La bataille de La Tannerie a lieu le pendant la révolution haïtienne. Elle s'achève par la victoire des républicains qui s'emparent du camp de La Tannerie, près de Dondon.
Prélude Début , le commissaire Sonthonax donne l'ordre au général Lavaux de marcher contre Jean-François et Georges Biassou qui occupent plusieurs camps dans la région montagneuse située entre Limbé et Marmelade.. Le camp de La Tannerie en particulier, situé entre Dondon et Grande-Rivière., est fortifié depuis plusieurs mois par l'armée de Toussaint Louverture..
D'après le rapport du général Lavaux, le grand chemin conduisant au fort de La Tannerie est fermé par une double porte à huit pieds d'éloignement l'une de l'autre et la première porte est doublée en cuivre. Un large fossé se situe d'un côté du camp afin d'y faire entrer l'eau de la rivière. De l'autre côté, un fossé monte jusqu'au milieu du morne, garni par une palissade épaisse. Plusieurs batteries d'artillerie sont placées sur une plateforme à mi-morne, protégées par un bastingage. Des ingénieurs blancs faits prisonniers avaient été contraints de diriger les travaux de fortification. De son côté, le médecin Michel Étienne Descourtilz décrit le fort ainsi : ..
Forces en présence Le corps des volontaires à cheval, constitué majoritairement de jeunes royalistes, les de Saint-Domingue et les libres de couleurs se montrent tous réticents à participer à l'expédition, aussi Lavaux se retrouve réduit à organiser cette campagne principalement avec les troupes venues de France.
Trois colonnes sont mises en mouvement. La première, dite de l'Ouest et commandée par de Nully, lieutenant-colonel du régiment d'infanterie, doit partir de Marmelade. La deuxième, dite de l'Ouest et commandée par Desfourneaux, lieutenant-colonel d'un bataillon de volontaires du Pas-de-Calais, occupe Ouanaminthe. Lavaux prend lui-même la tête de la troisième colonne, forte de 225 hommes de ligne, 45 dragons, 331 fantassins et 122 cavaliers de la troupe franche des volontaires du Cap, commandés respectivement par les planteurs Dessources et de Russy, et six canons.
Le camp de La Tannerie est alors défendu par plusieurs milliers d'insurgés. commandés par Georges Biassou et son second, Toussaint Louverture. Jean-François occupe quant à lui le camp Piveteau, situé non loin de celui de La Tannerie, mais il ne fait aucun mouvement pour venir en aide à Biassou.
Déroulement Le , la colonne de Lavaux se met en marche depuis Le Cap-Français. Dans un premier temps, elle s'empare des habitations Bérard et Langardière, puis du morne à Mouton, du morne du Grand-Pré et du camp du morne Milot, que les insurgés livrent aux flammes. Le lendemain, le 18 ou le , la colonne attaque le camp de La Tannerie. L'assaut est lancé par trois détachements menés par Dubuisson, à la tête des volontaires du Cap, le lieutenant-colonel Desprès, du régiment d'infanterie, et Degouttes, ancien officier au régiment Royal-Auvergne.
Les républicains s'emparent d'un petit morne dominant La Tannerie, puis ils se précipitent sur les retranchements. Les soldats franchissent les fossés et escaladent la palissade. Un jeune dragon parvient à ouvrir la première porte de l'enceinte à la cavalerie. Biassou ne cherche alors pas à défendre la deuxième enceinte et prend la fuite. Après un combat de plusieurs heures, le camp de La Tannerie est pris par les républicains qui hissent le drapeau tricolore en haut des remparts.
Dans ses mémoires, le général François Joseph Pamphile de Lacroix estime que ..
Les rebelles se replient sur Dondon et Grande-Rivière.. Une arrière-garde de 600 hommes menée par Toussaint couvre la retraite des troupes de Biassou. De Russy se lance à la poursuite des fuyards jusque dans la plaine de Grande-Rivière.
Pertes Les pertes des insurgés auraient été lourdes, tandis que celles des républicains sont de neuf morts et seize blessés.. Les rebelles abandonnent également, selon les sources, 14, 15 ou 17 canons, dont deux de vingt-quatre livres..
Suites Par la suite, Lavaux s'empare du camp Piveteau. Dans ses mémoires, Pamphile de Lacroix rapporte que .
Le 25, la colonne de Nully s'empare de Dondon, que Jean-François abandonne pour se retirer sur Vallières. Nully occupe huit autres positions, ne rencontrant une forte opposition qu'au camp du Petit-Thouars.
Le , Lavaux, malade, est contraint de retourner au Cap, mais il laisse plusieurs garnisons pour tenir les positions conquises.
D'après Pamphile de Lacroix, à l'issue de la campagne, des milliers d'insurgés viennent faire leur soumission : .
Notes et références
Bibliographie . .
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Catégorie:Bataille de la révolution haïtienne Catégorie:Bataille de 1793 Catégorie:Janvier 1793