La Société du Midi de l'Escarpelle est une compagnie minière qui a recherché la houille à Courcelles-lès-Lens dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Elle est fondée en 1857, dès lors, elle effectue plusieurs sondages au sud de la concession de l'Escarpelle et à l'ouest de celle d'Aniche. Une fosse dite 1 est commencée en début d'année 1861 et inaugurée le lors de grandes festivités.

Mais dès le milieu de l'année 1861, Abel Lebreton et le conseil d'administration sont divisés, un procès s'ensuit. Un jugement du tribunal de Douai du , confirmé par un arrêt de la Cour d'appel du suivant, met fin à ces débats par le maintien de la révocation du sieur Lebreton. Par acte sous seing privé du , Abel Lebreton fonde une nouvelle société, sous le nom de Compagnie du Couchant de la concession d'Aniche. Elle sonde concurremment les terrains demandés par la Société du Midi de l'Escarpelle. La demande de concession de cette dernière est refusée le . Ses ressources étant épuisées, la dissolution de la société est prononcée par jugement du tribunal de Béthune du . Le liquidateur vend sans adjudication les biens de la société pour à Abel Lebreton, aucune offre supérieure n'ayant été proposée.

Société de recherches

Au commencement de l'année 1857, une Société à la tête de laquelle est M. Dellisse-Engrand, avait établi un sondage 282 à Courcelles-lès-Lens, à l'intersection de la route 43 de Béthune à Douai, avec le chemin qui conduit d'Esquerchin à Courcelles. Ce sondage rencontre au-dessous du tourtia, à , des schistes argileux noirs, auxquels succèdent, à , des grès quartzeux blanchâtres.

Le sieur Lebreton-Dulier, qui a exécuté ce sondage, comme entrepreneur, conteste le caractère négatif attribué à ce sondage, et prétend qu'on l'a arrêté avant d'avoir dépassé les morts-terrains. Il vient à la fin de 1858 s'établir à Courcelles-Lès-Lens, avec l'intention d'entreprendre de nouveaux sondages et d'en commencer l'installation.

Le , il crée une Société dite Société du Midi de l'Escarpelle, « dont le but (article 2 des Statuts) est la recherche et plus tard, s'il y a lieu, l'exploitation de la houille sur les territoires de Courcelles-lès-Lens, Flers... au midi de la Concession de l'Escarpelle, au levant de la Concession d'Hénin-Liétard, et au couchant de celle d'Aniche ».

L'acte de constitution renferme les clauses suivantes : M. Lebreton aura seul la direction des travaux. Le capital social est fixé à , divisé en de chacune, sur lesquelles trente actions libérées sont attribuées à M. Lebreton, comme fondateur de l'entreprise. Les actions sont nominatives. Il y aura un conseil d'administration formé de six membres, parmi lesquels figurera de droit M. Lebreton. Les cinq autres seront choisis parmi les actionnaires, en assemblée générale. M. Lebreton entreprendra deux sondages sur les points choisis, moyennant , soit par sondage, mais seulement jusqu'au tourtia, pourvu qu'il soit atteint avant .

Au-delà du tourtia, la Société continuera les travaux et payera à M. Lebreton dix francs par jour pour le loyer de l'outillage et la direction des travaux ainsi que l'entretien de matériel et le tubage, et tous les autres frais. En cas de réussite, M. Lebreton aura seul la direction des travaux, sera de droit dans la Commission et le conseil d'administration et fera, de concert avec deux délégués, les démarches pour l'obtention de la Concession.

Cette Société exécute deux sondages à Courcelles, 1 (266) à dix à quinze mètres de la limite de la Concession de l'Escarpelle et à de celle de Dourges. Il atteint le terrain houiller à et la houille à , le . Continué ensuite jusqu'à , ce sondage aurait, d'après le sieur Lebreton, traversé sept veines de houille grasse, mais d'après un rapport officiel des Ingénieurs des Mines, il résulterait qu'il n'aurait rencontré que deux veinules inexploitables. Le sondage 2 (267) est situé à de la concession de Dourges, et au sud du sondage 1. Il aurait, d'après le sieur Lebreton, rencontré le terrain houiller à et y aurait pénétré de . Mais les Ingénieurs des Mines ont toujours considéré ce sondage comme négatif.

Société d'exploitation

Le , la Société de recherches ayant épuisé son capital, se transforme en Compagnie d'exploitation du Midi de l'Escarpelle. Les statuts définitifs, arrêtés par délibération du Conseil général des actionnaires en date du , sont analysés ci-dessous.

La Société est civile. Son objet est l'exploitation de la houille découverte par les sondages 1 et 2 à Courcelles-lez-Lens ; la continuation des travaux est nécessaire pour l'obtention d'une ou plusieurs concessions. Elle prendra provisoirement la dénomination de Compagnie houillère du Midi de l'Escarpelle. La Société sera constituée dès que seront souscrites. Les fondateurs apportent à la Société les travaux de sondage, les droits d'invention et de priorité, les dépenses faites, les outils de sondage... Ils recevront, en compensation, libérées ; également libérées serviront à récompenser, par le conseil d'administration, les services rendus ou à rendre à la Société.

Le capital social est fixé à trois millions, divisé en de . Les payantes seront émises par séries par le Conseil. Elles seront nominatives. La Société est administrée par un Conseil de sept membres nommés par l'assemblée générale. Il a les pouvoirs les plus étendus. Il convoque l'assemblée générale toutes les fois qu'il le juge nécessaire. Le sieur Lebreton a la direction des travaux ; il est de droit membre du conseil d'administration. Une assemblée générale se réunira chaque année le d'octobre. Elle nomme trois actionnaires chargés de vérifier les comptes. Le de chaque année, les écritures seront arrêtées, l'inventaire dressé.

La Société d'exploitation pousse sans nouveau résultat jusqu'à le sondage 1 (266), et elle entreprend ensuite deux nouveaux sondages, 3 et 4. Le 3 (286), près de la porte de Béthune, vers Douai, est suspendu dans le calcaire à , et le 4 (268), à Courcelles-lez-Lens, rencontre à le terrain dévonien, qu'il suit jusqu'à , profondeur à laquelle il est abandonné sur les indices fournis par le sondage 1, une fosse dite 1 () est commencée. Son inauguration a eu lieu le , avec beaucoup de pompe. Son approfondissement est arrêté à de profondeur.

Voici les instructions que le sieur Abel Lebreton a donné à un chef-ouvrier pour l'organisation de la fête d'inauguration de la fosse de Courcelles :

thumb|Les coupes imaginaires curieuses du Sieur Lebreton. La lettre qui précède montre les moyens que met en œuvre le sieur Lebreton pour faire miroiter aux yeux du public et des actionnaires l'importance de ses découvertes. À cette époque, il s'occupe non seulement des recherches du Midi de l'Escarpelle, mais encore des recherches à l'extrémité du bassin, vers Fléchinelle. Pour rendre saisissables aux actionnaires qu'il recherche pour ses diverses Sociétés les espérances qu'il fonde sur ses explorations, il publie des coupes imaginaires de la formation houillère fort curieuses, dont le fac-similé est reproduit ci-contre.

Ces coupes ont pour but de faire voir que la rencontre par les sondages des terrains négatifs, antérieurs au dépôt de la formation carbonifère, ne sont nullement un indice de l'absence de cette dernière formation ; que poursuivis à une plus grande profondeur, ces sondages atteindraient le terrain houiller et la houille. Aux actionnaires que découragent les insuccès des recherches entreprises, on montre ces coupes fort ingénieusement appropriées à la démonstration qu'on a en vue, et des hommes sérieux et très positifs, mais privés des connaissances les plus élémentaires de la géologie, n'hésitent pas à accepter aveuglément ces images frappantes pour les yeux, et cela d'autant plus facilement, que certains faits récents semblaient leur donner une apparence de raison.

Procès

Mais dès le milieu de l'année 1861, la division se met entre le sieur Lebreton et le conseil d'administration. Deux assemblées ont lieu en septembre et octobre ; on s'y dispute beaucoup, et la dernière révoque Lebreton de ses fonctions de directeur et d'administrateur. Celui-ci, à son tour, fait nommer un nouveau conseil d'administration. Un jugement du tribunal de Douai du , confirmé par un arrêt de la Cour du suivant, met fin à ces tristes débats par le maintien de la révocation du sieur Lebreton.

Liquidation

Cependant, la Société a formé une demande de concession, qui a été rejetée par décision ministérielle du . Elle a à lutter dès 1863, contre la nouvelle Société fondée par le sieur Lebreton. Ses ressources étant épuisées, sa dissolution a été prononcée par jugement du tribunal de Béthune du . Le liquidateur a été autorisé à vendre sans adjudication au sieur Lebreton, moyennant , aucune offre supérieure ne s'étant produite, les droits, meubles et immeubles de la Société du Midi de l'Escarpelle. L'acquisition a eu lieu au nom du sieur Lebreton, qui déclare qu'elle est faite pour son compte personnel. Cette déclaration a été attaquée plus tard et infirmée par un arrêt de la Cour d'appel de Paris.

La Société d'exploitation du midi de l'Escarpelle a dépensé près de . La liquidation donne aux actionnaires un dividende de sept francs par chaque action de .

Avenir de la fosse 1

Le fonçage de la fosse 1 est repris en 1877 par la Société du Couchant d'Aniche d'Abel Lebreton, qui le continue. Sa société mise sous séquestre, la Société de Courcelles-lez-Lens, issue de la transformation de la Société du Midi de l'Escarpelle, reprend les travaux en 1869. La fosse commence à produire en 1877. En 1880, la Société de Courcelles-lez-Lens est rachetée par la Compagnie des mines de l'Escarpelle qui en fait son puits 7. Des coups de grisou interviennent en 1883 et 1885, entraînant respectivement la mort de quatre et dix mineurs. Un puits 7 bis est commencé sur le carreau en , et commence à produire en .

La Compagnie des mines de l'Escarpelle cesse d'exister en 1946, date à laquelle elle est nationalisée. La fosse 7 - 7 bis fait dès lors partie du Groupe de Douai. Elle cesse d'extraire en 1948, la production remonte alors par la fosse 8 sise à Auby. Le puits 7 bis assure le retour d'air de la fosse 8 jusqu'en 1966, date à laquelle les puits 7 et 7 bis, respectivement profonds de 635 et , sont remblayés. Au début du , les têtes de puits 7 et 7 bis sont matérialisées par Charbonnages de France, puis sont sous la surveillance du BRGM.

Notes et références

Notes

Références

Références aux fiches du BRGM

Références à

Références à

Voir aussi

Articles connexes Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais Société du Couchant d'Aniche Société de Courcelles-lez-Lens Compagnie des mines de l'Escarpelle Courcelles-lès-Lens

Liens externes

Bibliographie

Midi de l'Escarpelle Catégorie:Midi