Reuven Rivlin (en ), né le à Jérusalem, est un homme d'État israélien. Membre du Likoud, il est notamment président de l'État d'Israël de 2014 à 2021.
Issu d'une famille d'érudits, il est élu député à la Knesset en sous les couleurs du Likoud, après avoir brigué sans succès l'investiture de la droite pour les élections municipales de Jérusalem.
Il est ministre des Communications de à , dans le premier gouvernement dirigé par Ariel Sharon. Il est ensuite président de la Knesset à deux reprises, de à puis de à .
En 2014, après une première tentative face à Shimon Peres sept ans plus tôt, il est élu président de l'État d'Israël malgré des rapports conflictuels avec le chef du Likoud, Benyamin Netanyahou. À l’issue de son septennat, Isaac Herzog lui succède.
Partisan revendiqué du Grand Israël et de la colonisation, il est opposé à la solution à deux États. Il défend toutefois publiquement les droits de la minorité arabe, à l'inverse d'une partie de son camp.
Biographie Origines, carrière et mariage Issu d'une famille juive ashkénaze établie à Jérusalem depuis 1809, Reuven Rivlin est un descendant des disciples du Gaon de Vilna. Son père, Yosef Yael Rivlin, est en outre l'auteur de la première version hébraïque du Coran"The noble history of the Rivlin clan : "http://www.haaretz.com/news/features/.premium-1.598082.
Après avoir accompli son service militaire et étudié le droit à la faculté de l'université hébraïque de Jérusalem, dont il sort diplômé, Reuven Rivlin sert comme major dans l'armée, puis devient avocat"The Noble History of Reuven Rivlin’s Family : "http://matzav.com/the-noble-history-of-reuven-rivlins-family. Durant cette période, il rencontre (1945-2019), une étudiante en biologie, qu'il épouse en 1970 ; de leur union naissent quatre enfants.
Avant d'entrer en politique, Rivlin occupe les fonctions de conseiller juridique de l'association sportive Beitar Jerusalem, responsable d'une équipe de football. Il est, par ailleurs, membre du conseil municipal de Jérusalem ainsi que des conseils d'administration du théâtre Kan et du Musée d'Israël.
Il est végétarien depuis les années 1960Knesset : Animals don't have legal rights, Ha'aretz..
Parcours politique De la Knesset au gouvernement Élu membre du conseil municipal de la ville de Jérusalem en 1978, il est élu député à la Knesset, le Parlement israélien, en 1988. La même année, il est désigné président du Likoud, parti de droite, et conserve ce titre durant cinq ans, jusqu'en 1993, un an après avoir été vaincu lors des élections législatives.
Il est néanmoins réélu député en 1996. Trois ans plus tard, il conserve son mandat parlementaire après des élections législatives anticipées. Nommé ministre des Communications dans le gouvernement d'Ariel Sharon en 2001, il se démet de ses fonctions moins de deux ans plus tard quand, le , il est désigné président de la Knesset, après les élections législatives.
Deuxième personnage de l'État d'Israël après le président Moshe Katsav, il sort plusieurs fois de la réserve liée à sa fonction pour critiquer sévèrement la politique de désengagement menée par Sharon. Les rapports entre le président de la Knesset et le chef du gouvernement seront de plus en plus tendus tout au long de la législature. Le , il perd la présidence des travaux de la Knesset, qu'il doit laisser à la députée centriste Dalia Itzik.
Première candidature à la présidence de l'État Convoitant de longue date la présidence de l'État d'Israël, dépourvue de pouvoir exécutif mais assurant à celui qui l'occupe un réel prestige, Reuven Rivlin se déclare candidat à l'élection présidentielle du . Le prochain chef de l'État doit rendre à la fonction présidentielle toute sa dignité, puisque que le sortant Moshe Katsav a été suspendu de ses fonctions après des accusations de viol à son encontre.
Présenté comme un candidat sérieux, Reuven Rivlin paraît en mesure de l'emporter face à l'ancien Premier ministre Shimon Peres, dont la candidature est dénigrée par la presse israélienne et une partie de l'échiquier politique. Pourtant, le jour du scrutin, Rivlin ne recueille que 37 voix à l'issue du premier tour, loin derrière Peres qui, lui, en obtient 58. Considéré comme défait d'avance, Rivlin décide finalement de retirer sa candidature, et l'élection de Peres paraissait acquise.
Deuxième présidence de la Knesset Le , les députés de la Knesset élisent leur président, et c'est une fois encore Reuven Rivlin qui est désigné par ses pairs, avec une large majorité de 90 voix sur 120 votants. Ayant promis à l'opposition de présider les débats de la chambre de manière impartiale et juste, Rivlin entre régulièrement en conflit avec le Premier ministre et chef du Likoud, Benyamin Netanyahou. Les deux hommes ne s'apprécient pas, et le chef du gouvernement aurait tenté d'empêcher l'élection de Rivlin à la tribune présidentielle de la Knesset.
Le , il provoque une polémique après avoir dit qu'il lui paraissait « préférable d'accepter les Palestiniens comme des citoyens israéliens plutôt que de diviser Israël et la Cisjordanie dans une solution de paix future à deux États ». L'opinion publique s'émeut de ces propos, ce qui fait dire à Rivlin que sa déclaration n'était peut-être pas comprise dans le contexte approprié.
Deuxième candidature à la présidence de l'État Défait par Peres en 2007, Reuven Rivlin espère encore accéder un jour à la présidence de l'État d'Israël, à l'issue du septennat du chef de l'État sortant. Mais conscient qu'il doit bénéficier du soutien de Netanyahou pour être élu, il tente de se rapprocher du Premier ministre qui cherche un autre candidat pour éviter de devoir soutenir Rivlin. Mais la popularité de celui-ci, de même que les scandales financiers et les affaires de mœurs impliquant les proches du chef du gouvernement, font que la candidature de Rivlin à la prochaine élection présidentielle du paraît inévitable.
Officiellement désigné candidat par son parti et fort du soutien du Premier ministre qui le soutient à contrecœur, Reuven Rivlin recueille 44 voix à l'issue du premier tour, contre 31 à Meir Sheetrit, 28 à Dalia Itzik, 13 à et 1 à Dan Shechtman. N'ayant pas recueilli la majorité absolue des suffrages, il doit accepter d'être confronté, au second tour, à Sheetrit, parlementaire et ministre au long cours qui ne parvient pas cependant à battre Reuven Rivlin : au second tour, ce dernier est élu président de l'État d'Israël par 63 voix contre 53 pour Sheetrit« Israël : Réouven Rivlin succède à Shimon Pérès à la présidence du pays », Le Monde, .« Le candidat de droite Réouven Rivlin élu dixième président d'Israël », Le Figaro, .. À 74 ans, Rivlin devient le dixième chef de l'État israélien en succédant à Peres qui, sept ans plus tôt, l'avait vaincu.
Président de l'État d'Israël left|thumb|Reuven Rivlin prêtant serment devant Peres, le . thumb|Rivlin jouant au football avec Boris Johnson et des enfants à Shaar Shvyon. Le , Reuven Rivlin est officiellement investi président de l'État d'Israël après avoir prêté serment devant son prédécesseur, Shimon Peres, et les membres de la Knesset. L'investiture de Rivlin a lieu dans un contexte géopolitique particulièrement tendu alors que débute l'opération « Bordure protectrice » contre la bande de GazaReuven Rivlin prête serment en pleine guerre, Le Point, .. Dans un long discours d'investiture, le nouveau chef de l'État ne manque pas de le rappeler, affirmant cependant que la « guerre contre le terrorisme » est une « juste cause », répondant aux critiques adressées à son pays par la communauté internationale.
Le , après la victoire relative du Likoud aux élections législatives du précédent, Reuven Rivlin charge officiellement son vieil adversaire Benyamin Netayhaou de la constitution d'un gouvernement, après une longue série de consultations. Il prend de court le Premier ministre sortant car en déclarant qu'il était « favorable » à l'investiture d'un gouvernement d'union nationale qui pourrait épargner la démocratie selon lui « Israël: Le président Rivlin appelle à un gouvernement d'union nationale », i24news.com, , le président Rivlin rend public le désaccord l'opposant à Netanyahou qui, lui, ne veut constituer qu'un cabinet de droite, ce qu'il fait péniblement quelques mois plus tard.
Tout au long du mois d', Rivlin reçoit des menaces de mort après avoir fait part de son émotion à la suite de la mort d'un bébé palestinien de dix-huit mois, brûlé vif dans sa maison du fait de l'action d'extrémistes Juifs. Accusé de « trahison », présenté comme un « arabe » sur les réseaux sociaux par les plus radicaux, il doit accepter le renforcement de sa sécurité, bien qu'il se dise indifférent aux critiques et menaces le concernant directement, allant jusqu'à reprocher à la société israélienne de ne pas accorder la même importante au terrorisme juif qu'au terrorisme arabe.
Au mois de septembre suivant, alors que les écoles font leur rentrée en Israël, les établissements d'enseignement chrétien sont en grève. Ils protestent contre la baisse de leurs allocations, le gouvernement de Netanyahou favorisant les écoles publiques juives. Dans ce contexte, le président Rivlin s'est imposé comme un médiateur dans le conflit après l'intervention du pape François demandant des comptes au chef du gouvernementLes écoliers chrétiens privés de rentrée en Israël, Le Monde, Septembre 2015..
Le président Rivlin critique la loi votée en 2017 par la Knesset permettant à Israël d'exproprier, moyennant indemnisation, des terres privées appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie pour permettre l'implantation de colons juifs. Il considère que cette loi, qui légifère pour la première fois depuis l'occupation de la Cisjordanie en 1967, sur un territoire qui n'est pas sous souveraineté israélienne, fera qu'Israël pourrait être considérée comme un « État d'apartheid ».
De 2019 à 2021, Israël traverse une période d'instabilité politique en raison des échecs successifs des différents partis à former un gouvernement de coalition, entraînant la convocation d'élections législatives anticipées en avril 2019, septembre 2019 et mars 2020. À la suite des élections législatives de 2021, les quatrièmes en moins de deux ans, il charge à nouveau Benyamin Netanyahou, dont le parti est une nouvelle fois arrivé en tête, de former un gouvernement. Après l’échec de celui-ci, il confie cette tâche à Naftali Bennett, qui parvient à constituer un gouvernement hétéroclite (huit partis, allant de la gauche à l’extrême droite et incluant une formation islamiste) : la Knesset lui vote la confiance à une voix près le , à trois semaines de la fin du mandat présidentiel de Rivlin, ce qui met fin à quinze années (dont douze consécutives) de pouvoir Netanyahou..
Alors que le président de l'État d'Israël ne peut briguer de second mandat depuis une loi adoptée en 2000, le candidat indépendant Isaac Herzog est élu président le par la Knesset. Il succède à Reuven Rivlin le suivant.
Prises de position thumb|Reuven Rivlin avec Bogdan Borusewicz, lors de sa visite officielle en Pologne (2014).
Considéré comme un « faucon » du Likoud, Reuven Rivlin se déclare partisan du Grand Israël, se démarquant ainsi de son prédécesseur à la présidence, Shimon Peres, qui avait plaidé pour la création d'un État palestinienCyrille Louis, « Reuven Rivlin, le nouveau visage d'Israël », Le Figaro, mercredi 11 juin 2014, page 6.. Il appartient à la droite nationaliste radicale, notamment s'agissant de son refus de toutes concessions territoriales envers les Palestiniens et pour son soutien à la colonisation.