Meillerie est une commune française qui se situe dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Située dans la région historique du Chablais et plus précisément du Chablais savoyard (ou français), au bord du Léman, la commune fait également partie de la communauté de communes Pays d'Évian Vallée d'Abondance.

Dès le , l'exploitation des carrières de Meillerie permet d'extraire les pierres calcaires qui seront utilisées pour édifier de nombreuses constructions dans les villes côtières lémaniques françaises et suisses dont, notamment, la seconde gare de Genève-Cornavin, construite entre 1929 et 1931, ainsi que l'ensemble architectural du Palais des Nations de Genève, siège de la Société des Nations construit durant la même période.

Géographie Situation Le territoire de la commune de Meillerie est situé dans le sud-est de la France, au nord du département de la Haute-Savoie, sur la rive sud du Léman, à l’extrême nord du massif du Chablais, dans le quart nord-ouest des Alpes françaises.

À l’échelle nationale, la mairie de Meilerie (chef-lieu) est située : à au nord d'Annecy, préfecture de la Haute-Savoie, à au nord-est de Lyon, préfecture de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à au nord de Grenoble, à , au sud-est de Paris (en ligne droite), et, au niveau local : à de la ville suisse de Genève, d'Évian-les-Bains, et de Saint-Gingolph, commune située sur la frontière franco-suisse.

Description La commune comprend un bourg, de taille modeste et le hameau de Locum, de taille encore plus modeste, situé près de la commune voisine de Saint-Gingolph. Ces deux parties résidentielles de la commune, coincées entre la rive sud du Léman et les pentes septentrionales très abruptes du massif du Chablais sont reliées entre elles par une seule route, qui longe la côte lacustre.

Le petit bourg central de Meillerie, traversé par cette route, est un ancien village de pêcheurs, avec sa batellerie lacustre, mais aussi de carriers officiant dans la montagne. L'église du village et son cimetière surplombent la plus grande partie du bourg avec son port, ainsi que le lac, offrant une vue sur la riviera vaudoise et le vignoble vaudois de Lavaux.

Communes limitrophes

Hydrographie La commune est riveraine du lac franco-suisse, le Léman

Son territoire est également sillonné par trois ruisseaux, tous affluents du lac et donc, indirectement du Rhône: Le ruisseau de la Corne Le ruisseau des Étalins Le ruisseau du Locum

Géologie et relief

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Vacheresse à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communication vignette|Carte postale d'une barque du Léman vers 1900. Voies routières Route départementale 1005, ancienne route impériale 5, puis route nationale 5. Cette « Route Blanche » a relié Paris à Saint-Gingolph par le col de la Faucille et Genève. Elle a été créée par Napoléon Bonaparte dans son profil actuel.

Voies ferroviaires Ligne du Tonkin, ligne de chemin de fer reliant Évian-les-Bains à Saint-Gingolph. Actuellement fermée, un projet de réouverture est en cours, prévoyant la poursuite des trains régionaux valaisans jusqu'à Évian-les-Bains, avec 15 allers-retours par jour.

Voies navigables Le Léman était jusqu'au début du la principale voie de transit des pondérables : bois, céréales, chaux et surtout les fameuses pierres de Meillerie que l'on retrouve sur des grands bâtiments de Genève et de Lausanne. Extraites des carrières de la commune, elles étaient chargées sur les barques du Léman. Un service de passagers sur les bateaux de la CGN était assuré, pendant la saison estivale, jusqu'en l'an 2000.

Transports publics Ligne d'autocar Une ligne d'autocar traverse le territoire communal, la ligne 131 (Thonon-les-Bains ↔ Saint-Gingolph) qui compte deux arrêts Meillerie - chef-lieu et Mellerie - Locum sur le territoire communal.

Celle-ci est exploitée par la société des autos transports du Chablais et du Faucigny (SAT) et dépend des transports en commun d'Évian-les-Bains (ÉVA'D).

Galerie

Urbanisme Typologie Au , Meillerie est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

La commune, bordée par un plan d’eau intérieur d’une superficie supérieure à , le Léman, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (92,3 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (88 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (92,3 %), zones agricoles hétérogènes (2,5 %), prairies (2,3 %), zones urbanisées (2,2 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,8 %)..

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..

Morphologie urbaine La commune comptait logements en 2014, dont résidences principales (45,5 % du parc), logements secondaires (39,9 % du parc) et logements vacants (14,6% du parc). 38,4 % de ces logements étant des maisons individuelles et 60,2 % des appartements.. Cette proportion peut sembler curieuse pour une aussi petite commune mais qui trouve une explication en lien avec son passé industriel.

Selon son site officiel, la commune de Meillerie, de dimension très modeste ne possède ni de plan d'occupation des sols (POS), ni de Plan local d'urbanisme (PLU)..

Hameaux, lieux-dits et écarts La commune se compose d'un chef-lieu et de deux hameaux : le Locum (prononcer : locome) situé au bord du lac, les Plantés en moyenne montagne. Le territoire présente également de nombreux écarts et lieux-dits, tous inhabités. Ceux-ci présentés, ci-dessous, selon les références toponymiques fournies par le site géoportail de l'Institut géographique nationalSite géoportail, page des cartes IGN. le Cottelet Lausenette Lachaux le Tronc la Fauconnière les Étalins les Plagnes les Reboux la Pesse Vache (bois) les grandes feuillases (bois)

Risques naturels Risques sismiques La totalité du territoire de la commune de Meillerie est situé en zone de sismicité n°4, comme l'ensemble des communes savoyardes riveraines du Lémandidacticiel de la réglementation parasismique. +Terminologie des zones sismiquesArrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » - LégifranceType de zone Niveau Définitions (bâtiment à risque normal)Zone 4Sismicité moyenne accélération = 1,6 m/s

Toponymie La plus ancienne forme retrouvée date du , Melleria, mais au cours du temps, ce nom a souvent changé. On peut également trouver Malleria ou Milleria. C'est au que l'on trouve le plus grand nombre de versions différentes : Melliéré, Meilleré, Meilleré-sous-Thollon, Meilleré-en-Chablais, Milliéré.

D'après l'abbé Gonthier, le nom de Meillerie viendrait d'un mot celte signifiant « rochers ». Ce nom est porté par plusieurs localités et lieux-dits en France et en Suisse : par exemple, La Meilleraie-Tillay en Vendée, et la Tête de Meilleret au-dessus du village des Diablerets dans les Préalpes vaudoises.

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Mèlèry (graphie de Conflans) ou Mèlyeria (ORB)..

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Moyen Âge et Renaissance Au Moyen Âge, lorsque Meillerie se trouve sous la prévôté du Grand Saint-Bernard, le village ne compte que deux-cents habitants. La commune est protégée par le prévôt, mais en situation de dépendance et vit essentiellement de l'exploitation du bois produit par la forêt de Meillerie, ainsi que de la pêche et du commerce de la navigation.

C'est en 1166 qu'un premier document sur Meillerie (Maleria) apparaît. Celui-ci fait état du don de Meillerie et de ses territoires appartenant au diocèse de Lausanne, à l'abbé Rodulfus de l'abbaye Saint-Maurice d'Agaune par l'évêque de Lausanne, et ceci pour une livre de poivre chaque année à lui-même ainsi qu'à ses successeurs.

Au s'installe à Meillerie une communauté de chanoines réguliers de Saint-Augustin. Ces chanoines possédaient déjà une église et un bâtiment conventuel, mais dans la première moitié du , des seigneurs locaux, grâce à une dotation, leur permettent de reconstruire l'ensemble des bâtiments (dont une partie est encore visible au prieuré de Meillerie).

Deux des prieurs de Meillerie, Pierre et Martin, deviennent prévôts du Grand Saint-Bernard, et font de ce prieuré leur résidence principale, ainsi que le centre religieux et administratif de la prévôté. Non seulement Meillerie devient un centre politique et religieux important de la région lémanique, mais également le centre d'une vaste seigneurie qui englobe Thollon-les-Mémises, Lugrin, et Maxilly.

Au , les prévôts délaissent peu à peu Meillerie, et les affrontements avec Évian, au sujet du bois de Bret, s'intensifient à tel point que les habitants de Meillerie sont contraints de demander l'aide de ceux de Thollon en 1532. C'est à partir de cette date que Meillerie devient un hameau de Thollon.