Ficus carica L. aux noms vernaculaires figuier, figuier comestible. ou figuier commun, est un arbre fruitier de la famille des Moracées qui donne des fruits comestibles appelés figues. On l'appelle plus rarement Figuier de Carie en référence à la cité antique en Asie mineure ou « Arbre à cariques »De l'ancien français, carique ou carice, figue. Cf. carique sur le CNRTL..
Le figuier comestible fait partie des plantes importantes du bassin méditerranéen, où il est cultivé depuis des millénaires. C'est le seul représentant européen du genre Ficus qui regroupe près de six cents espèces, la plupart tropicales.
Il peut vivre jusqu'à trois cents ans et atteint sa pleine production vers sept ans.
Le figuier mâle, parfois appelé « Figuier sauvage », qui ne donne pas de fruits comestibles, est aussi appelé « Caprifiguier » (caprificus, c'est-à-dire « Figuier de bouc »).
Répartition thumb|Figuier.
Cette espèce semble originaire d'une vaste zone de climat tempéré chaud, englobant le pourtour du bassin méditerranéen jusqu'à l'Asie centrale (Azerbaïdjan, Afghanistan, Iran, Pakistan). Sa culture s'est propagée dans toutes les régions tropicales et subtropicales du monde et il s'est plus ou moins naturalisé en Europe et en Amérique du Nord. L'espèce est évaluée comme non préoccupante aux échelons mondial, européen et français.
Description thumb|Tronc de Ficus carica (square Georges-Cain, Paris ).
Figuier bicolore.|thumb|300px vignette|Feuille de Figuier.
Le figuier est un petit arbre, le plus souvent de trois à quatre mètres de haut — en conditions favorables (zone peu gélive, sol frais et fertile), certaines variétés peuvent cependant atteindre dix mètres de hauteur pour dix mètres de périmètre — au tronc souvent tortueux, au port souvent buissonnant. Toutes les parties de la plante (rameaux, feuilles, fruits) contiennent un latex blanc et irritant.
Les feuilles sont caduques, rugueuses, finement velues, assez grandes (jusqu'à de long). Elles sont munies d'un long pétiole et d'un limbe palmatilobé, profondément divisé en trois à sept lobes crénelés (le plus souvent cinq) de forme variable, séparés par des sinus arrondis.
Les fleurs du figuier ont de nombreuses formes (voir reproduction).
Les fruits sont composés, avec un réceptacle charnu contenant des petits fruits qui ressemblent à des graines.
À maturité, les fruits, ou figues, sont selon les variétés de couleur verdâtre, jaune, marron-rouge ou violet plus ou moins foncé, parfois bicolores ou striés.
Phénologie Pour la production, seules les variétés femelles et surtout parthénocarpiques sont cultivées, elles peuvent être bifères ou unifères plus rarement trifères : les unifères fructifient une seule fois en fin d'été. Les figues apparaissent sur le bois de l'année à l'aisselle des feuilles. Seules mûrissent les premières qui se trouvent en partie basse du rameau à maturité. Les figues apparues plus tardivement, se trouvant donc en partie haute des rameaux de l'année, avortent lorsque les températures baissent ; les bifères donnent deux récoltes par an, une au printemps ou au début de l'été, l'autre en fin d'été ou à l'automne selon la variété et le climat. Les figues apparues tardivement en position apicale sur les rameaux de l'année précédente ne chutent pas et passent l'hiver à l'état de petits bourgeons pour reprendre leur développement dès que la température devient favorable. Puis sur le bois de l'année, les figues se développent normalement ; les trifères dites aussi cimaruoli. Les figues apparues en partie haute des rameaux de l'année continuent à se développer normalement en fin d'été pour arriver à maturité très tardivement et parfois seulement au printemps suivant. Cela n'est possible que sous un climat très chaud comme celui du sud de l'Italie ou de l'Espagne.
Les variétés bifères sont à réserver aux zones les plus chaudes (pas de températures inférieures à en hiver et pas trop de gelées tardives au printemps). En effet, la culture de variétés bifères dans des zones trop septentrionales verrait la première production brûlée par les gels de printemps et la seconde n'aurait pas le temps d'arriver à maturité avant les premiers gels d'automne. La maturité des variétés unifères telles que Ronde De Bordeaux ou Pastilière est souvent plus précoce que celle de la deuxième vague des bifères et ces variétés arrivent à produire sans problème pendant la plus courte période hors gel des zones nordiques.
Reproduction Comme tous les angiospermes, les fleurs de figuiers permettent la pollinisation ; le fruit (figue), qui est en fait une infrutescence, assure la dispersion des graines.
La reproduction des figuiers a pour particularité de dépendre (sauf pour les variétés parthénocarpiques, dites autofertiles) d'une symbiose avec un insecte. Cet insecte (Blastophaga psenes, une micro-guêpe) assure la pollinisation des fleurs femelles. En retour, le figuier abrite et nourrit l'insecte, dont le cycle se déroule quasi entièrement dans la plante.
Les fleurs sont regroupées en une inflorescence d'un type particulier appelée sycone ou figue. Ces inflorescences consistent en un réceptacle floral, charnu à maturité, refermé sur lui-même (conceptacle), à l'exception d'une minuscule ouverture (ostiole) à l'opposé du point d'insertion du pédoncule, d'une forme générale de petite poire, et qui contient plusieurs centaines de fleurs atrophiées.
Le figuier est considéré comme une espèce dioïque bien que les deux types de figuiers soient morphologiquement hermaphrodites. La dioécie est seulement fonctionnelle. Dans le bassin méditerranéen, la quasi-totalité des sycones de caprifiguiers sont parasités par le blastophage, et ne donnent donc pas de figues comestibles. On peut donc dire que le caprifiguier est biologiquement bisexué, mais fonctionnellement mâle dans son aire de répartition traditionnelle.
Les figuiers peuvent donc produire quatre types de fleurs variant selon leur sexe et le sexe de l'arbre qui les porte notamment au niveau du type de leur style (hétérostylie). : les figuiers dit mâles ou (caprifiguiers) portent : des fleurs mâles présentant deux à cinq étamines autour d'un ovaire avorté, entourées de sépales ; des fleurs femelles à style court (, brévistyles) sur un ovaire à un ovule, entouré de sépales. Le court style permet au blastophage de pondre. Les larves se développent en consommant les tissus de l'ovaire et l'insecte assure ainsi sa descendance mais cela empêche toute production de graine, la figue ne mûrira donc pas. Ce type de figuier ne produit donc que des figues-pouponnières qui ne sont jamais comestibles. les figuiers dit femelles ou souvent cultivés ou domestiques portent : des fleurs mâles stériles à étamines non développées ; des fleurs femelles à style long (, longistyles) sur un ovaire à un ovule, entouré de sépales. Le long style ne permet pas au blastophage de pondre dans l'ovaire mais il peut polliniser la fleur pour la féconder, ce qui induit la maturation des figues comestibles qui contiennent donc des graines viables.
Le figuier « femelle » est protogyne et produit essentiellement des fleurs femelles longistyles. Suivant les saisons et les cultivars, ces fleurs nécessitent une fécondation (dite caprification) pour fructifier, ou bien se développent en fruit par parthénocarpie même en l'absence du blastophage. En France, la majorité des figuiers cultivés est parthénocarpique et ne nécessite donc pas la présence de blastophages pour produire des fruits. Les graines présentes dans ces figues parthénocarpiques ne contiennent pas d'embryons.
Les quatre types de fleurs du figuier donnent différents types de fruits (mamme, profichi, mammoni, fioroni, fichi) produits en trois générations distinctes voire plus si les conditions climatiques sont très favorablesLe Figuier en Californie par M-L. Dufrenoy - 1934.. Les figuiers « mâles » donnent les types de figues suivants. : les profichi (profico au singulier), ou figues retardées, apparaissent en hiver à l'état de bourgeon à l'extrémité des rameaux mais ne sont réceptives qu'au début du printemps suivant et mûrissent donc à la fin du printemps ou en été ; sur les caprifiguiers, elles ont des fleurs femelles brévistyles et des fleurs mâles qui contiennent des galles et fournissent le pollen (elles correspondent à la première récolte des variétés « femelles » bifères) ; les mammoni (mammone au singulier, figues non retardées) apparaissent pendant l'été sur les rameaux de l'année (donc au-dessus des profichi qui sont alors sur les rameaux de l'année précédente), et mûrissent (exceptionnellement) à l'automne (elles correspondent à la production des variétés « femelles » unifères) ; les mamme (mamma au singulier), ou figues non retardées, se développent à l'automne à la base des rameaux des arbres mâles et mûrissent au printemps ; elles n'ont que des fleurs brévistyles et ne sont donc pas comestibles mais elles permettent le passage de l'hiver au blastophage (elles correspondent à la troisième vague des variétés « femelles » trifères). Les figuiers « femelles » peuvent donner les types de figues suivants en deux saisons : les figues-fleurs (en italien, fioroni ou fiori di fico ou breba) : figues retardées qui se forment en hiver et mûrissent vers le mois de juin ; elles ne sont jamais fécondées, faute de pollen en temps voulu ; elles ne peuvent donc mûrir que par parthénocarpie (c'est la première récolte des variétés bifères) ; les « figues vraies » (en italien, fichi veri ou forniti) se forment à la fin du printemps et mûrissent en août-septembre. Elles sont aussi appelées figues-fruits ou figues d'automne (c'est la deuxième récolte des variétés bifères ou la production unique des unifères) ; les cimaruoli apparaissent en fin d'été ou en automne en partie haute des rameaux de l'année et continuent à se développer normalement en fin d'été pour arriver à maturité très tardivement et parfois seulement au printemps suivant (c'est la troisième récolte des variétés trifères).
Ces trois générations de figues se réduisent aux deux premières dans les régions les moins chaudes, comme en France.
Pollinisation thumb|Figue.
Les figuiers femelles sont de trois types : le type dit Smyrne qui est unifère (récolte d'été seulement) et ne produit des figues que s'il est pollinisé par le blastophage. Sans pollinisation, les figues tombent avant maturité. Exemple : la variété Sarilop ; le type dit San Pedro qui est bifère. La figue fleur n'a pas besoin d'être pollinisée pour mûrir mais les figues d'automne avortent en cas d'absence de blastophage. Exemples : King, Lampeira ; le type commun qui est unifère ou bifère produit sans pollinisation (parthénocarpie). Ce sont pratiquement toutes les variétés françaises. Dans ce cas, les graines contenues dans les figues sont stériles et ne pourront donc jamais germer et assurer la reproduction de l'arbre.
L'hiver, les ovaires, transformés en galles, des fleurs femelles des figues-mammes (des plants mâles) contiennent les larves du blastophage.
Au printemps, après métamorphose, les blastophages mâles s’extraient des fleurs et vont féconder par un trou les blastophages femelles encore enfermés dans les ovaires, puis les aident à sortir. Ensuite, les blastophages femelles sortent de la figue et vont pénétrer dans les figues-profichis, figues-pouponnières des plants mâles. Elles vont y pondre des œufs. Ces figues ont passé l'hiver sous forme de bourgeon, et ne sont devenues matures qu'au printemps. Le mécanisme de la fécondation du figuier a été établi au par la découverte du fait que la fécondation n'était possible que par une petite guêpe (un hyménoptère) appelée blastophage ou guêpe du figuier (Blastophaga grossorum ou psenes) qui elle-même ne peut survivre qu'avec l'aide de la fructification de cet hôte..