Henri de Bornier, né le à Lunel et mort le à Paris , est un dramaturge, poète, conservateur et critique dramatique français.

Biographie Carrière littéraire Après des études classiques aux séminaires de Saint-Pons, de Montpellier et de Versailles., il monte à Paris pour étudier à l’École de droit de Paris, où il rime déjà entre deux leçons de Code pénal et de Code civil, mais ne passe aucun examen. Pauvre, il compose, dans sa mansarde, de la rue du Bac, une tragédie, Du Guesclin que le maitre d'armes de l'Odéon, lui promet de faire jouer, sans suite..

En 1845, il publie un volume de poésies, Premières feuilles, qui lui vaut les encouragements de Chateaubriand, de Béranger et de Victor Hugo, mais n’en reste pas moins à peu près inaperçu. La même année, il présente au Théâtre-Français un drame en vers, le Mariage de Luther, qui était sur le point d'être joué lorsque les événements de 1848 ont fait ajourner. Il se voyait à bout de ressources, lorsque Narcisse-Achille de Salvandy, devenu ministre de l’Instruction publique, l’a fait entrer la bibliothèque de l'Arsenal, d’abord comme surnuméraire, puis sous-bibliothécaire, bibliothécaire, conservateur, et enfin administrateur, en 1889.

Son existence matérielle désormais assurée, il a pu poursuivre tranquillement ses travaux et avancer à tout petits pas dans le chemin de la gloire, en participant aux concours, aux solennités, aux anniversaires. L’Institut lui décerne des prix. Il compose une ode en vers sur le rôle de la France dans l'Extrême-Orient, l’Isthme de Suez, qui lui vaut la croix de la Légion d’honneur, du nouveau ministre de l’instruction publique, Victor Duruy. Il inaugure le buste d’Alfred de Musset, le monument de François Ponsard ; il console les inondés de Toulouse, souhaite la bienvenue à Frédéric Mistral au nom de la Cigale, commémore Corneille et Racine, mais n’arrive pas à faire représenter son drame en vers Dante et Béatrix, publié en 1853, à cause de l'allusion politique qui pouvait être faite entre l’exil d’Alighieri et celui, tout récent, de Victor Hugo.

En , il fait enfin représenter, à la Comédie-Française, une tragédie, Agamemnon imitée de Sénèque. Après avoir publié une petite comédie intitulée le Monde renversé dans la Revue des deux mondes, il s’est renfermé dans le genre de l’à-propos. Lors de la Commune de Paris, il défend les richesses de l’Arsenal contre les incendiaires, ce qui lui vaut d’être inscrit sur la liste des otages avec cette mention :

La seule de ses œuvres qui ait eu un véritable succès, La Fille de Roland, avec Sarah Bernhardt dans le rôle principal, lui a apporté la célébrité du jour au lendemain. Qualifié, à l’époque de « cornélien », ce drame resté pendant trois mois à l’affiche de la Comédie-Française, raconte les amours de Berthe, la fille du chevalier Roland, avec Gérald, le fils du traitre Ganelon. L’un des spectateurs, Maupassant, a écrit à son propos : . Zola fera la même comparaison : Un seul vers en est resté, prononcé dans la pièce par Charlemagne : Devenu illustre, les dignités pleuvent lui. Il écoule les drames qu’il avait en portefeuille, il en construit de nouveaux. Il vainc les résistances de l’Académie française, qui l’élit contre son critique Émile Zola, en 1893C.-E. Curinier, Dictionnaire national des contemporains, vol. II, 1899-1919, ..

Critique dramatique de la Nouvelle Revue, de 1879 à 1887, il vit entouré de ses camarades, amis, compatriotes, J.-P. Laurens, les frères Mounet, Schéfer, Larroumet, Falguière, paul Mounet, qui se pressent autour de sa table hospitalière. Dans son Discours de réception à l'Académie, Edmond Rostand, qui lui succède, le décrivit comme un

Ayant succombé aux suites d'une attaque d’influenza, il est inhumé au cimetière Saint-Gérard de Lunel.

Origines et famille Étienne-Charles-Henri vicomte de Bornier de Ribalte descendait d'une antique lignée. En 1300, il y a eu un Hugues de Bornier, tabellion à AimarguesProsper Falgairolle, « Notice sur la famille de Bornier », bornier.net.. En 1500, une demoiselle Suzanne de Bornier a épousé le marquis de Farge. La famille a été anoblie au dix-septième siècle, en la personne de Philippe de Bornier, président de la Cour des aides, des comptes et des finances de Montpellier, et a reçu du roi le titre de vicomte d'Héran, seigneur de Teilhan, Roviels et autres places. La Révolution a pris les vastes biens qu’elle possédait.

Fils d'Eugène, vicomte de Bornier de Ribalte (1795-1862), garde du roi, et d'Amélie Duranc de Vibrac (1801-1843), il épouse dans le arrondissement de Paris, le , Blanche Gouilly, dont il eut trois enfants, nés au 1 rue de Sully, dans le même arrondissement : Charles-Victor, né le et décédé le ; Henriette, née en et décédée le ; Ernestine, née le et décédée le à Aimargues. Cette dernière se marie le à Paris 4e avec Fernand Magnan (1856-1926), polytechnicien de la promotion 1876 qui devient lieutenant-colonel d'artillerie (démissionnaire en 1909) et promu officier de la Légion d'Honneur à compter du .

Cette famille Magnan a été autorisée par décret du à changer son nom en Magnan de BornierE. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 204.Pierre Marie Dioudonnat, Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, Volumes 1 à 2, Sedopols, 1994, page 463.. Lui-même a vécu près d’Aimargues, dans le mas familial de BornierProsper Falgairolle, Essai sur les bibliophiles du Bas-Languedoc (département du Gard) et leurs ex-libris., où il retournait chaque année pour les vendanges.

Hommages Une voie du arrondissement de Paris porte son nom, ainsi qu'une rue de Toulouse, une impasse. et une rue de Saint-Étienne., mais aussi une rue de Lunel., et une place à Marsillargues. et à Arles, à proximité des arènes.

En 2020, l'Association pour la maintenance du patrimoine lunellois donne un buste de Bornier par Max Crueize à l'école primaire de Lunel..

Œuvres Le Mariage de Luther (1845) Premières feuilles (1845) Le Monde renversé (1853) La Muse de Corneille (1854) La Guerre d’Orient (1858) (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5461106r lire en ligne) La Sœur de charité au (1859) (lire en ligne) Le ou la Muse de Molière (1860) L’Isthme de Suez (1861) (lire en ligne) La Cage du lion (1862) La France en Extrême-Orient (1863) (lire en ligne) Éloge de Chateaubriand (1864) Un cousin de passage (1865) Les Deux Villes (1875) (lire en ligne) Mahomet (1890) (lire en ligne) Les Trois Dumas (1900)

Théâtre Dante et Béatrix, drame en 5 actes et en vers (1853) (lire en ligne) La Fille de Roland, drame en 4 actes, en vers, Paris, Théâtre-Français, (lire en ligne) Dimitri, opéra en 5 actes et 7 tableaux, paroles de MM. Henri de Bornier et Armand Silvestre, musique de M. Victorin de Joncières, Paris, théâtre National-Lyrique, Les Noces d'Attila, drame en 4 actes en vers, Paris, théâtre de l'Odéon, L'Apôtre, drame en 3 actes en vers (1881) (lire en ligne) Agamemnon, 1 acte en vers d'après la tragédie d'Eschyle, Paris, théâtre de l'Opéra, (lire en ligne) Le Fils de l'Arétin, drame en 4 actes, en vers, dont un prologue, Paris, Théâtre-Français, (https://archive.org/details/filsdelartindr00bornuoft lire en ligne]) France... d'abord, drame en 4 actes, en vers, Paris, théâtre de l'Odéon, Œuvres choisies (1913). Contient : La Fille de Roland. L'Apôtre. Les Noces d'Attila. Le Fils de l'Arétin. Mahomet. France d'abord. (lire en ligne)

Romans Comment on devient beau, 1861. Comment on devient belle, 1862. Le Fils de la terre, 1864. La Lizardière, roman contemporain, 3 vol., 1883-1925. Le Jeu des vertus, roman d'un auteur dramatique, 1886. .

Poésie . .

Distinctions Prix de poésie de l'Académie française. en 1861 pour L’isthme de Suez. en 1863 pour La France en Extrême-Orient. Prix d'éloquence de l’Académie française pour Éloge de Chateaubriand en 1864. Prix Jean-Reynaud de l'Académie française pour La Fille de Roland en 1879. Officier de la Légion d'honneur (1891)

Références

Annexes Bibliographie . . . Patricia Wynands, Réception de l'œuvre de Henri de Bornier : du vivant de l'auteur à nos jours, Hervé, chez l'autrice, 1993 . .

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