Achille Loria (, Mantoue - , Luserna San Giovanni), est un économiste, sociologue et homme politique italien.
Biographie Fils de Salomone Loria, dit Girolamo, et d'Anaide D'Italia, Achille Loria obtint son diplôme en droit en 1877 et entreprit une carrière universitaire. Il a enseignéa au lycée de Mantoue et aux universités de Bologne, Pavie, Rome, Berlin et Londres.
Devenu professeur d'économie politique à l' Université de Sienne en 1881 , il devint en 1885 professeur titulaire d' économie politique, puis membre correspondant de l'Accademia dei Lincei ( 1887 ), ainsi que membre de trente des académies et sociétés d'études les plus prestigieuses du monde. En 1891, il s'installe à l' Université de Padoue pour enseigner à l'Université de Turin de 1903 à 1932 .
Il a dirigé le magazine Echi e Commenti de 1920 à 1928 .
Malgré les doutes de Luigi Einaudi entre autres, il a activement soutenu l'admission à l'Université de Turin de Robert Michels.
Il devint sénateur du Royaume en 1919 et professeur émérite en 1932 .
Pensée économique
Il a essayé de d'interpréter une grande quantité de phénomènes historiques du point de vue économique. Son système est difficile à résumer à cause d'influences très opposées : David Ricardo, Karl Marx (qu'il appelle l'« Alighieri du socialisme) », école autrichienne, socialistes, évolutionnistes, etc. Il fut à un certain moment l'économiste le plus important de la péninsule. Il correspond avec Friedrich Engels, Gabriel Tarde, Herbert Spencer, Carl Menger, Charles Gide, Wilhelm Roscher, Werner Sombart, Edwin Seligman, Léon Walras. Ses œuvres sont traduites dans de nombreuses langues, dont le japonais.
Loria avait conçu l'idée originale que de la colle, répandue sur les ailes de l'aviation civile, serait capable d'attraper des oiseaux en une telle quantité qu'elle résoudrait le problème de la faim dans le monde.
La « terre libre »
Dans sa Costituzione economica odierna (1900), il est un partisan de la « terre libre. » Il demande que la loi reconnaisse à chaque homme le droit à la terre : soit à l'unité foncière (c'est-à-dire à la quantité de terre nécessaire pour lui permettre de vivre par son travail et de s'établir comme producteur autonome), si la densité de population et la superficie du pays le permettent ; soit à une fraction seulement de cette unité, si la superficie est insuffisante.
En pratique, il préconise un salaire territorial. Le patron serait obligé de fournir à ses ouvriers « en plus du salaire nécessaire, une unité foncière au bout d'un nombre n d'années. Si, durant cette période n d'années, l'ouvrier avait été employé successivement par plusieurs capitalistes, chacun devrait en fournir une partie proportionnellement au temps pendant lequel il l'aurait employé. »
Par là, au bout d'un nombre n d'années, tous les travailleurs deviendraient successivement propriétaires. Il se retrouveraient dans le même état que pendant la période primitive, dans l'économie naturelle, et pourraient former entre eux et avec les anciens propriétaires l'association du capital et du travail sur pied d'égalité qui est, aux yeux de Loria, l'organisation la plus productive.
Critiques
Friedrich Engels le traitera de charlatan dans sa préface au troisième livre du Capital. Joseph Schumpeter le considérera comme un homme de vaste doctrine, mais ignorant l'analyse économique. Antonio Gramsci critiquera sa bizarrerie, considérée comme un trait commun aux intellectuels italiens, et qu'il qualifiera de « lorianisme. »
Publications La rendita fondiaria et la sua elisione naturale, Milan, 1880. La legge di popolazione ed il sistema sociale, Sienne, 1882. Carlo Darwin e l'economia politica, Sienne, 1884. Analisi de la proprietà capilistica, Turin, 1889. Studii sul valore della moneta, 1891. La terra ed il sistema sociale, Padoue, 1892. La sociologia, il suo compito, le suo scuole, Vérone, 1901. Il capitalismo et la scienza, 1901. Marx et la sua dottrine, 1902. La sintesi economica, Turin, 1909.
Traductions françaises Les Bases économiques de la constitution sociale, 1893. Darwinisme social, 1896. Problèmes sociaux contemporains, préf. René Worms, Paris, V. Giard & E. Brière Libraires-Éditeurs, 1897. La morphologie sociale, conférences, 1905. La synthèse économique : étude sur les lois du revenu, 1911.
Bibliographie
Histoire des doctrines économiques / par Luigi Cossa,… ; avec une préf. de A. Deschamps,… Paris, 1899, p. 508-510. Histoire des systèmes économiques et socialistes. Volume 1 / par Hector Denis,…, Paris, 1904-1907, p. 65 Edwin Seligman, L'interprétation économique de l'histoire, Paris, 1911, pp. 141–142. gallica.bnf.fr Charles Gide & Charles Rist, Histoire des doctrines économiques depuis les Physiocrates jusqu'à nos jours, Paris, 1922, pp. 686–687. gallica.bnf.fr Antonio Gramsci, Prison Notebooks, volume 1, Columbia University Press, 1975, p. 390 et suiv.books.google.fr Henri Bartoli, Histoire de la pensée économique en Italie, publications de la Sorbonne, 2003, p. 408 et suiv. books.google.fr
Liens externes
Achille Loria, Réponse aux critiques de M. Turgeon, Revue d'économie politique, 1914, Paris, p. 1-12 gallica.bnf.fr Achille Loria, De l'influence du chômage sur le taux de salaire, Revue d'économie politique, 1915, Paris, p. 101-113 gallica.bnf.fr
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