L'équipe de Bolivie de football (en espagnol : ) est la sélection de joueurs de football boliviens représentant le pays lors des compétitions régionales, continentales et internationales sous l'égide de la fédération bolivienne de football. Après une affiliation de la fédération à la Confédération sud-américaine de football puis à la FIFA en 1926, la sélection s'engage en Championnat sud-américain de football où elle dispute la première rencontre de son histoire la même année face au Chili. La Copa América 2019 constitue sa à la compétition continentale. Elle compte à son palmarès une victoire en Copa América en 1963, ainsi qu'une finale perdue (en 1997), et a participé à trois phases finales de Coupe du monde (1930, 1950 et 1994).

Elle a également remporté le tournoi de football des Jeux bolivariens à deux reprises. La « Verde », comme elle est surnommée, dispute ses rencontres à domicile au Stade Hernando Siles, situé à La Paz, à plus de mètres d'altitude. Les Boliviens sont, au , au rang mondial selon le Classement FIFA.

Histoire Genèse de l'équipe nationale (1926-1930)

La fédération bolivienne de football est fondée le dans la ville de Cochabamba. De nombreuses associations et clubs amateurs existent dans le pays depuis la fin du et organisent des compétitions au niveau local. Le premier président de la fédération est le docteur Aniceto Solares. La création de la fédération permet par la suite l'instauration du tout premier championnat national de football. Le , la fédération s'affilie à la FIFA. lors de son , organisé à Rome et fait de même à la CONMEBOL, la confédération sud-américaine le 12 octobre, devenant le septième membre sud-américainLes trois dernières nations affiliées à la CONMEBOL sont l'Équateur en 1927, la Colombie en 1936 et enfin le Venezuela en 1952. À présent, l'équipe nationale peut prendre part à la compétition continentale qui oppose les sélections sud-américaines membres de la CONMEBOL, la Copa América.

La Verde joue le premier match de son histoire lors de la Copa América 1926, le jour de son entrée au sein de la CONMEBOL, pour la rencontre qui l'oppose au pays organisateur, le Chili. Le tournoi continental est un véritable calvaire pour les partenaires du sélectionneur Job de la Cerda. puisqu'ils perdent assez lourdement les quatre rencontres qu'ils disputent (1-7 contre le Chili puis 0-5 contre l'Argentine, 1-6 face au Paraguay et enfin 0-6 contre les Uruguayens). Lors de l'édition suivante en 1927, les Boliviens repartent du Pérou avec de nouveau trois défaites en trois matchs, malgré un dernier revers accroché (2-3) face au pays organisateur (qui participe à sa première Copa América). C'est le dernier match de la Bolivie en Copa América jusqu'en 1945 et elle ne joue plus aucune rencontre avant son départ pour l'Uruguay afin de participer à la Coupe du monde en 1930.

D'une Coupe du monde à l'autre (1930-1950)

vignette|droite|alt=photo en noir et blanc de joueurs de football placés sur deux rangs|La sélection de Bolivie avant son entrée en Coupe du monde 1930 face à la Yougoslavie.

La première édition de la Coupe du monde est organisée en Uruguay en juillet 1930. Pour la seule fois de l'histoire de la compétition, les équipes participantes sont invitées par la FIFA et n'ont pas à disputer de campagne de qualification. La sélection bolivienne prend part au tournoi, tout comme l'ensemble des équipes nationales sud-américaines alors affiliées à la CONMEBOLLa fédération équatorienne de football est affiliée à la CONMEBOL depuis 1927 mais l'équipe nationale ne dispute son premier match qu'en 1938, lors des Jeux bolivariens 1938.. La fédération bolivienne choisit Ulises Saucedo qui, en plus de sa fonction de sélectionneur, est également l'un des onze arbitres désignés par la FIFA (il officie lors de la rencontre du premier tour entre l'Argentine et le Mexique dans le groupe 1.). La Verde est versée dans le groupe 2, en compagnie du Brésil et d'une équipe européenne, la Yougoslavie. Le premier match face à la sélection des Balkans est accroché puisqu'à l'heure de jeu, aucun but n'est marqué.. Les partenaires d'Yvan Beck prennent le large dans la dernière demi-heure, inscrivant quatre buts au gardien bolivien Jesús Bermúdez. Cette victoire yougoslave, couplée à un succès face aux Auriverde lors du premier match du groupe, les qualifie pour les demi-finales et enlève tout intérêt sportif au dernier match du groupe entre Brésiliens et Boliviens. Une fois encore, la sélection andine craque en fin de rencontre et encaisse trois buts en vingt minutes, pour une nouvelle défaite quatre à zéro.. Les Boliviens quittent la compétition sans avoir inscrit le moindre but..

En 1932, la guerre du Chaco entraîne une première mise en sommeil de la sélection nationale. Elle va ainsi se retirer des éliminatoires pour les éditions 1934 et 1938 de la Coupe du monde et ne participe pas aux Copa América 1935 et 1937. La dernière sortie de la sélection nationale avant 1945 est sa participation à la première édition des Jeux bolivariens, organisés à Bogota en Colombie. Deux événements se produisent lors du tournoi de football des Jeux. Tout d'abord, le , la Bolivie met fin à la série de défaites qui l'accompagnent depuis sa création en accrochant le match nul 1-1 face à l'Équateur, qui dispute là la première rencontre officielle de son histoire. Mieux encore, trois jours plus tard, les hommes de Julio Borelli obtiennent la première victoire de la sélection, en s'imposant 3-1 face au Venezuela. Finalement, les Boliviens achèvent le tournoi à la deuxième place., derrière le Pérou, avec un second succès obtenu contre la Colombie. À la suite de cette participation, la Bolivie se retire à nouveau de toute compétition internationale, manquant trois nouvelles Copa América (1939, 1941 et 1942).

gauche|vignette|alt=Photo en noir et blanc de joueurs de football placés sur deux rangs|La sélection de Bolivie lors de la Copa América 1946.

En 1945, la Bolivie dispute la Copa América de son histoire, organisée par le Chili. Toujours dirigée par Julio Borelli, elle parvient pour la première fois à inscrire un point, décrochant deux matchs nuls (pour quatre défaites) face à l'Équateur et la Colombie. L'année suivante, la change de sélectionneur puisque c'est l'ancien international Diógenes Lara qui en prend les commandes. Sous ses ordres, les Boliviens perdent les cinq rencontres qu'ils disputent et lors de l'édition 1947, ils ne peuvent faire mieux qu'une avant-dernière place, avec un bilan de deux matchs nuls (à nouveau face à l'Équateur et la Colombie) et cinq défaites. En 1948, c'est Félix Deheza qui occupe le poste de sélectionneur pour la bolivienne aux Jeux bolivariens. Ses hommes obtiennent le nul face au Venezuela avant de s'incliner contre le Pérou. La Copa América 1949 va en revanche être meilleure sur le plan des résultats sportifs. Organisée au Brésil, un an avant la Coupe du monde, les Boliviens terminent à une prometteuse quatrième place. avec un bilan de quatre victoires (dont deux premières, face au Chili et à l'Uruguay) pour trois défaites, dont un revers historique 1-10 contre les Brésiliens. L'attaquant du Club Bolívar, Víctor Ugarte, inscrit cinq buts. lors de la compétition.

La rencontre contre le Chili, organisée le est une première pour deux raisons. D'abord, c'est le tout premier match amical disputé par la sélection bolivienne et c'est surtout la toute première rencontre jouée à domicile, à La Paz. La s'impose 2-0 et les Chiliens prennent leur revanche de façon éclatante, deux semaines plus tard à Santiago, l'emportant sur le score sans appel de cinq buts à zéro. La fédération bolivienne prend la décision d'engager un sélectionneur étranger en la personne de l'Italien Mario Pretto pour mener les Boliviens vers leur deuxième phase finale de Coupe du monde. Comme lors des éditions précédentesEn 1930, l'ensemble des nations participant à la Coupe du monde étaient invitées par la FIFA. En 1934 et 1938, les forfaits dans les différents groupes ont fait qu'il n'y a eu aucun match, qualifiant directement les équipes engagées dans les éliminatoires., la Bolivie obtient son billet pour le Brésil sans jouer le moindre match : versée dans le groupe 7 en compagnie du Chili et de l'Argentine où deux places sont attribuées, Boliviens et Chiliens bénéficient du forfait argentin pour se qualifier directement pour la Coupe du monde. Le tirage au sort de la phase finale la place dans le groupe D, en compagnie de l'Uruguay, de l'Écosse et de la Turquie. Cependant, les retraits de l'Écosse et de la Turquie laissent la affronter uniquement les Uruguayens. Le , la Celeste s'impose 8-0., la plus lourde défaite de l'histoire de la Coupe du mondeCe record de 8-0 est alors partagé avec le quart de finale Suède-Cuba de l'édition 1938. Ce record ne sera battu qu'en 1974, lors du match Yougoslavie-Zaïre (9-0)., les éliminant de la compétition, sans avoir inscrit le moindre but, comme vingt ans plus tôt. Les attaquants uruguayens Oscar Míguez et Juan Alberto Schiaffino marquent la rencontre de leur empreinte en inscrivant respectivement un triplé et un doublé.

Vers le titre en Copa América (1951-1963)

Après deux ans et demi sans jouer, c'est un autre Italien, Cesar Vicino qui prend la tête de la sélection.. Son principal objectif est la participation à la Copa América 1953 au Pérou. Le premier match de la est une belle performance puisque grâce à un but de Víctor Ugarte, elle bat le Pérou à Lima.. La suite du tournoi est moins glorieuse avec un seul match nul lors des cinq matchs suivants, dont une déroute 8-1 face aux Brésiliens. Les Boliviens restent ensuite quatre ans sans disputer une seule rencontre, manquant du même coup les éditions 1955, 1956 et 1957 de la Copa América.

vignette|droite|alt=photo en noir et blanc d'une équipe de football posant sur deux rangs|La sélection bolivienne en 1957, lors des éliminatoires de la Coupe du monde 1958.

Avec Félix Deheza comme sélectionneur, de retour après un premier mandat avant la Coupe du monde 1950, la Bolivie s'inscrit dans les éliminatoires pour la Coupe du monde 1958, organisée en Suède. Les éliminatoires se disputent selon un calendrier ramassé puisque les Boliviens affrontent l'Argentine et le Chili en matchs aller et retour sur une période de quatre semaines.. Les Andins gagnent leurs deux rencontres jouées au stade Hernando Siles et s'inclinent à Santiago et Buenos Aires. C'est l'Argentine d'Omar Sívori qui se qualifie pour la phase finale. En 1959, la sélection bolivienne fait son retour en Copa América lors de l'édition jouée en ArgentineUne autre Copa América est disputée la même année en Équateur, mais la sélection bolivienne n'y participe pas.. Le tournoi est une succession de défaites, avec en ouverture un revers 0-7. contre le pays organisateur. Les hommes du sélectionneur Vicente Arraya terminent bons derniers, n'accrochant qu'un match nul lors de leur dernière rencontre contre le Pérou. Deux ans plus tard, les éliminatoires pour la Coupe du monde 1962 au Chili tournent court puisque les Boliviens sont éliminés après un duel en aller-retour contre l'Uruguay.. Ils terminent l'année avec une double confrontation face au Paraguay lors de la traditionnelle .. Arraya laisse sa place au Brésilien Danilo Faria Alvim, qui a pour objectif principal de bien figurer lors de la Copa América 1963, la première de l'histoire à se jouer en Bolivie.