Creirwy, parfois appelée Creirfyw, est un personnage de la mythologie galloise.

Étymologie

Selon Ifor Williams, le nom « Creirwy » viendrait des mots crair, "trésor", "chose aimée" et byw, "vivant"Ifor Williams, Chwedl Taliesin (Caerdydd, 1957).

Mais le deuxième composé de son nom pourrait venir de wy, œuf. Pour les anciens druides, l’œuf cosmique est une allégorie du chaos, le commencement de toutes choses.

Littérature

Creirwy est un personnage du Mabinogion et de l’Hanes Taliesin (le conte de Taliesin), où elle est appelée tecaf forwyn o’r byd, la plus belle vierge du monde.

Elle est la fille de la magicienne Ceridwenn et de Tegid Voel (Tegid le Chauve). Née à Penllyn dans le Powys, au Pays de Galles, Creirwy (aussi appelée Llywy) a un frère, Morvran, le plus laid des garçons, ce qui lui vaut d’être surnommé Afangddu ou Avangddu (monstre noir). Elle a aussi un frère de lait (source à préciser), Gwion Bach, qui deviendra le barde TaliesinRachel Bromwich (gol.), Trioedd Ynys Prydein (Caerdydd, arg. newydd, 1991). Elle n’apparait pas dans les histoires d’Afangddu et de Taliesin.

Les Triades galloises parlent d’elles comme de l’une des trois plus belles vierges de l’Île de Bretagne :

Elle est mentionnée dans les Beirdd yr Uchelwyr, ainsi que Madog Benfras et Tudur Aled.

Une autre légende, dans laquelle on trouve le héros Garwy Hir (Garwy le Long) ainsi que Hywel fils d'Einion et Myfanwy de Castell Dinar Brân (la forteresse de Brân), parle d'elle.

Une déesse celtique

Le chercheur Edward Davies a comparé Creirwy à la Proserpine des druides bretons, et sa mère Ceridwenn à CérèsThe Mythology and Rites of the British Druids, page 205.

Le mythographe Jacob Bryant a avancé une théorie selon laquelle Creirwy et Ceridwenn seraient le même personnage.

Sainte Creirwy

Creirwy ( ; ) est aussi le nom d’une sainte bretonne du Pays de Galles qui vécut au . Elle était la fille de Sainte Gwenn Treirbron (aux trois seins) et la sœur du grand Saint Guénolé de Landévennec. D’après des hagiographies du saint, Sainte Creirwy aurait eu un œil, ou les deux, arrachés par une oie dans son enfance. Guénolé fit ouvrir le ventre de l’oie, récupéra l’œil/les yeux de sa sœur et le/les lui remit dans son/ses orbite(s). Creirwy recouvra alors miraculeusement la vue"Sainte Chreirbia". Sainte Creirwy est donc patronne des aveugles. L’histoire a été immortalisée par une statue du , à Keravézan Saint-Frégant ; appelée la fontaine de Saint Guénolé, elle représente Guénolé tenant l’oie et l’œil, avec la petite Creirwy à ses piedsFontaine de Saint-GuénoléUne photo de la statue de Guénolé et de Creirwy sur Wikipedia en breton.

Toutefois, Sabine Baring-Gould et Fisher expliquent autrement la légende. « Creirwy » aurait souvent dit qu’elle devait la vue à Guénolé, mais en référence à un évènement beaucoup plus rationnel : dans son enfance, Guénolé l’aurait protégée d’une oie qui aurait failli lui arraché les yeuxAnna du blog Early Western Saints. "St Winwaloe". Consulté le juin 2012..

Références

Bibliographie

Rachel Bromwich (gol.), Trioedd Ynys Prydein (Caerdydd, arg. newydd, 1991) Ifor Williams, Chwedl Taliesin (Caerdydd, 1957) Elis Gruffydd, Hanes Taliesin Bernhard Maier: Dictionary of Celtic religion and culture. Boydell & Brewer, 1997, . Abbé Gurdisten, Vie de Saint Guénolé

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