Monceau-sur-Sambre (en wallon local : Li Moncha-so-Sambe, ou encore en wallon standardisé : Moncea-so-Sambe) est une section de la ville belge de Charleroi située en Wallonie dans la province de Hainaut.
Rattachée à Marchienne-au-Pont de 1795 à 1822, Monceau-sur-Sambre était une commune à part entière jusqu'à la fusion des communes de 1977.
Toponymie Moncha est la traduction en wallon local des mots éminence, hauteur, relief, colline. Monceau-sur-Sambre signifie donc petit mont au bord de la Sambre.
Citée sous l'appellation de : Monchiel dans des documents de 1121, 1416, 1432, 1445, 1498 et pendant le haut Moyen Âge ; Monchial dans des documents de 1290 et 1350 ; Monchiaul dans un document de 1435 ; Monchea dans un document de 1420 ; Moncheau dans des documents de 1425, 1464, 1475 et 1509 ; Monceau dans des documents de 1517 et 1557 ; Monceau-sur-Sambre au .
Géographie Géographie physique Relief Altitudes : minimum de . au niveau de la Sambre et maximum de . au lieu-dit « Les quatre seigneuries »Ce lieu-dit se trouve à la limite avec Goutroux et Courcelles., rue Fosse du Bois.
Géologie Le sous-sol de la section est entièrement constitué par du terrain houiller. Dans la partie méridionale apparaît une bande de calcaire carbonifère. Le limon n'affleure que sur quelques surfaces disséminées, le reste du sol arable étant du schiste houiller. Des alluvions anciennes déposés par la Sambre, l'Ernelle et le Piéton tapissent le sud de la section. Le grès houiller inférieur a été exploité, à ses affleurements, comme pavés et moellons de construction. La partie nord est tapissée de sable de l'ère tertiaire.
Hydrographie La section est arrosée : au Nord, par le Préa qui coule du Bois du RognacCe bois se trouve à l'extrême nord de la localité, à la limite avec Courcelles, Goutroux et Roux. et qui se jette dans le Moulin de Souvret à Roux ainsi que par le Judonsart qui coule de Goutroux et qui se jette dans le Piéton. à l'Est par le Piéton, presque entièrement voûté, et qui coule parallèlement au canal Bruxelles-Charleroi. au Sud et à l'Est par la Sambre qui coule du lieu-dit « La jambe de bois » Ce lieu-dit se trouve à la limite avec Marchienne-au-Pont et de Montigny-le-Tilleul.; de l'Ouest à l'Est par l'Ernelle, qui coule de Goutroux, parallèlement à la rue de Mons (N.90).
Géographie politique
Géographie ecclésiastique Monceau et Marchiennes ne font qu'une même paroisse jusqu'en 1838’. Monceau-sur-Sambre est une paroisse du doyenné de Marchienne-au-Pont, dans le diocèse de Tournai. L'église Saint-Louis de Gonzague n'étant plus ouverte au culte depuis , les offices religieux sont célébrés à Marchienne-au-Pont.
Toponymie de quelques lieux-dits Les Quatre Seigneuries : au nord-ouest de la section, où se dresse le château d'eau, près des rues J-B. Van Petegem et A. Deltenre. Un document de 1467 y situe la limite des bois du Prince de Liège, du Seigneur de Monceau et du Seigneur de Fontaine et de Landely (Landelies). Une borne de pierre bleue porte les initiales suivantes, sur ses quatre faces : L = Landelies (au sud); F.L = Fontaine-l'Évêque; M = Marchienne; M = Monceau).
Les Grands Trieux : lieu-dit, à la limite de Goutroux, signifiant les grands pâturages. Depuis 1992, nom du quartier nord de Monceau.
Rognac : lieu-dit aux confins nord-ouest de Monceau, vers les bordures boisées du bois dit des XXIV bonniers. Cet endroit écarté et inhabité désigne un ravin marécageux, avec des sources abondantes. Dans le radical se retrouve l'élément graphique le plus usité dans toutes les langues, pour la désignation de l'eau courante.
Ruau : au nord-est de Monceau, vers Roux, commune à laquelle partant du Ruau même, conduit la rue de Roux. Ruau provient du roman rode, équivalent de sart. Ont une signification similaire, après Roux, le champ des Ruaux à Pont-à-Celles ; les Ruaux à Arsimont ; le blanc ruwau à Sivry ; Ruage à Blandain (Hainaut) ; Rua à Amay (Liège) ; Roua à Pailhe (Liège) ; Rouats à Stoumont ; ferme de Ruart (autrefois Ruwa) à Webbecom (Brabant) ; le roux de Mahihan, à Gouy-lez-Piéton. Quant aux laminoirs du Ruau, ils ont été établis par Émile Constant Bonehill.
Le Hameau : au sud-ouest de Monceau, vers Landelies et Morgnies. Se prononce hamellum en bas-latin ; hamial, hameal en roman ; « hameau » en français ; hem, heim en allemand. Partie de Monceau appelée avouerie (vouverie) en 1467, eut son voweit (avoué) particulier, plus tard son maître de ville (cité en 1626) et enfin son bourguemaître (encore mentionné en 1782) de communauté, concurremment avec les mandataires des manants de Monceau. Depuis 1992, nom du quartier sud de Monceau.
Principaux axes routiers Axe routier est-ouest (N.90) de Charleroi à Mons : route de Mons et rue de Mons, vers Morgnies. Cet axe routier a été tracé à l'époque napoléonienne, vers 1810.
Les trois axes routiers ci-après figurent déjà sur les cartes de cabinet des Pays-Bas autrichiens, levées à l'initiative du comte de Ferraris de 1770 à 1778. Axe routier sud-nord de Marchienne-au-Pont à Trazegnies : rue de Trazegnies, actuelle Nationale 583 et, à partir du carrefour du Ruau, rue de Roux (actuelle Nationale 584). Axe routier ouest-est au cœur de Monceau : rue de Goutroux, place Sabatier, rue du Calvaire. Axe routier est-ouest : chemin du Hameau et rue de Landelies.
Transports publics TEC Charleroi La localité est sillonnée par : les bus du TEC Charleroi des lignes 43, 50, 51, 52, 71, 72, 73, 74, 75, 83 et 172 ; le Métro léger des lignes M1 et M2.
Voies ferrées (Infrabel) Les voies d'accès sud (voies 1 et 2 de Marchienne-au-Pont) à la gare marchandises de formation de Monceau, électrifiées sous 3000V CC.
Pour le trafic voyageurs, Monceau-sur-Sambre est desservi par la gare de Marchienne-au-Pont, parcourue par : la ligne 112 Mons-Charleroi via La Louvière-Sud : double voie électrifiée sous 3000V CC., voies 1 et 2 en gare de Marchienne-au-Pont. la ligne 124 A, doublement de la ligne 124 entre Luttre et Charleroi-Central : double voie électrifiée sous 3000V CC., voies 1 et 2 en gare de Marchienne-au-Pont. la ligne 124 de Bruxelles-Midi à Charleroi-Central : double voie électrifiée sous 3000V CC., voies 3 et 4 en gare de Marchienne-au-Pont.
Démographie + Évolution de la populationSauf 1977 - 1977 - 1801 1846 1900 1947 1977Fusion des communes en Belgique. 2001 2008250
Histoire Antiquité (-3000 - fin ap. J.-C.)
Lors de l'Antiquité, le site de Monceau est occupé par les Pleumosiens, clients des Nerviens jusqu'à ce qu'il soit annexé par l'empire romain au à la suite de la guerre des Gaules. Sous les Romains, Monceau dépend du grand Pagus de Lomme.
Moyen Âge (fin ap. J.-C. - fin )
Pendant la période franque, le grand Pagus de Lomme, dont le chef-lieu est Gembloux, a sous sa juridiction le pagus moyen de Darnau, dont Monceau fait partie, côtoyé à l'ouest par le pagus moyen d'Hainault. Les lieux-dits « chemin du sars d'Hainaut et sart Hainault », au nord-ouest de Monceau, rappellent ce voisinage.Monceau et Marchiennes forment une même paroisse et à une date - antérieure au - que nous ne connaissons pas, Marchiennes avec toutes ses dépendances et son ban sont léguées au chapitre de Saint-Lambert de Liège ; cette donation est confirmée par le pape Innocent II dans une bulle du .
En 1245, le chapitre cède Marchiennes au prince-évêque de Liège en échange de deux moulins. La principauté de Liège est divisée en quartiers et chaque quartier est divisé en districts dont le nombre varie suivant son étendue. Le quartier d'Entre Sambre et Meuse dont la paroisse de Marchiennes-Monceau fait partie, comprend cinq districts : dans le deuxième on trouve Couillet, Landelies, Leernes, Mont-sur-Marchienne, Montigny-le-Tilleul, Marchienne-au-Pont et Monceau-sur-Sambre.
Époque moderne ( - fin )
La principauté de Liège, dont Monceau fait partie sous l'Ancien Régime, fait partie du cercle de Westphalie ; son indépendance et sa constitution sont défendues par la confédération germanique. Monceau est terre liégeoise jusqu'au décret du 9 vendémiaire an IV ().
Pour expliquer succinctement quelques pouvoirs locaux, l'exemple de la cour de Justice de Monceau montre que, à partir de 1555 : elle est composée d'un bailli, d'un maïeur (président), de 4 à 6 échevins exerçant les fonctions de juges ; viennent ensuite le greffier et les sergents ; les sergents s'occupent de la police et font le service d'huissier ; le greffier et les sergents sont nommés par le seigneur de Monceau ; les bourgmestres, chargés de la collecte des tailles (impôts), sont nommés par les habitants ; la cour de Justice de Monceau-sur-Sambre ne peut condamner à la peine capitale ; dans tous les procès criminels et même dans d'autres, elle doit envoyer à Liège les pièces de procédure et ne doit juger que sur décharge ou recharge des échevins de Liège, c'est-à-dire proclamer la décision de ses chefs. Quant à ses actes de l'état-civil, ils se confondent avec ceux de Marchiennes : de 1613 à 1795, les registres sacramentaires seuls, tenus par les prêtres de la paroisse, forment « l'état-civil » ; de 1795 à 1823, les registres civils tenus par la commune. D'après les archives communales, des procès en sorcellerie se succèdent de 1579 à 1671. 24 personnes sont inculpées et 6 femmes sont brûlées sur des bûchers.
En ce qui concerne les événement militaires sous l'Ancien régime, les archives de Monceau ne permettent pas de remonter au-delà du . Celles qui nous sont parvenues relatent que la communauté de Monceau : invitation du prince-évêque à contribuer à l'entretien des troupes (1496, 1516, 1597-98, 1638, 1651) paiement pour la réparation des forteresses ou des barricades (1576, 1653) paiement pour faire la guerre ou repousser l'ennemi (1538, 1581) invitation à organiser la défense de la localité (1584, 1701, 1707) obligation d'héberger et d'entretenir des troupes (1587, 1607, 1627, 1687, 1690-1697, 1702-1705, 1712-13, 1746) envoi des vivres, de l'équipement et de l'argent aux armées, aux forteresses (1655, 1673, 1683, 1697, 1706, 1708, 1710, 1746, 1749) menace de mort par les troupes « alliées » (1680) rançon (1636) empêchement de commercer (1701) pillage des champs et greniers (1707, 1794) Monsieur Joseph Denis, le premier instituteur communal connu à Monceau-sur-Sambre, entre en fonction le jusqu'en 1737. En 1786, l'instruction est officiellement organisée : la communauté de Monceau, présidée par la cour de Justice s'assemble en vue de choisir un maître d'école. Albert Piron est accepté avec l'agréation du seigneur et du révérend pasteur. Il doit tenir l'école pour l'instruction de la jeunesse des deux sexes. Il entre en fonction le , il occupe gratuitement un logement avec jardin. Il est rétribué selon le résultat obtenu avec chaque élève; en hiver, chaque élève doit apporter sa part de chauffage, sa « feuée » . Ce maître d'école occupe le poste jusqu'à l'époque (1795) où Monceau est réuni à Marchiennes. Chaque année, l'instituteur doit se présenter devant la communauté qui décide qu'il a bien ou mal rempli sa mission. Époque contemporaine (fin - ) vignette|256x256px|Dépendance du château datant entre 1601 et 1700
Les révolutions française et liégeoise de 1789 ont des répercussions importantes pour Monceau. La Belgique est envahie en par les troupes de la République française et les Français remportent la victoire à la bataille de Fleurus. Monceau devient terre française jusqu'au Traité de Paris du . L'organisation administrative de Monceau est bouleversée : en 1794, la cour de Justice est supprimée et remplacée par des tribunaux réguliers ; en 1800 la communauté fait place à la Mairie. Sous la République française, sous l'Empire et - partiellement - sous le Royaume des Pays-Bas, soit de 1795 à 1822, Monceau fait partie de Marchiennes. La commune recouvre son « indépendance » par arrêté du roi Guillaume des Pays-Bas du ’.