Portbail ou Port-BailPortbail est l'orthographe retenue par l'Insee. Le site internet communal écrit Port-Bail. est une ancienne commune française de la Côte des Isles du département de la Manche et de la région Normandie, peuplée de habitants, commune déléguée au sein de Port-Bail-sur-Mer depuis le .

Géographie Localisation

Paysages

Couvrant , le territoire de Portbail est le plus étendu du canton de Barneville-Carteret.

Milieux naturels et biodiversité Le havre de Portbail de est l'un des huit estuaires de la côte Ouest formé par l'embouchure de la Grise ou l'Olonde, classé Natura 2000.

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Portus Ballii vers 746-753, Port Bahil en 1026-1027 et Portbail en 1185.. Portbail est l'une des rares communes de la presqu'île du Cotentin qui ait conservé un nom de lieux gallo-romains.. Au début du , vers 1900 la graphie en usage du nom de la commune était Port-Bail..

Le toponyme serait issu du latin portus, « port » (portus balliolum), et d'un anthroponyme germanique tel que Behhilt. ou Ballo, à moins que le deuxième élément ne soit, comme le suggère René Lepelley, l'ancien français bail, « cour, enclos » (du bas latin ballium)..

Histoire Protohistoire Comme Urville, Portbail et son havre situé face aux îles a dû être un ancien port d'échanges de la presqu'île. Jean Barros invoque son existence dès l'âge du bronze, situé sur la route maritime et terrestre de l’étain de Grande-Bretagne..

Antiquité vignette|alt=Plan de Portail au 21ème siècle par rapport à la Portail romaine. Différents édifices romains apparaissent : les faibles densités sont en gris clair et les fortes densités en gris foncé|Reconstitution de la Portbail romaine par Laurent Paez-Rezende et Laurence Jeanne en 2017. À l'époque gallo-romaine, pendant la Pax Romana et sous le règne d'Auguste, une agglomération romaine secondaire voit le jour. Les fouilles, au lieu-dit Le Génestel sur le plateau Saint-Marc, par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), entre 2012 et 2017, ont permit de mettre en évidence une agglomération constituée d'une ville haute à caractère résidentiel sur le plateau, et d'une ville basse tournée sur une activité portuaire autour du havre... Cinq voies romaines arrivaient et partaient de Port-Bail., dont une qui longe la côte ouest de la presqu'île, ce qui laisse penser que le port était une escale de la route maritime de l'étain, qui reliait ainsi les Cornouailles au bassin méditerranéen. Charles de Gerville précise que l'agglomération antique était alimentée en eau par un aqueduc. En 1968, sous la nef de l'église Notre-Dame, lors de fouilles dirigées par David Abadie, ont été mis au jour des vestiges de thermes (hypocauste) d'une villa du de notre ère. Outre le baptistère, daté du , il a été mis au jour à proximité de ce dernier les restes d'un petit temple gallo-romain ()., ainsi que l'existence d'une villa gallo-romaine et de son . En 1845, l'abbé Louis signalait la découverte d'un « grand fragment de mosaïque ». Certains quartiers de Portbail disparurent au cours du à la suite des crises politiques, conjuguées depuis la fin du à de récurrentes épidémies de peste qui affaiblissent l'armée et les populations, mettant à mal l'économie et l'administration.

Sur le plateau Saint-Marc, dans une pièce de terre nommée « La Maugrève », à droite du chemin menant à l'ancien presbytère de Gouey, il aurait été découvert avant la Révolution, des médailles ainsi que des placages de marbres, et en 1802, en relevant le rez-de-chaussée de ce presbytère, il fut découvert une vingtaine de médailles en grand et moyen bronze. Robert Asselin (1871-1942), historien de Portbail, relate la découverte en , d'une cinquantaine de coins en bronze datant de l'époque gallo-romaine, à la suite de la construction du chemin vicinal dit de la Valette. Ceux-ci étaient enfouis sous le fossé d'un champ bordant la route de Barneville à Portbail, à environ de profondeur..

Moyen Âge La première mention de Portbail, dans l'état des connaissances, est dans un passage de la chronique de l'abbaye de Fontenelle rédigée vers 830-840 et qui narre que vers 747-750, le jour de marché, s'est échoué sur la plage un curieux esquif, une tour reliquaire, qui renfermait une mâchoire de saint Georges, et plusieurs autres reliques de saints, du bois de la Vraie Croix et un livre des évangiles.. Au , Portbail, avec son baptistère, son abbatia et son emporium (port de commerce), est une importante cité portuaire jusqu'aux premiers raids scandinaves. L'archéologue Gilles Laisné a découvert dans le havre de Portbail une pêcherie médiévale de la fin du , 978 d'après les dernières datations.

En 1026, donne à son épouse, Adèle de France (Dotalitium Adelae), fille du roi des Francs , en douaire un domaine (territoire d'abbaye) nommé Port Bahil situé sur les flots de la Gerfleur avec un port : « Abbatiam necnon quae appelatur Portbail quae est sita super aquam Jorfluctum, cum portu (et encore l'abbaye que l'on appelle Portbail, qui est située sur la rivière Jerfleur, avec son port ».. Avant la fin du l'église Notre-Dame est donnée à l'abbaye bénédictine de Lessay et devint un prieuré qui sera déserté dans la seconde moitié du . Si l'on se réfère au Livre Noir de l'évêché de Coutances, l'abbé de Lessay était le patron de Portail où était : . En 1083, Anquetil de Claids, pour ce qu'il possède à Portbail, est vassal de Robert d'Aubigny.

Wace, dans le Roman de Rou écrit vers 1170, fait allusion à une abbaye détruite par les Normands.

Au , la paroisse relevait de l'honneur de La Haye..

Au , le port, correspondant à un ancien emporium carolingien et cité au début du en tant que portus ducal, était contrôlé par les seigneurs de Barneville. À la fin du Moyen Âge, Robert du Saucey, déclare y tenir des droits de coutume sur les navires entrant dans le havre, et jouit d'un « droit de prisée des vins », ce qui lui permet de .

Légende Une légende désigne la ville de Port-Bail, comme le cadre de l'arrivée miraculeuse par voie de mer, des reliques de saint Georges en terre de France.

Temps modernes Dans la première moitié du , la paroisse a pour seigneur et patron Pancrace Hellouin (1683-1755), écuyer, sieur d'Ancteville, également seigneur et patron de Barneville et Saint-Martin-du-Mesnil, conseiller du roi, bailli de longue robe et lieutenant général civil et criminel au bailliage de Saint-Sauveur-Lendelin..

En 1768, il y avait vingt-neuf salines dans le havre de Portbail, dont vingt-quatre sur la paroisse de Portbail.. vignette|Le monument aux morts.

Époque contemporaine En 1818, Portbail ( en 1806) absorbe Gouey ()..

C'est à Portbail, en 1865, qu'Eugène Bretel crée l'entreprise Bretel, avant le transfert de celle-ci à Valognes..

La Compagnie des chemins de fer de l'Ouest met en service la gare de Port-Bail le Site gallica.bnf.fr, « Rapport de l'Ingénieur en Chef, situation au : section - de la Haye-du-Puits à Carteret », dans Rapports et délibérations : Manche, Conseil général, ordinaire de 1890, intégral (consulté le )., lors de l'ouverture à l'exploitation de la deuxième section, de La Haye-du-Puits à Carteret de sa ligne de Carentan à Carteret.

Les et , la commune est massivement bombardée par les Alliés. Le , elle s'est vu attribuer, par le secrétaire d'État aux Forces Armées, Marc Lejeune, la croix de guerre avec étoile de bronze avec la citation : ..

Portbail fusionne avec Denneville et Saint-Lô-d'Ourville le pour créer la commune nouvelle de Port-Bail-sur-Mer par arrêté préfectoral du .. Les trois communes deviennent des communes déléguées.

Politique et administration Liste des maires

Le conseil municipal était composé de dix-neuf membres dont le maire et trois adjoints..

Jumelages . vignette|La mairie.

Population et société Les habitants de la commune sont appelés les Portbaillais et Portbaillaises.

Démographie

Manifestations culturelles et festivités Portbail a vu en 2004 l'organisation de la première Gainsbarre, une course cycliste Élite nommée en souvenir de Serge Gainsbourg. Grand raid VTT (52, ) et course pédestre (). Festival de l'enfant. Fête de la musique. La fête de la plage se déroule tous les , elle a remplacé depuis 2011 la fête du port qui commençait à s’essouffler. Foire aux livres et cartes postales tous les quatrièmes samedis du mois dans l'église Notre-Dame d'octobre à février et en extérieur sur le quai Aubert de mars à septembre. Rando goûter découverte de patrimoine accessible aux familles pendant les vacances scolaires.

Économie

Culture locale et patrimoine Portbail est commune touristique depuis ..

Lieux et monuments Patrimoine religieux vignette|L'église Notre-Dame. vignette|L'église Saint-Martin de Gouey. vignette|La chapelle Saint-Siméon-le-Stylite. vignette|Le pont aux treize arches et l'église Notre-Dame. Église Notre-Dame des , classée en 1968 au titre des monuments historiques. Elle se distingue par son clocher fortifié couronné de créneaux et de faux mâchicoulis, vestige de la guerre de Cent Ans. L'édifice religieux occuperait l'emplacement d'un ensemble monastique du , qui dépendait de l'abbaye de Saint-Wandrille. Lieu d'expositions et de concert d'avril à octobre, visites guidées. Elle abrite deux statues du , saint Jacques et Vierge à l'Enfant, classées au titre objet, et ., ainsi qu'une verrière de Sylvie Gaudin du et de Champigneulle du . Au , Anquetil de Claids et son fils, Robert, donnèrent l'église Notre-Dame à l'abbaye de Lessay. Église Saint-Martin de Gouey des , , , . C'est depuis 1909 l'actuelle église paroissiale. Elle a été restaurée dans les années 1950 après de sérieux dégâts en 1944. Elle présente des éléments romans, notamment les modillons de la corniche, et gothiques.. Elle abrite sous le porche une Vierge du , initialement à l'Enfant classée au titre objet aux monuments historiques., ainsi qu'une charité de saint Martin du . Baptistère paléo-chrétien découvert en 1956, dont les vestiges ont l’originalité d’être hexagonaux. Il fut construit au , au début de la christianisation du Cotentin. C’est l'un des seuls exemplaires de baptistère retrouvé au nord de la Loire et le seul hexagonal en France. Il est classé au titre des monuments historiques.. Le baptême par immersion y était pratiqué. Il fut transformé au en chapelle funéraire (avec cimetière autour) qui a été détruite en 1697. Des ossements et d'autres vestiges y ont été trouvés.. Chapelle Saint-Siméon-le-Stylite des , .. Propriété de la commune de Portbail depuis 1931, elle abrite une pietà du et une cloche datée de 1667. classées au titre objet aux monuments historiques, et ..

Patrimoine civil Manoir du Dick du , inscrit au titre des monuments historiques pour sa cheminée Renaissance.. Manoir de la Comté du . Son porche sud qui subsiste est surmonté des armes de la famille Pigache : d'argent à trois cornets de gueules.. Le manoir est la possession de la famille Briroy jusqu'en 1684, date à laquelle il passe à la famille Pigache de Lamberville qui en avait encore la possession au comme le confirme l'aveu rendu au roi, , qui nous dit qu'il est alors la possession de Jean-Jacques Pigache, écuyer, sieur de Lamberville et seigneur de la Comté et de Grye. La famille Pigache est une vieille famille féodale, originaire de la plaine de Caen, connue depuis le et qui s'est maintenue jusqu'en 1967. C'était un quart de fief de haubert tenu du roi et dont le plus ancien possesseur connu était Jacques Le Couvin d'après un aveu rendu au roi le . L'aveu de 1684 nous fournit une description du manoir à cette époque . Aujourd'hui, l'ancien manoir est partagé en trois propriétés séparées par des murs passant au milieu de l'ancienne cour. Son nom rappelle que son fief dépendait à l'origine du comté de Mortain et relèvera directement du roi, après un partage en 1235 de ce comté entre le roi de France et Mathilde de Boulogne.