Paracynictis selousi, la Mangouste de Selous, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Herpestidés. Proche parente du Cynicte pénicillé, elle est la seule représentante du genre monospécifique Paracynictis.

Décrite pour la première fois en 1896 par le zoologiste William Eagle de Winton à partir d'un crâne originaire du Zimbabwe, l'espèce se caractérise morphologiquement par une constitution svelte, un pelage grisâtre nuancé de fauve, une queue en grande partie blanche à son extrémité et quatre doigts sur chaque patte.

Endémique de l'Afrique australe, son aire de répartition s'étend de l'Angola et de la Zambie jusqu'au Malawi et au nord-est de l'Afrique du Sud. Habitant principalement les prairies de savane et les zones boisées claires, la Mangouste de Selous mène généralement une vie solitaire et principalement nocturne, s'abritant dans des terriers qu'elle creuse elle-même. Son régime alimentaire est éminemment insectivore et carnivore opportuniste, ciblant une grande variété d'invertébrés souterrains et de petits vertébrés.

Bien qu'elle soit considérée comme peu commune à travers son aire de répartition et que ses populations soient parfois exposées localement à des pressions exercées par des animaux domestiques, l'espèce est évaluée comme étant de préoccupation mineure (LC) par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en raison de sa large distribution et de l'absence de menaces majeures pesant sur son habitat. Dénominations Nom scientifique valide : Paracynictis selousi (de Winton, 1896) selon ; Nom normalisé anglais : Selous's mongoose ; Nom vulgaire typique en français : Mangouste de Selous ; Nom vernaculaire : Cynicte, Cynictis, Mangouste ; Noms vernaculaires locaux : en Afrikaans : Klein witstertmuishond ; en Zoulou : Nsengane ; en Tswana : Kgano.

Taxonomie vignette|gauche|Illustration de Cynictis selousi par Joseph Smith dans Proceedings of the Zoological Society of London, 1901. L'espèce a été décrite pour la première fois en 1896 par le zoologiste britannique William Eagle de Winton sous le nom de Cynictis selousi. La description initiale se fonde sur un crâne provenant d'une collection de mammifères présentée au British Museum par Frederick Courteney Selous, récolté le 18 octobre 1895 sur sa propriété d'Essex Vale, près de Bulawayo au Matabeleland (en Afrique du Sud britannique). La peau du spécimen n'avait malheureusement pas pu être récupérée, le crâne lui-même provenant d'un animal probablement capturé et consommé par un aigle, découvert sur un monticule herbeux sous un arbre.

De Winton choisit de dédier le nom spécifique de l'animal à son collectionneur, F. C. Selous. Dans sa diagnose, l'auteur compare le spécimen avec le genre Cynictis, notant que le crâne de la nouvelle espèce est plus étroit et de forme plus régulièrement ovale que celui du Cynicte pénicillé, avec un zygoma beaucoup moins dilaté par rapport à la face et à la boîte crânienne.

Le genre Paracynictis a été érigé en 1916 par le zoologiste britannique Reginald Innes Pocock, qui a jugé nécessaire de détacher l'espèce Cynictis selousi (décrite initialement par William Eagle de Winton) de son genre d'origine en raison de la suppression complète du premier chiffre de la patte antérieure, ramenant la formule digitale à quatre doigts à chaques pattes. L'etymologie du nom de genre vient du grec ancien para (proche de) et du genre Cynictis. Des études moléculaires suggèrent que Paracynictis selousi forme un groupe frère avec le Cynicte pénicillé.

Sous-espèces

L'espèce Paracynictis selousi comprend plusieurs sous-espèces, dont les descriptions initiales des formes géographiques ont été établies par le zoologiste Austin Roberts.

La première d'entre elles, Paracynictis selousi ngamiensis Roberts, 1931, a été décrite à partir d'un spécimen type (un adulte référencé T.M. No. 6528) collecté à 49 km au nord-ouest de Maun, dans le Ngamiland, au nord du Bechuanaland, sous le nom de Paracynictis ngamiensis, lors de l'expédition Vernay-Lang du Kalahari. Dans sa diagnose initiale, Roberts indique que cette forme est beaucoup plus grisâtre que Paracynictis selousi, avec des poils du dessus présentant une base gris ardoise, une large bande pâle chamoisée et une bande noire, des poils longs situés devant les oreilles blancs au lieu d'être à pointe chamoisée, et une queue en grande partie d'un blanc pur.

La sous-espèce Paracynictis selousi bechuanae Roberts, 1931 a été décrite à partir d'un spécimen type (un jeune adulte non sexé référencé No. 1627 au Albany Museum) provenant de la b Siding de Tsessebe, dans le district de Tati, dans l'est du Bechuanaland. Roberts indique qu'elle est très proche de la forme nominale mais beaucoup plus claire et probablement un peu plus petite, se distinguant par une tête et des parties supérieures globalement plus pâles, des côtés du cou et de la face plus blancs, ainsi qu'un tiers terminal de la queue blanc non annelé.

Enfin, Paracynictis selousi sengaani Roberts, 1932 a été décrite à partir d'un spécimen type (un mâle adulte référencé T.M. No. 6081) récolté le 6 novembre 1929 à Maputa, dans le nord-est du Zoulouland au Natal. Dans sa diagnose initiale, Roberts indique qu'elle est semblable à Paracynictis selousi, mais qu'elle en diffère nettement par une queue moins touffue et plus blanche ainsi que par ses proportions générales, avec sur le plan crânien un processus ascendant du malaire fusionnant pour former un cercle complet et des ptérygoïds s'inversant de manière droite et parallèle. Sous-espèces actuelles +Liste des sous-espèces de Paracynictis selousi selon : Sous-espèce, nom et auteur Description et répartitionSynonymes Paracynictis selousi selousi(de Winton, 1896) Forme nominale. Cynictis selousi de Winton, 1896 Paracynictis selousi ngamiensisRoberts, 1932 Pelage globalement plus grisâtre que la forme nominale, base des poils gris ardoise suivie d'une large bande pâle chamoisée et d'une bande noire, poils longs devant les oreilles blancs et queue en grande partie d'un blanc pur. Décrite du nord du Bechuanaland (Ngamiland). Paracynictis selousi bechuanaeRoberts, 1932 Forme plus claire et probablement un peu plus petite que la nominale, tête et parties supérieures plus pâles avec moins de poils à pointe noire, côtés du cou et face plus blancs, et tiers terminal de la queue blanc non annelé. Décrite de l'est du Bechuanaland. Paracynictis selousi sengaaniRoberts, 1931 Semblable à la forme nominale mais avec une queue moins touffue et plus blanche, des proportions générales distinctes, un processus ascendant du malaire fusionnant pour former un cercle complet et des ptérygoïds s'inversent de manière droite et parallèle. Décrite du nord-est du Zoulouland. Paracynictis sengaani A. Roberts, 1931

Phylogénie Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004), Barycka (2005) et Patou et al. (2009) :

Description

La Mangouste de Selous est un petit herpestidé au corps élancé et de constitution svelte. Elle présente une longueur tête et corps de 39 à 47 cm (pour une longueur totale cumulée de 63 à 90 cm) et une longueur de queue de 28 à 43,5 cm, cette dernière représentant environ 40 % de la longueur totale du corps. La longueur de la patte arrière est de 10,3 à 12,4 cm et celle de l'oreille de 3,9 à 5 cm. Sa masse corporelle varie généralement de 1,4 à 2,2 kg.

Le pelage varie du gris pâle moucheté ou gris clair au gris fauve sur les parties supérieures, tandis que les parties inférieures affichent une teinte grise à brun-gris, plus pâle. Le dos présente des poils gris munis d'anneaux blancs sur les poils de jarre. Le sous-poil est épais, sombre à sa base et de couleur fauve à gris fauve à son extrémité. Les poils de jarre, souples, mesurent environ 15 mm sur la tête et s'allongent jusqu'à 40 mm au niveau de la croupe. Sur la queue, ils mesurent 50 mm à la base et s'allongent progressivement jusqu'à atteindre environ 10 cm vers l'extrémité. L'extrémité de la queue est blanche, ce qui permet de l'identifier et de la distinguer de l’Ichneumie à queue blanche (dont la queue est blanche sur les trois quarts et qui s'avère plus grande et plus robuste). Les parties supérieures des membres sont de couleur noire ou brun foncé.

La tête est caractérisée par un museau pointu pourvu d'un petit rhinarium, ainsi que par de grandes oreilles partiellement couvertes de longs poils. Chaque patte possède quatre doigts, un trait distinctif du genre Paracynictis. Les griffes des pattes antérieures sont légèrement incurvées, mesurent environ 8 à 10 mm de long et sont adaptées au fouissage, tandis que celles des pattes postérieures sont droites. Les plantes des pattes sont entièrement poilues. Concernant le dimorphisme sexuel et l'anatomie interne, la femelle possède trois paires de mamelles sur le ventre (bien qu'un spécimen ait été observé avec seulement deux paires), tandis que le mâle n'en a pas.

Sur le plan ostéologique, le crâne est allongé avec une boîte crânienne de forme ovale. La largeur de l'arcade zygomatique équivaut à la moitié de la longueur totale du crâne. Les canines supérieures sont courtes, arrondies et légèrement incurvées, et les premières prémolaires sont petites et ne sont pas toujours présentes.

Écologie et comportement

Répartition et habitat L'aire de répartition de la Mangouste de Selous s'étend de l'Angola à l'ouest jusqu'au Malawi à l'est, avec sa limite méridionale la plus au sud située dans le nord-est du KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud. Des études indiquent qu'elle est également présente dans le complexe de zones protégées du Bas-Zambèze en Zambie, ainsi que dans le district de Vhembe, province du Limpopo en Afrique du Sud, où elle a été détectée à plusieurs reprises par piégeage photographique. Bien qu'elle n'ait pas été officiellement enregistrée en Eswatini, sa présence y est jugée possible.

L'espèce fréquente principalement les prairies de savane et les zones boisées claires, les broussailles, notamment les buissons d'acacias sur sols sablonneux, ainsi que les habitats ouverts, terres cultivées ou zones défrichées, les plaines inondables et les prairies à herbes courtes dotées d'un couvert végétal clairsemé. Elle est totalement absente des forêts denses et des régions arides. Globalement indépendante de l'accès direct à l'eau de surface, elle prospère dans des régions où les précipitations annuelles moyennes varient de 400 à 1 000 mm.

Comportement et structure sociale La Mangouste de Selous est un animal principalement nocturne, bien qu'elle puisse occasionnellement être aperçue en surface pendant la journée. Généralement solitaire, elle est parfois observée en couples, ou en femelles accompagnées de leurs jeunes.

Excellente constructeur, elle creuse ses propres terriers complexes dans des sols sablonneux, munis d'un ou deux accès souvent dissimulés sous de bas arbustes (parfois en terrain ouvert). Dans la province du KwaZulu-Natal, des galeries et chambres de terriers ont été relevées jusqu'à 1,5 mètre de profondeur. Sous l'effet du stress ou par opportunnisme, elle peut investir les abris d'autres animaux, comme le Springhaas du Cap (Pedetes capensis) ou l'Oryctérope (Orycteropus afer) et d'autres terriers disponibles. En situation de danger imminent, elle se dresse sur ses pattes arrière, maintient la tête haute et peut émettre de fortes sécrétions odorantes malodorantes issues de ses glandes anales, sa queue à pointe blanche jouant potentiellement un rôle de signal d'avertissement visuel.

Alimentation