La province de Hainaut, couramment appelée le Hainaut ( ; ), est une province de l'ouest de la Belgique située en Région wallonne. Géographie

La province a pour chef-lieu Mons. Sa superficie est de pour au , ce qui fait d'elle la province la plus peuplée de la Région wallonne. Sa densité de population est de par kilomètre carré. Outre Mons, ses principales villes sont Charleroi, La Louvière, Mouscron et Tournai. Le Hainaut compte 69 communes réparties dans sept arrondissements administratifs.

Le Hainaut est constitué de différentes sous-régions, dont le Tournaisis, la Thudinie, la Botte du Hainaut dont le nom désigne la forme géographique du sud de la province, le Borinage, le Centre et le Pays de Charleroi, etc. Ces trois dernières sont connues pour leur passé charbonnier.

La province de Hainaut, en Wallonie occidentale, présente une géographie physique caractérisée par une alternance de plaines limoneuses, de plateaux faiblement ondulés et de zones plus accidentées vers le sud. Son relief appartient essentiellement au sillon Sambre‑et‑Meuse et aux bas‑plateaux hennuyers, avec une altitude généralement comprise entre 20 et 200 mètres. Les données géographiques régionales issues du Géoportail de la Wallonie indiquent que le territoire est structuré par une mosaïque de formations géologiques sédimentaires, principalement des dépôts limoneux, des argiles et des grès, auxquels s’ajoutent des terrains houillers dans les bassins industriels historiques.

Le réseau hydrographique est dominé par la Sambre et l’Escaut, dont les affluents irriguent de vastes vallées peu encaissées. Les cartes hydrologiques wallonnes montrent que ces cours d’eau s’inscrivent dans un système de drainage orienté globalement d’est en ouest, avec des zones humides associées et des nappes phréatiques suivies par l’administration régionale, notamment via les données de masses d’eau souterraine récemment mises à jour. Les sols, majoritairement limoneux dans le centre et le nord, deviennent plus sableux ou argileux vers la Botte du Hainaut, où les paysages se font plus forestiers et vallonnés.

La province se distingue également par la présence de terrils, héritage de l’exploitation charbonnière, qui constituent aujourd’hui des reliefs artificiels identifiables dans les données topographiques fédérales (IGN) accessibles via le portail geo.be. Ces structures, parfois culminant à plus de 100 mètres, modifient localement la morphologie du paysage et servent de repères dans les plaines environnantes. Plus au sud, la transition vers les plateaux de l’Ardenne occidentale se manifeste par une élévation progressive du relief et une couverture forestière plus dense, comme l’indiquent les cartes d’occupation du sol publiées par le Service public de Wallonie.

L'altitude de la province est comprise entre (Celles), (La Docherie) et (L'Escaillère).

Environnement L’environnement de la province de Hainaut se caractérise par une combinaison étroite entre milieux naturels préservés, paysages agricoles étendus, zones urbanisées denses et réseaux hydrographiques structurants. Trois parcs naturels reconnus en Wallonie structurent une grande partie de la trame écologique : le Pays des Collines, les Plaines de l’Escaut et les Hauts-Pays, chacun offrant des reliefs, des habitats et des dynamiques paysagères distincts. Le Pays des Collines présente une géomorphologie ondulée façonnée par des collines sablo-argileuses et une mosaïque de forêts, prairies et terroirs agricoles, tandis que les Plaines de l’Escaut s’étendent sur plus de 46 000 hectares autour d’un réseau de zones humides, de boisements alluviaux et de corridors écologiques transfrontaliers, en continuité avec le parc naturel régional français Scarpe–Escaut. Les Hauts-Pays, au sud, forment un ensemble bocager et forestier marqué par les influences du massif ardennais et de la Thiérache, avec des altitudes dépassant localement les 300 m.

Le territoire hainuyer est également structuré par un réseau dense de cours d’eau environ 6 500 km qui jouent un rôle essentiel dans les équilibres écologiques, agricoles et socio-économiques. Leur gestion repose sur une approche intégrée visant à concilier libre écoulement, prévention des inondations, qualité hydromorphologique, continuité piscicole et usages récréatifs. Les Contrats de rivière coordonnent les acteurs locaux afin de restaurer les berges, améliorer la qualité des eaux et harmoniser les pratiques. Cette gestion est d’autant plus cruciale que la province compte 55 % de surfaces agricoles et 12 % de zones urbanisées, ce qui impose une vigilance particulière face aux pressions sur les milieux aquatiques.

La province mène par ailleurs une politique active d’éco‑développement territorial, intégrant les enjeux de santé environnementale, de prévention des risques et d’adaptation climatique. Des investissements importants notamment via le dispositif NAQIA visent à réduire l’impact des inondations, tandis que les laboratoires provinciaux réalisent des analyses de l’air, des sols et des eaux pour surveiller la qualité de l’environnement. Les services agricoles, tels que le CARAH et le CREPA, travaillent à l’adaptation des pratiques aux changements climatiques, renforçant la résilience des écosystèmes ruraux.

Enfin, la province participe à des projets transfrontaliers de gestion durable des bassins versants, comme Fusion, consacré au bassin de la Lys. Ce programme vise à ralentir les écoulements, renforcer la biodiversité et développer des outils innovants tels que la cartographie satellite des zones inondables. Ces initiatives témoignent d’une volonté de concilier aménagement du territoire, préservation des milieux naturels et anticipation des effets du changement climatique.

Faune et flore La faune et la flore de la province de Hainaut se distinguent par une diversité remarquable liée à la coexistence de zones humides, de massifs forestiers, de plaines agricoles et de corridors écologiques. Les marais d’Harchies-Hensies-Pommerœul constituent l’un des ensembles naturels les plus riches de Wallonie : cette zone humide de , classée Zone Humide d’Intérêt Biologique, abrite de vastes roselières et attire une avifaune spécialisée, notamment des hérons, des grandes aigrettes, des foulques, des fuligules et des sternes, observables au fil des saisons. Dans les paysages bocagers et forestiers, comme au Bois-Lombut, la mosaïque de haies, prairies, plaines et zones boisées soutient un biotope particulièrement varié. On y recense 391 espèces animales et végétales, dont pollinisatrices, ainsi que de nombreux mammifères (chevreuils, renards, hérissons), des rapaces (buses variables, crécerelles), des pics, des mésanges, des martins-pêcheurs et une forte diversité de chauves-souris, avec plus de enregistrés en quatre nuits pour plusieurs espèces du genre Pipistrellus, Myotis et Eptesicus. Les milieux ruraux et forestiers de la Botte du Hainaut complètent cet ensemble, offrant un cadre propice à l’observation d’une faune variée incluant insectes, batraciens, oiseaux et petits mammifères, dans un environnement où les liens entre espèces et biotopes sont mis en valeur par des activités naturalistes et éducatives locales.

Les observations naturalistes contemporaines confirment cette richesse : la province accueille régulièrement des espèces d’oiseaux communes ou migratrices telles que l’oie des neiges, la spatule blanche, la cigogne blanche, la perdrix grise, le râle d’eau, le chevalier culblanc ou encore la sterne pierregarin, témoignant de la diversité des habitats et de leur attractivité pour l’avifaune européenne. Dans les zones boisées comme le Bois d’Havré, la flore comprend notamment le lamier jaune, le bugle rampant et d’autres plantes typiques des sous-bois humides, tandis que la faune entomologique se distingue par la présence de cétoines dorées, bourdons des pierres, abeilles charpentières et autres pollinisateurs essentiels. Les oiseaux forestiers tels que la fauvette à tête noire, le roitelet à triple bandeaux ou la bergeronnette grise y sont également fréquents, renforçant le rôle de ces espaces comme corridors écologiques permettant la dispersion et la survie des espèces.

Histoire

L'origine de la province de Hainaut remonte à 1795, lors de la réunion des Pays-Bas autrichiens à la France révolutionnaire, le département de Jemmapes principalement fondé sur la réunion de la partie nord-est de l'ancien comté de Hainaut, du Tournaisis et d'une partie du comté de Namur (Charleroi), où sont concentrées la plus grande part des mines de charbon de Belgique. À Paris, le décret du (14 fructidor an III) de la Convention nationale française découpe les comtés, duchés et principautés de Belgique et des Pays-Bas en neuf départements français mais ne décide pas l'annexion de la Belgique par la France.. Le Comité de salut public approuve le décret.. Le , Lazare Carnot et Merlin de Douai persuadent la Convention nationale française de voter le décret du 9 vendémiaire an IV annexant la Belgique et les Pays-BasIsidore Plaisant, Pasinomie, ou Collection complète des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux qui peuvent être invoqués en Belgique de 1788 à 1832, tome 7, Bruxelles, 1835..

Le département de Jemmapes doit son nom à la victoire des révolutionnaires contre les troupes impériales autrichiennes à la bataille de Jemappes en 1792.

Après la chute du Premier Empire, par le traité de Paris du , la France conserve les cantons de DourAlain Jouret, La vie d’une localité entre Borinage et Haut Pays au début du : Dour, de la fin de l’Empire français aux lendemains de la révolution de 1830, dans Annales du Cercle d’histoire et d’archéologie de Saint-Ghislain et de la région, V, 1989, ., Merbes-le-Château, Beaumont et ChimayTraité de paix signé à Paris, le 30 mai 1814, article 3 : « Du côté de la Belgique, […] l'ancienne frontière, ainsi qu'elle existait le janvier 1792, sera rétablie, […] avec les rectifications suivantes : […] 1° Dans le département de Jemmapes, les cantons de Dour, Merbes-le-Château, Beaumont et Chimay, resteront à la France ; la ligne de démarcation passera, là où elle touche le canton de Dour, entre ce canton et ceux de Boussu et Pâturage, ainsi que, plus loin, entre celui de Merbes-le-Château et ceux de Binche et de Thuin ; […] ».. Par une ordonnance du Ordonnance du 18 août 1814, qui réunit aux départements du Nord et des Ardennes divers cantons conservés à la France par le traité de paix conclu entre sa majesté et ses alliés, publié au Bulletin des lois du 6 septembre 1814., Louis XVIII réunit les cantons de DourAlain Jouret, La vie d’une localité entre Borinage et Haut Pays..., Merbes-le-Château et Beaumont au département du Nord (le premier, à l'arrondissement de DouaiOrdonnance du 18 août 1814, article : « Le canton de Dour est réuni au département du Nord et à l'arrondissement de Douai ». ; les deux autres, à l'arrondissement d'AvesnesOrdonnance du 18 août 1814, article 2 : « Les cantons de Merbes-le-Château et de Beaumont sont réunis au département du Nord et à l'arrondissement d'Avesnes ».) et celui de Chimay au département des Ardennes (arrondissement de RocroiOrdonnance du 18 août 1814, article 3 : « Les cantons de Chimay, de Valcour, de Florenne, de Beauraing et de Gédinne, seront réunis au département des Ardennes et à l'arrondissement de Rocroy ».).

Ce département de Jemmapes fut dissous en 1814 et remplacé par la province de Hainaut à l'époque du royaume uni des Pays-Bas. Le Koninklijk besluit van 16 maart 1815, nr 1, Staatsblad, 1815, 27, Guillaume des Pays-Bas accepte le trône du royaume uni des Pays-Bas avec une constitution qui fusionne les neuf provinces des Pays-Bas aux huit provinces belges dont la Province de HainautHenri Pirenne, Histoire de Belgique, t. 3, Bruxelles, la Renaissance du Livre, 1950 (rééd.), .. Le , le triumvirat (Driemanschap) du gouvernement provisoire de La Haye proclame la loi fondamentale créant les huit provinces belges du royaume uni des Pays-Bas..