vignette|redresse|Barack Obama, président des États-Unis, né d’un père afro-américain d’origine kényane, et d’une mère euro-américaine d’origine britannique et irlandaise.

vignette|redresse|L'actrice américaine Nancy Kwan. Eurasienne (à la fois d'origine asiatique et européenne) et native de Hong Kong.

vignette|redresse|Pinckney Benton Stewart Pinchback, premier gouverneur afro-américain des États-Unis. Un métis, au féminin une métisse (du latin , ou , qui signifie « mélangé », « mêlé »), est une personne dont les parents ont des caractéristiques phénotypiques ou des origines ethniques différentes ou multiples. Pour les scientifiques, tous les êtres humains sont le produit d'un mélange génétique de même nature.

Étymologie La forme mestis (« qui est fait moitié d'une chose, moitié d'une autre ») est attestée depuis le .. En 1615, le mot « métice », emprunté au portugais, désigne alors une personne née de parents appartenant à des populations présentant des différences phénotypiques visibles (comme la pigmentation de la peau).

Le terme métis fut notamment utilisé pour désigner les nombreux descendants de parents européens et « indigènes » issus de la colonisation. On utilisa également le terme miscégénation dans le même sens que métissage.

Définition Métissage humain Au début de la colonisation espagnole en Amérique, le terme mestizo (attesté en ce sens en 1598) sert à dénommer cette nouvelle catégorie d’êtres humains issus des unions entre Amérindiens et Espagnols. Il se différencie alors de mulato (mulâtre), désignant les personnes issues d'unions entre Noirs et Espagnols, et de zambo, désignant les personnes issues d'unions entre Noirs et Amérindiens. À partir du , se met en place une « société des castes » où les différentes combinaisons ethniques et degrés de métissage entre Européens, Amérindiens et Africains sont définis et hiérarchisés en généralement sept groupes (Espagnols, castizos, moriscos, mestizos, mulattos, Indiens et Noirs). Un mouvement artistique, la peinture de castes (pinturas de castas), se développe par ailleurs en Nouvelle-Espagne au et qui représente les diverses castes au sein des colonies espagnoles et notamment les mélanges ethniques.

Degrés de métissage gauche|vignette|212x212px|Portrait de Jean-Pierre Boyer, président d'Haïti (né mulâtre ou « libre de couleur »). Au , dans les Antilles françaises, à Saint-Domingue (aujourd'hui Haïti), en Guadeloupe et en Martinique, la systématisation et la radicalisation de l’emploi des nuances de métissage dans les registres paroissiaux arrivent après la guerre de Sept Ans (1756-1763). En Martinique et en Guadeloupe, le terme de « métis » désigne alors une personne ayant 1/4 de « sang noir » tandis que dans la partie française de Saint-Domingue, il désigne une personne qui en possède 1/. La différence entre la partie française de Saint-Domingue et la Martinique et la Guadeloupe vient principalement de l'inversion des catégories « métis » et « quarteron ». Les termes suivants étaient utilisés dans les registres paroissiaux, puis dans les actes d'état-civil en fonction des différents degrés de métissageFrédéric Regent, Esclavage, métissage et liberté, Grasset, 2004, Gérard Étienne, François Soeler, La femme noire dans le discours littéraire haïtien: éléments d'anthroposémiologie, Balzac-Le Griot, 1998, Regent Frédéric, « Structures familiales et stratégies matrimoniales des libres de couleur en Guadeloupe au », Annales de démographie historique 2/2011 (), :

Proportion d'ancêtres noirsSaint-DomingueGuadeloupe/Martinique 7/8Sacatra- 3/4GriffeCapre 5/8Marabou- 1/2MulâtreMulâtre 1/4QuarteronMétis 1/8MétisQuarteron 1/16MameloukMamelouk 1/32Quarteronné- 1/64Sang-mêlé-

Métissage culturel Le métissage culturel correspond soit à une acculturation (emprunt d'éléments culturels allogènes par des individus appartenant à une culture donnée), soit à la fusion de deux ou plusieurs cultures, indépendamment du mélange des individus qui la composent. Pour Serge Gruzinski, « La notion de "métissage culturel" […] est lourde des ambiguïtés attachées au concept même de cultureGruzinski (Serge), La pensée métisse, p. 37.. »

Critiques de la notion vignette|Emanuela de Paula, mannequin brésilienneLa pertinence analytique de la notion est contestée par des chercheurs en sciences sociales car elle supposerait qu'il existe des « entités pures », ou des races, distinctes au sein de l'espèce humaineAmselle (Jean-Loup), Logiques métisses, ()... Pour Catherine Coquery-Vidrovitch et Éric Mesnard, Coquery-Vidrovitch (Catherine), Mesnard (Éric), Être esclave. Afrique-Amériques, , Paris, La Découverte, « Cahiers libres », 2013, 329 p., note ..

L'anthropologue Jean-Loup Amselle revient sur le terme dans une réédition de Logiques métisses. Après avoir rappelé qu'il s'agit d'un terme d'élevage, il car elle impose de présupposer des , voire une puisque . C'est pourquoi il abandonne le terme au profit de celui de Amselle (Jean-Loup), Logiques métisses. préface à la édition, ..

Pour l'historien Serge Gruzinski, . C'est donc un Gruzinski (Serge), La pensée métisse, .. Il décide finalement d'employer Gruzinski (Serge), La pensée métisse, ..

Métissage dans le monde vignette|Le célèbre ingénieur et inventeur américain Steve Jobs est né d'un père biologique arabe de Syrie et d'une mère biologique d'origine suisse. Au Moyen Âge, lorsqu'une grande partie de la péninsule Ibérique (Al-Andalus) et de la Sicile était sous domination maure, par exemple, les enfants issus d'unions entre des Ibériques, Siciliens, Maures… étaient fréquents. Ainsi d'après une étude génétique récente de Susan M. Adams en 2008, les habitants de la péninsule ibérique auraient en moyenne environ 11 % d'ancêtres nord-africains avec des variations géographiques importantes allant de 2 % en Catalogne à près de 22 % en Castille du Nord-Ouest. Selon une autre étude du biologiste et anthropologue Cristian Capelli en 2009, 7-8 % des lignées paternelles des Espagnols, Portugais et Siciliens sont originaires du Maghreb et ont été introduites par les Maures au Moyen ÂgeCapelli, C; Onofri, V; Brisighelli, F; Boschi, I; Scarnicci, F; Masullo, M; Ferri, G; Tofanelli, S (Jun 2009). « Moors and Saracens in Europe: estimating the medieval North African male legacy in southern Europe ». European Journal of Human Genetics 17 (6): 848–52. . . . .

La population du Brésil résulte de métissages entre les Amérindiens, les Noirs et les Blancs. Les types mulato et mulata ont été Coquery-Vidrovitch (Catherine), Mesnard (Éric), Être esclave. Afrique-Amériques, , Paris, La Découverte, « Cahiers libres », 2013, .. Le Jour du Métis (Dia do Mestiço), célébré le , est une date officielle dans certains États du Brésil.

L'Amérique est une zone de peuplement humain où le métissage a une influence non négligeable. À l'inverse, les mariages mixtes, que ce soit entre des groupes nationaux, ethniques, religieux ou raciaux différents, peuvent être découragés par la pression sociale, par la loi (aux États-Unis, la règle « one-drop rule » stipulait, suivant le principe d'hypodescendance, que toute personne ayant un ancêtre noir était considérée comme noire), voire simplement interdits (ainsi en Afrique du Sud pendant l'apartheid, dans certains États des États-Unis jusque dans le courant du , en Chine durant la période mandchoue entre Chinois et Mandchous). La Déclaration universelle des droits de l'homme interdit dans son article 16 toute restriction au droit au mariage pour des raisons de race, de nationalité ou de religion.

À part quelques éventuelles cultures traditionnelles hermétiquement isolées sur des îles de la Micronésie, il n'existe pourtant pas de peuple qui ne soit pas le résultat d'un certain métissage, remontant parfois très loin dans le temps, ni de culture qui n'ait été influencée par des éléments extérieursJarawa.

Métissage en Afrique vignette|Juan de Pareja, peintre baroque, né d'un père espagnol et d'une mère esclave noire, peint par Velasquez (1650). Le Cap-Vert, une ancienne colonie portugaise,

De même pour l’île Maurice, avec une population issue de descendants d'Indiens (majoritairement d'Inde du Nord), d'Africains de l'Est, d'Européens et d'une minorité de Chinois.

Le peuplement de cette île, inhabitée à sa découverte, a été réalisé initialement par des Français et des Malgaches, puis des Indiens de la côte de Malabar ou de Pondichéry. L'afflux massif d'esclaves (malgaches, africains), l'installation définitive sur l'île de marins français ou flamands (qui devenaient charpentiers, éleveurs ou cultivateurs), puis le recours à des « engagés » indiens de Mahé (côte de Malabar) ou pondichériens (appelés en langue créole « malbars »), et enfin l'arrivée plus tardive de Chinois de Canton et d'Indochinois au début du , ont entraîné de nombreux mélanges.

Dans le vocabulaire du créole réunionnais, le terme « kaf » (ou « cafre ») et le terme féminin « kafrine » (ou « cafrine ») désigne les personnes descendant des anciens esclaves affranchis provenant d'Afrique, le terme « malbar » (ou « malbaraise ») désigne les descendants des engagés indiens, celui de « yab » (ou « pattes jaunes ») désigne les descendants de colons européens d'origine modeste majoritairement installés dans les Hauts de La Réunion, le terme « kréol », ensuite, désigne une personne dont les origines sont diverses, le terme de « zoreille » désigne les personnes provenant de France métropolitaine ; enfin, le terme « zarabe » désigne les musulmans sunnites dont les ancêtres (souvent commerçants) étaient originaires majoritairement du Nord de l'Inde (Gujarat). Dans la langue créole de La Réunion, il y a un jeu de combinaison de termes pour désigner les origines d'une personne : « kaf-malbar » pour une personne ayant un parent « kaf » et un parent « malbar », « yab-malbar » pour une personne ayant un parent « yab » et un parent « malbar », etc. Le terme « zoréol(e) » les enfants nés à la Réunion ou en France d'au moins un parent créole et un parent « zoreil »Cf. article du lexique figurant dans Michel Beniamino, Le français de La Réunion, EDICEF, coll. « Actualités linguistiques francophones » Vanves, 1996 ..

Sur l’île de Mayotte la population est issue de croisements de populations depuis des siècles, elle est le résultat d’un métissage très riche.

C'est au que naît au Sénégal sur la petite côte, une communauté intermédiaire de métis, dirigée par des matriarches communément appelées signare. Elles régnèrent du sur les comptoirs de Gorée et Saint-Louis du Sénégal.

Les groupes métis dit « coloured » dans la population sud-africaine représente la troisième minorité en importance du pays et résident majoritairement dans l'ouest dont les provinces du Cap-Nord et Cap-Occidental, également, ils sont répartis au Botswana, en Namibie, en Zambie et au Zimbabwe. Ils se considèrent ni blanc, ni noir et ni asiatique ou comme un groupe homogène par leurs origines, leur langue ou leur religion.

En ce qui concerne le Congo, le métissage y a été important à la suite de sa colonisation par la Belgique de 1885 à 1960, mais l'historienne belge Lissia Jeurissen note en 2002 que Lissia Jeurissen, « Les ambitions du colonialisme belge pour la "race mulâtre" (1918-1940) », in Revue Belge d'Histoire Contemporaine, XXXII, 2002, 3-4, pp. 497-535.. Dans les éléments afro-asiatiques, il faut également y inclure les individus congolo-japonais souvent oubliésArnaud ZAJTMAN, Les "oubliés" du Katanga in Reporters, émission de France24, 16-03-2010..

Par ailleurs, selon une étude génétique publiée en 2019, les populations du Maghreb sont également issues d'un mélange génétique provenant de quatre sources géographiques (Afrique du Nord elle-même (Ibéromaurusien), Europe, Moyen-Orient et Afrique subsaharienne) et temporelles différentes (migrations paléolithiques, néolithisation, arabisation et migrations récentes)Serra-Vidal 2019, Heterogeneity in Palaeolithic Population Continuity and Neolithic Expansion in North Africa..