L'église Saint-Pierre-Saint-Paul est une église catholique paroissiale située à Arronville, en France. Elle possède une nef basilicale romane, qui remonte à la fin du ou au début du , et se distingue par la variété de ses chapiteaux, dont la sculpture est d'une facture archaïque, et représente les motifs d'une façon fortement stylisée. Les arcades latérales de la croisée du transept, en même temps base du clocher, et du chœur remontent à la même époque, mais ont été retouchées, notamment dans le chœur. De la période romane, subsistent également les vestiges des baies du premier étage du clocher, côté sud. Dès le premier quart du , plutôt qu'à la fin du même siècle ou au début du , les bas-côtés, les croisillons du transept et les chapelles latérales du chœur sont entièrement reprises, et voûtés d'ogives. Les voûtes d'ogives de la nef sont du même style gothique, bien qu'on les date seulement du début du . À la fin du ou au début du , la voûte et le chevet du chœur sont reconstruits dans le style gothique rayonnant, avec un curieux triplet tardif, dont la baie centrale est munie d'un remplage caractéristique de son époque. Pendant ou après la Guerre de Cent Ans et son lot de ravages, le clocher est rebâti dans un style gothique, que l'on ne peut pas qualifier de flamboyant. L'élévation septentrionale est également reprise. La partie la plus remarquable de l'église est la nef. L'extérieur manque de caractère et souffre des multiples remaniements au fil du temps, mais le clocher et le chevet sont néanmoins intéressants. L'église est classée monument historique depuis 1943.. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse de Nesles-la-Vallée, et accueille des messes dominicales plusieurs fois par mois.
Localisation
L'église est située en Île-de-France, dans le département français du Val-d'Oise et dans le Parc naturel régional du Vexin français, sur la commune d'Arronville, rue de la Mairie / cour des Lys, au nord-est de la mairie. Elle est bâtie un peu en retrait par rapport à la rue, qu'elle domine légèrement, et l'on y accède par une ruelle qui passe à droite de la mairie, et qui conduit au cimetière. Une pelouse au sud de l'église permet de la contempler avec quelque recul. Le monument aux morts de la commune se situe devant la façade du bas-côté sud. Il faut entrer au cimetière pour rejoindre le portail de l'église. En effet, le cimetière borde l'église à l'ouest et au nord. Ses élévations sont donc bien dégagées d'autres constructions, sauf au chevet, où le mur du cimetière se rapproche de l'édifice, et où une maison particulière est directement contigüe à ce mur. Un étroit passage permet néanmoins d'apercevoir les fenêtres du chevet.
Historique thumb|left|Chapiteau roman de la nef. upright|thumb|Plaque commémorative de la consécration en 1518. thumb|left|Chapiteau Renaissance de la nef. thumb|upright|Plaque commémorative d'une restauration au .
La date de fondation de la paroisse n'est pas connue avec certitude. L'abbé Vital Jean Gautier la situe en 1160. L'église est dédiée aux saints Pierre et Paul. Sous l'Ancien Régime, Arronville relève du doyenné de Chaumont-en-Vexin, de l'archidiaconé du Vexin français et de l'archidiocèse de Rouen. Le collateur de la cure est l'abbé de l'abbaye Saint-Martin de Pontoise.. L'église actuelle est édifiée à partir de la fin du ou du début . La nef subsiste de cette époque, ainsi que des vestiges de la base du clocher central, qui a toutefois perdu son caractère initial lors de sa reconstruction au début du . Au début du , les bas-côtés sont refaits, prolongés jusqu'au niveau du chevet du vaisseau central, et voûtés d'ogives. Plus tard, à la fin du ou au début du , le chœur primitif est remplacé par le chœur gothique actuel (du fait d'une analyse superficielle, Bernard Duhamel rattache le voûtement des bas-côtés, la reconstruction des croisillons et la construction des chapelles latérales du chœur à la même campagne). Le clocher est peut-être endommagé pendant la guerre de Cent Ans ; toujours est-il qu'il est entièrement reconstruit au-delà de sa base pendant une époque comprise entre le et le début du au plus tard. Selon Bernard Duhamel, sa base ancienne est renforcée dans le contexte de cette reconstruction. L'on observe également des points communs avec les contreforts et larmiers de l'élévation septentrionale. Toujours selon Bernard Duhamel, la nef est voûtée d'ogives à la même époque. Une plaque commémorative toujours visible dans l'église fait état de la consécration solennelle, célébrée le . Pour des motifs qui restent à déterminer, et à une époque inconnue, les chapiteaux à la fin des grandes arcades sont refaits dans un ordre composite évoquant la Renaissance, et la fenêtre occidentale de la nef et les fenêtres aux deux extrémités des deux bas-côtés sont réduites à de petits oculi..
Jusqu'en 1792, les seigneurs de Balincourt sont inhumés dans l'église.. La Révolution française apporte la rédéfinition des diocèses, qui correspondent désormais au territoire d'un département. Le diocèse de Versailles est érigé pour le territoire du département de Seine-et-Oise. En 1858, une nécropole mérovingienne est mise au jour en dessous de l'église. Selon une plaque commémorative de marbre, l'église est restaurée au cours du . On y lit l'inscription suivante : . L'emploi du terme commune situe la restauration après la Révolution française, tandis que l'emploi des titres baron et baronne donne à penser qu'elle est antérieure à la République. Les modifications signalées ci-dessus pourraient résulter de cette campagne de restauration. L'église est classée aux monuments historiques par décret du . Sous la Seconde Guerre mondiale, les vitraux sont emportés par le souffle des bombes. En 1966, le nouveau diocèse de Pontoise est créé pour les paroisses comprises dans le nouveau département du Val-d'Oise. Arronville en fait désormais partie. Ce n'est à présent plus une paroisse indépendante, et elle est affiliée à la paroisse de Nesles-la-Vallée. Elle regroupe un total de huit villages, les autres étant Frouville, Hédouville, Labbeville, Menouville, Vallangoujard et Valmondois. Les messes dominicales sont célébrées à Arronville plusieurs fois par mois.
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église. thumb|Vue intérieure générale. thumb|Chapiteau roman.
À peu près régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme, qui s'inscrit dans un rectangle. L'on distingue deux complexes bien différents, séparés par une rupture dans la hauteur des toitures et un pignon intermédiaire : à l'ouest, la nef de quatre travées accompagnée de ses deux bas-côtés, munis de toits en appentis prenant appui contre les murs de la nef, sans laisser la place à des fenêtres latérales ; et à l'est, le transept ne faisant qu'un avec le chœur carré au chevet plat et ses chapelles latérales, couverts ensemble par une toiture unique. Le clocher central s'élève au-dessus de la croisée du transept. Toutes les travées sont voûtées d'ogives. L'accès se fait uniquement par le portail occidental de la nef.
Intérieur Nef
La nef est assez spacieuse, mais très sombre, car le jour ne peut entrer directement que par un petit oculus dans la façade. En plus, la première fenêtre latérale des deux bas-côtés est bouchée, et le mur occidental des bas-côtés ne dispose également que d'un petit oculus. Les élévations latérales comportent deux niveaux, à savoir l'étage des grandes arcades et un étage de murs hauts, et subsistent de la période romane. Bien qu'appareillés soigneusement en pierre de taille, les murs sont badigeonnés de blanc. Par endroits, les traces d'un ancien décor en faux-appareil dessiné à l'ocre rouge reviennent à la surface : curieusement, les lignes ne correspondent pas toujours aux joints réels. Au-dessus des sommets des grandes arcades, les contours des fenêtres en plein cintre bouchées au moment du voûtement des bas-côtés sont difficilement identifiables.
Les grandes arcades sont en plein cintre, et à double rouleau. Elles ne sont ni moulurées, ni même chanfreinées, ce qui indique leur ancienneté. Le rang de claveaux supérieur retombe directement sur les piliers carrés. Le rang de claveaux inférieur est reçu sur les tailloirs sommairement moulurés des chapiteaux archaïques, qui reposent sur des demi-colonnes engagées dans les piliers. Ces caractéristiques justifient le rapprochement avec la nef de Cormeilles-en-Vexin, dont la sculpture des chapiteaux est néanmoins plus aboutie. La nef ressemble également à ses homologues d'Arthies, , Oulchy-le-Château et Villers-Saint-Paul, cette dernière étant plus récente. Les tailloirs sont loin d'adoper tous le même profil. Ils se composent, du haut vers le bas, d'un ou deux plates-bandes ou d'un boudin, et d'un biseau ou de deux gorges, par exemple. La plate-bande est parfois gravée d'une succession de losanges. Les chapiteaux sont tous différents, et représentent, de manière très simplifiée, des végétaux variés, des têtes humaines et des animaux. Sur les corbeilles, l'on observe par exemple un cheval dont la queue forme une volute d'angle, des feuilles striées, ou des feuilles d'angle stylisées aux extrémités enroulées en volutes, qui encadrent une feuille appliquée, une tête de diable barbu, ou une rouelle, qui rappelle un motif fréquent sur les stèles funéraires mérovingiennes. Bernard Duhamel souligne la facture primitive et rustique de la sculpture, et qualifie les chapiteaux d'absolument remarquables.
Comme d'autres nefs romanes ; Cormeilles-en-Vexin au début du , Arthies au , et Morienval au ; la nef d'Arronville a été voûtée d'ogives après coup. Les piliers n'étant pas munis d'impostes sur leur face frontale, le maître d'œuvre chargé de cette opération au début du n'a pas pu faire retomber les supports des nervures des voûtes sur les piliers ; de toute façon, l'architecture flamboyante en vigueur à l'époque favorise des nervures pénétrantes se fondant directement dans les piliers. Le parti retenu est donc la réception sur des culs-de-lampe engagés dans les murs. Leurs tailloirs moulurés au plan d'un demi-octogone reposent sur des têtes humaines. Les ogives et arc-doubleaux sont au profil de deux tores séparés par une gorge, ce qui est le profil des voûtes des bas-côtés, et soulève la question sur quels éléments repose la datation proposée par Bernard Duhamel. Un profil comparable apparaît déjà avant 1160 dans le collatéral sud du chœur de la collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Vraisemblablement, ce sont uniquement les clés de voûte ornées d'écus et d'autres motifs.
Bas-côtés thumb|Bas-côté sud, vue vers l'ouest.