Jean Bernard Joachim Izoulet, né le à Miramont-de-Quercy et mort le à Paris, est un normalien (1874), agrégé de philosophie, élu en 1897 à la chaire de philosophie sociale du Collège de France créée pour lui « contre » Émile Durkheim.

Biographie

Jean Izoulet, fils de Jean Bertrand Izoulet, instituteur public, et d'Anne Loubatières, son épouse, naît le à Miramont (Tarn-et-Garonne). Après ses études secondaires au collège de Moissac, il prépare le concours d'entrée à l’École normale supérieure (ENS) au lycée Ingres de Montauban puis au lycée Louis-le-Grand à Paris.

Élève à l’ENS de 1874 à 1877 puis chargé de cours au lycée de Bourg-en-Bresse, il est reçu à l'agrégation de philosophie en 1880. Il prend un congé d'inactivité de 1880 à 1884 d'abord pour servir de secrétaire particulier à Paul Bert (ministre de l'Instruction publique et des cultes dans le gouvernement Gambetta), puis pour s'initier, pendant quatre ans, aux sciences naturelles et médicales, en suivant en particulier l'enseignement de Charles Robin. Jules Ferry le charge d'une série de cours de psychologie et de morale aux instituteurs du département de la Seine. Il est ensuite successivement professeur aux lycées de Douai, Henri-IV et Condorcet (de 1884 à 1897) puis, à partir de 1897, professeur au Collège de France.

Les ouvrages qu'il publie se rapportent tous à un même thème de redressement socio-politique, d’ordre intellectuel, moral et explicitement religieux. Ils sont animés par l'idée centrale du primat absolu de la société, dont le nerf devrait être une religion syncrétique où le christianisme serait complètement transformé. Sa thèse La Cité moderne ... suscite en 1895 une réaction catégorique de La Croix : et ne tarde pas à être mise à l'Index. En 1924, à nouveau, La Croix se fera l'écho d'un avertissement (donné par la Semaine de Tours) : .

La leçon inaugurale d'Izoulet au Collège de France, le , et les suivantes lui valent un hommage appuyé de Maurice Barrès :

et d'être chahuté à répétition, en particulier pendant le cours du , par les , comme le rapporte La Lanterne :

Le , à Paris, il épouse Marie Marmottan, fille du médecin et ancien député Henri Marmottan.

Victime de soucis de santé, il se fait remplacer, dans ses fonctions de professeur au Collège de France, par Georges Blondel, de 1917 à 1922 puis de 1927 à 1929Salamandre.

Il décède à Paris le , en son domicile 1 boulevard de Beauséjour, après une maladie de quatre mois.

Œuvres

L'âme française et les universités nouvelles selon l'esprit de la Révolution, Armand Colin, 1892

La cité moderne et la métaphysique de la sociologie : le suicide des démocraties, thèse pour le doctorat, présentée à la Faculté des lettres de Paris, Paris, Félix Alcan, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine», 1894.

Renan et l'Angleterre, ou l'École de Manchester et la perdition de l'Occident, H.Floury, 1920 Sans Russie, pas de France !, H.Floury, 1920

Paris : Capitale des religions ou la mission d'Israël, Albin Michel, 1926 La Métamorphose de l'Église ou la Sociologie, fille du Décalogue au Collège de France. Les quatre bases scientifiques de l'idée laïque Moïse et Aristote, pères du laïcisme Copernic et Claude Bernard, pères du panthéisme, ce super-laïcisme, 1928 Le Panthéisme d'Occident ou le super-laïcisme , Albin Michel, 1928.

Distinctions et hommages (1897) Un square à Moissac, où se trouve son buste, porte son nom.

Notes et références

Bibliographie Terral Hervé, "Jean Izoulet (1854-1929) : un penseur quercynois à redécouvrir", Bulletin de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne, 2006, vol. 131, . Vitry Alexandre de, "Jean Izoulet : une sociologie antidurkheimienne ?", L'Année sociologique, 2022/1, vol. 72, p. 71-90.

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