L'église Saint-Germain-de-Paris est une église catholique paroissiale située à Cléry-en-Vexin, en France. Elle se compose de deux ensembles architecturaux relativement homogènes et bien conservés. L'un remonte au début du et se compose du transept, du clocher en bâtière central et du chœur carré ; l'autre remonte au et comporte la nef avec ses bas-côtés. Commencé dans un style encore purement gothique flamboyant, le bas-côté sud présente déjà des finitions dans le style de la Renaissance. Les richesses de l'église sont son élégant clocher, qui a peut-être inspiré celui d'Auvers-sur-Oise, le portail occidental richement sculpté dans le style gothique flamboyant, les belles voûtes d'ogives d'origine de la croisée du transept, du croisillon nord et du chœur, et la curieuse ornementation des trois voûtes de la nef. L'église est classée monument historique depuis 1929. Elle est affiliée au secteur pastoral du Vexin ouest avec siège à Magny-en-Vexin, et les messes dominicales n'y sont célébrées plus qu'irrégulièrement, deux fois par an.
Localisation thumb|left|Vue depuis le sud-est.
L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune de Cléry-en-Vexin, au centre du village, place de l'Église. Il ne s'agit pas d'une place à proprement parler, mais de l'ancien cimetière, qui surplombe légèrement la rue du Bâtiment, au nord, et la rue du Logis, à gauche. Aménagé en pelouse et bordé d'arbres au nord de l'église, l'ancien cimetière comporte aussi une partie sans entretien, au sud. Un petit parvis utilisé comme parking par les riverains se situe devant la façade occidentale. Il faut gravir deux marches d'escalier pour accéder au portail occidental. Au nord, le dénivelé entre la place et le niveau du sol de l'église est plus important, ce qui est mis en exergue par un mur de soutènement près de l'élévation septentrionale. L'édifice est dégagé de bâtiments contigüs, et l'on peut en faire le tour. Cependant, l'élévation méridionale se rapproche d'un ancien corps de ferme, et il n'est pas possible de l'apprécier en prenant du recul. Comme particularité, un arc en maçonnerie relie la façade de l'église à ce corps de ferme.
Historique thumb|Vue générale depuis l'est. thumb|Façade occidentale flamboyante.
Les origines de la paroisse se perdent dans le temps. L'abbé Vital Jean Gautier situe sa fondation au . Le patron de l'église est saint Germain de Paris, évêque de Paris mort en 576. Sous l'Ancien Régime, Cléry-en-Vexin relève du doyenné de Magny-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbé de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise., à laquelle elle fut donnée vers 1099 par Raoul II et Raoul III Deliès.. L'église actuelle est au moins le deuxième ou le troisième édifice au même emplacement, mais l'on ignore tout sur les édifices précédents. Selon l'Histoire de Meullant de Lévrier, manuscrit conservé à la bibliothèque nationale, l'église de Cléry fait partie des dix-sept églises dites du vœu d'Agnès de Montfort, qu'elle aurait promis de faire bâtir si son mari Galéran IV de Meulan rentre de croisade sain et sauf. Il rentre en effet en 1156, et les églises auraient toutes été réalisées dans un délai de sept à dix ans, avec des clochers en pierre de taille d'une belle structure. Si ce vœu s'est réalisé, l'on peut néanmoins affirmer que les parties les plus anciennes de l'église actuelle ne sont pas antérieures au début du . De cette époque, datent le transept, le clocher en bâtière se dressant au-dessus de la croisée du transept, et le chœur carré. La nef et son bas-côté nord peuvent être datés du second quart du . La façade occidentale de style gothique flamboyant est souvent comparée avec celle de l'église Saint-Denis de Serans et attribuée à l'architecte Robert Grappin. Le portail de Serans aurait été commandé par Pierre le Boucher d'Hardeville, qui fut également seigneur de Cléry. Le bas-côté sud est un peu plus récent et affiche le style de la Renaissance. Au moment de sa construction, le croisillon sud est revoûté, et le remplage de ses fenêtres est refait....
La Révolution française met un terme à la hiérarchie ecclésiastique traditionnelle et apporte le regroupement de l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise dans le nouveau diocèse de Versailles. Aucun auteur n'a encore étudié l'histoire de la paroisse depuis le Concordat de 1801, bien que les sources sont certainement plus nombreuses que pour l'Ancien Régime. En 1887, le conseil de fabrique vend les vantaux en bois du portail occidental. Sculptés de médaillons et d'arabesques Renaissance, ils n'étaient pas sans mérite. En 1903, Léon Plancouard déplore une restauration à la fin du , qui a effacé des inscriptions en onciale et des marques de tâcheron.. Vers la même époque, le repavage de l'intérieur en carreaux d'Arthies et d'Auneuil a fait disparaître la cinquantaine de plaques funéraires qu'abritait de l'église. Léon Plancouard a réuni une partie des épitaphes, et listé les défunts dont il a pu retrouver les noms. En , le cimetière autour de l'église est transféré vers son emplacement actuel, en dehors du village.. Louis Régnier cite l'église de Cléry parmi celles où la Renaissance est mêlée à l'art gothique, qui domine parfois presque entièrement jusqu'en 1550. .. L'édifice est classé au titre des monuments historiques par arrêté du en 1929. Depuis 1966, la paroisse de Cléry est affiliée au diocèse de Pontoise, dont l'érection va de pair avec la refonte des départements d'Île-de-France et la création du département du Val-d'Oise. Le village n'a depuis longtemps plus de prêtre résident, et la paroisse est desservie par le curé de Magny-en-Vexin ou son vicaire, dans le cadre du secteur pastoral du Vexin ouest. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Germain irrégulièrement, environ deux fois par an..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée régulièrement, l'église Saint-Germain-de-Paris suit un plan cruciforme simple et se compose d'une nef de trois travées accompagnée de ses bas-côtés ; d'un transept non débordant dont la croisée du transept sert de base au clocher ; et d'un chœur carré au chevet plat, d'une seule travée et sans chapelles latérales. Une sacristie se situe dans l'angle entre croisillon sud et chœur. Une tourelle d'escalier existe en façade, devant le bas-côté sud, et une cage à horloge dans l'angle entre croisillon nord et chœur. Toutes les travées sont approximativement carrées ou barlongues, et voûtées d'ogives. La longueur dans-œuvre de l'église est de , ce qui la classe parmi les modestes églises de village ; incombent au carré du transept et au chœur. Le transept mesure dans le sens transversal (nord-sud). La largeur de la nef est de , et celle des bas-côtés en est relativement proche, avec . La hauteur sous le sommet des voûtes est de dans la nef, de dans la croisée du transept et le chœur, de dans les croisillons, et de dans les bas-côtés. L'auteur qualifie la croisée du transept de chœur, et le chœur dans le sens architectural du terme de sanctuaire. Il confond la hauteur des bas-côtés et des croisillons.. L'on accède à l'église par le portail occidental, ou une petite porte au sud du croisillon sud. La nef et les bas-côtés sont recouverts ensemble par une toiture unique à deux rampants, avec un pignon en façade. Les parties orientales sont munies de toits en bâtière, avec trois pignons aux extrémités nord, est et sud.
Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|, élévation sud.
La nef est d'un style flamboyant tardif. Avec une hauteur à peine supérieure à deux fois et demi la largeur, il lui manque l'élancement, ce qui est un trait commun à la plupart des édifices flamboyants en milieu rural. Cependant, la finesse des piliers ondulés, la largeur des grandes arcades et leur hauteur importante confèrent à la nef une certaine élégance et légèreté. En effet, les bas-côtés atteignent presque les trois quarts de la hauteur du vaisseau central, ce qui réduit la portion de murs aveugles au-dessus des grandes arcades et atténue l'inconvénient de l'absence de fenêtres hautes, qui est également commun à la plupart des églises flamboyantes dans la région, sauf quelques édifices plus importants, tels que L'Isle-Adam et Vétheuil. Cette disposition permet de réaliser des économies dans la construction, car il n'y a pas besoin d'arcs-boutants et une charpente unique suffit pour les trois vaisseaux. Les piliers ondulés sont à huit renflements, comme à Saint-Étienne de Beauvais, Chaumont-en-Vexin et Serans, et non à quatre, ce qui est plus généralement le cas dans les églises de petites dimensions utilisant ce type de pilier, et même à Vétheuil. Les ondulations regardant vers les grandes arcades et les arcs-doubleaux sont légèrement plus fortes que les autres. Chaque ondulation possède sa propre base, qui se compose, du haut vers le bas, d'une plinthe moulurée et d'une section polygonaleLéon Plancouard dit : (Plancouard 1903, ). L'auteur ignore apparemment que c'est la forme la plus courante des bases à la période flamboyante tardive. Les socles sont octogonaux. Leur partie inférieure est difforme, ce qui donne à penser que le niveau du sol a été abaissé. L'arc brisé règne sur les grandes arcades et les voûtes. Les grandes arcades sont au profil d'un large tore entre des moulures piriformes dégagées par des cavets. Elles pénètrent directement dans les piliers, sans interposition de chapiteaux..