Le visna-maëdi, parfois appelé maëdi-visna (MV) est une maladie contagieuse touchant principalement les ovins et causée par le virus visna-maëdi, un rétrovirus de la famille des lentivirus. La forme maëdi correspond à une pneumonie progressive, la forme visna à une forme nerveuse. L'affection peut également se traduire par l'apparition de mammites ou d'arthrite. La maladie évolue en quelques mois vers la mort.

Étiologie Le virus du visna-maëdi est un virus à ARN à enveloppe, classé dans le genre Lentivirus de la famille des Retroviridae. Sa résistance dans le milieu extérieur est faible. Très proche du virus CAEV, il compose avec lui le groupe des « lentivirus des petits ruminants ». Comme tous les rétrovirus, il intègre, sous forme d’ADN proviral, le génome cellulaire des cellules infectéesAvec un tropisme particulier pour les cellules monocytaires du sang, de la moelle osseuse et des tissus lymphoïdes, provoquant une inflammation chronique dans les organes cibles : poumon, centres nerveux, mamelle, articulations.. L’infection est asymptomatique chez de nombreux sujets et la réaction immunitaire tardiveEnviron 8 semaines après infection..

Histoire Deux maladies touchent les cheptels ovins et caprins islandais dans les années 1940 et 1950. Elles se déclarent chez des animaux importés d'Allemagne dans les années 1930, et le virus commun à l'origine de ces syndromes est identifié dans les années 1950, et le virus est éliminé d'Islande en 1965. Le virus Maedi-Visna est retrouvé en Grande-Bretagne dans les années 1970.

Épidémiologie

À l’exception de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, la maladie touche tous les pays du monde et peut occasionner des pertes importantesCarrière reproductive écourtée pour les brebis, retard dec roissance chez les agneaux, pertes de lait, mesures sanitaires, blocages commerciaux.. L'espèce ovine est la principale victime de la maladie, mais son agent causal, très proche du virus de l’arthrite encéphalite caprine à virus (CAEV), peut également infecter les caprins. Le visna-maëdi n’est pas transmissible à l'être humain. Il est classé comme danger sanitaire de et fait partie des maladies animales à notifier à l'Organisation mondiale de la santé animale.

L'Islande est parvenu à éliminer ce virus.

Infection, symptômes et lésions Tout ovin infecté peut contaminer le troupeauLe sang, les sécrétions respiratoires, le lait, le colostrum, les fèces sont des vecteurs d'infection.. Les jeunes sont contaminés par le colostrum et le lait maternel, mais la contamination par aérosols est également possible.

La maladie apparaît dans un troupeau après introduction d’un animal infecté et s'y installe sous forme enzootique par l’infection latente des brebis et la transmission aux agneaux. Évoluant lentement et discrètement, l’infection peut finir par toucher 80 % des adultes, avec une expression clinique sur 10 à 20 % des sujets. Après infection, la plupart des sujets atteints restent asymptomatiques et l'incubation peut durer 2 à 3 ans. La forme respiratoire (forme maëdi), ou pneumonie progressive, est la plus couramment rencontrée en France. La forme nerveuse (forme visna) est rare. On décrit aussi des formes mammaires et articulaires.

Forme respiratoire - Il s'agit de la forme la plus fréquente en France. Après l'infection, la maladie (maëdi) se développe progressivement, sans hyperthermie ni perte d'appétit, en commençant par un essoufflement à l'effort« Brebis souffleuse »., évoluant vers une dyspnée accompagnée d'une toux sèche. L'animal maigrit, puis finit par succomber à l'anoxie en 6 mois à un an. Des complications bactériennes peuvent hâter le décours mortel de la maladie. À l'autopsie, on découvre des poumons hypertrophiés, caoutchouteux, 2 à 3 fois plus lourds que la normaleLésions caractéristiques d'une pneumopathie interstitielle chronique, avec nœuds lymphatiques médiastinaux hypertrophiés et hyperplasiques.. Forme nerveuse - Cette forme rare (visna) associe dépérissement progressif et tremblements, ataxie et parésie postérieure, avec un décours fatal en quelques mois. L'analyse anatomo-pathologique révèle des lésions de méningo-leuco-encéphalite démyélinisante avec infiltration lymphocytaire. Forme mammaire - Il s'agit d'une mammite chronique caractérisée par une induration« Hard udder » (mamelle dure) des anglo-saxons.. Les ganglions lymphatiques sont hypertrophiés, le taux cellulaire du lait est augmentéLymphocytes et macrophages.. La production laitière chute, entraînant des retards de croissance chez les agneaux des brebis touchées. Forme articulaire - Il s'agit d'une forme rare, évoluant comme une arthrite chronique, le plus souvent localisée aux carpes et se traduisant par des boiteries.

Diagnostic Les formes pulmonaires sont assez caractéristiques, mais elles peuvent prêter à confusion avec la lymphadénite caséeuse, l'adénomatose (adénocarcinome) pulmonaire ou le simple parasitisme pulmonaire. La forme nerveuse peut être confondue avec la tremblante. Le recours au laboratoire est donc nécessaire pour établir un diagnostic de certitudeHistologie, sérologie ou PCR. L'isolement viral n’est pas utilisable en pratique..

Prévention et traitement Il n’existe ni vaccin, ni traitement contre le visna-maëdi et la maladie est mortelle dans 100 % des cas.

L'éleveur dont le cheptel est indemne ne peut compter que sur des mesures drastiques de prévention sanitaire pour éviter l'introduction de la maladie dans son exploitation (quarantaine, surveillance sérologique périodique du cheptel).

Si le cheptel est infecté, l'éleveur peut avoir recours à deux méthodes, selon le pourcentage de sujets atteintsSi plus de 15 % des sujets sont infectés, seul l’abattage du cheptel, avec traitement des locaux, peut venir à bout de la maladie. : la première consiste à dépister les malades et à séparer les agneaux de leur mère à la naissance pour les placer dans un troupeau sain et séparé, tout en éliminant progressivement les animaux infectés ; la seconde consiste à dépister et à éliminer les sujets infectés et leur descendance de l’année. En renouvelant l'opération tous les 6 à 12 mois, il est possible d'assainir le troupeau.

Impact économique

Notes

Références Carole Peroz, Jean-Pierre Ganière. Dangers sanitaires de 1 et chez les ruminants. Polycopié des écoles vétérinaires françaises. Mérial, Lyon, 2015, p.118. (en) OIE Terrestrial Manual 2008, chapitre 2.7 3/4. Caprine arthritis-encephalitis & maëdi-visna, p.983.

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