LÉcole nationale supérieure des mines d'Alès, aussi connue sous le nom d'IMT Mines Alès, École des mines d'Alès ou EMA, est l'une des françaises accréditées au à délivrer un diplôme d'ingénieur..

Fondée en 1843 sous l'ordonnance royale du roi Louis-Philippe, l'école est l'une des plus anciennes écoles d'ingénieurs. Historiquement implantée à Alès, elle possède également un laboratoire à Pau et a disposé un temps d'un site à Nîmes. Elle est membre de l'Institut Mines-Télécom (IMT) et de la Conférence des grandes écoles (CGE), et est placée sous la tutelle du ministère chargé de l'Industrie. Les cursus menant soit au diplôme d'ingénieur « historique » de l'école des mines d'Alès (ingénieur généraliste), soit aux diplômes d'ingénieur spécialisé par apprentissage de l'école, se déroulent en trois ans.

Histoire La formation de maîtres-mineurs (1843-1918) Pour répondre au besoin de formation de cadres compétents dans les mines environnantes, le projet de création d'une « École de maîtres-ouvriers-mineurs » à Alais, impulsé par Félix Varin d'Ainvelle, polytechnicien et ingénieur des mines de Paris, et par le maire d'Alais, le docteur Auguste Serre, fut adopté au conseil municipal de la ville le . En , le conseil général émit un avis favorable. Finalement, le , une ordonnance royale du roi Louis-Philippe institue l'école.

La première promotion, composée de treize élèves, fut installée en dans les locaux du collège d'Alais. L'École a d'abord été un outil de promotion sociale pour le bassin d'Alais, le concours d'entrée étant seulement ouvert à de jeunes ouvriers mineurs. La scolarité, gratuite, partagée entre stages et cours, s'étalait sur deux ans. Les élèves, qui logeaient dans un internat, obtenaient en cas de succès des études un brevet de « maître-mineur ».

D'abord modeste, le niveau d'enseignement augmente alors progressivement, et de plus en plus de candidats de toute la France se présentent. En effet, les anciens élèves sont sollicités par des sociétés minières françaises, mais aussi à l'étranger et dans les colonies africaines. Rapidement à l'étroit, l'école s'installe en 1869 dans l'ancien palais de Justice, rue d'Avéjan.

thumb|gauche|L'École des Maîtres-Mineurs d'Alais, rue d'Avéjan (fin ).

En 1883, l'Association Amicale des Anciens Élèves de l'École des Mines d'Alais est constituée. Elle s'employa dès lors à participer activement aux actions destinées à valoriser l'École, à faire progresser son niveau et à faire officiellement reconnaître la qualité de la formation par l'attribution d'un diplôme d'une valeur supérieure. Ainsi, après 45 années d'existence, le brevet attribué à la sortie devient un « diplôme de maître-mineur ». Puis, en 1907, l'amélioration du niveau de l'École est reconnue, puisqu'elle devint « École des maîtres-mineurs ».

Au début du XXe siècle, alors que le nombre de candidats double, on constate que les anciens élèves occupent plutôt des postes de chefs d'exploitation et d'ingénieurs. De plus, les candidats ne sont majoritairement plus de simples ouvriers mineurs.

Les prémices d'une école d'ingénieurs (1918-1970) La Première Guerre mondiale (1914-1918) oblige l'École à fermer ses portes. Après-guerre, l'école évolue. Une loi de 1920 lui accorde la personnalité civile. Les offres de formations dans le domaine des mines proposées par l'École se diversifient : personnel de maîtrise, géomètre des mines, ou encore conducteur de travaux miniers. Ainsi, en 1933, l'École prend le nom d'« École Technique des Mines d'Alès ». Toutefois, le diplôme étant mal défini, un « diplôme d'ancien élève » ayant remplacé le diplôme de maître-mineur, les élèves sortis n'ont pas de poste correspondant à leurs espérances, et le nombre de candidats baisse. De plus, l'École se retrouve mal installée, dans des locaux vétustes, freinant toute possibilité d'expansion.

Pour mettre fin à cette crise, l'École entreprend plusieurs actions dans les années 1950 : une campagne d'information afin d'obtenir plus de candidats, un renouvellement du concours d'entrée, et la construction d'une nouvelle école sur un site à Clavières, obtenu gratuitement en 1931. Cela afin également d'obtenir le droit de délivrer un diplôme d'ingénieur, ce qui sera chose faite pour les élèves entrés à partir de 1965. En , l'École devient l'« École Nationale Technique des Mines d'Alès ». Deux ans plus tard, l'École est transférée dans les nouveaux bâtiments à Clavières et la durée de la scolarité portée à quatre ans. Un arrêté du la consacre école d'ingénieurs.

Diversification et développement (1970-2000) Devant la baisse de l'activité minière, l'établissement diversifie ses enseignements vers de nouveaux domaines industriels comme les travaux publics, le bâtiment, puis l'informatique. Quatre options sont proposées aux élèves de quatrième année en 1974 : construction et génie civil, informatique et gestion industrielle, matériaux de construction, sol et sous-sol.

Dès la rentrée 1973, l'EMA reçoit, pour la première fois, une élève féminine, puis trois en 1975 et cinq en 1976. La proportion de femmes intégrant l'École progressera lentement pour arriver à plus de 30 % aujourd'hui. Le , l'École devient l'« École Nationale des Techniques Industrielles et des Mines d'Alès ». La même année, elle passe sous l'autorité du ministre de l'Industrie et de la Recherche. Le recrutement se fait désormais en première année de classes préparatoires aux grandes écoles.

Le développement de l'École s'accélère avec la création en 1973 de son premier centre de recherche, puis l'implantation en 1975 d'un centre de recherche sur le site de Croupillac. Ses activités de recherche s'ouvrent à des disciplines comme la productique, les biotechnologies, les matériaux et la mécanique. En 1978, l'École crée une section de perfectionnement afin de permettre à des techniciens en activité d'accéder au titre d'ingénieur diplômé. Plus de quatre cent ingénieurs seront formés par cette voie depuis la première promotion, sortie en 1980. Cette année-là, l'École prend le nom d'« École Nationale Supérieure des Techniques Industrielles et des Mines d'Alès ».

En 1984, l'École crée son incubateur d'entreprises, met son potentiel scientifique et technique à la disposition d'entrepreneurs, et développe ainsi son rôle d'acteur du développement économique. Elle étend son enseignement aux formations spécialisées et aux formations doctorales. Le partenariat universitaire et industriel se développe. Un décret du érige l'École, qui était alors un service du ministère chargé de l'Industrie, en Établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministre chargé de l'industrie et doté de l'autonomie administrative et financière.

Les années 1990 voient l'implantation de l'École en dehors d'Alès sur deux sites situés à Nîmes et Pau. En effet, en 1991, l'École crée, avec la technopole paloise Hélioparc Pau-Pyrénées, un laboratoire de recherche sur le thème des poudres minérales colorées. En 1994, avec l'École pour les Études et la Recherche en Informatique et Électronique (EERIE) de Nîmes, un laboratoire commun est créé à Nîmes. En , l'École des mines d'Alès absorbe l'EERIE et possède ainsi un site nîmois dédié à l'informatique, à l'électronique, aux réseaux et aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, où se développe une formation d'ingénieur par la voie de l'apprentissage. Sur son site de Clavières, l'École se dote d'un nouvel amphithéâtre et restaurant scolaire.

L'entreprenariat et la créativité (depuis 2000) En 1999, sous l'impulsion du directeur Henri Pugnère, l'École s'engage dans une profonde réforme de sa formation pour que les sciences et les technologies s'accompagnent d'un environnement permettant à ses élèves d'acquérir un caractère entrepreneur. Elle s'engage sur trois axes : la culture de l'entrepreneuriat, l'incubateur technologique et les partenariats avec les technopoles.

Dans les années 2000, l'École intègre également la créativité et l'innovation dans sa pédagogie. Cela se concrétise par l'organisation de séminaires ou colloques de créativité pour ses étudiants avec des entreprises, mais aussi un challenge créativité de cinq semaines autour d'une problématique d'une entreprise. Elle met en place des pédagogies innovantes comme les missions de terrain où les élèves par petits groupes s'immergent dans une entreprise et y ont un rôle actif.

En 2011, les Mines d'Alès avec celles d'Albi, de Douai et de Nantes s'alignent sur les processus d'admission des autres écoles d'ingénieurs. Ainsi, alors que le recrutement se faisait après une première année de maths sup pour un parcours de quatre ans à l'école, désormais les recrutements se font après maths spé, via le concours Mines-Ponts, pour un parcours ingénieur de trois ans au sein de l'école.

Dans les années 2000, afin d'avoir une reconnaissance supérieure à l'international, l'École se regroupe dans un cadre informel avec les autres Écoles des mines françaises au sein d'un Groupe des Écoles des Mines (GEM). Une nouvelle étape est franchie en lorsque l'École est rattachée à l'Institut Mines-Télécom (IMT), nouvellement créé. Par ailleurs, sa dénomination officielle change, passant de « École nationale supérieure des techniques industrielles et des mines d'Alès » (ENSTIMA) à simplement « École nationale supérieure des mines d'Alès » (Mines Alès).

En 2015, l'École obtient l'autorisation de délivrer le diplôme de docteur (bac+8).

En , l'École devient une école interne de l'IMT, perdant ainsi sa personnalité morale au profit de l'institut. Par ailleurs, sa dénomination commerciale change pour IMT Mines Alès, ainsi que son logo afin de marquer son appartenance à l'IMT. À la rentrée 2017, elle rapatrie ses activités situées à Nîmes vers le site de Croupillac à Alès..

Face à la croissance de la voie de l'apprentissage à l'école, le campus Louis Leprince-Ringuet situé dans la zone d'activité de Croupillac à Alès est agrandi pour un budget de d'euros. Un bâtiment dédié aux élèves en alternance est inauguré en , ainsi qu'un Hub créativité ouvert en 2021 pour tous les élèves de l'école « favorisant l'esprit créatif »..

Identité visuelle

Enseignements Ingénieur généraliste vignette|Calot porté par les élèves, ici la

La formation d'ingénieur généraliste des mines est la formation historique de l'École des mines d'Alès. Elle délivre des enseignements scientifiques pluridisciplinaires et de management de haut niveau, couplés à des cours électifs complémentaires choisis par les élèves, et orientés après la période de tronc commun selon l'option de spécialité choisie. Le diplôme issu de cette formation donne aux ingénieurs généralistes sortant de l'École une vocation à occuper des postes de cadres ou de chefs d'entreprise, ou à la recherche avec une possibilité de poursuite des études en thèse.

Après une première année de tronc commun, les élèves de deuxième et troisième année choisissent une option de spécialité parmi les dix proposées, au sein de six grandes thématiques portées par les laboratoires de recherche de l'École : Génie Civil et Bâtiment Durable (GCBD), Environnement, Energie et Risques (2ER), Informatique et Intelligence Artificielle (2IA), Écoconception et Matériaux Innovants (ECOMAP), Ingénierie du Sous-Sol et des Ressources Minérales (ISERM), et Performances Industrielles et Systèmes Mécatroniques (PRISM).

Se voulant tournée vers l'international, l'École offre la possibilité aux élèves d'effectuer un ou plusieurs semestres à l'étranger, ainsi que des doubles diplômes avec des universités et écoles partenaires.

Le recrutement des futurs élèves-ingénieurs généralistes se fait majoritairement via le Concours Mines-Télécom (concours sur banque de notes du concours commun Mines-Ponts) après deux années de classes préparatoires scientifiques, le reste des places étant prévu via des admissions parallèles.

Ingénieur spécialisé par apprentissage