L'église Saint-Pierre-Saint-Paul est une église catholique paroissiale située à Gonesse, en France. C'est la plus grande église du pays de France. Elle a été construite entre 1180 et 1305 environ sous trois principales campagnes de travaux, en réutilisant la base et le premier étage d'un clocher roman du second quart du . Le plan prévoit une nef de huit travées accompagnée de deux bas-côtés ; un chœur composée d'une travée droite et d'une abside en hémicycle ; et un déambulatoire sans chapelles rayonnantes, ce qui est assez rare. L'architecture gothique est très soignée, et les chapiteaux sont d'une grande qualité. Le vaisseau central comporte un triforium ou des galeries ouvertes sur combles sur toute sa longueur. La nef, qui date pour l'essentiel de la période comprise entre 1245 et 1305 environ, répond au parti fixé par l'architecte qui lança la construction du bas-côté nord au début du , et sa conception est propre à la première période gothique. Le triforium est néanmoins de style gothique rayonnant, et semble calqué sur la basilique Saint-Denis. L'étage des fenêtres hautes et les voûtes n'ont jamais été exécutés. Les parties orientales, construites en premier lieu entre 1180 et 1200 environ, sont d'une grande cohérence stylistique, et particulièrement harmonieuses grâce à ce court délai de construction. Les gracieuses colonnettes monolithiques apportent une note de raffinement, et les voûtes avec toutes leurs composantes sont très élégantes, mais l'absence de décoration autour des fenêtres témoigne aussi d'un souci de sobriété. Le rond-point de l'abside paraît comme une reproduction à échelle réduite de son homologue de la cathédrale Notre-Dame de Paris. L'église Saint-Pierre-Saint-Paul a été classée monument historique assez tôt par liste de 1862., et bénéficié de plusieurs campagnes de construction à la fin du et au second quart du notamment. Plus récemment, entre l'été 2012 et fin 2015, l'ensemble de l'église a été fouillé, et le chauffage par le sol et de nouvelles installations électriques ont été mis en place. L'église Saint-Pierre-Saint-Paul est le lieu de culte de l'une des deux paroisses de Gonesse, et des messes y sont célébrées quotidiennement.
Localisation thumb|upright|left|Approche par le sud.
L'église est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, en pays de France, sur la commune de Gonesse, rue du général Leclerc, à la limite nord-est du centre-ville ancien. Elle est bâtie sur une légère proéminence du terrain, qui la fait dominer les parties basses de la ville, au sud. La façade occidentale, qui donne vers la rue, est précédée d'un vaste parvis. L'élévation méridionale est partiellement visible de loin. Avec sa silhouette imposante, elle forge le caractère du bourg. Cependant, la perspective est bloquée en partie par les bâtiments du tribunal d'instance, et les parties basses sont dissimulées par des arbres. Le chevet est un peu mieux dégagé. Il donne sur la rue de l'hôtel-Dieu Pierre-de-Thillay. De l'autre côté de cette rue, l'on trouve les ruines de cet ancien hôtel-Dieu, prédécesseur de l'hôpital de Gonesse, fondé en 1208 par Pierre de Thillay. Les vestiges ont été inscrits aux monuments historiques par arrêté du .. Des chemins de promenade réservés aux piétons relient la rue de l'hôtel-Dieu au parvis, et permettent d'apprécier de près l'architecture de l'église.
Histoire L'histoire de la paroisse thumb|upright|Portail occidental. thumb|upright|Portail occidental, détail. thumb|upright|1- travée, élévation sud ; à gauche, les deux fenêtres conservant leur cordon de têtes de clous. thumb|upright|Vue depuis le sud-est. thumb|upright|Vue depuis le nord-est. thumb|upright|Clocher, côté est. thumb|upright|Chœur, côté sud. thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Bas-côté nord, . thumb|upright|Chœur, parties hautes. thumb|upright|Maître-autel et Christ en croix. thumb|upright|Tabernacle.
Gonesse est mentionné pour la première fois dans la charte du partage des biens de l'abbaye de Saint-Denis, sous l'abbé Hilduin, en 832. L'église Saint-Pierre est la plus ancienne parmi les deux églises paroissiales de la ville. Sa date de fondation n'est pas connue. En 1110, Galon, évêque de Paris, confirme au prieuré de Deuil-la-Barre la donation d'une partie des dîmes de Gonesse par Hervé de Montmorency, que ce dernier tenait du fief de l'évêque. Dans la même charte, il confirme au même prieuré la cession du droit de nommer à la cure par Burchard de Montmorency, fils du premier. Le prieuré de Deuil, qui relève de l'abbaye Saint-Florent de Saumur en Anjou, est donc le collateur de la cure de Saint-Pierre. Au début du , Odon de Sully, évêque de Paris, confirme au prieuré de Deuil le droit curial de la chapelle de Vaud'herland, à condition que le prêtre de Gonesse en soit le curé et en reçoive les droits. L'abbé Lebeuf souligne qu'il est parlé au singulier du prêtre de Gonesse. Une charte de Guillaume du Perche, évêque de Châlons, parle d'un legs fait à la cathédrale Notre-Dame de Paris de trois parties des autels de Gonesse, et sous-entend ainsi qu'il y a plusieurs églises.. Cependant, dans un procès jugé en 1397, il n'est parlé que d'un prêtre desservant Gonesse, nommé Jean Le Clerc..
L'autre église paroissiale du bourg relève également du prieuré de Deuil. Elle est dédiée à saint Nicolas, et dite aussi de Gallande (selon l'un des principaux fiefs de Gonesse).. Vers la fin du , Guillaume de Cambray, prieur de Deuil en 1486, nomme un même curé pour les deux paroisses, sous prétexte que leur union aurait été décidée par le pape. L'église Saint-Nicolas est loin d'avoir l'éclat de l'église Saint-Pierre, mais son intérieur est d'un aspect propre et agréable quand l'abbé Lebeuf la voit vers le milieu du . Il estime que l'édifice date du premier tiers du environ. Il serait donc de style flamboyant tardif, comme Le Mesnil-Amelot. Une inscription en caractères gothiques sur un pilier du nord renseigne que la consécration de l'église et des cinq autels été faite en 1532, le dimanche après la translation des reliques de saint Nicolas, par Guillaume II Le Duc, abbé de Sainte-Geneviève et évêque in partibus de , commis par François Poncher, évêque de Paris. Plus anciennes sont les premières travées du bas-côté sud, qui affichent apparemment le style rayonnant tardif de la fin du ou du début du . Les deux dernières travées du bas-côté sud, prolongées par la sacristie, sont rajoutées en 1609. Le clocher, situé au-dessus du portail septentrional, est bâti en 1732 seulement. Ces travaux, qui sont encore de date récente au moment de la Révolution, n'ont pas empêche la démolition totale de l'église en 1793.. - Au , Gonesse est l'un des doyennés du diocèse de Paris, archidiaconé de Paris. Plus tard, le doyenné de Gonesse est dissout, et rattaché à celui de Montmorency.
En 1785, l'église Saint-Pierre-Saint-Paul acquiert une certaine notoriété dans la région à la suite d'un miracle ayant lieu sur le parvis de l'église, devant la statue de saint Pierre ornant le portail principal. Le jeune Nicolas Baffart, âgé de seize ans et paralysé depuis trois ans, peut subitement remarcher. Deux médecins attestent cette guérison inexpliquée. Un véritable culte populaire se développe, avec un afflux de handicapés, dont un certain nombre se défait de ses béquilles qui sont accrochées au-dessus de la statue. Du fait des troubles de la Révolution française, l'attestation par l'archevêque n'aboutit pas. Le culte continue encore un certain temps après la Révolution, parfois sans présence de prêtre, avant qu'il ne soit définitivement interdit.. Le vocable de Saint-Paul comme deuxième patron est ajouté tardivement, sans doute après la Révolution, car il n'est pas encore mentionné par l'abbé Lebeuf, vers le milieu du . Les hiérarchies ecclésiastiques traditionnelles sont bouleversées par la Révolution, et l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise est regroupée dans le nouveau diocèse de Versailles. Selon Dominique Foussard, . En définitif, la création du département du Val-d'Oise apporte l'érection du nouveau diocèse de Pontoise en 1966, et Gonesse en fait désormais partie. Depuis 1965, la ville compte de nouveau une deuxième paroisse, qui concerne le grand ensemble de La Fauconnière, dont les immeubles sortent de terre au cours des années 1960. La nouvelle église est dédiée à Saint-François-d'Assise, et est une œuvre de l'architecte Olivier Caplain..
Les campagnes de construction de l'édifice
Les archives ne conservent plus aucun document relatif à la construction de l'église. Ce n'est pas le premier édifice religieux au même endroit. L'on sait depuis longtemps que la base romane du clocher remonte au milieu du .. Dominique Foussard situe la reconstruction gothique du chœur entre 1180 et 1200. Le baron Ferdinand de Guilhermy formule l'hypothèse que le roi Louis VII aurait pu favoriser ce chantier par un don afin de rendre grâce pour la naissance sur le tard, longtemps attendue, de son fils unique et successeur, Philippe II Auguste, en 1165.. En s'appuyant sur les travaux des historiens, Marcel Aubert ne croit pas que Philippe Auguste soit né à Gonesse, mais il y est néanmoins venu tout enfant, et séjourne fréquemment en ce bourg du domaine royal. Une charte de l'hôtel-Dieu le qualifie même de Philippe de Gonesse, et atteste ainsi de l'intérêt particulier que le souverain porte à la bourgade. Philippe Auguste, plutôt que son père, serait donc lié, d'une manière ou d'une autre, à la reconstruction de l'église Saint-Pierre, que ce soit en mettant à disposition du maître d'ouvrage un architecte royal.. Cet avis est partagé par Dominique Foussard.Le plan de l'église, sans transept et avec déambulatoire sans chapelles rayonnantes, est partagé avec les cathédrales de Laon et de Paris dans leur premier état, et par la collégiale de Mantes. Selon Dominique Foussard, le rond-point de l'abside fait explicitement référence à Notre-Dame de Paris et Saint-Germain-des-Prés.