais libres d'avant-saison était programmée sur le Circuit international de Sakhir, à Bahreïn. À la suite de l'annulation de ce Grand Prix, la FIA organise finalement une session d'essais « de rattrapage », du 9 au , sur le Circuit de Catalogne en Espagne.
Les équipes ont la possibilité de rouler durant quatre journées bien que les essais soient finalement organisés sur cinq jours, du 9 au , pour la dernière fois avant le début de la saison, sur le circuit de Barcelone. Certaines seront présentes du mardi au vendredi, d'autres du mercredi au samedi ; McLaren annonce un programme décalé en roulant mardi, mercredi, vendredi et samedi.
Pilotes thumb|upright|alt=Photo de Paul di Resta qui débute en F1 au GP d'Australie 2011|Paul di Resta, débutant en F1, inscrit en Australie le premier point de sa carrière.
À l'occasion de ce Grand Prix, quatre pilotes font leurs débuts en tant que titulaire en Formule 1 : Sergio Pérez débute chez Sauber, Pastor Maldonado chez Williams F1 Team , Jérôme d'Ambrosio chez Marussia Virgin Racing et Paul di Resta chez Force India . Daniel Ricciardo, pilote essayeur chez Scuderia Toro Rosso, fait également ses débuts en Formule 1. Il remplace en effet Jaime Alguersuari lors de la première séance d'essais du vendredi matin .
Nico Hülkenberg, qui a disputé dix-neuf Grands Prix, inscrit vingt-deux points et signé une pole position en 2010 n'a pas été reconduit par Williams F1 Team à l'issue de la saison 2010. Il poursuit toutefois sa carrière en tant que pilote-essayeur chez Force India et, à ce titre, participe à la première séance d'essais du vendredi matin où il remplace Paul di Resta.
Vitantonio Liuzzi, dont le contrat a été rompu par Force India à l'issue de la saison 2010, rejoint Hispania Racing F1 Team. Il remplace Bruno Senna, non reconduit à l'issue de la saison 2010, et dispute en Australie son premier Grand Prix pour le compte de l'écurie espagnole.
Narain Karthikeyan fait son retour en tant que pilote-titulaire chez Hispania Racing F1 Team après six saisons d'absence en Formule 1. Le Grand Prix d'Australie est son vingt-troisième engagement en Formule 1 depuis le début de sa carrière, sa dernière course disputée datant d', à l'occasion du Grand Prix de Chine où il courait pour Jordan Grand Prix.
Robert Kubica, pilote-titulaire sous contrat avec Renault, ne prend pas le départ de l'épreuve. En effet, le pilote polonais a été victime d'un grave accident au rallye Ronde di Andora près de Gênes en Italie le . Éric Boullier, le directeur de Lotus Renault GP, confirme l'indisponibilité du pilote pour au minimum les deux premiers mois de la saison. Nick Heidfeld, sans volant après cinq courses pour BMW Sauber F1 Team en 2010, est choisi par Renault pour remplacer Robert Kubica.
Écuries thumb|left|alt=Photo de la nouvelle livrée des Renault à la suite du partenariat avec Lotus|La nouvelle livrée des Renault à la suite du partenariat avec Lotus Cars.
Durant l'intersaison, des changements importants ont eu lieu au niveau des écuries inscrites en championnat du monde. Ainsi, au Grand Prix d'Australie, Renault F1 Team est engagé sous la dénomination le nom de Lotus Renault GP à la suite d'une alliance économique entre Genii Capital et Group Lotus plc, Renault ayant vendu ses parts restantes dans l'écurie à Genii Capital. Le , à l'occasion du salon de Birmingham où Lotus Renault GP présente ses nouvelles couleurs, Éric Boullier, le directeur de l'écurie, annonce que l'équipe passe d'une licence française à une licence anglaise.
Peter Sauber a reçu le l'autorisation de la FIA de rebaptiser son écurie Sauber F1 Team.
Le constructeur automobile russe Marussia Motors prend une participation d'environ 40 % du capital de Virgin Racing. L'écurie est engagée en championnat du monde sous licence russe et sous la dénomination Marussia Virgin Racing .
Enfin, l'écurie connue en 2010 sous le nom Lotus Racing est désormais, à partir du Grand Prix d'Australie 2011, engagée en championnat du monde sous le nom Team Lotus.
Innovations techniques thumb|alt=Photographie du système de récupération de l'énergie cinétique d'une monoplace de Formule 1|Détail d'un SREC de Formule 1.
Le système de récupération de l'énergie cinétique (SREC), apparu en 2009 et abandonné par l'ensemble des écuries en 2010, est réintroduit en 2011, mais n'est pas obligatoire. Toutefois, le poids minimum des monoplaces a été relevé de et passe à , de manière à ne plus pénaliser les constructeurs ayant choisi d'utiliser le SREC . À l'occasion du Grand Prix d'Australie, seules les écuries les plus modestes (HRT, Team Lotus et Marussia Virgin Racing) ne disposent pas de ce système. Red Bull Racing, qui utilise un système d'origine Renault développé néanmoins en interne, avouera à l'issue de la course n'avoir pas activé le système à l'occasion du Grand Prix d'Australie.